Paul-Hélène Saint-Raymond

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Paul-Hélène Saint-Raymond
Image illustrative de l’article Paul-Hélène Saint-Raymond
Vénérable, martyre
Naissance
Paris
Décès  
Alger
Nationalité française
Ordre religieux Petites Sœurs de l'Assomption
Béatification prévue le à Oran, Algérie
Vénérée par l'Église catholique

Paul-Hélène Saint-Raymond est une religieuse française, née à Paris le , tuée à Alger le .

Religieuse de la congrégation des Petites Sœurs de l'Assomption au service des pauvres, elle sert comme infirmière et aide sociale pendant trente ans en Algérie. Tuée dans la bibliothèque où elle accueillait les jeunes, elle fait partie du groupe des martyrs d'Algérie dont la béatification est prévue le 8 décembre 2018.

Biographie[modifier | modifier le code]

Paul-Hélène Saint-Raymond est la huitième d'une famille de dix enfants, unie et à la foi profonde[1],[2]. Elle effectue des études scientifiques en Sorbonne, est ingénieur de formation[2],[3].

Vocation religieuse[modifier | modifier le code]

Désirant suivre la vocation religieuse, elle choisit d'entrer dans la congrégation des Petites Sœurs de l'Assomption pour être au service des pauvres[2]. Elle y entre en 1952 ; elle est travailleuse familiale à Creil de 1954 à 1957, après de la population ouvrière, puis effectue des études d'infirmière[4]. Elle prononce en 1960 ses vœux définitifs. Elle œuvre ensuite à Rouen dans les quartiers pauvres[2].

Infirmière et aide sociale en Algérie[modifier | modifier le code]

Affectée à partir de 1964 en Algérie, sœur Paul-Hélène Saint-Raymond y travaille comme infirmière et travailleuse sociale et familiale[1],[2]. Principale membre d'un centre médico-social de la banlieue d'Alger, elle exerce une telle activité qu'elle reçoit des consignes de modération pour ne pas épuiser ses consœurs[5]. Elle donne des soins infirmiers à domicile, répartit le personnel, pratique la petite chirurgie, s'occupe de résoudre les problèmes sociaux comme les retraites ou la sécurité sociale, et s'efforce de rééduquer et appareiller les infirmes moteurs[6].

Elle est très serviable, d'une générosité sans faille, d'un esprit très logique, d'une vive intelligence et d'une grande mémoire[6]. Cependant sa franchise même, son franc-parler et son manque de tact lui causent des difficultés relationnelles[6], et son caractère bien déterminé la rendent parfois difficile à vivre pour les autres religieuses[7], mais son humilité, son esprit fraternel et sa capacité de dialogue favorisent la réconciliation[6]. Sa vaste culture la fait par ailleurs surnommer « Madame Encyclopédie »[6]. La profondeur de sa foi l'aide à surmonter ses luttes intérieures ; elle reste très attachée à la prière, individuelle et communautaire[6].

Retraite, bibliothèque, assassinat[modifier | modifier le code]

Une fois à la retraite, sœur Paul-Hélène Saint-Raymond aide le frère Henri Vergès, responsable de la bibliothèque de la rue Ben-Cheneb dans la casbah d'Alger[3]. Chaque jour elle part à pied de son domicile partagé avec deux autres religieuses à Belouizdad, le quartier populaire de la banlieue d'Alger, pour aller dans la bibliothèque au cœur de la Casbah[6]. Elle y accueille les lycéens et les étudiants[1],[3].

Elle choisit de continuer malgré les risques et les mises en garde. Elle écrit à ce propos qu'« il faut commencer soi-même à lutter contre sa propre violence », et répond à Mgr Teissier qui l'avertit : « Père, de toute façon nos vies sont déjà données »[8].

Elle est tuée dans la bibliothèque le , en début d'après-midi, d'une balle dans la nuque tirée par un des fondamentalistes musulmans ayant fait irruption dans la bibliothèque, déguisés en policiers. Le frère Henri Vergès avec qui elle travaille est tué en même temps[1],[2].

Ses obsèques sont célébrées en même temps que celles du frère Henri le dans la basilique Notre-Dame d'Afrique[3].

Béatification[modifier | modifier le code]

Plusieurs congrégations sont revenues en Algérie. Si la bibliothèque de la casbah d’Alger a été fermée à la suite des assassinats, elle a rouvert en 1997 et s'est développée, sous l'impulsion de Sœur Veronica, augustine missionnaire, qui rappelle aux jeunes le souvenir de Paul-Hélène Saint-Raymond et du frère Henri Vergès[3].

La procédure pour sa béatification a été ouverte dans le cadre de celle pour les martyrs d'Algérie, en 2013. Elle est en attente de la reconnaissance du martyre de ces dix-neuf consacrés, sous le nom officiel de « Mgr Pierre Claverie et ses 18 compagnons »[9].

Le 26 janvier 2018, le pape François reconnaît la mort in odium fidei des martyrs d'Algérie, permettant ainsi leur béatification. Ils seront proclamés bienheureux lors de la cérémonie de béatification prévue le en Algérie, à Oran[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie et sources[modifier | modifier le code]