Alice Bailly

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Alice Bailly
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Hinterhof
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Alice Bailly ( - ) est une peintre et graveuse suisse, née à Genève. Vaudoise d'adoption, elle fut proche des mouvements avant-gardistes du début du XXe siècle (cubisme, mouvement Dada, Fauvisme) qu'elle a contribué à faire connaître en Suisse romande.

Biographie[modifier | modifier le code]

Élève de l'École des demoiselles (Genève), attenante à celle des Beaux-Arts, Alice Bailly expose pour la première fois en 1900.

Entre 1902 et 1904, elle se rend en Valais où elle compose une série de gravures "Les scènes valaisannes"[1], notables sur le plan chromatique[2]. Font partie de cette série Femmes à la fontaine[3], Mulets vers le val d'Hérens, la Femme d'Evolène[4].

CH-NB - Evolène, Maison, vue partielle extérieure - Collection Max van Berchem - EAD-7602.tif

Photographie d'Évolène en 1902 par le suisse Max van Berchem. Le chapeau de la fillette est identique à celui de la xylographie d'Alice Bailly.

En 1906, elle s'installe à Paris, rue Boisonnade, au sein d'une petite "colonie suisse"[5]

Elle découvre en 1907 la Bretagne et y compose une nouvelle série de gravures "Les scènes bretonnes".

En 1909, elle séjourne chez Cuno Amiet, avec qui elle se lie d'amitié, et elle obtient sa première bourse fédérale des beaux-arts. Le fauvisme influencera sa peinture jusqu’en 1910[6]. Elle est également proche du mouvement Dada[7] né à Zurich.

En 1911, elle se rend en Seine-et-Oise où elle rencontre André Lhote, Raoul Dufy et Roger Allard. À Paris, elle élargit son cercle d’amis, notamment à Juan Gris, Albert Gleizes. Sa peinture évolue vers un cubisme coloré, ce qui lui vaudra d’être classée parmi les orphistes (Orphisme (art)) par Guillaume Apollinaire.

En 1914, Alice Bailly revient en Suisse, à Genève, où elle s'installe et peint, en particulier La Rade de Genève, vol de mouettes[8]. Elle y expose au Musée Rath.

Elle poursuit la gravure avec des œuvres comme Marval au bal de van Dongen[9] (1914).

La guerre la marque, cela se voit dans l'œuvre futuriste de 1916, La bataille de Tolochenaz[10] ainsi que dans l'œuvre Hommage ému aux couleurs de la France[11] (crayon, aquarelle, gouache).

Plusieurs tableaux montrent son amour pour la danse et la musique, tels La sonate à Dukas[12] de 1917.

Parmi les techniques qu'elle utilise, se trouvent l'estampe, la peinture à l'huile - exemple Fête foraine[13] (1927) - , l'encre - notamment dans La danse[14] - , l'aquarelle[15], les techniques mixtes : gouache et encre de Chine - c'est par exemple le cas pour Fruits et mains (L'offrande) de 1919[16] - , crayon et fusain - voir à ce propos Le bal[17] - , aquarelle sur crayon - en particulier dans Joie autour de l'arbre[18] (1913) - . Et sa propre technique de peinture-laine (voir infra).

De retour à Paris, en 1921, elle n’y retrouve pas le succès, malgré ses expositions au Salon des Indépendants et au Salon d’Automne. Cette période est caractérisée par "l'assourdissement de sa palette"[19]. Même si en 1923 elle s’établit à Lausanne, elle continue à séjourner par intermittences dans la Ville-Lumière, où elle conserve un appartement. Mais elle se rend aussi à plusieurs reprises en Italie[20] plus spécialement à Venise en 1926 où elle reçoit un prix à la Biennale, à Montepulciano en 1933 dont elle peint une représentation nocturne[21] et à Rome en 1934[22].

Alice Bailly invente le concept de « tableaux-laine » dès 1916, terme qu'elle crée pour éviter que l'on qualifie de « broderies » ses tableaux « peints avec de la laine ». Entre 1917 et 1923, elle exécute une cinquantaine de tels «tableaux-laine»: des fils multicolores sont lancés en lignées parallèles par-dessus et par-dessous une toile de coton. Parmi ses œuvres relevant de cette technique : les Rythmiciennes[23], tableau exposé au Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne, ou encore La Procession[24].

Elle est aussi connue pour son ornementation murale au Théâtre municipal de Lausanne, travail qui fut éprouvant physiquement[25].

L’heure du thé by Alice Bailly.jpg

L'heure du thé, 1920, peinture à l'huile exposée lors de l'Exposition internationale d'art moderne, Genève, déc. 1920 - janv. 1921

Elle meurt en son atelier de Longeraie à Lausanne en 1938.

Une exposition posthume en 1938 (puis en 1968 et 1985), ainsi que l’attribution d’une bourse Alice Bailly dès 1946 ont contribué à sa réputation. Les publications internationales consacrées à la femme artiste ont amplifié sa notoriété à partir du début des années 1980[26].

Principales expositions[modifier | modifier le code]

  • Salon des artistes indépendants, Paris, 1908-1913
  • Internationale Kunstausstellung, Munich
  • Salon d'automne, Paris
  • Galerie Georges Petit, Paris
  • Zurich SPSAS, 1912
  • Genève Musée Rath et mai-série 1912, 1913
  • Neuchâtel, 1912
  • Berne, exposition nationale suisse, 1913
  • Genève, 1917, La Pomme d'Or, exposition dont elle a réalisé l'affiche (gravure sur bois, en couleur)[27]
  • Genève, Galerie Moos, 1918
  • Kunsthaus de Zurich, 1919
  • Kunsthalle de Berne, 1921
  • Genève, exposition municipale
  • Venise, Biennale 1926 (elle reçut le prix de la Biennale de Venise)[28]
  • Kunsthalle de Berne, 1927
  • Genève, Athénée 1932
  • Kunsthalle de Berne, 1933
  • Musée du Jeu de Paume, Paris, 1934
  • Basel, rétrospective
  • Lausanne, Musée cantonal des Beaux-Arts, 1938[29]
  • Genève, Musée de l'Athénée, 1957 (Cent ans de peinture genevoise : à l'occasion du centenaire de la Société des amis des beaux-arts)[30]

Collections[modifier | modifier le code]

Suisse

Etats-Unis

France

Fondation[modifier | modifier le code]

  • La Fondation Alice Bailly a été créée en 1946 pour soutenir des jeunes artistes suisses et romands[32].

Commandes publiques suisses :

  • Triptyque, Maison de la Radio de Neuchâtel
  • Hall de la gare de Neuchâtel, 1934
  • Théâtre municipal de Lausanne, 1936

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Musée d'Art et d'Histoire de la ville de Genève https://collections.geneve.ch/mah/oeuvre/la-place-du-village/e-2005-0327
  2. Institut national d'histoire de l'art, Paris, rue Vivienne https://blog.bibliotheque.inha.fr/fr/posts/estampes-alice-bailly.html
  3. http://www.artnet.fr/artistes/alice-bailly/sc%C3%A8nes-valaisannes-9kbvXVKdhY6EV8JBBxpK9g2
  4. En couleur : http://www.artnet.fr/artistes/alice-bailly/trachtenm%C3%A4dchen-xODsmIlgT3J3H4T6VdRonA2 En noir, blanc et gris : https://collections.geneve.ch/mah/oeuvre/femme-devolene/e-2005-0069-006
  5. Dictionnaire sur l'art en Suisse. https://www.sikart.ch/KuenstlerInnen.aspx?id=4000018
  6. Une huile Fauve d'Alice Bailly : http://www.artnet.fr/artistes/alice-bailly/stadt-im-mondschein-8TWU971W4rcEs8UGwSIggg2
  7. https://www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com/2017/06/Alice-Bailly.html?m=1
  8. Voir le site rts.ch (Radio-Télévision Suisse): L'oeuvre du mois, 1er sept. 2015 modifié 23 mars 2018 /decouverte/monde-et-societe/culture-et-sport/l-uvre-du-mois/7036587-rade-de-geneve-ou-vol-de-mouettes-une-huile-dalice-bailly.html
  9. https://geneve-encheres.ch/lots/alice-bailly-1872-1938
  10. https://www.collection.pictet/fr/oeuvre/la-bataille-de-tolochenaz
  11. http://www.artnet.fr/artistes/alice-bailly/hommage-%C3%A9mu-aux-couleurs-de-france-homage-to-the-AoOchKvn0Ou9uLeCq0d_rw2
  12. https://www.swissinfo.ch/fre/culture/alice-bailly--une-artiste-%C3%A0-facettes/4790604
  13. http://www.artnet.fr/artistes/alice-bailly/f%C3%AAte-foraine-KPbIUQkjV_SuU8klq9QMsA2
  14. http://www.artnet.fr/artistes/alice-bailly/la-danse-E8nffkmrURlKLq6At4kJTg2
  15. http://www.artnet.fr/artistes/alice-bailly/blick-%C3%BCber-d%C3%A4cher-PCRcau9nTfrxsfztYrHk0Q2
  16. https://www.lempertz.com/en/catalogues/lot/1134-1/305-alice-bailly.html
  17. http://www.artnet.fr/artistes/alice-bailly/recto-le-bal-verso-t%C3%A4nzerin-yodY4dSS4V_P-TOOARq_uw2
  18. http://www.artnet.fr/artistes/alice-bailly/joie-autour-de-larbre-GsRKFYBJVCpC_hTrqMN6Ow2
  19. https://www.fivecontinentseditions.com/fr/p/alice-bailly-2/
  20. AWARE, Dictionnaire universel des créatrices, Cécile Godefroy, 2013 https://awarewomenartists.com/artiste/alice-bailly/
  21. Peinture à l'huile http://www.artnet.fr/artistes/alice-bailly/montepulciano-1933-yDbMAkP23uqA-HAwl3ISEg2
  22. Dictionnaire historique de la Suisse https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/021977/2002-12-23/
  23. Musée Cantonal de Beaux-Arts, Lausanne, Vaud. https://www.mcba.ch/collection/les-rythmiciennes-the-rhythmicians/
  24. http://www.artnet.fr/artistes/alice-bailly/la-procession-4J-203PhJXDMLDLiLjaQcg2
  25. Schwok, Claire-Lise. - Alice Bailly. Dans: Les femmes dans la mémoire de Genève . - Genève : S. Hurter, 2005. - p. 188-189
  26. « SIKART », sur sikart.ch (consulté le 29 novembre 2016).
  27. http://www.artnet.fr/artistes/alice-bailly/exposition-de-la-pomme-dor-1917-ij1CqHqBW6en7Hdh3jiEVw2
  28. Schwok, Claire-Lise. - Alice Bailly. Dans: Les femmes dans la mémoire de Genève, Genève, S. Hurter, 2005, p. 189
  29. MCBA du Vaud, rubrique Historique. https://www.mcba.ch/historique/
  30. P.-F. S., « Cent ans de peinture genevoise », Journal de Genève,‎ (lire en ligne)
  31. Estampes d'Alice Bailly
  32. « Alice Bailly », sur AWARE : Archives of Women Artists, Research and Exhibitions (consulté le 29 juin 2019)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Albert Rheinwald, L'art d'Alice Bailly, 1918, Galerie Moos.
  • Georges Peillex, Alice Bailly, éditions Pierre Cailler, 1968
  • Claire-Lise Schwok, « Alice Bailly », Les femmes dans la mémoire de Genève, Genève : S. Hurter, 2005, p. 188-189
  • Paul-André Jaccard, La fête étrange (exposition au Musée cantonal des beaux-arts de Lausanne, - ), Éditions des 5 continents, (ISBN 2-940027-50-1).
  • Artistes à Genève : de 1400 à nos jours, Genève : L'APAGe : Notari, 2010, p. 34-35
  • Allgemeines Künstlerlexikon (Internationale Künstlerdatenbank online)
  • Paul-André Jaccard, « Bailly, Alice Marie Louise », dans SIKART Lexikon zur Kunst in der Schweiz, 1998 (actualisé en 2016), (en ligne).
  • Johanna Daniel, "Les estampes d'Alice Bailly", dans Sous les coupoles, blog de la bibliothèque de l'INHA, , (en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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