Mâlik ibn Anas

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Imam Malik
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Naissance
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مالك بن أنسVoir et modifier les données sur Wikidata
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Nâfi’ Mawlâ ibn ’amr (d), Ayoub al-Sakhtiyani (d), Q12240285, 'Abd ur Rahmân al Awzâ'î, Ibn Shihab al-Zuhri (en), Ja'far al-Sâdiq, Ibrahim ibn Abi 'Abla (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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blason
Œuvres principales


Mālik ibn Anas ou Imam Malik (en arabe: مالك بن أنس) (né vers 711, entre 708 et 716, mort en 795 ou 796[1]) aussi connu par la dénomination Imam dar al Hijrah ou l'imam de Médine, est un théologien et juriste musulman, traditionaliste et fondateur d’une des quatre écoles juridiques de droit musulman sunnite, l'école malékite.

L'Imam Ash-Shâfi'î dit de l'Imam Mâlik et de son ouvrage:

« L'ouvrage le plus authentique après le Livre de Dieu est le Muwatta de Malik »

— Ash-Shâfi'î

Biographie[modifier | modifier le code]

Son nom complet est Abou Abd Allāh Mālik b. Anas b. Mālik b. 'Āmir b. 'Amr b. al-Hārith b. Ghaymân b. Khuthayl b. 'Amr b. am-Hārith al-Asbahî[2], en arabe : أبو عبد الله مالك بن أنس بن مالك بن أبي عامر بن عمرو بن حارث. Il est le fils de Anas bin Malik (pas le sahabi) et de Aaliyah bint Shurayk al-Azdiyya. Sa famille est originaire du Yémen, de la tribu Al-Asbahi. Son arrière grand-père Amir s'installa à Médine après sa conversion à l'islam en l'an deux de l'hégire.

Né à Médine, il connaîtra la transition entre la période des califes omeyyades et celle des abbassides. Cette période d'expansion de l'empire musulman voit apparaître la forte nécessité de juridiction, en particulier dans les nouveaux territoires conquis.

Il commença son apprentissage (Al-Adab) auprès de Rabî’ah ibn Abdir Rahman (Al-Ra’y), qui avait étudié auprès des 7 fuqaha de Médine. Il apprit et mémorisa le Coran très jeune par Abu Suhail an-Nafi' ibn 'Abd ar-Rahman (pas le célèbre rapporteur de hadith Nafi'). Il lui autorisa à enseigner aux autres (ijazah). Il étudia le hadith avec Ibn Shihab al-Zuhri, qui était le plus grand muhaddith de son temps ; sous Naafi', l'esclave affranchi de `Abdullah ibn `Omar ; ainsi que de Ibn Hurmuz (rapporteur de Abu hurayrah) pendant huit années.

L'imam Malik fut ainsi l'un des trois rapporteurs exceptionnels constituants la " chaîne d'or " (silsilat udh dhahâbiyyah) avec son shaykh Nafi' et le compagnon 'Abdullâh Ibn 'Umar. Al Hâfiz Abû Dâwûd affirma par ailleurs qu'elle était la chaîne de transmission de hadith la plus sûre[3], avis également partagé par l'Imâm Al Bukhârî.

Il ne se déplaçait pas beaucoup en dehors de Médine excepté pour le Hajj, et se confina donc largement à la connaissance de Médine. D'autres desquels il apprit furent Hisham ibn Urwah et Jafar al Sadiq[4]

Les historiens s'accordent sur le fait qu'il fut impliqué dans le soulèvement en 762 du descendant d’Ali, Muhammad b. Abd Allâh al-Nafs al-Zakiyya, contre la calife abbasside Al-Mansûr. Il ne participa pas activement au soulèvement, mais lorsque Muhammad b. Abd Allâh s'empara de Médine, il rendit avis dans une fatwâ que le serment fait au calife Al-Mansûr pouvait être rompu puisqu'il avait été obtenu sous la contrainte[2].que ce soit religieuse ou fausse interprétation tout en respectant les modalités et ulterances du format législatif du fait précis de la fatwa.

Il y avait une loi des Abbassides qui disait que tout homme qui refusait de faire allégeance au califat aurait automatiquement divorcé de sa femme. Malik s'y opposa et dit que cette loi était invalide. Son opposition aux lois califales et son rôle dans le soulèvement des Alides (descendants d'Ali) lui valut d'être sévèrement fouetté par l'émir de Médine Dja'far b. Sylaymân en l'an 764, ce qui entraida une déviation de l'épaule qui contribua à accroître sa renommée[2]. On raconte que ses bras étaient devenus incapables de tenir sur sa poitrine ; ceci est une des raisons qu'avancent certains pour sa façon de prier pendant le qiyam. Mais la réalité est autre puisque le Sadl (prier avec les mains le long du corps dans le qiyam) est une sunna pour Mâlik et ses disciples qui fut héritée du Prophète de l'islam et des 4 Califes[5]. Il semble qu'il se soit plus tard réconcilié avec le calife[2]. On raconte que quand Al-Mansur apprit la nouvelle il se rendit à Médine pour présenter ses excuses à l’imam et ajouter qu'il n'avait pas donné un tel ordre au gouverneur. Il dit même par la suite à ce gouverneur de ne pas instaurer de lois sans consulter l’imam Malik.

Il commença sa compilation de hadith à la requête du calife abbasside Abu Ja'far al-Mansoor, [754-775 ] qui, selon la légende[2], voulait un code de lois basé sur la sunna du Messager de Dieu Muhammad qui pourrait être appliqué dans tout le califat. Toujours selon la tradition[2], l'imam Malik aurait refusé une fois qu'il l'eut terminé arguant que les Sahaba (compagnons du Prophète) s'étaient dispersés dans tout le califat et avaient pris avec eux d'autres actes de la sunna non répertoriés par lui, qui se devaient d'être considérés dans toute loi devant être imposée à tous. Le calife Hâroun ar-Rashîd aurait fait la même requête, en vain.

Selon Al-muwatta, livre dont il est l'auteur, l'imam Malik était grand de taille, robuste, au teint clair, des cheveux blonds avec une barbe importante, chauve et des yeux bleus[6].

L'imam mourut en 796 à l'âge de 85 ans à Médine après une courte maladie. Il fut enterré au cimetière Al-Baqî de Médine, la prière funéraire (janâzah) fut prononcée à cette occasion par le gouverneur 'Abd Allâh b. Zaynab. Son tombeau fut surmonté d'une coupole (kubba)[2]. Cette coupole sera détruite plus tard par les saoudiens en 1802 en raison de l’interdiction, rapportée par plusieurs récits prophétiques, de construire sur les tombes, enfin d’éviter toutes formes de polythéisme[7],[8].

Son œuvre et sa doctrine[modifier | modifier le code]

Son œuvre principale, le Kitab al-Muwatta, recense l'ijmâ' (consensus) médinois au niveau de la loi, du droit, du rite et de la pratique et entend servir de correctif pour ce qui n'était pas encore fixé par l'ijma et la Sunna[2]. Dans la Muwatta il ne prend pas la peine de critiquer l'authenticité les traditions (ahadith) rapportées, qui ne seront remises en questions que par des auteurs ultérieurs. De la même façon il omet de citer les chaînes de transmissions (isnâd)[2].

Le Muwatta ne fut pas directement fixé en une version définitive, il en existe différentes recensions qui varient du fait que l'imam Malik n'a pas toujours exactement donné ses enseignements oraux de la même façon et parce qu'on accordait peu d'importance à une reproduction fidèle à l'époque et que l'on préférait laisser une certaine liberté aux variations[2].

L'imam Malik admet, et son école à sa suite, outre le Coran et la sunna, la « coutume » (urf ou Bil Ma'rouf) médinoise (point sur lequel il était en désaccord avec son ami Al-Layth ibn Sa’d), le consensus des "gens de Médine" (désignant les savants) et le principe de l’utilité générale (istislâh).

Il considère que les exemples de législation coutumière en cours à Médine du temps du prophète sont des sources de droit musulman à codifier et systématiser[2].

Concernant les versets équivoques (moutachâbihah) dont le sens apparent pourrait laisser penser que Allâh aurait une ressemblance avec sa création, l'Imâm Mâlik disait : « Citez les comme ils sont parvenus, sans attribuer de comment (bilâ kayfiyyah)»[9] c'est-à-dire en niant toutes les caractéristiques des créatures.

Ibnou Kathîr a mentionné semblable à cela dans son tafsîr. Il a dit : « Nous citons ici la voie du Salaf vertueux de Mâlik, de Al-Awzâ’i, de Ath-Thawri, de Layth Ibnou Sa’d, de Ach-Châfi’i, de Ahmad ibnou Hanbal, de Is-hâq ibnou Rahawayh et d’autres qu’eux parmi les imams musulmans du passé et contemporains et plus récents, à savoir de lire ces versets (c’est-à-dire les versets moutachâbihah) comme ils sont parvenues. Sans attribuer le comment (min ghayri takyîf), ni d’assimilation, ni annulation de ces versets. Et le sens apparent qui vient à l’esprit des assimilateurs est nié au sujet de Allâh ta’âlâ. Car Allâh n’a pas de ressemblance avec quoi que ce soit de Ses créatures. Rien n’est tel que Lui et Il est Celui qui entend et qui voit.»[10]

Et l’Imâm Ibn Hajar Al-‘Asqalâni a également rapporté pareil à cela, en disant : « Certains sont passés sur ces textes comme ils ont été révélés, en y croyant dans leur globalité et en exemptant Allâh du comment (kayfiyyah) et de toute assimilation (tachbîh), et ceux-là sont la majorité des savants du Salaf. Cela a été rapporté par Al-Bayhaqi ainsi que d’autres, [comme étant la voie] des quatre Imâm (C’est-à-dire : l’Imâm Aboû Hanîfah, l’Imâm Mâlik, l’Imâm Ach-Châfi’i, et l’Imâm Ahmad Ibn Hanbal), des deux Soufyân (C’est-à-dire : Soufyân Ath-Thawri et Soufyân Ibn ‘Ouyaynah), des deux Hammâd (C’est-à-dire : Hammâd Ibn Zayd et Hammâd Ibn Salamah), de Al-Awzâ’i, de Al-Layth, et autres qu’eux.»[11]

Ainsi lorsqu'il fût interrogé sur le comment de l'istiwâ de Allâh sur le trône, l'Imâm Mâlik n'a pas répondu en disant que Allâh serait assis ou établit mais il a dit : « Le comment [au sujet de Allâh] est inconcevable (al-kayf ghayrou Ma’qoûl)»[12],[13],[14],[15] et selon une autre version proche de celle-ci : « Dire “comment” est exclu à Son sujet (wa kayfa ‘anhou marfoû’) »[16].

L'Imâm Mâlik a également eu recours au ta-wîl (interprétation détaillée). En effet Il a été rapporté de l’Imâm Mâlik qu’il a interprété le hadîth du nouzoûl (qui commence par yanzilou rabbounâ) par la descente de la Miséricorde de Allâh et de Son Ordre ou de Ses Anges, tout comme l’on dit « Le roi a fait telle chose » c’est-à-dire que ce sont ses subordonnés qui l’ont fait sur son ordre[17],[18].

L'Imâm Mâlik était fortement opposé à la croyance des corporalistes (moujassimah), Il a d’ailleurs été rapporté que l’Imâm Mâlik considérait mécréant ceux qui ont pour croyance que Allâh serait dans une direction ou qu’Il serait un corps[19],[20],[21].

L'Imâm Mâlik était également favorable au tawassoul. Lorsque le Calife Aboû Ja’far Al-Mansoûr effectua le pèlerinage et visita la tombe du Prophète, il demanda à l'Imâm Mâlik : « Ô Abâ ‘Abdi l-Lâh, est-ce que je m’oriente vers la Qiblah pour faire des invocations, ou je m’oriente vers le Messager de Allâh ? » L’Imâm Mâlik lui a répondu : « Pourquoi détournerais-tu ton visage de lui, alors qu’il est ta waçîlah (le moyen grâce auquel tu espères être exaucé) par Allâh ta’âlâ et la waçîlah de ton père Âdam le Jour du Jugement ?! Oriente-toi plutôt vers lui et demande son intercession, Allâh le fera intercéder. Allâh ta’âlâ dit (ce qui a pour sens)  :  { Si, ayant été injustes envers eux-mêmes, ils venaient auprès de toi pour demander le pardon à Allâh, et le Messager demandait le pardon pour eux, ils sauraient que Allâh est Celui Qui accepte le repentir et Qui fait miséricorde }»[22].

Disciples[modifier | modifier le code]

L'imam Malik eut de nombreux disciples dont les plus célèbres furent :

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Al-Muwatta (anglais) (arabe)
  • Tafsîr Gharîb Al-Qur’ân Al-Karîm : Interprétation des singularités du Noble Coran
  • Kitâb As-Surûr : Le livre de la félicité.
  • Kitâb fî An-Nujûm wa Hisâb Dawrân Iz-Zamân wa Manâzil Il Qamar : Livre des étoiles, du calcul du temps et des positions de la lune
  • Risâlah fil Aqdiyah : Traité sur les jugements.
  • Risâlah ilâ Ibn Wahb fil Qadar wa Ar Radd 'alal Qadariyyah : Lettre à Ibn Wahb concernant la prédestination et la réfutation des qadarites.

Al Imâm As Suyûtî rapporta que l'Imâm 'Abdu Llâh Ibn Wahb écrivit un livre exclusivement composé de paroles de l'Imâm Mâlik intitulé Kitâb Ul Mujâlasât 'An Mâlik[23].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Schacht, J. "Mālik b. Anas." Encyclopédie de l'Islam. Comité de redaction: P. Bearman; Th. Bianquis; C.E. Bosworth; E. van Donzel; H.A.R. Gibb (Volume I: 1-320); W.P. Heinrichs; J.H. Kramers; G. Lecomte; E. Lévi-Provençal; Bernard Lewis; V.L. Ménage; Charles Pellat; Joseph Schacht. Brill, 2011. Brill Online. SCD PARIS III SORBONNE NOUVELLE. 17 February 2011.
  2. a b c d e f g h i j et k Schacht, J. "Mālik b. Anas." Encyclopédie de l'Islam. Comité de redaction: P. Bearman; Th. Bianquis; C.E. Bosworth; E. van Donzel; H.A.R. Gibb (Volume I: 1-320); W.P. Heinrichs; J.H. Kramers; G. Lecomte; E. Lévi-Provençal; B. Lewis; V.L. Ménage; Ch. Pellat; J. Schacht. Brill, 2011. Brill Online. SCD PARIS III SORBONNE.
  3. Voir la biographie de l'imam Malik écrite par le shaykh Muhammad Abu Zahrah
  4. http://muslimheritage.com/topics/default.cfm?ArticleID=471
  5. http://www.doctrine-malikite.fr/forum/Poser-les-mains-sur-la-ppoitrine_m47174.html
  6. http://www.sunnah.org/publication/khulafa_rashideen/malik.htm
  7. http://www.hadithdujour.com/hadiths/hadith-sur-Le-Prophete-a-interdit-de-platrer-les-tombes--_999.asp
  8. « Le pacte de Najd, ou comment l'islam sectaire est devenu "l'islam" » auteur Hamadi Redissi, éditions Seuil.
  9. Par Sunnite, « L'Imâm Al-Bayhaqi rapporte la voie des imâms Al-Awzâ'i, Mâlik, Ath-Thawri et Al-Layth Ibn Sa'd concernant les textes équivoques (moutachâbihah) », sur Islam Sunnite, (consulté le 5 décembre 2019)
  10. Par Sunnite, « Ibn Kathîr parle de l'istiwâ de Allâh », sur Islam Sunnite, (consulté le 5 décembre 2019)
  11. Par Sunnite, « L'Imâm Ibn Hajar Al-'Asqalâni explique le Hadîth du Nouzoûl », sur Islam Sunnite, (consulté le 5 décembre 2019)
  12. Par Sunnite, « L'Imâm Mâlik dit que l'istiwâ de Allâh est sans comment (rapporté par Al-Bayhaqi) », sur Islam Sunnite, (consulté le 5 décembre 2019)
  13. Par Sunnite, « L’Imâm Mâlik dit que l’istiwâ de Allâh est sans comment (rapporté par Al-Qayrawâni) », sur Islam Sunnite, (consulté le 5 décembre 2019)
  14. Par Sunnite, « L'Imâm Al-Qourtoubi explique le verset de l'istiwâ. », sur Islam Sunnite, (consulté le 5 décembre 2019)
  15. Par Sunnite, « Le Chaykh Al-'Azzâmi explique la parole de l'Imâm Mâlik sur l'istiwâ de Allâh », sur Islam Sunnite, (consulté le 5 décembre 2019)
  16. al-bayhaqi, al asmâ-ou wa s-sifât
  17. Par Sunnite, « L’Imâm Mâlik interprète le Hadîth An-Nouzoûl (rapporté par Az-Zourqâni) », sur Islam Sunnite, (consulté le 5 décembre 2019)
  18. Par Sunnite, « L'Imâm An-Nawawi explique le Hadîth du nouzoûl », sur Islam Sunnite, (consulté le 5 décembre 2019)
  19. Par Sunnite, « Les quatre Imâms déclarent mécréants ceux qui attribuent la direction ou le corps à Allâh », sur Islam Sunnite, (consulté le 5 décembre 2019)
  20. Par Sunnite, « Les savants du salaf et du khalaf déclarent mécréant ceux qui attribuent une direction à Allâh », sur Islam Sunnite, (consulté le 5 décembre 2019)
  21. Par Sunnite, « Les savants du salaf et du khalaf déclarent mécréant ceux qui attribuent une direction à Allâh (2) », sur Islam Sunnite, (consulté le 5 décembre 2019)
  22. Par Sunnite, « L'Imâm Mâlik confirme qu'il est permis de s'orienter vers la Tombe du Prophète pour faire des invocations », sur Islam Sunnite, (consulté le 5 décembre 2019)
  23. Tazyîn Ul Mamâlik

Liens externes[modifier | modifier le code]