Micheline Calmy-Rey

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Micheline Calmy-Rey
Illustration.
Photo officielle, 2011.
Fonctions
Présidente de la Confédération

(1 an)
Réélection 12 décembre 2010
Prédécesseur Doris Leuthard
Successeur Eveline Widmer-Schlumpf

(1 an)
Élection 13 décembre 2006
Prédécesseur Moritz Leuenberger
Successeur Pascal Couchepin
106e conseillère fédérale
(9 ans)
Élection 4 décembre 2002
Réélection 10 décembre 2003
12 décembre 2007
Prédécesseur Ruth Dreifuss
Successeur Alain Berset
Cheffe du Département fédéral des affaires étrangères

(9 ans)
Prédécesseur Joseph Deiss
Successeur Didier Burkhalter
Présidente du Conseil d'État du canton de Genève

(1 an)
Législature 55e
Prédécesseur Carlo Lamprecht
Successeur Laurent Moutinot
Conseillère d'État du canton de Genève

(5 ans et 23 jours)
Élection 16 novembre 1997
Réélection 11 novembre 2001
Prédécesseur Olivier Vodoz
Successeur Charles Beer
Cheffe du Département cantonal des finances

(5 ans et 23 jours)
Prédécesseur Olivier Vodoz
Successeur Martine Brunschwig Graf
Députée au Grand Conseil du canton de Genève

(11 ans et 21 jours)
Prédécesseur Denise Martin

(3 ans, 10 mois et 17 jours)
Prédécesseur Christine Pécorini-Burnand
Biographie
Date de naissance (75 ans)
Lieu de naissance Sion (Suisse)
Origine Chermignon (VS)
Nationalité Drapeau de la Suisse Suisse
Parti politique PS
Enfants Alexandra Calmy
Diplômée de Université de Genève
Profession Cheffe d'entreprise
Conseillers fédéraux de Suisse
Présidents de la Confédération suisse
Conseillers d'État du canton de Genève
Présidents du Conseil d'État du canton de Genève

Micheline Calmy-Rey, née le à Sion (originaire de Chermignon), est une personnalité politique suisse, membre du Parti socialiste. Elle est conseillère fédérale, à la tête du Département fédéral des affaires étrangères, de 2003 à 2011 et présidente de la Confédération en 2007 et 2011.

Études et début de carrière[modifier | modifier le code]

Le président américain Barack Obama avec plusieurs ministres des Affaires étrangères à Istanbul, le 4 juin 2009.
Micheline Calmy Rey à la grève des femmes du 14 juin 2019 à Genève.

Née Micheline Rey le à Sion, dans une famille catholique, Micheline Calmy-Rey est originaire de Chermignon en Valais. Ses parents sont Adeline Fournier, originaire de Nendaz[1], et Charles Rey, un instituteur syndicaliste qui devient chef de train et qui s'engage également en politique en tant que socialiste dans la commune de Saint-Maurice[2]. Sa sœur cadette Éliane Rey, née en 1953, est municipale à Lausanne de 2002 à 2006[3].

Elle étudie à l'école de commerce de Saint-Maurice, obtient une maturité commerciale à Sion, puis une licence en sciences politiques à l'Institut de hautes études internationales de l'Université de Genève.

Elle travaille d'abord dans une entreprise de construction[4], puis est à la tête d'une entreprise de diffusion de livres avec son mari durant vingt ans, jusqu'en 1997[5].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Membre du Parti socialiste, elle préside sa section genevoise à deux reprises de 1986 à 1990 et de 1993 à 1997. Élue députée au Grand Conseil du canton de Genève dès 1981, elle préside cette assemblée en 1992-1993.

En mars de cette même année, elle est désignée candidate au Conseil d'État par le congrès du parti socialiste cantonal genevois, mais n'est pas élue. Sa combativité lui vaut parfois le surnom de Dame de fer de Genève[6].

Conseillère d'État genevoise[modifier | modifier le code]

Élue membre du Conseil d'État genevois aux côtés de son collègue Laurent Moutinot en 1997, elle prend la tête du département des finances jusqu'en 2002. Elle préside également le Conseil d'État en 2001-2002.

Son bilan de conseillère d’État se caractérise par une maîtrise de la croissance de la dette, une réforme de la comptabilité financière intégrée, une amélioration des systèmes d’information du Département des finances et une réorganisation de la centrale d’achats, autant de réformes qui portent leurs fruits aujourd’hui encore. Elle s’est aussi engagée de manière décisive pour le sauvetage de la Banque cantonale de Genève[2], dont elle était membre du conseil d'administration avant son élection[7].

Certains de ses adversaires remettent en cause ce bilan en soulignant que l’exercice 2003 s'est soldé par un déficit de près de 500 millions de francs suisses, bien que le budget ait été équilibré. Selon l'Administration fiscale cantonale de Genève, le résultat de 2003 s'explique principalement par une baisse temporaire des recettes liée au changement du système de taxation (passage du pré- au post numerando), ainsi que par la réduction d'impôts votée par le peuple en 2002[8],[9],[10].

Conseillère fédérale[modifier | modifier le code]

Le , après avoir été désignée candidate de son parti aux côtés de la Fribourgeoise Ruth Lüthi, elle est élue au 5e tour de scrutin par 131 voix contre 68 à sa concurrente Ruth Lüthi[1],[11]. Entre le (non-réélection de Ruth Metzler-Arnold) et le (élection de Doris Leuthard), elle est la seule femme sur les sept membres du gouvernement suisse.

Elle dirige le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), où elle pratique la discrimination positive en faveur des femmes dans les cas où la parité entre hommes et femmes n'est pas respectée[12]. Elle s'implique notamment dans le développement des relations entre la Suisse et l'Europe et signe les accords bilatéraux II[13]. Elle s'engage aussi pour une visibilité accrue de la Suisse dans les relations internationales, avec des positions en faveur des droits de l'homme et de la neutralité de la Suisse.

Elle joue un rôle important dans le lancement de l’initiative de Genève[14], un plan de paix alternatif établi par les anciens partenaires des négociations de Taba pour résoudre le conflit israélo-palestinien, et contribue à l’établissement du Conseil des droits de l’homme à Genève en 2006[1].

Elle s'implique également dans le processus d’indépendance du Kosovo et dans des médiations entre l’Arménie et la Turquie (signature des protocoles de Zurich (en) en 2009[1]), la Géorgie et la Russie. Elle participe aussi à l'entrée du Magen David Adom dans la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge[5].

En mai 2003, alors que les tensions entre les deux Corées sont vives en raison de la reprise par la Corée du Nord de son programme nucléaire, elle franchit à pied la ligne de démarcation entre les deux pays. Juste après cet acte symbolique, elle paraphrase (en allemand) la célèbre déclaration de Neil Armstrong : « C'était un petit pas, mais j'espère que ce sera un grand pas pour la paix dans la région »[15],[16],[17]. Elle porte à cette occasion des baskets rouges à croix blanche, qui sont conservées au Musée national suisse[18].

Engagée dans la résolution de la crise entourant le programme nucléaire iranien, elle fait l'objet de vives critiques en mars 2008 pour avoir porté un voile lors d'une rencontre avec le président iranien Mahmoud Ahmadinejad[1].

Elle est à la tête du DFAE lors de la crise diplomatique entre la Suisse et la Libye[1].

Le , elle est élue présidente de la Confédération pour 2007, par 147 voix sur 215 (192 bulletins valables) et devient ainsi la seconde femme à exercer cette fonction après Ruth Dreifuss, en 1999. Le , elle est élue pour la seconde fois à la présidence de la Confédération, mais avec le plus faible score jamais enregistré depuis 1920 (106 voix sur 189 bulletins valables)[19],[20].

Elle préside le Conseil de l'Europe en 2010 et la Conférence ministérielle de la francophonie en 2010 et 2011.

Le , elle annonce son retrait du gouvernement pour la fin de l'année[21],[20].

Carrière académique[modifier | modifier le code]

En , elle est nommée professeure invitée à l'Université de Genève (à l'institut d'études globales).

Autres fonctions[modifier | modifier le code]

  • Membre du Panel de haut niveau des Nations unies sur la durabilité de l'environnement mondial. Le rapport du panel est publié en [22].
  • Membre du Panel de haut niveau des Nations unies sur la réponse globale aux crises sanitaires. Le rapport du panel est publié en [23].
  • Membre du conseil de la Global Leadership Foundation[24],[25].
  • Membre du conseil de la fondation GESDA (Geneva Science and Diplomacy Anticipator)[26],[27].

Positions politiques[modifier | modifier le code]

Micheline Calmy-Rey est membre du parti socialiste et pro-européenne. En , elle affirme que la Suisse doit adhérer à l'UE pour rentrer dans le jeu décisionnel continental[28]. En 2016, elle déplore l'impact du Brexit sur la souveraineté européenne, mais recommande toutefois à la Suisse de s'ouvrir à Londres car les deux pays se retrouvent maintenant dans une configuration similaire face au pouvoir européen[29].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Elle épouse André Calmy en 1966. D'origine juive roumaine, celui-ci est arrivé en Suisse avec sa mère, catholique, à l'âge de 12 ans dans les années 1950[30], après avoir connu le nazisme et le communisme. André Calmy a été d'un grand soutien dans la carrière politique de Micheline Calmy-Rey, comme elle le soulignera lors de ses obsèques en 2015[31], même s'il est resté médiatiquement très discret[32].

Sa fille, Alexandra Calmy, devient en 2014 professeure à la faculté de médecine de l'Université de Genève[33]. Elle a aussi un fils, Raphaël, et trois petites-filles.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Calmy-Rey, Micheline 1945-, Der Mythos Neutralität (ISBN 978-3-03810-493-3 et 3-03810-493-0, OCLC 1227336107, lire en ligne)
  • « The Art and Science of Negociations : “De–Politicizing and Technicizing Negotiations”, in WTO Accessions - The Upper Floors of the Trading System, WTO & Cambridge University Press (in Druck).
  • « Doktrin in globalen Kontext », in Konrad Hummler et Franz Jaeger, Kleinstaat Schweiz – Auslauf- oder Erfolgsmodell?, Zürich, NZZ Libro, 2017
  • Die Schweiz, die ich uns wünsche. Übersetzt aus dem Französischen von Irma Wehrli, mit einem Vorwort von Charles Lewinsky. Nagel & Kimche, Zürich 2014, (ISBN 978-3-312-00610-6).
  • Micheline Calmy Rey, La Suisse que je souhaite, Favre, , 251 p. (ISBN 978-2-8289-1318-2)
  • « The Swiss Model », Horizons, Autumn 2014
  • « Justice sociale et liberté politique selon Calvin : clarification et perspectives », La Vie Protestante, Genève 2010

Hommages[modifier | modifier le code]

2011 : Prix Diaspora pour son rôle dans la reconnaissance de l’Etat du Kosovo[34]

2012 : Médaille d’honneur de la République d’Arménie[35]

2012 : Docteur honoris causa de l’Université internationale de Genève[5]

2014 : Orden of Friendship.png Ordre de l'Amitié (Russie) Ordre de l’amitié de la Fédération de Russie en reconnaissance de sa contribution au renforcement de l’amitié et la coopération entre la Russie et la Suisse[36]

2017 : Citoyenne d’honneur de la commune de Viti, Kosovo

Une plaque en l'honneur de Micheline Calmy-Rey a été placée en à Vitina au Kosovo, en mémoire du rôle joué par l’ancienne conseillère fédérale dans l'indépendance du pays, acquise en 2008[37],[38].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lucienne Hubler, Micheline Calmy-Rey, Dictionnaire historique de la Suisse[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f (de) Urs Altermatt, Das Bundesratslexikon, NZZ Libro, , 759 p. (ISBN 978-3-03810-218-2), p. 529-535
  2. a b et c Dictionnaire historique de la Suisse.
  3. « Base de données sur les Élites suisses au XXe siècle », sur www2.unil.ch (consulté le 22 avril 2021)
  4. Bertil Galland, « Micheline Calmy-Rey sous la plume de Bertil Galland, en 1993 », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le 6 septembre 2019)
  5. a b et c « Micheline Calmy-Rey - Global Studies Institute - UNIGE », sur www.unige.ch, (consulté le 6 septembre 2019)
  6. Cédric Waelti, « Micheline Calmy-Rey, dame de Chermignon »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur 24 heures (consulté le 15 décembre 2007)
  7. Micheline Calmy-Rey entartée à Genève: "C'était brutal", www.rts.ch, 6 mars 2012 (consulté le 13 août 2017)
  8. « Archives | Finances publiques », sur ge.ch (consulté le 3 octobre 2017)
  9. Département des finances et des ressources humaines (DF), Conseil d'Etat (CE), « Comptes de l'État de Genève 2003 », Historique des comptes de l'Etat,‎ (lire en ligne)
  10. Conseil d'Etat (CE), « Rapport de gestion 2002 du Conseil d’Etat de la République et canton de Genève », Rapports de gestion de l'État de Genève,‎ (lire en ligne)
  11. « Bulletin officiel (02.210, BO 2002 V 2196) », sur www.parlament.ch, (consulté le 26 avril 2021)
  12. Fabienne Blanc-Kühn, « Question pratique. La discrimination positive, comment ça marche? », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le 18 octobre 2019)
  13. Christine Kaddous, Monique Jametti Greiner et Michael Ambuhl, Accords bilatéraux II Suisse : UE : Edition bilingue français-allemand, , 926 p. (ISBN 978-3-7190-2476-5)
  14. Keller, Alexis, 1962- ... et Impr. Corlet) (trad. de l'anglais), L'accord de Genève : un pari réaliste, Paris/Genève, Éd. du Seuil, , 132 p. (ISBN 2-02-066001-6, 9782020660013 et 2830911288, OCLC 469495015, lire en ligne)
  15. D.S. Miéville, « Micheline Calmy-Rey poursuit son engagement tous azimuts », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le 22 avril 2021)
  16. « Le pas historique de Micheline Calmy-Rey », sur SWI swissinfo.ch (consulté le 22 avril 2021)
  17. Valérie de Graffenried, « La Suisse veut accréditer un diplomate en Corée du Nord. Une première », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le 22 avril 2021)
  18. « Les chaussures rouges de Micheline Calmy-Rey », sur Musée national - Blog sur l'histoire suisse, (consulté le 22 avril 2021)
  19. « Petite élection à la présidence pour M.Calmy-Rey », sur Télévision suisse romande (consulté le 8 décembre 2010)
  20. a et b La présidente suisse Micheline Calmy-Rey annonce son départ, www.lemonde.fr, 7 septembre 2011 (consulté le 13 août 2017)
  21. Annonce de son départ sur swissinfo, le 7 septembre 2011.
  22. Groupe de haut niveau sur la viabilité mondiale de l'ONU, « Rapport du Groupe de haut niveau du Secrétaire général sur la viabilité mondiale », ONU,‎ (lire en ligne)
  23. « Crises sanitaires: Micheline Calmy-Rey nommée par l'ONU », 24Heures,‎ (ISSN 1424-4039, lire en ligne, consulté le 4 octobre 2019)
  24. (en) « g-l-f | Board », sur www.g-l-f.org (consulté le 27 septembre 2019)
  25. (en) « Armenian President meets with GLF delegation in Geneva », sur Новости Армении (consulté le 27 septembre 2019)
  26. « Désignation de Mme Micheline Calmy-Rey comme membre du Conseil de la fondation GESDA », sur GE.CH – République et canton de Genève, (consulté le 27 septembre 2019)
  27. « Calmy-Rey rejoint la fondation pour renforcer le rôle de la Suisse », sur www.laliberte.ch (consulté le 27 septembre 2019)
  28. Micheline Calmy-Rey explique pourquoi la Suisse devrait intégrer l'UE, www.rts.ch, 2 février 2014 (consulté le 13 août 2017)
  29. Laure Lugon, Micheline Calmy-Rey: «La Suisse ne doit pas courir à Bruxelles!». www.letemps.ch, 24 juin 2016 (consulté le 13 août 2017)
  30. S. W. I. swissinfo.ch et a branch of the Swiss Broadcasting Corporation, « Suisse-Israël: 50 ans de relations mouvementées », sur SWI swissinfo.ch (consulté le 20 septembre 2019)
  31. Evelyne Emeri, « «Il a été mon plus grand soutien» », Le Matin,‎ (ISSN 1018-3736, lire en ligne, consulté le 20 septembre 2019)
  32. Valérie de Graffenried, « Dans l'ombre de Madame la présidente », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le 20 septembre 2019)
  33. « Nominations des professeurs - Alexandra Calmy », sur www.unige.ch (consulté le 6 septembre 2019)
  34. « Les Kosovars de Suisse remercient M. Calmy-Rey », rts.ch,‎ (lire en ligne, consulté le 15 septembre 2017)
  35. « Micheline Calmy-Rey honorée par l'Arménie », sur Tribune de Genève, (consulté le 14 septembre 2017)
  36. Frédéric Burnand, swissinfo.ch, « Une Suisse funambule entre Occidentaux et Russes », SWI swissinfo.ch,‎ (lire en ligne, consulté le 15 septembre 2017)
  37. « L'ex-conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey honorée au Kosovo », sur www.rts.ch, RTS info, (consulté le 4 août 2017).
  38. Nefail Maliqi, Micheline Calmy-Rey a trouvé «asile» au Kosovo, www.tdg.ch, 12 août 2017 (consulté le 13 août 2017)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]