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Marie de Régnier

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Marie de Régnier
Marie de Heredia en 1889, photographie de Paul Nadar.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 87 ans)
Suresnes (Seine)Voir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom de naissance
Marie Louise Antoinette de HerediaVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonymes
Gérard d’Houville, GérardineVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Père
Mère
Louise de Heredia-Despaigne (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Hélène de Heredia (d)
Louise de Heredia (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Henri de Régnier (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Membre de
Genre artistique
Influencée par
Distinctions
signature de Marie de Régnier
Signature sous son pseudonyme Gérard d’Houville.
Sépulture de Marie de Heredia au cimetière du Père-Lachaise (division 94).

Marie de Régnier, qui signait ses œuvres Gérard d'Houville (elle a aussi écrit sous le pseudonyme de Gérardine[1]), ou Marie de Heredia de son nom de naissance, est une romancière, poétesse et dramaturge française, née le à Paris 7e et morte le à Suresnes[2].

Née en décembre 1875, Marie - de son nom complet Marie Louise Antoinette de Heredia - est la deuxième des trois filles de José-Maria de Heredia.

Tout enfant, Marie de Heredia fréquente poètes et artistes : Leconte de Lisle, Anna de Noailles, Paul Valéry ou Pierre Louÿs qui sont accueillis chez son père. Elle écrit ses premiers vers à la bibliothèque de l'Arsenal, dont son père est le directeur.

En 1894, elle contribue à créer une canacadémie, l'Académie canaque, parodie de l'Académie française[3]. À partir de 1894, elle publie des poèmes dans la Revue des deux Mondes. Son premier roman, L'Inconstante, paraît en 1903[4].

Son pseudonyme « Gérard d'Houville » vient du nom de jeune fille de sa grand-mère paternelle. Sous ce nom de plume, elle reçoit en 1918 le 1er prix de littérature de l'Académie française pour l'ensemble de son œuvre (première femme à obtenir ce prix).

Elle est présidente de l'Académie Mallarmé[N 1].

Plusieurs peintres ont fait d'elle son portrait, parmi lesquels Jacques-Émile Blanche, Jean-Louis Forain. Pierre Louÿs, qui a été son amant, a pris plusieurs photographies nues d'elle dans des positions lascives[5].

Vie sentimentale et familiale (assez agitée)

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En octobre 1895, elle épouse le poète Henri de Régnier[6].

Elle devient la maîtresse de son beau-frère Pierre Louÿs (père probable de son fils, Pierre de Régnier (1898-1943), futur journaliste) puis de Jean de Tinan. Elle le raconte, de façon romancée, dans son roman L'Inconstante, publié en 1903[5]

Elle a par ailleurs d'autres amants, Edmond Jaloux et son ami Jean-Louis Vaudoyer. Henri de Régnier était au courant des liaisons de son épouse, mais n'a pas apprécié l'affichage de celle avec le dramaturge Henri Bernstein[7]. Leur liaison prend fin après que Marie de Heredia a été battue à plusieurs reprises par Henri Bernstein[5].

Succède à la liaison avec Henri Bernstein, celle avec Gabriele D'Annunzio[5], exilé à Paris de 1910 à 1914. Puis, est entamée une relation avec André Chaumeix, le seul de ses amants à ne pas être poète[5].

Bisexuelle, elle a été amante de Mathilde de Morny, surnommée Missy, elle-même amante de Colette[5]. On lui prête aussi une relation saphique avec Georgie Raoul-Duval[8].

Mort et sépulture

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Elle meurt en février 1963, à Suresnes, âgée de quatre-vingt-sept ans. Sa sépulture est au cimetière du Père-Lachaise.

Marie de Heredia posant pour son portrait dans l'atelier de Jacques-Émile Blanche.
  • L'Inconstante, 1903 ; rééd. Bartillat, Paris, préf. Marie de Laubier, 176 p., 2024 (ISBN 9782841007776)
  • Esclave, 1905
  • Le Temps d'aimer, 1908
  • Le Séducteur, 1914
  • Jeune Fille, 1916
  • Tant pis pour toi, 1921[9].
  • Le Roman des quatre, 1923, écrit en collaboration avec Paul Bourget, Henri Duvernois et Pierre Benoit.
  • Le Chou, 1924
  • La Vie amoureuse de l'Impératrice Joséphine, 1924 ; réédition en 1933 sous le titre L'Impératrice Joséphine
  • L'Enfant, 1925
  • Clowns, 1925
  • Esclave amoureuse, 1927
  • La Vie amoureuse de la Belle Hélène, 1928
  • Le Charmant Rendez-vous, 1929
  • Les Rêves de Rikiki, 1930, dessins de Pierre de Régnier
  • Enfantines et Amoureuses, 1946

Recueil de nouvelles

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  • « Le papillon rouge » (ill. Edmond Dulac), L'Illustration,‎ , p. 13-16 (lire en ligne).
  • Chez le magicien, 1926

Ouvrages de littérature d'enfance et de jeunesse

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  • Proprette et Cochonnet, 1926
  • Victor Hugo raconté par l'image, 1930
  • Vingt poèmes, 1925
  • Le Diadème de Flore, 1928
  • Les Poésies de Gérard d'Houville, 1930
  • Aujourd'hui et demain, 1916
  • Il faut toujours compter sur l'imprévu, 1916
  • La nuit porte conseil, 1917
  • Le Chien chinois, 1920
  • Le Sylphe, 1922
  • L'heure exacte ou nul n'échappe à son destin, 1927
  • Il ne faut pas dire : Fontaine.., 1927
  • Je crois que je vous aime… : sept proverbes, 1927
  • Lettres à Henri Mondor : autour de Stéphane Mallarmé, 2011 (publication posthume)

Autres publications

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  • Billet à M. Alfred de Musset après la représentation de Fantasio, 1925
  • Falbalas et Fanfreluches : almanach des modes présentes, passées & futures pour 1925, 1925
  • Paris et les voyages, 1925
  • Opinions candides, 1926
  • Adieu à d'Annunzio, 1935
  • Au château de Bourdonné : le souvenir de José Maria de Hérédia, 1935
  • Spectacles - le jardin de Mme de Noailles, 1935
  • Introduction à Peau d'âme de Catherine Pozzi, 1935

Prix et distinctions

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Notes et références

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  1. « Une nouvelle élection met Gérard d’Houville au poste de Président. Mais à ce niveau, des archives nous manquent pour en connaître tous les détails. » in « Histoire de l’Académie Mallarmé », sur Académie Mallarmé (consulté le ).

Références

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  1. Fiche de la BNQ.
  2. Archives de l’état civil de Paris en ligne, acte de naissance no 7/1658/1875 ; avec mention marginale du décès.
  3. https://scribium.com/laurence-abensur-hazan/a/marie-de-regnier-une-femme-en-poesie-a-la-belle-epoque/
  4. Adrián Valenzuela Castelletto, « L’Inconstante de Marie de Régnier, faux roman sentimental ou vraie transgression? », Acta Fabula, vol. 26, no 11,‎ décembre 2025. (lire en ligne)
  5. a b c d e et f Robert Fleury, « Marie de RÉGNIER – Entretien avec son biographe Robert Fleury (France Culture, 1991) », sur YouTube, (consulté le ).
  6. Edmond de Goncourt écrit dans son Journal, la jeudi 17 octobre 1895 : "C'est curieux ces noces si retentissantes, au public d'une première, ça évoque chez moi l'idée d'un prochain divorce".
  7. G. Prince, Guide du roman de langue française (1901-1950), p. 47, University Press of America, Lanham (Maryland), 2002 (ISBN 0761821961).
  8. Marie de Heredia.
  9. L’ouvrage, écrit en 1907, s’intitulait initialement L’Indifférent. Cf. Robert Fleury, Marie de Régnier, Plon, 1990, p. 173-174.
  10. a b et c « Gérard d’HOUVILLE », sur Académie française (consulté le ).

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Bibliographie

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  • Dominique Bona, Les Yeux noirs : les Vies extraordinaires des sœurs Heredia, Paris, J-C. Lattès, 1989
  • Robert Fleury (1921-2010), Marie de Régnier, Paris, Plon, 1990
  • Jean-Paul Goujon, Dossier secret : Pierre Louÿs-Marie de Régnier, Paris, Christian Bourgois, 2002
  • Robert Fleury, Marie de Régnier, l'inconstante, Paris, Omnibus, 2003
  • Marie de Laubier (dir.), Une muse de la Belle Époque : Marie de Régnier, Paris, BNF, 2004 (ISBN 271772270X)
  • Michel Peyramaure, Lilas blancs et roses noirs : le roman de Marie de Régnier, Paris, Calmann-Lévy, 2022 (ISBN 978-2-7021-8742-5)
  • Abnousse Shalmani, J’ai péché, péché dans le plaisir, Grasset, 2024
  • Adrián Valenzuela Castelletto, "L’Inconstante de Marie de Régnier, faux roman sentimental ou vraie transgression ?", dans Acta Fabula, vol. 26, no 11, Modèles, contre-modèles : montrer la production romanesque féminine de la Belle Époque, décembre 2025.

Filmographie

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Articles connexes

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Liens externes

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