Musée des beaux-arts de La Chaux-de-Fonds

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Musée des beaux-arts de La Chaux-de-Fonds
Façade du musée
Façade du musée
Informations géographiques
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Canton Neuchâtel
Ville La Chaux-de-Fonds
Adresse Rue des Musées 33
2300 La Chaux-de-Fonds
Coordonnées 47° 06′ 02″ nord, 6° 49′ 46″ est
Informations générales
Date d’inauguration 8 avril 1864 (l'institution)

5 juin 1926 (le bâtiment actuel)

Protection Bien culturel suisse d'importance nationale
Informations visiteurs
Site web http://cdf-mba.ne.ch

Géolocalisation sur la carte : Suisse

(Voir situation sur carte : Suisse)
Musée des beaux-arts de La Chaux-de-Fonds

Le musée des beaux-arts de La Chaux-de-Fonds est un musée d'art situé sur la commune de La Chaux-de-Fonds en Suisse. Fondé en 1864, il a emménagé en 1926 dans son bâtiment actuel de style Art déco, conçu par les artistes René Chapallaz et Charles L’Eplattenier. Il abrite des œuvres d'artistes régionaux et internationaux.

L'institution à des missions bien spécifiques. Elle a pour but d'assurer la sécurité, la conservation, la restauration, l'exposition, la documentation, la promotion et l'enrichissement de ses collections et de ses archives. Elle a également pour tâche d'élargir l'intérêt du public pour les beaux-arts. C'est pourquoi elle veille à l’accueil des curieux par le développement d'instruments pédagogiques et didactiques[1]. À noter que le musée ne présente que 7% des œuvres de sa collection[2], mais il veille à ce qu'elles soient toutes régulièrement visibles. Il a également pour mission d'organiser des expositions temporaires, comme : "Blaise Cendrars au cœur des arts", hommage à cet écrivain majeur né à La Chaux-de-Fonds.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Musée des beaux-arts de La Chaux-de-Fonds trouve son origine dans la création, le 8 avril 1864, de la Société des Amis des Arts de Neuchâtel, section de La Chaux-de-Fonds, aujourd'hui appelée Société des amis du Musée des beaux-arts (SAMBA)[3]. L'histoire de cette organisation se confond avec celle du musée devenu institution de la Ville en 1985. Il est depuis lors géré par une commission nommée par le Conseil communal. La Société des amis du musée des beaux-arts, pour sa part, consacre ses ressources à l'acquisition d'œuvres, aux animations[3] et à l'organisation de la Biennale.

Dès l’origine, les buts de la Société des amis des arts étaient, par l'acquisition d'œuvres d'art et l'organisation d'expositions, de développer la culture artistique de la région et de « rendre l'art utile à l'industrie »[3]. Jusqu'à l'érection du bâtiment actuel de style Art déco inauguré en 1926, la collection, encore modeste, est présentée de manière permanente dès 1877 dans une salle du Collège industriel, puis à partir de 1910, dans les combles aménagées de l'Hôtel des postes.

Longtemps centré sur l'art suisse, le musée s'ouvre à l'art contemporain international à la fin des années 1940, sous l'égide du conservateur Paul Seylaz, avec des expositions d'art abstrait français et italien notamment. La collection se développe parallèlement et l'art contemporain prend désormais une place importante dans les acquisitions du musée[3].

Entre 1990 et 1993, le bâtiment est agrandi de façon harmonieuse pour s'insérer dans le parc et au corps originel par l'architecte Georges-Jacques Haefeli. Aujourd'hui, de nombreuses expositions temporaires se tiennent tous les ans mettant en valeur des artistes régionaux connus internationalement tels : Le Corbusier en 2012 ou Blaise Cendrars en 2014, mais aussi des créations d'artistes internationaux.

Collections[modifier | modifier le code]

Léopold Robert, un peintre romantique natif de La Chaux-de-Fonds[modifier | modifier le code]

L'œuvre de Léopold Robert (1794-1835) célébrée par les écrivains, reconnue par la critique et recherchée par les collectionneurs de toute l'Europe du vivant de l'artiste, est peu à peu tombée dans l'oubli après son suicide à Venise, jusqu'à sa redécouverte au XXe siècle par les historiens d'art de son pays. Elle nous intéresse aujourd'hui par sa thématique romantique des brigands et des belles italiennes en costumes, à laquelle le peintre doit sa célébrité. Sa position esthétique est par ailleurs significative du passage du néoclassicisme au romantisme, de David à Delacroix. En elle se prolonge la conception du beau idéal, l'héroïsme des sentiments de la peinture d'histoire, mais appliqués à des scènes de genre.

L'art suisse[modifier | modifier le code]

La peinture suisse est représentée par des œuvres importantes de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle de Ferdinand Hodler, Albert Anker, Félix Vallotton, Alice Bailly, Edouard Vallet, Gustave Buchet et beaucoup d’autres. Un ensemble de sculptures de Martin Disler ouvre la collection à l'expressionnisme récent.

La Collection René et Madeleine Junod[modifier | modifier le code]

Situé au 1er étage, 30 tableaux légués à la Ville de La Chaux-de-Fonds en 1986 proviennent de l'importante collection que René et Madeleine Junod ont rassemblée entre les années 1930 et 1950. À la tête d'une entreprise de vente prospère, ils furent non seulement des amateurs d'art, mais aussi des mécènes généreux et discrets qui assurèrent de leur soutien plusieurs institutions culturelles et notamment le Musée des beaux-arts. Leur collection de peintures était vouée à l'illustration de l'art français moderne et marquait une prédilection pour un art réaliste enraciné dans la tradition des genres, le portrait, le paysage ou la nature morte.

Leur legs comporte une série de trente toiles d'artistes du XVIIIe siècle tel que Francesco Guardi ou Jean-Etienne Liotard, du XIXe siècle avec les impressionistes: John Constable, Gustave Courbet, Honoré Daumier, ainsi que Eugène Delacroix, mais aussi les néo-impressionnistes: Paul Gauguin, Camille Pissaro, Auguste Renoir ou encore Vincent van Gogh. Parmi les artistes du XXe siècle on découvre des œuvres de Georges Braque, André Derain, Albert Marquet, Henri Matisse, Amadeo Modigliani, on compte également des tableaux de Georges Rouault, Chaïm Soutine, Maurice Utrillo et Maurice de Vlaminck.

L'ensemble présenté reflète assez fidèlement les goûts et les partis pris des Junod et témoigne plus largement de la réception artistique et des tendances dominantes du marché de l'art en Suisse romande au milieu du siècle. L'accrochage de ces trente tableaux évoque par sa densité l'intimité d'une collection privée ; il suggère par ailleurs plusieurs séquences de lecture comme l'histoire du paysage de Constable à Soutine, du portrait, de Liotard à Modigliani, la filiation, du point de vue de la couleur, de Delacroix, Monticelli, Van Gogh, Derain, etc.

L'Art nouveau : Style sapin[modifier | modifier le code]

Au rez-de-chaussée, une salle est dévolue à l'Art nouveau, plus précisément au Style sapin, un genre particulier à La ville de La Chaux-de-Fonds. En 1900, l'Art nouveau avait conquis les esprits de l'époque, la Belle Époque. Il en devenait l'expression d'un goût spécifique. Le phénomène, bien que réservé dans ses plus belles expressions aux bourses bien garnies, n'en lança pas moins une mode internationale. L'Art nouveau fut importé à La Chaux-de-Fonds à la fin XIXe siècle sous l'influence des patrons horlogers et de leurs représentants de commerce. L'Art nouveau, art à la mode dans toutes les capitales d'Europe, devait trouver une place de choix dans la métropole horlogère ! Vitraux, carrelages, ornementations de cages d'escalier, stucs, menuiseries et ferronneries envahirent ainsi les nouvelles constructions. À la manière de l'Art nouveau international, le Style sapin se fonde sur un retour à la nature tant au point esthétique, symbolique que moral[4].

Expression plus originale et ambitieuse, une véritable école se développe à l'initiative de Charles L'Eplattenier (1874-1946), artiste sensible aux préceptes de l'art nouveau et pédagogue enthousiaste. Ouvert en octobre 1905, son cours supérieur d'art et de décoration initie certains élèves de l'école d'art, dont Charles-Edouard Jeanneret, le futur Le Corbusier, à l'étude de la nature. L'idée que "seule la nature est inspiratrice" porte le jeune professeur et ses élèves à l'étude de la flore et de la faune régionales et à l'élaboration du vocabulaire stylistique spécifique appelé Style sapin. Charles-Edouard Jeanneret travaillera d'ailleurs avec son maître sur diverses bâtiments de Style sapin bâtis en ville, telles les villa Fallet, Jaquemet et Stotzer.

« La base de nos études ornementales reste toujours le sapin. Cet arbre à ses différents âges, étudié dans son ensemble ou dans ses détails offre des ressources décoratives inépuisables. Le grand chardon argenté, les gentianes, etc., ainsi que notre faune jurassienne ajoutent à ces éléments des richesses considérables. »

— Rapport de la Commission de l'École d'art, 1911-1912, p. 17.

La salle Art nouveau fait découvrir diverses pièces typiques du style sapin, telle une imposante armoire-bibliothèques au sommet de laquelle on peut observer quatre chouettes, symbolisant la connaissance, des salamandres en fer forgé servent de poignées, on distingue également des rameaux de sapin. Ce type de créations qui date de 1903 est encore réaliste. Dès 1905, ce types d'éléments se voient stylisés. On peut les observer sur place à travers des vitraux.

Les dépôts[modifier | modifier le code]

Le musée héberge plusieurs dépôts importants : la collection d'artistes romands contemporains de la Fondation Hermine Maurer, la collection de la Fondation René Bauermeister, l'un des pionniers de l'art vidéo en Suisse; le fonds de dessins, d'affiches cinématographiques, et d'archives du comédien François Roulet (1931-1979) .

Le bâtiment[modifier | modifier le code]

Le bâtiment actuel est classé bien culturel d'importance nationale. Il a été construit dans un style art déco de tendance néo-classique par l'architecte René Chapallaz et l'artiste Charles L'Eplattenier ce dernier, professeur du futur Le Corbusier a orné la façade de l'entrée. La mosaïque du hall d'entrée quant à elle a été imaginée et créée par Charles Humbert. Elle évoque une allégorie des Arts[5]. À la suite du legs de la Collection Junod en 1986, le musée est rénové puis agrandi de 1990 à 1993 par l'architecte Georges-Jacques Haefeli. L'extension, souterraine, s'intègre de manière discrète et harmonieuse à l'édifice de 1926. Plus récemment (1996), François Morellet et Lawrence Weiner ont orné de leur travaux les façades de l'édifice.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Ville de la Chaux-de-Fonds/services », sur http://www.chaux-de-fonds.ch (consulté le 22 octobre 2014)
  2. Guide distribué par le musée des beaux-arts de la Chaux-de-Fonds
  3. a, b, c et d Edmond Charrière et Paul André Jaccard (sous la direction de), Musée des beaux-arts de La Chaux-de-Fonds, catalogue des collections de peinture et de sculpture., La Chaux-de-Fonds, Musée des beaux-arts, La Chaux-de-Fonds Institut Suisse pour l'étude de l'art, Lausanne, , 496 p. (ISBN 2-88275-023-4), p. Introduction par Edmond Charrière
  4. Edmond Charrière (dir.), Entre nature et géométrie, le Style sapin, Le Chaux-de-Fonds, Somogy, édition d'art, , 204 p.
  5. « Musée des beaux-arts de La Chaux-de-Fonds », sur Ville de la Chaux-de-Fonds

Lien externe[modifier | modifier le code]

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