Massacre de Lachine

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Massacre de Lachine
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Carte de Montréal, 1687 à 1723. Lachine est au sud-ouest de l'île de Montréal.
Informations générales
Date
Lieu Lachine
Issue Victoire iroquoise
Belligérants
Iroquois, déclarés sujets Flag of England.svg britanniquesRoyal Standard of King Louis XIV.svg Nouvelle-France
Forces en présence
1 500 guerriers375 combattants, surtout civils
Pertes
3 morts97 morts

Première Guerre intercoloniale
Guerres franco-iroquoises

Batailles

Baie d'Hudson


Québec et New York


Nouvelle-Angleterre, Acadie et Terre-Neuve

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Coordonnées 45° 25′ 54″ nord, 73° 40′ 30″ ouest

Le massacre de Lachine a été le massacre des colons de la Nouvelle-France par des Iroquois le à Lachine. Le nombre de victimes est incertain. Louis de Buade de Frontenac a rapporté 200 personnes tuées et 120 enlevées, et des recherches historiques ont confirmé 97 morts.

Contexte[modifier | modifier le code]

Le déploiement des Français vers l'Ouest au cours des années 1670 et des années 1680 empêchait la Iroquois d'avoir accès à de nouvelles sources de castors et menaçait la traite des fourrures de New York. La France et l'Angleterre étaient alors en paix, mais les colonies des deux puissances se méfiaient.

Du côté des Français, en « 1688, Callière va exposer à la Cour les plans qu'il a élaborés en vue de l'invasion de la Nouvelle-York »[1]. En , Frontenac est nommé gouverneur de la Nouvelle-France. Le , le roi Louis XIV a déclaré la guerre à l'Angleterre après que Guillaume III a « usurpé » le trône de Jacques II. « ...aidé par la tournure que prennent les événements d'Angleterre, le Gouverneur de Montréal a réussi à convaincre le ministre qu'il faut envahir New York. Frontenac revient en Amérique avec l'ordre de diriger l'opération, assisté de Callière, auteur des plans de campagne. »[1]

Du côté des Anglais, pendant ce temps, les autorités de New York ont choisi de pousser les Iroquois, dont les relations avec la France sont déjà tendues, sur le sentier de la guerre.

Guerre ou paix avec les Iroquois?[modifier | modifier le code]

Guerrier iroquois BM5-C-66-1746.jpg

Les dirigeants la Nouvelle-France ont hésité entre la guerre totale avec les Iroquois ou négocier une paix. Le gouverneur général était le marquis de Denonville. « Le 12 novembre 1685, M. de Denonville envoie un mémoire au roi, « concernant l'état présent du Canada, et les mesures que l'on doit prendre pour la sûreté du pays », dans lequel il représente, qu'il faut exterminer les Iroquois ; qu'il est impossible de se fier à leur parole ; [...] que la guerre ne doit être déclarée que lorsque tout sera prêt, et qu'il s'y prépare secrètement, sans éveiller les soupçons des Iroquois[2]; »

(Denonville a mené une expédition contre les Tsonnontouans en 1687. Dès son retour à Québec, il s'est eempressé d'envoyer en France 36 Iroquois, choisis parmi les 58 captifs. Lui et son prédécesseur La Barre avaient reçu l'ordre du roi de faire autant de prisonniers Iroquois que possible pour fournir les galères avec de robustes rameurs. Leur sort n'était pas aussi sévère que l'on puisse imaginer et étaiy comparable à celui des soldats dans une armée. Le ministre avait aussi ordonné que les Iroquois reçoivent un enseignement religieux, des rations supplémentaires et et d'eviter de Les enchaîner ou raser. Denonville aurait préféré garder ces prisonniers comme otages à échanger lors d'un éventuel traité de paix[3].

En 1688, alors que la colonie du Canada ne comportait que 11 000 habitants 1400 soldats et habitants sont morts de la variole et la rougeole, apportées par navire. Pour aggraver la situation, la guérilla iroquoise continuait[3]. Incapable d'obtenir des renforts suffisants pour écraser les Iroquois, Denonville a décidé que la seule solution est de tenter de faire la paix. Pour ouvrir les négociations, Denonville a retourné quatre prisonniers Iroquois à leurs villages pour inviter leurs chefs à une conférence.

Chevalier Hector de Callière

Les New-Yorkais soutiennent activement les Iroquois dans leur guerre aux Français et leurs alliés. Le roi Jacques II, qui avait succédé à son frère Charles II d'Angleterre, a déclaré que les Iroquois étaient sujets anglais et qu'ils s'étaient reconnus comme tels devant les gouverneurs de Virginie et de New York en [4]. « Dès le 27 février 1688, Thomas Dongan, gouverneur de la Nouvelle-York, demandait au marquis la remise des Iroquois prisonniers aux galères de France[5]. » Denonville a écidé d'envoyer Callière à Versailles pour obtenir des forces pour contrer les politiques agressives des dirigeants de New York, qui vociféraient que les Iroquois étaient des sujets anglais sous la protection de la Couronne.

Le cinquième gouverneur de New York et le premier gouverneur royal, Thomas Dongan, prétendait que les Iroquois, en tant que sujets anglais, ne peuvent s'engager dans des traités sans son consentement. Bien que Dongan ait tout fait pour empêcher cette conférence, le père Jacques de Lamberville a persuadé les Onondagas, les Cayugas et les Onneiouts d'envoyer leurs chefs à Montréal. Les ambassadeurs don't arrivés le , et les Français leur demandent s'ils sont habilités à faire des traités, les Anglais prétendant le contraire. Leur porte-parole, Hotreouati, répondait que les Iroquois, ayant reçu leurs terres du Grand Esprit, ne reconnaissaient aucun maître, ni Anglais ni Français. La conférence a abouti sur une entente pour négocier une grande paix qui inclurait non seulement les Cinq Nations iroquoises mais aussi les Mohicans et les Sénécas. Denonville a promis de faire revenir les Iroquois envoyés en France comme galériens, et une trêve a été déclarée.

Deux mois après la cessation des hostilités, les Onondagas, Onneiouts et Cayugas envoyaieent des ambassadeurs à Montréal pour arranger une date de ratification et annoncer que les Mohicans et Sénécas sont d'accord pour signer la paix. En route vers Montréal, les ambassadeurs sont pris dans une embuscade des Hurons commandés par Kondiaronk, qui craignait que la paix entre Iroquois et Français libèrerait des guerriers, qui s'en prendraient ensuite aux Hurons[3]. Un ambassadeur Iroquois a été tué. Un autre a reçu une balle de mousquet et s'est cassé le bras. Kondiaronk était astucieux, prétendait ne rien savoir des négociations de paix qui se déroulent et déclarait que c'est Denonville qui lui a demandé d'embusquer les Iroquois. L'ambassadeur blessé a réussi à s'énfuir et s'est fait repérer par la garnison du Fort Frontenac. Après avoir entendu le récit de l'ambassadeur, la garnison a parvenu à le convaincre que les Français n'y sont pour rien. Ils ont pansé sa blessure et l'ont renvoyé chez les Onondagas avec escorte. Il est arrivé juste à temps pour empêcher les unités de guerre de partir. Il a communiqué avec les Cinq Nations pour préparer un voyage à Montréal afin de ratifier le traité de paix.

Pendant ce temps, un nouveau gouverneur est arrivé à New York, Sir Edmund Andros. Il a fait convoquer les Iroquois pour discuter avec lui. Ils sont parti vers non Montréal mais Albany.

Denonville l'a appris et s'en est inquiété. Il avait demandé le retour des galériens et qu'ils soient traités avec les meilleurs égards. Il attendait avec impatience le retour des bateaux pour prouver aux Iroquois la bonne foi des Français en leur montrant que leurs semblables n'étaient pas morts enchaînés, comme le prétendaient les Anglais. L'hiver, puis le printemps, puis l'été sont passés sans que les bateaux arrivent. En juin, trois navires marchands de Bordeaux et La Rochelle sont arrivés à Québec mais n'ont pas apporté de dépêches de la Cour et, semble-t-il, rien sur la guerre. Au Canada, personne ne savait qu'il y avait eu révolution en Angleterre et que la guerre avec la France avait été déclarée[3].

Lorsque les Iroquois ont appris que l'Angleterre et la France étaienten guerre, rien ne les arrêtait plus pour lancer toutes leurs forces sur le Canada. Auparavant, ils se battaient seuls, mais ils savaient qu'ils pouvaient maintenant compter sur le soutien de leurs alliés anglais[3]. Selon l'historien W.J. Eccles, l'étincelle qui a mis le feu aux poudres et déclenché le massacre de Lachine était la saisie du trône d'Angleterre par Guillaume III d'Orange-Nassau.

Vaudreuil relâche la garde[modifier | modifier le code]

Philippe de Rigaud de Vaudreuil.
Le Fort Rémy (fort de la Chine jusqu'en 1680), en 1671.

« En l'absence des sieurs comte de Frontenac et de chevalier de Callière », le « sieur chevalier de Vaudreuil » a été élevé au troisième rang parmi les officiers supérieurs de la Nouvelle-France, sur ordre du roi, pour commander « au pays de Canada ». Ne percevant aucun signe d'hostilité de la part des Iroquois depuis plusieurs mois, Vaudreuil a relâché la garde en permettant aux habitants de rester sur leurs domaines le long des cours d'eau et non à l'abri dans des forts. Le , on érait toujours sans nouvelles de la France, et tout semblait sans histoire.

Attaque et contre-attaque[modifier | modifier le code]

Attaque[modifier | modifier le code]

Le matin du , tôt au matin, durant une violente tempête de grêle, quelque 1 500 guerriers ont traversé le lac Saint-Louis sans être vus et se sont dispersé le long des domaines dans le canton de Lachine à l'ouest de Montréal[3]. Ils ont attaqué la petite colonie, et, selon des comptes rendus fiables, ont tué 24 colons sur place et en ont capturé de 70 à 90 autres[3]. La férocité de l'attaque terrorisait les habitants de la région de Montréal. En effet, des tortures ont été infligées aux villageois, et des rumeurs ont couru à propos de cannibalisme. Durant la décennie qui a suit, les oppositions entre Français et Amérindiens sont devenus de plus en plus violentes, et les villages de la région de Montréal ont subi plusieurs autres massacres du genre.

Contre-attaque[modifier | modifier le code]

Vaudreuil était chargé par Jacques-René de Brisay, sieur de Denonville de lancer une contre-attaque sur l'ennemi retranché en haut de l'île de Montréal. Ils partent en campagne avec 300 hommes. Daniel Auger sieur de Subercase, un officier supérieur en position avancée sur le terrain, a donné l'ordre de tomber sur l'ennemi. Vaudreuil, qui était à l'arrière, a donné l'ordre contraire en déclarant qu'il avait pour mission de faire rentrer tout le monde dans les forts[3]. Il « retient ses troupes au moment où elles vont traverser un bois pour déboucher sur le camp des Iroquois; les trois quarts de ceux-ci dorment pourtant, "morts yvres des eaux de vie qu'ils avoient pris chez les habitans", l'occasion s'offre d'en "tuer cinq ou six cents", pendant que Subercase, méprisant, en vient avec lui aux gros mots. »[1]

Vaudreuil rentre à Fort Rolland, des renforts tombent et les Iroquois célèbrent[modifier | modifier le code]

Fort Rolland, bastion construit par François Lenoir dit Rolland en 1669.

Revenu à Fort Rolland à Lachine, Vaudreuil a demandé des renforts à Denonville et lui a envoyé un détachement de 80 hommes commandés par le sieur de Rabeyre. Lorsqu'ils sont arrivés à portée de vue de Fort Rolland, ils ont tombé dans une embuscade des Iroquois et ont offert une forte résistance. Les officiers du fort ont demandé à Vaudreuil la permission de sortir pour attraper les Iroquois entre deux feux, Mais Vaudreuil a refusé de désobéir à ses ordres de rester dans le fort.

Du détachement de La Rabeyre, seuls un officier et une poignée d'hommes ont atteint une zone sûre. La plupart des autres ont été capturés et quelques-uns tués, mais la plupart des captifs ont pu ensuite s'échapper. Les Iroquois se sont retirés avant la soirée sur la rive sud du lac Saint-Louis. Lorsque la nuit a tombée, les garnisons stationnées dans les forts de Lachine pouvaient voir de faibles lueurs de feux sur l'autre rive du lac, et ils savaient que les Iroquois célébraient leur victoire en brûlant vifs certains prisonniers.

On a ensuite appris par la suite qu'ils avaient cuit et mangé cinq enfants. On a réservé les autres pour un sort semblable au retour dans les villages des Cinq Nationa, Mais plusieurs ont été épargnés et retournés à la Nouvelle-France[3].

Sort des captifs[modifier | modifier le code]

Sauf de rares exceptions, les captifs n'ont jamais été revus. Au moins un des 60 colons enlevés en 1689 est revenu de captivité près de 10 ans après les faits. Il s'agissait de Pierre Gautier dit Saguingoira. Lui et son épouse Charlotte Roussel ont été enlevés par les Iroquois et longtemps donnés pour morts. Toutefois, un document de décrit Pierre Gauthier comme « captif chez les iroquois nos ennemis ». On ignore la date exacte de sa libération, mais il a signé comme témoin au mariage de son fils Joseph en . Charlotte Roussel est morte en captivité en 1698. Pierre Gautier dit Saguingoira est mort à Montréal le [6],[7].

Victimes[modifier | modifier le code]

En 1886, l'abbé Cyprien Tanguay a retracé de nouvelles victimes[8]:

« Quelques victimes des Iroquois inhumées près des bords du lac Saint-Louis, en 1687, retrouvées en 1866. Des squelettes humains ayant été trouvés en 1866 par quelques cultivateurs propriétaires d'un terrain, situé sur les bords du lac Saint-Louis, au haut de l'île de Montréal, [...] Les dix personnes inhumées en ce lieu étaient des Français massacrés en 1687 par les Iroquois, et qu'un prêtre missionnaire M. l'abbé d'Urfé, sulpicien, « avaient inhumé proche le lieu destiné pour bâtir l'église Saint-Louis du haut de l'île Montréal ». Ayant reçu cette information, le curé de Sainte-Anne recommanda, le dimanche suivant, aux prières de ses paroissiens les défunts, donnant les noms, les âges, et même la date de sépulture de chacun d'eux, et leurs « cendres réunies dans une même tombe, furent transportées dans l'église Sainte-Anne, où après un service solennel, elles reçurent de nouveau la sépulture ecclésiastique en présence de tous les paroissiens qui comptaient des ancêtres parmi ces infortunées victimes ». C'est dans les registres de Lachine, année 1687, que j'ai trouvé les actes de sépultures dont suivent les noms, savoir : »

Nom âgé de
Claude DelaMothe 40 ans
J.-Bte LeSueur 21 ans
Louis Jets 24 ans
Jean Vincent 45 ans
Jean DeLalonde 47 ans
Pierre Bonneau 35 ans
Pierre Perthuis 24 ans
Henri Fromageau 27 ans
Pierre Petiteau 20 ans
Pierre Camus 21 ans

La Société d'histoire de Lachine a publié un numéro spécial de La Dépêche du fort Rolland, Lachine 1689[9]. On y trouve les noms de victimes confirmées et présumées. Certaines des victimes trouvées en 1886 ne sont pas répertoriées dans la Dépêche du fort Rolland.

Frontenac relate les faits au Ministre de la Marine[modifier | modifier le code]

Frontenac accueilli en sauveur par la population inquiète à son retour de France en octobre 1689.

Frontenac et Callière n'ont accosté à Québec que le . Frontenac arrive à Montréal le , lorsqu'il s'est fait raconter le massacre de Lachine et les alarmes causées par les incursions iroquoises, et il a constaté la consternation des habitants.

Le , Frontenac écrit à Seignelay, Ministre de la Marine[10],[11] :

Il seroit difficile de vous représenter, Monseigneur, la consternation généralle que je trouvay parmy tous les peuples et l'abbattemens qui estois dans les troupes, les premiers n'éstaient pas encore revenus de la frayeur qu'ils avaient eue, de voir à leurs portes brusler touttes les granges et maisons qui étaient en plus de trois Lieue de pais dans le Canton qu'on appelle La Chine y enlever plus de six vingt personnes, tant hommes, femmes qu'enfants, après en avoir massacré plus de 200 dont ils avaient cassé la tête aux Uns, Bruslé, rosty et mangé Les autres, ouvert Le Ventre des femmes grosses pour en arracher Les Enfants et fait des Cruautez inouis et sans Exemple.

« Il serait difficile de vous représenter, Monsieur le Ministre, la consternation générale que je trouvai parmi toutes les agglomérations et la démoralisation des troupes, les premiers n’étaient pas encore revenus de la frayeur qu'ils ont eue, de voir à leur porte brûler toutes les granges et maisons qui étaient à plus de 10 km du canton de Lachine et enlever plus de 120 personnes, tant hommes, femmes qu'enfants, après en avoir massacré plus de 200 dont ils avaient cassé la tête aux uns, brûlé, rôti et mangé les autres, ouvert le ventre des femmes enceintes pour en arracher les enfants et fait des cruautés inouïes et sans pareil. »

Conséquences[modifier | modifier le code]

Après ce massacre, de nombreuses armes de fabrication anglaise into été retrouvées près des corps des Iroquois tués lors des combats[12]. Un désir de vengeance s'est mparé de la population, malgré le traumatisme du tragique évènement de Lachine et la crainte de nouvelles attaques iroquoises en ce temps de guerres franco-iroquoises.

Dans le cadre de la Première guerre intercoloniale, un projet d'une expédition sur New York était à l'étude. « En 1689, cependant, loin de pouvoir prendre l'offensive, le Canada se voit terrassé par le massacre de Lachine, paralysé par la terreur. »[1]. Le 13 novembre de la même année, les Iroquois ont recommencé, cette fois sur la rive nord, à Lachenaie.

Une expédition militaire étaot en préparation contre les colonies anglaises. Le s'est déroulé le raid contre Corlaer pour répondre à celui contre Lachine.

Interprétation[modifier | modifier le code]

Le contexte historique était celui des successeurs de Frontenac comme gouverneur, alors que les Iroquois se montraient menaçants envers les habitants de la colonie. Le premier successeur, de La Barre, n'était à la hauteur militairement. Après un an de mandat, il a été remplacé par Denonville, qui a alors davantage enragé qu'intimidé les tribus iroquoises. Le massacre de Lachine était donc vu comme le résultat de cette administration. « Le , M. de Denonville écrivait que l'envoi des prisonniers en France avait beaucoup contribué à irriter les Iroquois contre les Français. Il parlait en connaissance de cause, puisqu'il avait sous les yeux le massacre de Lachine et tous les ravages des Iroquois sur tout le gouvernement de Montréal[5]. »

Dans un ouvrage publié en 2008, l'historienne Louise Dechêne déplore le peu de place que les historiens ont fait au cycle de violence et de guerre larvée, qui s'est amorcé avec le massacre de Lachine et qui s'est poursuivi au moins jusqu'en 1693. « Personne n'a encore fait le compte des victimes de cette guerre », écrit-elle, « et la tendance actuelle, chez les historiens et démographes québécois est de minimiser les pertes et de rejeter les estimations des contemporains dès qu'elles sont un tant soit peu élevées. Un article récent ramène les 200 morts et blessés du sac de Lachine à quelques dizaines (…)[13] »

Selon elle, les décomptes effectués à partir des documents d'archives sous-estiment la mortalité réelle enregistrée à Montréal et aux alentours à partir de 1689. Elle croit que les documents d'état-civil sont incomplets : « Faut-il rappeler que ceux qui meurent dans les guerres ne sont presque jamais enterrés dans le cimetière paroissial et que les victimes des raids iroquois ne font pas exception ? » Elle pense que les pertes humaines chez les hommes, le groupe le plus exposé auraient pu être de 250 à 300 individus, soit le dixième de la population mâle de la colonie[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Guy Frégault, Le Grand Marquis - Pierre de Rigaud de Vaudreuil et la Louisiane, Montréal et Paris, Fides, , 481 p., p. 56
  2. Désiré Girouard, SUPPLÉMENT AU LAKE ST. LOUIS : D'après Beaucoup de Documents Inédits, Montréal, POIRIER, BÉSSETTE & CIE, IMPRIMEURS-EDITEURS, , 149 p. (ISBN 0665077173, lire en ligne), p. 33-34
  3. a b c d e f g h et i (en) W. J. Eccles, Frontenac : the courtier governor, Lincoln and London, Nebraska University Press, , 406 p. (ISBN 0-8032-6750-9, lire en ligne)
  4. (en) Edward Channing, « COLONEL THOMAS DONGAN, GOVERNOR OF NEW YORK », American Antiquarian Society,‎ (lire en ligne)
  5. a et b Girouard, op. cit., p. 33.
  6. « association-gauthier.org - This website is for sale! - association gauthier Resources and Information. », sur www.association-gauthier.org
  7. Voir aussi Abbé Cyprien Tanguay, Dictionnaire Généalogique des Familles Canadiennes, 1975.
  8. Cyprien TANGUAY, A TRAVERS LES REGISTRES NOTES RECUEILLIES PAR M. L'ABBE CYPRIEN TANGUAY, MONTREAL, LIBRAIRIE SAINT-JOSEPH, Cadieux & Derome, , 294 p. (lire en ligne)
  9. Préparé par Hélène Lamarche., « Société d'histoire de Lachine. Numéro spécial Lachine 1689. », La Dépêche du fort Rolland., no 25 février 2002 – 24 avril 2003,‎ , p. 4 (lire en ligne)
  10. Louis de Buade, comte de Palluau et de Frontenac, Fonds du secrétariat d'Etat à la Marine et aux Colonies Fonds dit des Colonies Correspondance à l'arrivée en provenance des colonies Canada Lettre de Frontenac au ministre Seignelay 1689, novembre, 15, Archives nationales d'outre-mer (ANOM, France), COL C11A 10/fol.217-224v (lire en ligne)
  11. « Archives Canada-France -- Base de données -- Notice descriptive », sur Nouvelle-France - Horizons Nouveaux (consulté le 5 septembre 2014)
  12. Denis Ledoux, The Lachine Massacre
  13. Louise Deschêne, Le peuple, l'État et la guerre au Canada sous le régime français, Boréal, 2008, p. 161-162.
  14. Deschêne, 2008, p. 162-163.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]