Îles Paracels

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Îles Paracels
Carte des îles Paracels.
Carte des îles Paracels.
Géographie
Pays Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Drapeau de la République de Chine Taïwan
Drapeau de la République socialiste du Viêt Nam Viêt Nam
Localisation Mer de Chine méridionale (océan Pacifique)
Coordonnées 16° 30′ N, 112° 00′ E
Côtes 518 km
Nombre d'îles plus de 130
Île(s) principale(s) Île de Yongxing
Point culminant 14 m sur île Rocheuse (en)
Géologie Atolls et îles coralliennes
Administration
Statut Revendiqué par la République populaire de Chine, République de Chine et le Viêt Nam

Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Province Hainan
Ville-préfecture Sansha[1]

Drapeau de la République de Chine Taïwan
Municipalité spéciale Kaohsiung

Drapeau de la République socialiste du Viêt Nam Viêt Nam
Municipalité Đà Nẵng
Démographie
Population Environ 1 000 hab.
Autres informations
Découverte Préhistoire
Fuseau horaire UTC+8

Géolocalisation sur la carte : mer de Chine méridionale

(Voir situation sur carte : mer de Chine méridionale)
Îles Paracels
Îles Paracels

Les îles Paracels sont un archipel de petites îles coralliennes inhabitées jusqu'en 2013, situées en mer de Chine méridionale. Elles se situent à mi-distance de la République populaire de Chine et du Viêt Nam. Elles sont à environ 170 milles marins de la ville côtière vietnamienne de Da Nang et de l'île chinoise de Hainan et sont constituées d'environ 130 îlots coralliens répartis sur une zone de 250 km de long sur 100 de large.

Les îles Paracels sont contrôlées par la République populaire de Chine depuis 1974. Cette dernière y maintient depuis 2014 un millier d'habitants.

Cependant, comme les îles Spratleys, les Paracels font l'objet d'une importante rivalité géopolitique[2]. Elles sont revendiquées par le Viêt Nam, et la souveraineté « chinoise », sur le plan de l'ordre diplomatique international, est par ailleurs juridiquement non tranchée entre la République populaire de Chine et Taïwan.

La possession de ces îles est d'autant plus importante qu'elles se situent dans une riche zone de pêche, et que des gisements de pétrole se trouvent potentiellement sur leur plateau continental[3].

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation générale[modifier | modifier le code]

Les îles Paracels sont situées en mer de Chine méridionale, aux alentours de 16° 30′ N, 112° 00′ E[4]. Situées à mi-distance de la République populaire de Chine et du Viêt Nam, elles sont à environ 170 milles marins de la ville côtière vietnamienne de Da Nang (à l'ouest) et de l'île chinoise de Hainan (au nord).

Elles bénéficient d'un climat tropical, et subissent les typhons fréquents de la mer de Chine méridionale. Les pluies y sont abondantes, la saison des pluies dure cinq à six mois chaque année. Les températures élevées tout au long de l'année (en moyenne 26,5 °C, 23 °C en janvier et 29 °C en juin). L'air y est humide et salé. Le ciel y est généralement dégagé et le temps ensoleillé.

Les îles Paracels forment un archipel d'environ 130 îles coralliennes, récifs, récifs découvrants et hauts fonds, répartis sur une zone de 250 km de long sur 100 de large. Elles sont sans relief notable, leur point culminant (sur rocky island (en)) n'a qu'une altitude de 14 mètres.

Principales îles[modifier | modifier le code]

Le banc du Nord ou banc Hotspur, un récif, est le point le plus avancé vers le nord-ouest[5]. C'est un récif au raz de l'eau, laissant au sud ouest une passe vers un lagon intérieur.

Le sous archipel des îles de l'Amphitrite est situé au nord-est des Paracels, vers 16° 45′ N, 112° 30′ E[6]. Ce groupe est formé d'îles basses sablonneuses (cay), et de lagons entourés de récifs coralliens. Les îles de l'Amphitrite ont été nommées d'après la frégate française Amphitrite qui emportait vers la Chine des missionnaires jésuites[7],[8],[9]. La partie nord de ces îles est formée d'îles basses reliées par des récifs, sans source d'eau potable[5]. La présence de quelques cocotiers sur la plus à l'ouest lui a valu le nom de l'île aux arbres (Tree island). Séparée de la précédente par un chenal d'eau profonde, la partie sud est formée par l'île aux bois (Woody island), couverte de petits arbres et arrosée par un ruisseau, et l'île aux roches (Rocky island), reliées par un récif[5]. Ces deux îles sont à présent reliées par la piste d'aéroport que les chinois y ont construite. Encore plus au sud, ce groupe est bordé par les hauts fonds d'un atoll submergé.

Carte chinoise de l'archipel.

Le point le plus à l'est de l'archipel des Paracels est l'île Lincoln (16° 45′ N, 112° 45′ E), île basse entourée de récifs et possédant une source d'eau[5] entourée de récifs coralliens. L'île est couverte de buissons et d'arbres, y compris des cocotiers. À environ 8 min au SE se trouve la roche pyramide (Pyramid rock), petite île inhabitable[5]. Au sud de cette zone l'archipel comprend un groupe de cinq hauts fonds atolls submergés.

À l'extrémité sud-est des îles Paracels se trouve le banc Bombay (Bombay reef), un récif de forme oblongue, qui a été cartographié par un navire du même nom[5]. Il est formé de récifs coralliens en grande partie submergés, entourant un lagon profond.

La chaîne du Croissant vue vers l'Ouest.

Au centre ouest des Paracels, la chaîne du Croissant (Crescent group) se situe à près de 70 km au sud-ouest des îles de l'Amphitrite, vers 16° 30′ N, 111° 42′ E. C'est une chaîne d'îles et de récifs, de 31 km d'est en ouest et 15 km du nord au sud, dont la forme générale est celle d'un croissant ouvert vers le sud, délimitant un lagon central très profond[5] 0 En dehors des petites cayes, toutes les îles de ce groupe sont couvertes de végétation. Les îles de ce groupe sont nommées d'après des membres de la Compagnie britannique des Indes orientales. Trois étaient membres du comité directeur de Canton : James Drummond, Thomas Pattle et John William Roberts. Jonathan Duncan était gouverneur du conseil de Bombay, et William Taylor Money était surintendant de la flotte de Bombay.

À une dizaine de milles au sud du groupe du Croissant se trouve le banc Discovery (Discovery banck), un récif formant un grand atoll allongé, d'une quinzaine de milles d'est en ouest. Entièrement submergé, c'est la structure la plus grande des îles Paracels. Le récif a deux passes profondes au sud, permettant l'accès à un profond lagon. À proximité, côté océan, se trouve le Dragon Hole (en), considéré comme le trou bleu le plus profond du monde.

Plus à l'Est, le banc Vulador est un récif au raz de l'eau, délimitant un petit lagon, nommé d'après le navire portugais qui l'a reconnu. À 7 min plus au sud du banc Discovery, le Passu Keah est une petite île de sable entourée de récifs.

Enfin, l'île Triton (Triton island) forme l’extrémité sud-ouest des îles Paracels, vers 15° 48′ N, 111° 12′ E, à 56 km au SO du banc Discovery. C'est une île formée de sable et de récifs[5]. Les parties sablonneuses sont couvertes de végétation.

Occupation humaine[modifier | modifier le code]

Des restes archéologiques datant de la dynastie Tang (VIIe – IXe siècle) et de la dynastie Song (IXe – XIVe siècle) ont été découverts dans les îles[10] et il y a des traces d'occupation chinoise permanente datant de ces époques[11]. D'après le Wujing Zongyao, livre publié par les Song en 1044, le gouvernement Song incluait à cette époque l'archipel dans l'aire de patrouille de sa marine de guerre[12].

L'île aux bois (Woody island) a été occupée par la dynastie Qing (XVIIIe – XXe siècle). Au XIXe siècle, les Européens relèvent que des pêcheurs du Henan séjournent régulièrement dans les archipels des Paracels et des Spratleys[13],[14].

La France installe sur l'île Pattle une station météorologique en 1932, puis un phare et une station radio en 1937. En 1938, une garnison franco-vietnamienne est installée sur l'Île aux bois[15].

En 1946, la Chine s'installe dans la partie de l'archipel la plus proche de la Chine (îles de l'Amphitrite) et les pêcheurs chinois y viennent régulièrement. Vers 1946, après avoir échoué dans sa tentative de conquête de l'Île aux bois, la France installe une présence permanente pour le compte des Vietnamiens sur l'île Pattle, dans les îles du Croissant, à une centaine de km à l'ouest (plus proches de la côte vietnamienne)[16]. En 1950, la République de Chine évacue ses troupes de l'Île au bois et de Itu Aba vers Taïwan, et pendant six ans les îles ne reçoivent que la visite occasionnelle de pêcheurs de Hainan, jusqu'à ce que la République Populaire de Chine rétablisse une présence permanente en 1956 sur l'Île aux bois.

En 1974, après le retrait des Américains du Sud-Vietnam, la République populaire de Chine a recours à la force pour occuper les îles du Croissant.

Depuis cette date, la Chine est la seule occupante des îles Paracels, y assurant une occupation essentiellement militaire.

En 2012, après avoir annoncé la création d'une nouvelle préfecture couvrant la mer de Chine, le gouvernement chinois annonce l'implantation de militaires sur l'île de Yongxing[17].

Construction d'un port entre les îles Duncan (décembre 2012)

La principale occupation humaine se situe sur l'Île au bois (Woody island).

L'Île au bois (Woody island) avait une population de 1 443 habitants en 2014[18],[19],[20]. La population civile de l'île est formée par quelques pêcheurs sédentaires et un grand nombre de pêcheurs de passage.

Les autres îles ne sont occupées que très partiellement. Par superficie décroissante, en 2016 :

  • Un port est en cours de creusement sur l'île Lincoln (160 ha), qui dispose d'une source.
  • Un port et une petite base sont implantés sur l'île Triton (120 ha), qui dispose d'un héliport.
  • L'île Ducan (48 ha) est équipée d'un port important et de radars.
  • Une petite base est implantée sur l'île Money (36 ha), qui dispose d'un port.
  • Une petite base est implantée sur l'île Pattle (31 ha), qui dispose d'un port et d'un puits.
  • Un petit village sur l'île aux arbres (22 ha), qui dispose d'un appontage.
  • Un petit village de pêche est situé sur l'île Drummond (21 ha).
  • Immédiatement à l'est de l'île aux arbres, sur l'île du Sud (17 ha), quelques bâtiments sont implantés.
  • Un bâtiment au nord de l'île du milieu (17 ha).
  • Un bâtiment au sud de l'île des Palmes (6 ha).

Infrastructures[modifier | modifier le code]

En janvier 2016, des photographies satellites ont montré que la Chine avait fait d’importants travaux d’augmentation de la surfaces des îles et de construction d’installations militaires dans les Paracels, sur l’île de Yongxing où un aéroport militaire avec une piste longue de 3 km a été construit, Tree Island et North Island dans les îles Amphitrite et Duncan, dans les îles du Croissant.

Les commentateurs ont lié ce travail à la construction à grande échelle d’îles artificielles dans l’archipel des Spratley[21], la grande muraille de sable.

L'île aux arbres a un port artificiel pouvant accueillir à quai des bâtiments de 5 000 tonnes. Elle dispose également depuis 1990 d'un aéroport[22] avec une piste unique de 2 700 mètres[23] permettant l'atterrissage d'avions de la taille d'un Boeing 737. Elle est à présent reliée à sa voisine l'île aux Roches (Rocky island) par l'aéroport et une jetée en ciment de 800 mètres.

Revendication territoriale[modifier | modifier le code]

Les revendications territoriales ont été rendues confuses par le fait que jusqu'au milieu du XXe siècle, elles n'ont été accompagnées par aucune présence militaire ou civile permanente. De ce fait, la signification réelle des déclarations de souveraineté des uns et des autres est difficile à déterminer en pratique.

Rattachements historiques[modifier | modifier le code]

Pour la Chine, des sources, dont l'authenticité n'est pas assurée, indiquent que vers 210 avant notre ère, la Dynastie Han aurait mis en place une administration pour l’île de Hainan, dont le domaine de compétence incluait les archipels de Nansha (Spratleys) et de Xisha (Îles Paracels). Par la suite, au Xe siècle, la flotte des Song aurait commencé à patrouiller régulièrement les îles Paracels, et le gouvernement impérial a délivré des permis de pêche et des autorisations d’exploitation pour cette zone[24]. Au mieux, l'administration du Hainan sur ces îles semble avoir été très épisodique.

En 1279, l'empereur régnant de la dynastie Yuan mandate Guo Shoujing pour cartographier l'archipel, expédition rapportée par le Yuan Shi. Les cartes datant de cette époque placent invariablement Changsha (les Paracels) et Shitang (les Spratlys) dans le périmètre de l'empire Yuan.

Le Vietnam affirme que les Paracels (Hoang Sa en vietnamien) et Spratleys (Truong Sa en vietnamien) ont été découvertes sous la dynastie des Nguyen, du XVIe au XIXe siècle (ce qui est confirmé pour les Paracels, mais pas pour les Spratleys)[24]. Du XVIe aue sièclee, les flottilles de Hoàng Sa et Bắc Hải, de l'Empire d'Annam, y touchent fréquemment pour en inventorier et exploiter les ressources[25].

Extrait de la Carte hydro-geo-graphique des Indes Orientales, par Rigobert Bonne, 1771 ; les îles Paracel y font partie de la Cochinchine (Viêt Nam)

Avant la colonisation française, les cartes européennes reconnaissent cependant les Paracels comme appartenant à l'Empire d'Annam.

Déclarations coloniales de souveraineté (XIXe et XXe siècles)[modifier | modifier le code]

D'après Jean-Baptiste Chaigneau, l'empereur Gia Long revendiqua officiellement en 1816 la souveraineté sur ce qui correspond de nos jours aux îles Spratleys et Paracels, ces deux archipels ne furent distingués que sous son successeur l'empereur Minh Mạng[26].

En 1887, la convention sur la frontière sino-vietnamienne, signée entre la France et la Chine après la Guerre franco-chinoise, déclare que la Chine a la souveraineté sur les îles Spratlys et Paracels[27].

Après la chute de la dynastie Qing, le nouveau gouvernement du Guangdong décide en 1911 de placer l'archipel des Paracels sous la juridiction de la préfécture du Hainan. En 1921, le gouvernement militaire réaffirme cette décision. Cette administration se manifeste par des licences d'exploitation du guano local, et des protestations diplomatiques contre les incursions étrangères.

Pendant la période de la colonisation française au Viêt Nam, de 1885 à 1939, le Viêt Nam et ses îles sont sous administration de l'Indochine Française. En 1932 l'Indochine française déclare prendre possession de l'archipel[28]. Le 27 juillet 1932, le ministre des affaires étrangères chinois instruit son ambassadeur en France pour qu'il délivre une protestation au gouvernement français, contestant cette déclaration de prise de possession de la France.

En 1935, une carte intitulée « carte des îles chinoises dans la mer de Chine méridionale » (Zhongguo nanhai daoyu tu) est publiée par le comité de cartographie terrestre et maritime de la République de Chine[29]. C'est la première apparition de la « Ligne en neuf traits », ou « Langue de bœuf », une ligne en forme de U englobant toute la mer de Chine du Sud jusqu’au Banc James (ce banc de sable est immergé, mais Pékin le considère toujours comme le point le plus austral du « territoire » chinois).

Le 30 mars 1938, l'empereur vietnamien Bảo Đại rattache par décret impérial les îles Paracel à la province de Thừa Thiên[25].

Les autorités chinoises n’avaient jamais reconnu ni les occupations ni les revendications étrangères des XIXe et XXe siècles[24].

Occupations militaires fin XXe siècle[modifier | modifier le code]

L'archipel est occupé par des troupes franco-vietnamiennes en 1938, pendant la seconde guerre sino-japonaise, malgré les protestations chinoises déclarant que « les déclarations de la Grande-Bretagne et de la France, respectivement faites en 1900 et 1921, ont déjà déclaré que les îles Xisha [Paracels] font partie de la préfecture administrative de l'île du Hainan. De ce fait, les revendications actuelles de l'Annam ou de la France sur les îles Xisha sont totalement injustifiables ».

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les îles sont ensuite occupées par la marine japonaise en 1939, après en avoir délogé les Français. En novembre 1943, les Alliés annoncent par la déclaration du Caire que « le Japon se verra retirer toutes les îles du Pacifique qu'il a capturées ou occupées depuis la Première Guerre mondiale en 1914, et tous les territoires volés par le Japon aux Chinois [...] seront restitués à la République de Chine. » Par la suite, cette condition est référencée par la décaration de Potsdam (en), ultimatum énonçant les conditions alliées de la reddition du Japon, dont les termes explicitement mentionnés et acceptés dans les actes de capitulation du Japon. Par la suite, la Chine avancera que ces déclarations impliquent que les îles Paracels, qu'elle considère comme historiquement chinoises et occupées par le Japon, doivent lui être « restituées ».

Carte chinoise de 1947 sur laquelle figure la ligne en onze traits.

Les îles sont évacuées par les Japonais à la fin de la guerre. En 1945, la République de Chine s'installe au nord-est dans les îles de l'Amphitrite. En 1946, la France se réinstalle à l'ouest, sur l'île Pattle dans les îles du Croissant, mais évacue la place en septembre[30]. En décembre 1947, la Chine débarque sur l'île Boisée, et publie une carte reprenant la « Ligne en neuf traits » pour appuyer ses revendications sur les archipels de la mer de Chine méridionale : toutes les îles de cette région y sont placées sous le contrôle de Hainan (elle-même une île en mer de Chine du Sud).

La France finit par céder les îles Paracels au Viêt Nam le 14 octobre 1950[31],[25].

Cependant, la République de Chine s'efface à partir de 1949 devant la République Populaire de Chine. L'avènement de la République Populaire de Chine conduit en 1950 à évacuer l'archipel, qui restera militairement libre de toute occupation jusqu'en janvier 1974[30]. Avec le traité de San Francisco, signé le 8 septembre 1951, le Japon est officiellement dépossédé des conquêtes de ces archipels réalisées durant la guerre[24], mais sans préciser le sort de ces archipels (ni celui l'île de Taïwan, qui était japonaise avant la guerre, voir statut de Taïwan). Dans la mesure où ni la RdC ni la RPC n'avaient été invitées à la table des négociations, à deux reprises, le 15 août et le 18 septembre 1951, la RPC publie une déclaration dénonçant ce traité, le considérant comme illégal et sans effet, et réaffirmant que dans la mer de Chine méridionale, Xisha (îles Paracels), Nansha (îles Spratly) et Dongsha (îles Pratas, que le traité attribuait aux Nations unies) étaient partie intégrante de la Chine[32].

En 1958, la République populaire de Chine publia une déclaration définissant la limite de ses eaux territoriales, incluant les Îles Spratleys et les Îles Paracels. Le Premier ministre nord-vietnamien Pham Van Dong envoya une note diplomatique à la Chine, en précisant :

« Nous avons l'honneur de porter à votre connaissance que le gouvernement de la République démocratique du Viêt Nam reconnait et soutient la déclaration datée du écrite par le gouvernement de Chine, fixant l'étendue des eaux territoriales chinoises. Le gouvernement de la République démocratique du Viêt Nam respecte cette décision[33],[34]. »

Cependant, le Sud-Viêt Nam réclama la juridiction sur les îles, sur la base de l'occupation française antérieure[35] et envoya des forces armées sur une des Îles Paracels en 1973[36].

En 1974, après le retrait des américains du Sud-Vietnam, la République populaire de Chine a recours à la force pour occuper les îles du Croissant. Une flotte de la République du Viêt Nam (Sud Viêt Nam) est envoyée en vain pour les en empêcher. Les Sud-Vietnamiens requirent l'assistance de la septième flotte américaine, mais leur requête fut ignorée. Après la surprenante amélioration des relations entre la Chine et les États-Unis, en 1971, les États-Unis cherchaient à se désengager du Viêt Nam.

Article détaillé : Bataille des îles Paracels.

Revendications modernes[modifier | modifier le code]

Ligne de base des îles Paracel affichée par la Chine (15 mai 1996)[37],[38]: Elle s'appuie au NO sur le banc Hotspur, au NE sur les îles de l'Amphitrite, l'île Lincoln à l'E, au SE le banc Bombay et au SE l'île Triton.

En 1976, la République du Vietnam nouvellement créée affiche ouvertement ses revendications sur les Paracels, ainsi que sur l’ensemble des Spratleys[24].

En discussions depuis 1973, la Convention des Nations unies sur le droit de la mer signée en 1982 précise les notions coutumières de Zone économique exclusive et le traitement des ressources du plateau continental. Dès lors, les revendications de souveraineté sur l'archipel ont des implications directes sur ce que peut être la zone économique exclusive du pays qui la revendique. Cette convention, à laquelle tous les pays borduriers de la mer de Chine sont signataires, entrera en vigueur en 1994.

En 1992, la Chine édicte une loi sur ses eaux territoriales, selon laquelle elle s’appropriait officiellement et unilatéralement ces deux archipels, dont elle a fait une question nationale[24].

En 2009, la Chine inclut la ligne en neuf traits dans sa présentation à la Commission des Nations unies pour les limites du plateau continental.

Images satellites[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.mca.gov.cn/article/zwgk/mzyw/201206/20120600325063.shtml
  2. Didier Cormorand, « Et pour quelques rochers de plus… : Batailles pour le partage de la mer de Chine méridionale », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne)
  3. CIA, World Factbook
  4. Sailing Directions, Publication 161, Sector 1, pg. 5, section 1.7
  5. a, b, c, d, e, f, g et h Mer de Chine: Instructions nautiques, 1re partie, Paris 1865.
  6. Sailing Directions, Publication 161, Sector 1, pg. 6
  7. J. B. Nicolas-Denis d'Apres de Mannevillett, Instruction sur la navigation des Indes-Orientales et de la Chine, pour servir au Neptune oriental, Chez Demonville, Paris, 1775. Retrieved 6 April 2009.
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  9. Michael Sullivan, The meeting of Eastern and Western art, Revised and expanded edition. Retrieved 6 April 2009.
  10. (en) Museum of Guangdong Province, « Briefing Investigation Report of Guangdong Province Xisha Islands' Culture Relics », Culture Relics,‎ , p. 1–29, 95–102 (lire en ligne)
  11. (en) Zhenhua Han et LI Jinming, « Niangniang Temple and Corallite Little Temple in Paracel and Spratly Islands », Southeast Asian Affairs,‎ , p. 86 (lire en ligne)
  12. (zh) http://xuewen.cnki.net/CJFD-HKGL703.014.html modèle {{Lien web}} : paramètre « titre » manquant, CNKI (consulté le 24 juillet 2014)
  13. ed. Kivimäki 2002, p. 9.
  14. Bateman, Emmers 2008, p. 43.
  15. "The Paracels: The Other South China Sea Dispute" pg 5
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  18. (en) Associated Press, « China begins building school on Yongxing island – that has disputed ownership with Vietnam », The Independent (UK),‎ (lire en ligne)
  19. (en) Agence France-Presse, « China builds school on disputed island », Bangkok Post,‎ (lire en ligne)
  20. (en) Associated Press in Beijing, « China building school on island in South China Sea », South China Morning Post,‎ (lire en ligne)
  21. (en) Victor Robert Lee, « Satellite Images: China Manufactures Land at New Sites in the Paracel Islands », The Diplomat,‎ (consulté le 17 février 2016)
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  26. J. B. Chaigneau, Le Mémoire sur la Cochinchine, 1820.
  27. (en) Larry M. Wortzel et Robin D. S. Higham, Dictionary of Contemporary Chinese Military History, ABC-CLIO, (ISBN 0313293376, lire en ligne), p. 180
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  35. Myron H. Nordquist et John Norton Moore, Security flashpoints : oil, islands, sea access and military confrontation, p. 185
  36. King C. Chen, China's war with Vietnam, 1979 : issues, decisions, and implications, p. 47
  37. (en) « Declaration of the Government of the People's Republic of China on the baselines of the territorial sea » [PDF], sur un.org,‎ (consulté le 6 juin 2014)
  38. Limits in the sea n° 117 - Straight Baseline claim : China US Departement of State, 1996.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Ensembles de la mer de Chine méridionale

Lien externe[modifier | modifier le code]

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