Mont Kōya

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Mont Kōya
Le jardin de pierres du Kongōbu-ji
Le jardin de pierres du Kongōbu-ji
Géographie
Altitude 1 009 m[1]
Coordonnées 34° 13′ 23″ nord, 135° 36′ 21″ est[1]
Administration
Pays Drapeau du Japon Japon
Région Kansai
Préfecture Wakayama

Géolocalisation sur la carte : préfecture de Wakayama

(Voir situation sur carte : préfecture de Wakayama)
Mont Kōya

Géolocalisation sur la carte : Japon

(Voir situation sur carte : Japon)
Mont Kōya

Le mont Kōya (高野山, Kōya-san?) est un massif montagneux du Japon, situé dans le bourg de Kōya (préfecture de Wakayama), au sud-est d'Ōsaka. Il a donné son nom à un complexe de 117 temples bouddhiques.

Toponymie[modifier | modifier le code]

À la fin du VIIIe siècle, le jeune Kūkai abandonne ses études secondaires afin de se consacrer à la méditation et aux pratiques ascétiques dans les montagnes, selon l'enseignement du bouddhisme ésotérique. Au cours de ses retraites spirituelles dans des sites naturels isolés, il repère un haut plateau entouré de sommets de montagne, une configuration géographique considérée comme idéale pour vivre sa spiritualité selon l'esthétique bouddhique[2]. De retour en ce lieu, au milieu des années 810, il fait construire un temple près d'une rivière circulant au fond de la vallée d'altitude et baptise le massif montagneux Kōya-san (高野山?, litt. « mont de la haute plaine »)[2],[3].

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Le mont Kōya est un massif montagneux du Japon située dans l'Ouest de la péninsule de Kii, sur l'île de Honshū. Il s'étend dans le Nord de Kōya, bourg de la préfecture de Wakayama[1]. Environ 412 km au sud-ouest de l'agglomération de Tokyo et 56 km au sud-est d'Osaka, il appartient au parc quasi national de Kōya-Ryūjin, une zone naturelle d'une superficie de 19 198 ha protégée par le gouvernement japonais[4],[5].

Topographie[modifier | modifier le code]

Le mont Kōya est formé d'un plateau central entouré de sommets de montagne dont la hauteur est comprise entre 900 et plus de 1 000 m[5]. Le plateau est situé à une altitude d'environ 800 m et étendu sur 6 km d'ouest en est et 3 km du nord au sud[5]. Les sommets principaux sont les monts Mani[l 1] (ouest, 1 004 m)[6], Yōryū[l 2] (nord, 1 009 m)[7] et Tenjiku[l 3] (centre, 930 m)[8], collectivement appelés « trois monts Kōya »[l 4], et le mont Benten[l 5] (ouest, 985 m)[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le bonze Kūkai a installé la première communauté religieuse sur ce mont, qui allait devenir le principal centre du bouddhisme Shingon. Situé sur un plateau à 800 m d'altitude entouré de huit sommets, le premier monastère s'est développé pour devenir une ville, Kōya, possédant une université d'études religieuses et plus de cent temples offrant l'hospitalité aux nombreux pèlerins et touristes.

Les sites religieux les plus importants sont :

  • l'Okuno-in (奥の院?), un immense cimetière avec près de 200 000 pierres tombales de samouraïs, de personnalités et de gens ordinaires, sous une forêt de cryptomérias centenaires. Au cœur du cimetière se trouve le Tōrō-dō, le temple des lanternes. On pense que deux flammes y ont brûlé sans interruption depuis un millier d'années. À proximité du Tōrō-dō se trouve le Gobyo, le mausolée de Kūkai, devant lequel viennent se recueillir de nombreux fidèles ;
  • le Kongōbu-ji, temple à partir duquel sont gérées les affaires religieuses des 3 600 temples de la secte Shingon ;
  • le Garan (伽藍?) ou Danjōgaran (壇上伽藍?) est le complexe principal des temples du Kōyasan. Il contient plusieurs pavillons et pagodes, dont entre autres[9] :
    • le Konpon daitō (根本大塔?) une pagode vermillon haute de 49 mètres qui d'après la pensée Shingon est au centre d'un mandala en forme de fleur de lotus couvrant tout le Japon. Elle abrite entre autres la représentation de Dainichi Nyorai, le Mandala des deux royaumes[10],
    • le Kondō (金堂) premier pavillon du complexe où Kūkai dispensait son enseignement et discutait avec ses disciples. Il abrite des copies des représentations de Yakushi Nyorai le bouddha guérisseur, et des « mandala du sang » tracé avec le sang de Taira no Kiyomori, les originaux ayant été détruits avec le bâtiment lors du grand incendie de 1925,
    • le Miedō (御影堂), pavillon où résidat Kūkai situé en face du pin sacré où, selon la légende, le vajra que le moine avait lancé depuis la Chine des années auparavant afin de trouver le lieu de son futur monastère aurait atterri. Le pin fait des aiguilles à trois brins au lieu de deux, qui, selon la tradition porterait bonheur. Le pavillon est ouvert une fois l'an lors du Mieku, cérémonie anniversaire de la mort de Kūkai, et on peut y pénétrer pour admirer le portrait de Kūkai et de ses seize disciples, peint par son élève Shin'nyo Hoshino[10],
    • le Juntei-dō (准邸當), qui abrite la statue de Juntei Kannon que Kūkai avait choisi pour protecteur lors de son noviciat,
    • Kujaku-dō (孔雀當), pavillon construit en 1200 à la requête de l'empereur Go-Toba afin de remercier les moines du Kōya d'avoir, par leur prières, réussis à faire pleuvoir pour mettre fin à la sécheresse,
    • le Saitō ou Pagode de l'Ouest (西塔), érigée en 887 sur ordre de l'empereur Koko par Shinzen Daitoku, premier successeur de Kūkai,
    • le Fudō-dō (不動當), pavillon de Fudō Myōō qui est la forme irritée de Dainichi Nyorai dans le mandala de la matrice. Il abrite une sculpture de la divinité accompagné de ses huit jeunes serviteurs, œuvre du célèbre sculpteur Unkei[11],
    • le Aizen-dō (愛染當), pavillon de Aizen Myōō le pendant de Fudō Myōō dans le mandala du diamant,
    • le Sanmai-dō (三妹當), nommé ainsi après que l'abbé Saiko y soit entré en grande méditation au IXe siècle,
    • le Daie-dō(大絵當), construit par la princesse Itsutsuji Saijin, fille de l'empereur Go-Toba et dédié à la mémoire de celui-ci,
    • le Tōtō ou Pagode de l'Est (東塔),
    • le Sannō-in (山王院), construit à la période Fujiwara, le bâtiment sert, le seizième jour de chaque mois, de lieu de débat pour les moines ainsi que de lieu d'examen,
    • le Myō-jinja (明神社), sanctuaire shinto érigé pour protéger et abriter les divinités sacrées du mont Kōya, Niutsu-Hime (丹生都比売) et son fils Kariba-myōjin (狩場明神) qui, selon la légende, guidèrent Kūkai jusqu'au mont Kōya ;
  • le Jison-in : même s'il est situé à une vingtaine de kilomètres au nord des sanctuaires principaux, ce temple fait partie du complexe de temples de Kōya-san. Il a été fondé au IXe siècle pour servir de bureau administratif et de centre d'accueil pour les pèlerins. Le Jison-in est relié au centre du complexe par un chemin de pèlerinage créé par Kūkai, le Chōishimichi (町石道?, le « chemin aux bornes en pierre »). Le chemin est en effet jalonné d'une stupa à cinq niveaux tous les 108 m, distance correspondant à un chō (町, ancienne unité de longueur).

On trouve aussi d'autres monuments importants :

  • les mausolées de Tokugawa Ieyasu et Hidetada bâtis en 1643 par Tokugawa Iemitsu et déclarés Patrimoine culturel important. L'édifice se composant de deux pavillons dans le style architectural du Tōshō-gū de Nikkō, riche en décorations. Le mausolée de droite est celui de Ieyasu, et le gauche celui de Hidetada ;
  • la grande porte (大門, daimon?) qui fut jadis l'entrée principale du Kōya. C'est un bâtiment immense mesurant 25 mètres de haut pour 21 mètres de large et sept mètres d'épaisseur. Elle abrite les deux gardiens de Niō sculptés par Koi et Uncho pendant l'ère Edo. Le bâtiment actuel date de 1705 mais fut démantelé puis surélevé en 1981, travaux qui durèrent jusqu'en 1986 ;
  • la cloche de six heures (六時の鐘), située entre le Kongōbu-ji et l'entrée du Danjōgaran, elle fut érigée en 1618 par Fukushima Masanori pour le repos éternel de sa mère. La cloche brûla peu de temps après dans un incendie et fut reconstruite par son fils Fukushima Masatoshi en 1635. On peut l'entendre tous les jours sonner chaque heure entre h et 22 h ;
  • le nyonin-dō (女人堂?) : jusqu'en 1873 les femmes n'étaient pas autorisées à séjourner dans l'enceinte sacrée du site, celles-ci résidaient donc dans un de ces relais construits aux abords des sept accès originaux du complexe. Les autres stations ont disparu, aujourd'hui le Nyonin-do est essentiellement une boutique mais demeure une étape pour les pèlerins et c'est le premier arrêt de la ligne de bus du Kōya.

En 2004, l'UNESCO a désigné le mont Kōya Patrimoine mondial de l'humanité, en même temps que la plupart des sites sacrés et chemins de pèlerinage dans les monts Kii.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Kōya-san est accessible en prenant le funiculaire situé au terminus de la ligne de train Kōya de la société de transports Nankai Electric Railway, partant de Namba, Ôsaka[12]. Il est aussi possible de rejoindre Kōya-san à partir de la gare de Kudoyama, sur la même ligne, en parcourant à pied les vingt kilomètres du chemin de pèlerinage partant du Jison-in.

On trouve une centaine de monastères sur le mont Kōya, dont la moitié dispose de chambres d'hôtes, appelées shukubō (宿坊?, littéralement « logement des bonzes »)[13]. On y déguste une cuisine bouddhiste végétarienne d'origine zen appelée cuisine shōjin (精進料理, shōjin ryōri?), introduite de Chine au XIIIe siècle, issue du végétarisme bouddhique[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes lexicales bilingues[modifier | modifier le code]

  1. Le mont Mani (摩尼山, Mani-san?).
  2. Le mont Yōryū (楊柳山, Yōryū-san?).
  3. Le mont Tenjiku (転軸山, Tenjiku-san?).
  4. Les « trois monts Kōya » (高野三山, Kōya-san-zan?).
  5. Le mont Benten (弁天岳, Benten-dake?).

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (ja) Institut d'études géographiques du Japon, « GSI Maps », sur www.gsi.go.jp (consulté le 14 août 2018).
  2. a et b Nicoloff 2008, p. 2.
  3. (ja) Asahi Shinbun, « 高野山(山地) » [« Le mont Kōya (massif montagneux) »], sur Kotobank,‎ (consulté le 16 août 2018).
  4. (en) Ministère de l'Environnement (Japon), « List of National and Quasi-national Parks » [« Liste des parcs nationaux ou quasi nationaux »], (consulté le 14 août 2018).
  5. a, b, c et d (ja) Asahi Shinbun, « 高野山 » [« Le mont Kōya »], sur Kotobank,‎ (consulté le 14 août 2018).
  6. (ja) Yama-kei Publishers co., Ltd., « 摩尼山 » [« Mont Mani »], sur Yamakei-Online,‎ (consulté le 14 août 2018).
  7. (ja) Yama-kei Publishers co., Ltd., « 楊柳山 » [« Mont Yōryū »], sur Yamakei-Online,‎ (consulté le 14 août 2018).
  8. (ja) Yama-kei Publishers co., Ltd., « 転軸山 » [« Mont Tenjiku »], sur Yamakei-Online,‎ (consulté le 14 août 2018).
  9. Head Temple Kongobuji, Koyasan, 2de version,
  10. a et b UNESCOSacreAncient Road to Kumano & Koya,
  11. Revue 古寺を巡る 9 - 高野山, Shogakukan,
  12. Office national du tourisme japonais, « Mont Koya », sur www.tourisme-japon.fr, (consulté le 11 août 2018).
  13. a et b Jean-Luc Toula-Breysse, « Japon : Initiation à la cuisine monastique », Le Monde, (ISSN 1950-6244, consulté le 10 août 2018).

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]