Îles Spratleys

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Îles Spratleys
Carte des Îles des Spratleys
Carte des Îles des Spratleys
Géographie
Revendication par Brunei, République populaire de Chine, République de Chine, Malaisie, Philippines et Viêt Nam
Localisation Océan Pacifique
Coordonnées 8° 38′ 00″ N 111° 55′ 00″ E / 8.633333, 111.916667
Superficie 2 km2
Côtes 926 km
Nombre d'îles 14
Île(s) principale(s) Île de Itu Aba, Île Thitu, Île West York, Île Spratley, Île Parola, Southwest Cay, Île Sin Cowe, Île Nanshan
Point culminant 4 m
Démographie
Population 2 200 hab. (pour raisons stratégiques, ravitaillement constant des pays revendicateurs)
Densité 1 100 hab./km2
Autres informations

Géolocalisation sur la carte : Asie

(Voir situation sur carte : Asie)
Îles Spratleys
Îles Spratleys

Géolocalisation sur la carte : mer de Chine méridionale

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Îles Spratleys
Îles Spratleys

Les îles Spratleys, parfois appelées îles Spratlys ou îles Spratly[1], sont un archipel de 14 petites îles coralliennes ou de cayes peu habitées situés en mer de Chine méridionale[1]. L'archipel comprend un grand nombre de récifs dont une centaine restent apparents à marée haute.

Un conflit territorial majeur s'y joue entre la Chine et ses voisins, car les îles Spratleys recèlent du pétrole, du gaz et la plus grande ressource halieutique de la région, et se situent sur la route maritime d'un tiers du trafic mondial[2]. Depuis fin 2013, la République populaire de Chine y a construit la Grande muraille de sable ; 7 îles artificielles, sur 9 récifs, d'une surface totale de 13,5 km2[3], sur lesquels elle bâtit des constructions de grande envergure (3 aéroports, héliports, ports, immeubles...) afin d'asseoir sa présence dans cette zone disputée[4],[5].

Étymologie[modifier | modifier le code]

L'archipel des Spratleys est nommé d'après l'île éponyme Spratley. Quatrième par la taille, elle est située à la limite sud-ouest de l'archipel. Richard Spratly (en), le capitaine du baleinier Cyrus qui naviguait vers le sud-est à partir du récif de Ladd Reef, qu'il avait aperçu la veille et baptisé du nom du capitaine Ladd du navire Austen, découvrit une plage à 9 heures du matin, le 29 mars 1843. Il rapporta la position exacte de ces 2 dangers dans une lettre du 1er avril 1843 adressée au Bureau hydrographique[6].

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte géographique des Spratleys. Les îles, les récifs et les hauts-fonds qui ont des parties au-dessus de l'eau à marée haute sont en noir. En bleu, les objets submergés, sans valeur pour l'UNCLOS III

Aussi nommées Kalayaan (en) en filipino, îles Nansha' par les Chinois (南沙群島), en pinyin : nānshāqúndāo, Quần đảo Trường Sa' par le Viêt Nam. Elles se situent approximativement aux deux tiers de la distance séparant le Viêt Nam des Philippines et de la Malaisie orientale. Au nombre de quatorze, les Spratleys émergent au sud des Paracels, à 594 milles nautiques au sud de Hainan (sud de la Chine). Ce sont des îlots coralliens, des cayes et des récifs qui n'étaient, autrefois habités que par d'innombrables oiseaux de mer[1]. Elles sont répartis sur une zone de 500 km de long sur 500 km de large.[réf. nécessaire]

Aucune terre n'est cultivable, et aucune n'abrite d'habitants indigènes. On[Qui ?] estime toutefois qu'environ une douzaine d'îles peuvent suffire à nourrir une population minime. Les ressources sont la pêche et le guano. Il n'existait aucun port, mais il y a cinq aérodromes : Liste et positions des aéroports dans les Spratleys (en)

L'archipel a une surface maritime de 439 820 km2.[réf. nécessaire] (500km * 500km = 250 000 km2)

Les îles "naturelles"[modifier | modifier le code]

Les 14 îles des Spratleys sont, par taille décroissante :

# Île dans l'Atoll Surface
(ha.)
Position Occupée par Extention
de surface
1 Île de Itu Aba Tizard Bank (en) 46.00 10° 23′ N 114° 21′ E / 10.383, 114.35 Taïwan (Île Taiping)
2 Île Thitu Récif Thitu 37.20 11° 03′ N 114° 17′ E / 11.05, 114.283 Philippines (Pagasa)
3 Île West York Île West York 18.60 11° 05′ N 115° 01′ E / 11.083, 115.017 Philippines (Likas)
4 Île Spratley Île Spratley 13.00 8° 38′ N 111° 55′ E / 8.633, 111.917 Viêt Nam (Trường Sa)
5 Île Parola North Danger Reef 12.70 11° 28′ N 114° 21′ E / 11.467, 114.35 Philippines (Northeast Cay)
6 Southwest Cay North Danger Reef 12.00 11° 26′ N 114° 20′ E / 11.433, 114.33 Viêt Nam (Song Tử Tây) ~8ha
7 Île Sin Cowe Union Banks (en) 08.00 9° 52′ N 114° 19′ E / 9.867, 114.317 Viêt Nam (Sinh Tồn) ~1ha
8 Île Nanshan Nanshan Group 07.93 10° 45′ N 115° 49′ E / 10.75, 115.817 Philippines (Lawak)
9 Sand Cay Tizard Bank (en) 07.00 10° 23′ N 114° 28′ E / 10.383, 114.467 Viêt Nam (Son Ca) ~2.1ha[7]
10 Île Loaita Loaita Bank 06.45 10° 40′ N 114° 25′ E / 10.67, 114.417 Philippines (Kota Island)
11 Récif Swallow Swallow Reef 06.20 7° 22′ N 113° 50′ E / 7.367, 113.83 Malaysia (Layang-Layang Reef) ~38ha
12 Île Namyit Tizard Bank (en) 05.30 10° 11′ N 114° 22′ E / 10.183, 114.367 Viêt Nam (Nam Yet)
13 Amboyna Cay (en) Amboyna Cay 01.60 7° 51′ N 112° 55′ E / 7.85, 112.917 Viêt Nam (An Bang)
14 Flat Island (Spratly) (en) Nanshan Group 00.57 10° 49′ N 115° 49′ E / 10.817, 115.817 Philippines (Patag)
15 Lankiam Cay (en) Loaita Bank 00.44 10° 43′ N 114° 32′ E / 10.717, 114.533 Philippines (Panata)

Le Récif Swallow, n'est pas une île mais un gros rocher faisant partie d'un atoll submergé où la Malaisie a construit un terre-plein en 1995 pour y installer un petit aéroport, Layang-Layang Airport (en), devenant ainsi la onzième île des Spratleys, par la surface. Elle est, de par sa nature, une île artificielle, mais contrairement aux île artificielles chinoises, elle est située dans la zone économique exclusive réclamée par son propriétaire en accord avec les disposition de la 3e conférence des Nations unies sur le droit de la mer.

La surface totale des îles est d'un peu plus de 2 km2. Environ 180 hectares et une cinquantaine d'hectares d’agrandissements.

Les îles artificielles chinoises[modifier | modifier le code]

La Troisième Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM III, ou UNCLOS III) a été finalisée le 10 décembre 1982. Cette loi accorde très peu de valeur aux revendications sur des bases historiques (lesquelles donnent lieu à des querelles sans fin) et, au contraire, instaure des zones économiques exclusives (ZEE), un espace maritime sur lequel un État côtier exerce des droits souverains en matière d'exploration et d'usage des ressources. Une ZEE s'étend à partir de la ligne de base (à partir des terres ou îles naturelles et habitables) de l'État jusqu'à 200 milles marins (environ 370 km). Les Philippines ont ratifié la convention le 8 mai 1984 et l'Indonésie le 3 février 1986 et se sont déclaré États archipel[8]. La République populaire de Chine (RPC), qui ne possédait rien dans l'archipel, voyait ses revendications, basées sur des droits ancestraux exprimés dans sa carte à ligne en neuf traits, mises à mal.

La municipalité Kalayaan, Philippines

La Chine affirme qu'en mars 1987, la 14e session de l'Assemblée de la Commission océanographique intergouvernementale de l'UNESCO, qui adopté un plan mondial de surveillance du niveau de la mer, lui a confié la construction de cinq stations océanographiques. Bien que l'UNESCO n'ait pas spécifié de zones précises, il est évident que la Chine n'avait pas la mission de construire de station dans une zone disputée et encore moins dans la zone économique exclusive que les Philippines avaient revendiquée selon l'UNCLOS III. La Chine a pris ce prétexte pour occuper certains récifs[9]. La RPC choisit de construire une première station océanographique sur le récif de Fiery Cross car il est isolé et à plus de 200 miles nautiques des côtes des pays environnants. In exteso : Le récif de Fiery Cross est un immense atoll ancien, dégradé et submergé, dont seules 2 roches émergent à marée haute, à chaque extrémité. Il est situé dans les eaux internationales et en dehors des potentielles zones économiques exclusives calculées à partir des côtes des Philippines et du Viêt Nam, dans l’hypothèse où les îles naturelles Spratleys soient reconnues naturellement inhabitables et donc considérées comme des écueils ou des roches au sens de la Troisième Convention des Nations unies sur le droit de la mer. Le récif de Fiery Cross est situé en dehors, à l'ouest, de l'archipel de Kalayaan, Palawan (en) réclamé par les Philippines et est uniquement disputé par la République populaire de Chine, Taïwan et le Vietnam. De part sa beauté merveilleuse, l'UNESCO aurait pu le classer au Patrimoine mondial de l'humanité s'il n'était pas devenu la principale base militaire aéronavale de la République populaire de Chine en Mer de Chine méridionale.

En 1988, la Chine prit possession du récif de Johnson Sud dans l’atoll du banc de l'Union, aux Spratleys. Contrairement au récif de Fiery Cross, ce récif, appelé Mabini par les Philippins, est situé à 230 km des côtes des Philippines et donc dans les eaux de la zone économique exclusive (ZEE) de 370 km, 200 milles marins, revendiquée par les Philippines. De plus, il est à proximité des île Sin Cowe et île Sin Cowe Est, occupées par le Viêt Nam, et situées dans le même atoll. La marine vietnamienne avait dépêché une centaine de soldats du génie pour construire une petite tour pour y planter un drapeau. Les Vietnamiens ont repoussé les Chinois à coup de poing. La chaloupe du groupe du débarquement chinois a donc fait demi-tour. La marine chinoise a alors massacré, par des tirs des canons antiaériens de 3 frégates, 64 soldats vietnamiens armés essentiellement d'outils de maçonnerie, la plus part âgés de 20 ans et a fait 9 prisoniers.[10]. Par étapes, la RPC s'est emparée de 7 autres récifs appartenant, en partie, aux Philippins où elle a construit des installations militaires provisoires.

La RPC a attendu patiemment, signant même avec l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ANASE ou ASEAN), en novembre 2002, une « Déclaration sur la conduite des parties en mer de Chine méridionale ». Dès 2009, elle s'est montrée plus agressive avec sa Note verbale adressée au Secrétaire général des Nations unies, bloquant les dépôts de demandes de ZEE de la Malaisie et du Viet Nam. En effet, l'UNCLOS III ne gère pas les conflits territoriaux des États lesquels doivent au préalable négocier entre eux puis soumettre une demande à partir de terres non disputées. En affirmant sa souveraineté sur les Spratleys, la Chine bloque la procédure. C'est sur la deuxième page de cette note verbale de 2009 qu'est apparue la seule version officielle de la carte à ligne en neuf traits où la Chine revendique la quasi totalité de cette mer.

Fin 2013, la RPC a commencé d'énormes constructions d'îles artificielles au mépris de plus de toutes règles environnementales.

  1. Dans les eaux internationales de l'archipel des Spratleys : construction de 4 bases militaires sur des îles artificielles :
    • Fiery Cross Reef (2,74 km2)[3], aéroport de 3 200 m achevé en janvier 2016
    • Subi Reef (3,95 km2)[3], aéroport en construction
    • Cuarton Reef (0,231 km2)[3]
    • Gaven Reef (0,136 km2)[3]
  2. Construction de 3 bases militaires sur des îles artificielles dans la zone économique exclusive revendiquée par les Philippines[11]. Activité présumée illégale, car la construction d'îles artificielles nécessite l'accord du pays propriétaire de la ZEE :
    • Mischief Reef (5,58 km2)[3], aéroport en construction
    • Johnson South Reef (0,109 km2)[3]
    • Hughes Reef (0,76 km2)[3]

Ces nouvelles îles sont construites sur des récifs qui étaient auparavant 1 m sous le niveau de la mer. Pour remblayer ces 7 îles artificielles, d'une surface totale de 13,5 km2, (13,5 millions de m2) sur une hauteur de quelques mètres, la Chine a dû détruire le volume équivalent de récifs environnants et pomper, notamment à l'aide de la drague foreuse géante Tian Jing Hao, un volume de sable et de coraux de 40 ou 50 millions de m3, occasionnant des dégâts considérables et irréversibles à l’environnement[12].

La grande muraille de sable est une ligne de forteresses protégeant le Sud de la Chine ainsi que la base de Yulin, une nouvelle base souterraine "secrète", digne des films de James Bond, en face de la célèbre station balnéaire, Sanya, sur l'île de Hainan. La Base de sous-marins de Hainan (榆林海军基地) est une base navale pouvant abriter une vingtaine de sous-marins nucléaires de la People's Liberation Army Navy Submarine Force (en) sous une montagne, sur la côte sud de l'île de Hainan en Chine[13],[14]. Cette base souterraine a été rapportée par plusieurs agences de renseignement, en particulier les agences indiennes. Les images recueillies par la Fédération des scientifiques américains (FAS) en Février 2008 montrent que la Chine a construit une grande base souterraine pour ses forces navales[15].

Plainte des Philippines[modifier | modifier le code]

Article détaillé : [[Philippines contre Chine (en) ]].
Carte de la revendication territoriale des Philippines, montrant les eaux intérieures, la mer territoriale, les limites des traités internationaux et de la zone économique exclusive où se trouvent ces récifs[11].

Le président des Philippines Benigno Aquino III a comparé le comportement des Chinois à l'annexion de la Tchécoslovaquie par les nazis allemands[16] et a porté le cas devant la Cour internationale de justice (CIJ), siégeant à La Haye (Pays-Bas). La CIJ a donné raison aux Philippines dans un jugement rendu le 12 juillet 2016, et a estimé qu'aucun élément des îles Spratleys ne possède le statut d’île capable de générer une zone économique exclusive[17]. La Chine a refusé de participer au jugement.

Histoire[modifier | modifier le code]

Soldats de l'armée populaire vietnamienne sur les îles Spratleys, en 2009.

L'exercice de la souveraineté au nom d'un État sur les îles des Spratleys a été initialement réalisé par le Royaume de Champā.

Au XIIIe siècle, les anciennes cartes vietnamiennes et les "Phủ biên tạp lục" (Chronique des frontières) mentionnent les "Bãi Cát Vàng" (Bancs de sable doré), tandis que les cartes et chroniques chinoises, les nomment "Qianli Changsha" (千里長沙 : Mille Li de bancs de sable) ou les "Wanli Shitang" (萬里石塘 : Dix mille Li de hauts-fonds et tourbillons).

Aujourd'hui, les régimes vietnamien et chinois affirment que ces îles sont en réalité les Spratleys. Se considérant comme successeurs du Champa dans l'exercice de la souveraineté sur ces îles inhabitées, ils les revendiquent chacun de leur côté.

Le Duguay-Trouin et son hydravion avant la Seconde Guerre mondiale

La France avait fait reconnaître l'archipel, le 13 avril 1930, par la canonnière « La Malicieuse ». Les 7 et 10 avril 1933, elle fit poser des bornes de prise de possession par les avisos « Astrolabe » et « Alerte » ; enfin le 25 avril 1938, un mât de pavillon fut dressé par le croiseur « Duguay-Trouin ». La notification de l'annexion parut au Journal Officiel du 26 juillet 1933[1].

Lors de la signification de l'occupation des Paracels, en juillet 1938, l'ambassadeur de France à Tokyo rappela l'annexion antérieure des Spratley par la France. Le Japon fit alors des réserves, car, à son avis, si depuis 1917 des Japonais exploitaient des gisements de phosphates (guano) dans l'île principale, Itu Aba, il n'avait jamais été remarqué qu'un seul Français s'y fût installé. Fort de cette constatation, Tokyo, notifia à l'ambassadeur de France, le 31 mars 1939, que les Spratley[1], habitées par des Japonais, étaient placées sous la juridiction nippone et rattachées administrativement au territoire de Formose ; l'occupation était assurée par un détachement de police[1].

Le Japon occupe les îles pendant la Seconde Guerre mondiale et y installe sur la plus grande île, Itu Aba, une base de sous-marins.

Le 1er mai 1945, l'île de Itu Aba a été bombardée au napalm par des avions américains. Six mois plus tard, le 20 novembre 1945, la marine américaine a envoyé une mission de reconnaissance à Itu Aba. Elle a trouvé l'île inoccupée - les Japonais avaient fui. Il a fallu attendre plus d'un an plus tard, en décembre 1946, le débarquement de la Chine Nationaliste qui a utilisé des navires des surplus de guerre américains qui venait d'être transférés à la Marine de la République de Chine (RoC) qui, ainsi, a été en mesure d'atteindre l'île. (Les Français était arrivé deux mois avant et avaient réclamé la souveraineté de l'île, ce qui est rarement mentionné dans les sources chinoises.)[18],[19]

Les deux Chines affirment aujourd'hui que les troupes chinoises ont été chargées par les Alliés en 1946 d'y venir désarmer les militaires nippons.

Tokyo a entièrement renoncé à revendiquer ces îles en 1951, tandis que la Chine, les Philippines et le Viêt Nam les considèrent comme faisant partie de son territoire. Il s'agit alors de la Chine nationaliste, dirigée par Tchang Kaï-Chek.

Après la décolonisation française de l'Indochine, le gouvernement de la République du Viêt Nam (Viêt Nam du Sud) a réoccupé certaines îles.

Vaincue par la guerre civile chinoise, la Chine nationaliste, dirigée par Tchang Kaï-Chek s'est réfugié à Taïwan et tout comme les Français, a délaissé les îles Spratly.

En 1947, Tomás Cloma Sr. (le père de Tomás Cloma), un aventurier philippin et magnat de la pêche, constate que plusieurs îles Spratleys sont désertées. Le 11 mai 1956, à la tête d'un équipage de 40 hommes, il en prend possession les appelle Freedomland. Le 31 mai 1956, Cloma déclare la création du Territoire libre de Freedomland.

Les micro-états[modifier | modifier le code]

La République de Morac-Songhrati-Meads[modifier | modifier le code]

Republic of Morac-Songhrati-Meads
Drapeau de la République de Morac-Songhrati-Meads
Kingdom of Humanity
Drapeau du Royaume de l'Humanité

La République de Morac-Songhrati-Meads est une micronation établie dans les îles Spratleys par le capitaine de la marine britannique James George Meads dans les années 1870.

Le capitaine Meads revendique les îles dans les années 1870 alors qu'il explore la mer de Chine méridionale. Ses descendants maintiennent cette revendication sur les îles et leurs ressources[20]'[21]. Cependant, il n'y a aucune preuve contemporaine de l'existence de cet état. Il n'existe pas d'informations fiables sur la vie de Meads : son nom n'apparaît pas dans les archives des forces armées britanniques.

En 1914, Franklin M. Meads, le fils de James George, créé une micronation rivale, « Kingdom of Humanity » (Royaume de l'Humanité). Les deux factions rivales occupent les îles jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, lorsqu'elles sont chassées par les troupes japonaises.

Franklin meurt en 1945, son fils Josiah lui succède mais lui-même meurt peu après. Son fils Morton F. Meads reçoit la succession mais il est trop jeune[22]. Kingdom of Humanity est réuni avec la République en 1963.

Le Royaume réapparaît en 1972 lorsque Morton Meads demande à l'Organisation des Nations unies, à Tchang Kaï-chek, le président de la République de Chine (Taïwan), et à la République des Philippines de reconnaître le royaume et ses revendications. Peu après, les autres membres du Royaume disparaissent lors d'un naufrage, à l'exception de Meads.

En 1985, Meads poursuit en justice les États-Unis et d'autres États, leur réclamant 25 milliards de dollars, les accusant de concurrence déloyale, de harcèlement et de sabotage. Le procès n'a pas lieu[23]

Freedomland[modifier | modifier le code]

Drapeau du Territoire Libre de Freedomland[24].

En 1947, Tomás Cloma Sr. (le père de Tomás Cloma), un aventurier philippin et magnat de la pêche, trouve plusieurs îles inoccupés en mer de Chine méridionale. Elles font partie du territoire des îles Spratleys réclamé par les Philippines. Tomas Cloma Sr. et son fils, propriétaire d'une institution marine privée (PMI Colleges), ambitionnent d'ouvrir une conserverie et d'exploiter le guano des îles.

Le 11 mai 1956, Tomás Cloma Sr, à la tête d'un équipage de 40 hommes, prend possession de ces îles et les appelle Freedomland. Quatre jours plus tard, il annonce ses revendications territoriales. Le 31 mai 1956, Cloma déclare la création du Territoire libre de Freedomland ; dix jours après, il envoie un courrier au ministre des Affaires Étrangères réaffirmant la création de Freedomland. Le 6 juillet, Cloma déclare au monde entier ses revendications et la création d'un gouvernement séparatiste sur Flat Island. Il fait aussi une différence entre Freedomland et les îles Spratleys à l'ouest. Il semble que Freedomland englobe la plupart de ce qu'on appelle les îles Spratly, mais pas l'île Spratley elle-même, ni les baies et les récifs situés à l'ouest de celle-ci.

La déclaration de Cloma est accueillie avec des réactions hostiles de plusieurs pays voisins, notamment Taïwan. Le 24 septembre 1956, elle s'installe sur l'île de Itu Aba qu'elle n'occupait plus depuis 1950 et arrête les hommes et les bateaux de Cloma. La Chine réaffirme également sa revendication.

En août 1974, Cloma change le nom de Freedomland pour Colonia. De même, il arrête toute activité de pouvoir et fait de John de Mariveles son héritier. En décembre, après avoir été emprisonné par Ferdinand Marcos, Cloma renouvelle l'arrêt de toute prétention séparatiste devant le gouvernement philippin pour un peso.

En 2014, les Philippines demandent un arbitrage avec la Chine à la Cour de l'arbitrage international. Elle abandonne sa requête sur le territoire demandé autrefois par Cloma. En conséquence, Colonia est maintenant le seul successeur de Cloma[25].

Le Territoire libre de Freedomland ne doit pas être confondu avec la Principauté de Freedomland ou la République de Koneuwe, mise en place par un escroc français, aussi dans les Spratleys mais pas sur les mêmes îles.

L'après guerre du Viêt Nam[modifier | modifier le code]

Depuis 1976 la République socialiste du Viêt Nam continue à revendiquer la souveraineté de l'ensemble de ces îles, mais n'est, acuellement, physiquement présente que sur 6 îles, (Spratly Island, Southwest Cay, Sin Cowe Island, Sand Cay, Namyit, Amboyna Cay), 16 récifs et 6 haut-fonds.

En 1988, la République populaire de Chine a recouru à la force et à un massacre pour enlever certains récifs aux Vietnamiens puis aux Philippins : Elle occupe à présent huit ou neuf récifs.

Depuis 2014, la Chine a construit des îles artificielles sur ces récifs qui étaient partiellement ou totalement immergés à marée haute, occasionnant des dégâts irréversibles à l’environnement. Ayant une surface nulle à l'origine, ces îles n'apportent pas de droit sur les eaux environnantes selon la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM, ou UNCLOS). Ces îles artificielles, dont certaines ont une surface de plus de 350 hectares sont plus grandes que les iles naturelles, toutes occupées par les Philippines, Taïwan et le Viet Nam.

En 2015, la Chine a construit 7 bases militaires sur ces îles artificielles. Depuis ces bases, la Chine a plusieurs fois illégalement menacé les avions et les bateaux circulant dans les parages en mettant en danger les équipages et passagers. De plus, elle interdit, sans base légale, l’accès aux pêcheurs non Chinois, par exemple en tirant à balles réelles sur les bateaux de pêche vietnamiens. Quatre de ces îles ont été construites dans la zone économique exclusive de 200 miles nautiques, revendiqué par les Philippines lesquelles ont porté plainte devant la Cour internationale de justice (CIJ) à La Haye (Pays-Bas).

Les Spratleys sont aussi partiellement revendiquées par la Malaisie (qui occupe trois îles), les Philippines (qui en occupent cinq), le Viêt Nam (qui occupe 6 îles et 22 récifs) et le sultanat du Brunei (qui en occupe deux)[26].

Revendication de souveraineté[modifier | modifier le code]

L'occupation des îles Spratleys en 2009.

Bien qu'ayant ratifié Convention des Nations unies sur le droit de la mer, la Chine revendique des zones maritimes sous prétexte de droits ancestraux : notamment l'île de Taïwan et, par conséquent, la ZEE correspondante. Elle revendique également dans le cadre du conflit territorial en mer de Chine méridionale les îles Spratleys ainsi que d'autre archipels dont les îles Senkaku (conflit territorial des îles Senkaku) et le récif de Scarborough entrainant des tensions également avec Brunei, le Japon, la Malaisie, les Philippines, et le Viet Nam[27].

Les îles n'ont pas d'eau douce et sont par conséquent inhabitables. Selon le droit maritime international, elles sont considérées comme des écueils et non des îles et, à ce titre, les revendications de souveraineté sur les parties émergées ne peuvent pas s'appliquer aux eaux territoriales. Selon la limite des 200 milles marins, le quart ouest de l'archipel se trouve dans la Zone économique exclusive (ZEE) vietnamienne, le quart sud dans la ZEE de Malaisie et du Brunei, le quart est dans celle des Philippines et le quart nord, au-delà de cette limite. Or chacun des pays riverains de la Mer de Chine méridionale revendique l'ensemble de l'archipel et les eaux afférentes, et refuse tout plan de partage. La situation est donc particulièrement complexe et tendue, et c'est pourquoi pas moins de cinq états y ont placé des garnisons : environ 1 500 Vietnamiens, 450 Chinois, une centaine de Malaisiens, une vingtaine de Brunéiens et une centaine de Philippins. Tous sont ravitaillés à partir du continent. Sur le terrain, un statu quo s'est établi et chacun campe sur ses positions. Cet intérêt partagé est expliqué par la possibilité de gisements de pétrole et la position des îles sur la route maritime très fréquentée qui mène au Japon et à la Chine.

Depuis 2013, la Chine remblaie massivement des hauts-fonds, construisant des centaines d'hectares de nouvelles terres émergées[4], y déposant même des pièces d'artillerie pour les défendre. En 2015, elle y inaugure deux phares[28].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f (en) Claudius Madrolle, « La question de Hai-nan et des Paracels », Politique étrangère,‎ (lire en ligne)
  2. Didier Cormorand, « Et pour quelques rochers de plus… : Batailles pour le partage de la mer de Chine méridionale », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne)
  3. a, b, c, d, e, f, g et h Asia Maritime Transparency Initiative - Island Tracker. Retrieved 2015-07-03.
  4. a et b (en) « Imagery shows progress of Chinese land building across Spratlys », sur Jane's Information Group,‎ (consulté le 21 février 2015)
  5. (en) « China building artificial island in South China Sea », sur http://www.janes.com,‎
  6. (en) Hancox, David; Prescott, Victor, A Geographical Description of the Spratly Islands and an Account of Hydrographic Surveys amongst Those Islands, vol. 1, University of Durham, International Boundaries Research Unit, coll. « Maritime Briefings », (ISBN 1897643187), p. 15
  7. (en) « Sandcastles of their own: Vietnamese Expansion in the Spratly Islands »
  8. « Listes chronologiques de ratifications, adhésions et successions à la Convention aux Accords y relatifs », sur un.org
  9. "South China Sea Treacherous Shoals", magazine Far Eastern Economic Review, 13 Août 1992: p14-17
  10. (en) « Deadly fight against Chinese for Gac Ma Reef remembered », Thanh Nien News,‎
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Didier Cormorand, « Et pour quelques rochers de plus… : Batailles pour le partage de la mer de Chine méridionale », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne)

Webographie[modifier | modifier le code]