Manólis Glézos

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Manólis Glézos
Portrait de Manólis Glézos en 2015.
Portrait de Manólis Glézos en 2015.
Fonctions
Député européen
Élection 25 mai 2014
Législature 8e
Groupe politique GUE/NGL
Élection 17 juin 1984
Législature 2e
Groupe politique SOC
Biographie
Nom de naissance Emmanouil Glézos
Date de naissance (94 ans)
Lieu de naissance Apiràthos
Drapeau de la Grèce Royaume de Grèce
Nationalité Grecque
Parti politique EDA (en)
PASOK
Synaspismós
SYRIZA
LAE

Emmanouíl « Manólis » Glézos (en grec : Εμμανουήλ «Μανώλης» Γλέζος) est un homme politique et écrivain grec, député du PASOK puis de la SYRIZA, né le dans le village d'Apiranthos, sur l'île de Naxos. Il est particulièrement connu pour sa participation à la résistance contre l'occupation allemande de la Grèce pendant la Seconde Guerre mondiale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Deuxième Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

En 1939, alors qu'il était encore lycéen, Glézos participa à la création d'un groupe anti-fasciste luttant contre l'occupation du Dodécanèse par l'Italie et contre la dictature de Ioánnis Metaxás. Lors de l'invasion de la Grèce par l'Italie, il décida de s'engager dans l'armée pour être envoyé sur le front albanais, mais sa demande fut rejetée en raison de son âge. Pendant l'occupation de la Grèce par l'Allemagne nazie, il travailla pour la Croix Rouge et la municipalité d'Athènes, et s'engagea dans la résistance.

Le , il monta au sommet de l'Acropole d'Athènes en compagnie d'Apóstolos Sántas et déroba le drapeau nazi qui flottait sur la ville depuis le 27 avril 1941, date de l'entrée des troupes allemandes dans Athènes[1]. Ce geste fut le premier acte de résistance en Grèce[1]. Manólis Glézos et Apostolos Santas furent condamnés à mort par contumace par les nazis. Le , il fut arrêté par les Allemands et torturé. Il fut de nouveau arrêté par les Italiens le et emprisonné pendant trois mois. Le 7 février 1944, il fut de nouveau arrêté par des Grecs collaborateurs et passa sept mois et demi en prison avant de s'évader le 21 septembre de la même année.

Guerre civile et dictature des colonels[modifier | modifier le code]

La fin de la Seconde Guerre mondiale ne mit pas fin aux ennuis de Glézos. Le 3 mars 1948, en pleine guerre civile grecque, il fut jugé pour ses convictions politiques et condamné à mort à plusieurs reprises par le gouvernement de droite[1]. Mais ces peines capitales ne furent pas appliquées en raison des réactions à l'étranger et finalement réduites à une condamnation à perpétuité en 1950. Encore en prison, Manólis Glézos fut élu membre au Parlement grec en 1951 comme candidat de la Gauche démocratique unie (en) (EDA). Après son élection, il fit une grève de la faim pour obtenir la libération des autres députés d'EDA qui étaient en prison ou exilés dans les îles. Il mit fin à sa grève de la faim lorsque les sept députés furent libérés. Il fut lui-même relâché le 16 juillet 1954.

Le , Glézos fut de nouveau arrêté et condamné cette fois pour espionnage, un prétexte courant pour persécuter les militants de gauche pendant la Guerre froide. Les protestations et réactions en Grèce et à l'étranger — dont le Prix Lénine pour la paix — aboutirent à sa libération le . Au cours de son deuxième emprisonnement pour raisons politiques après la guerre, il fut réélu député d'EDA en 1961. Lors du coup d'État du , Glézos fut arrêté à 2 heures du matin, avec les autres dirigeants politiques grecs. De 1967 à 1974, sous la dictature des colonels dirigée par Geórgios Papadópoulos, il subit quatre années d'emprisonnement[1] et d'exil jusqu'à sa libération en 1971.

Au total, pendant la Seconde Guerre mondiale, la guerre civile grecque et le régime des colonels, Manólis Glézos passa 11 ans et quatre mois en prison et 4 ans et 6 mois en exil.

Retour de la démocratie[modifier | modifier le code]

Après la restauration de la démocratie en Grèce, en 1974, Glézos participa à la relance de l'EDA. Lors des élections législatives de 1981 et de 1985, il fut élu député sur les listes du PASOK. En 1984, il devint député au Parlement européen, à nouveau sur une liste PASOK. Il fut président de l'EDA de 1985 à 1989. Entre-temps, en 1986, il se retira du Parlement, afin de tenter une expérience de démocratie à l'échelon local, dans la commune d'Aperathu. Il fut élu président du conseil municipal en 1986. Ensuite, il abolit les privilèges du conseil, introduisit une « constitution » et mit en place une assemblée locale qui avait le contrôle total sur l'administration de la commune. Ce modèle fonctionna pendant plusieurs années, mais l'intérêt de la population diminua et l'assemblée fut abandonnée. Glezos en resta le président jusqu'en 1989. Aux élections législatives de 2000, il conduisit la liste de Synaspismos (en français : Coalition), un parti de la gauche radicale. En 2002, il forma le groupe « Citoyens actifs », partie de la Coalition de la gauche radicale, une alliance avec le Synaspismos et d'autres petits partis de la gauche grecque, et présenta sa candidature pour être préfet de l'Attique.

Le 5 mars 2010, lors d'une manifestation contre le plan de rigueur destiné à réduire la dette de la Grèce, Manólis Glézos fut victime de tir de gaz lacrymogènes sous le regard de nombreux appareils photos. Il dut être soigné à l'hôpital sans que ses jours soient en danger. Cet évènement eut lieu lors d'affrontements avec la police qui se déroulèrent pendant la manifestation. Il a été relaté à de nombreuses reprises par les manifestants qui ont mis en avant la figure historique de Manólis Glézos comme symbole de la répression et de l'injustice policière.

Le 12 février 2012, lors d'une manifestation de plus de 80 000 personnes sur la place Syntagma, devant le Parlement, pour protester contre l'adoption du plan d'austérité imposé par l'Union européenne, il tenta avec le compositeur Míkis Theodorákis de pénétrer dans le Parlement, mais en fut empêché par la police[2]. Theodorakis et lui réussissent finalement à entrer au titre de leur statut d'anciens députés et assistent au vote[1].

Candidat aux élections législatives grecques de juin 2012 avec la SYRIZA, il a déclaré que la Grèce devait annuler l'accord créancier avec l'Union Européenne et le Fonds Monétaire International[3].

Lors des élections européennes de 2014 il est élu avec plus de 440 000 voix de préférence, un record pour SYRIZA, au Parlement européen, où il siège au sein de la GUE/NGL.

Le 22 février 2015, le leader de SYRIZA et Premier ministre, Aléxis Tsípras, a annoncé que les réformes incluses dans l'accord passé entre son gouvernement Tsípras I et l'Eurogroupe, en vue du dernier versement du plan d'aide à la Grèce. Glézos a alors publié un communiqué sous forme d'excuses pour avoir « soutenu l’illusion que cela serait réellement fait », dénonçant ainsi le fait les réformes annoncées ne correspondent pas au programme du parti lors des élections, et appelant par la même occasion les membres et sympathisants du parti à l'insurrection contre cet accord[4]. À la fin de l'été, Manólis Glézos rallie Unité populaire (une scission de parti SYRIZA) en vue des législatives du 20 septembre 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Alain Salles, « L'oracle de Naxos résiste toujours », Le Monde, no 20873,‎ , p. 17 (lire en ligne)
  2. Fabien Perrier, « Grèce : malgré la résistance de la rue, Athènes adopte l’austérité », L’Humanité, 12 février 2012
  3. « Le héros grec Manolis Glezos exige la rupture de l'accord UE-FMI », sur fr.sputniknews.com, (consulté le 12 novembre 2015)
  4. « En Grèce, départ de feu à la gauche de Syriza », sur Libération, (consulté le 24 février 2015)

Liens externes[modifier | modifier le code]