MPM-10

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MPM-10 (Azur)
Description de cette image, également commentée ci-après
Vue extérieure
Identification
Exploitant(s) STM
Type Métro
Composition 9 voitures
Conduite Semi-automatique
Couplage Attelage Scharfenberg (dépannage uniquement)
Construction 2011–2018
Constructeur(s) Alstom
Bombardier Transport
Mise en service (1re rame)
Effectif 486 voitures (54 trains) attendues[1]
(46 trains reçus fin août 2018)
Affectation Métro de Montréal
MtlMetro2.svg MtlMetro1.svg
Caractéristiques techniques
Disposition des essieux B'B' (motrices)
Roulement Pneus
+ galets auxiliaires
Écartement 1 435 mm
Puissance 300 kW
407 ch
Alimentation 3e rail 750 V CC
Captage frotteur
Moteurs de traction 14 triphasés asynchrones
Masse en service 327 t
Longueur HT 16,9 m
Longueur totale 152,43 m
Accès 3 par flanc
Portes Coulissantes
1,65 m
Intercirculation Intégrale
Places assises 262 pl.
+ 32 strapontins
+ 4 pl. UFR
Vitesse maximale 72,4 km/h

Le MPM-10 (acronyme pour « Matériel Pneumatique de Montréal 2010 ») ou Azur est un matériel roulant sur pneumatiques du métro de Montréal. Destiné à remplacer le MR-63, mis en service en 1966, il est commandé en 2008 par la Société de transport de Montréal (STM) à un consortium formé de Bombardier Transport et Alstom. La première rame a commencé à rouler dans le réseau le dimanche [2].

Le choix de ces rames a fait l'objet d'une saga juridico-technique qui en a retardé la mise en service. Les rames MPM-10 auront pour particularité de ne pas avoir de séparation entre les voitures (rames boa) leur donnant une plus grande capacité et permettant le déplacement des usagers d'une voiture à l'autre.

Histoire[modifier | modifier le code]

Arrivant bientôt à la fin de la vie utile des voitures MR-63 au milieu des années 2000, la Société de Transport de Montréal (STM) en négocia le remplacement avec le gouvernement du Québec dès 2005. Le , ce dernier annonçait que Bombardier avait été le seul autorisé à discuter avec la STM en vue du renouvellement de gré à gré du matériel roulant dont la construction serait principalement faite dans leur usine de La Pocatière pour une livraison débutant en 2010. Cette nouvelle déclencha une série de rebondissements qui ont plusieurs fois retardé la résolution du problème et la livraison des voitures de remplacement.

Alstom intervient[modifier | modifier le code]

La société française Alstom, exclue de la négociation, contre-attaqua en demandant à la Cour supérieure du Québec de se pencher sur le sujet et a requis le une injonction pour faire cesser les discussions entre Bombardier et la STM afin de ne pas rendre son action en cour caduque[3]. Un juge entendit la demande en septembre 2007 puis rendit une décision en faveur d'Alstom en janvier 2008. Le , le ministre du développement économique du Québec, Raymond Bachand, déclara que le gouvernement provincial ne ferait pas appel de la décision de la Cour supérieure et décidait d'aller en appel d'offres afin de ne pas retarder la livraison des rames[4],[5].

Premier appel d'offres[modifier | modifier le code]

À la suite de l'appel d'offres un consortium formé par Bombardier et Alstom fut retenu à l'automne 2008[6]. La demande de 1,8 milliard $Can du consortium, alors que l'estimation initiale était de 1,2 milliard $Can, fut sujette à des contre-propositions par la STM. Selon un document du Ministère des Transports du Québec de février 2009, il était prévu en 2009-2010 une première tranche de 100 millions $Can pour l'acquisition de 336 voitures neuves en remplacement des vieilles MR-63[7]. Cependant, les négociations pour l'entente finale retardèrent leur versement[6]. Pour diminuer le coût par rame, les négociations entre la ville et le consortium menèrent à augmenter la commande, la STM décida de remplacer tout son matériel roulant, incluant les MR-73, et la commande passa à 765 voitures avec une option pour 288 additionnelles[8]. La commande ayant plus que doublé, la loi obligeait alors la STM à lancer un avis international pour inciter des concurrents à se manifester[9].

Second appel d'offres[modifier | modifier le code]

Dans un nouveau rebondissement, en janvier 2010, répondant à l'avis international, de nouvelles soumissions pour le travail ont été faites par une compagnie chinoise, Zhuzhou Electric Locomotive, et une autre espagnole, Construcciones y auxiliar de ferrocarriles (CAF). En avril 2010, la ville de Montréal divulgua le résultat d'une analyse qui rejetait l'offre chinoise, comme ne correspondant pas aux critères (ceux-ci proposant des voitures sur fer plutôt que sur pneumatique), mais considérait celle de CAF comme potentiellement acceptable[10]. Le 13 juillet 2010, la STM annonçait que l'étude des experts sur la proposition de CAF lui permettait de soumissionner. La STM vota donc de lancer un nouvel appel d'offres international à l’automne pour le remplacement de toutes les rames du métro de Montréal (765 voitures avec des options d'achat pour 288 additionnelles). Le gouvernement du Québec décida de ne pas intervenir dans ce nouvel appel qui aurait pu entraîner des délais supplémentaires de un à deux ans, selon le président de la STM, alors que la livraison des premières voitures était déjà repoussée à 2012[11].

En réaction, le consortium Bombardier-Alstom fit une demande d’annulation de cette décision le 17 août en Cour supérieure du Québec. Il allégua que CAF ne correspondait pas à la demande de vue capacité technique et que le rapport des experts de la STM était fautif. En effet, le consortium affirmait que l'expertise de ce fabricant, pour la production de voitures de métro roulant sur des pneumatiques, se limitait à deux contrats récents pour les métros de Mexico et de Santiago du Chili. Ceux-ci ne portaient que sur un faible nombre de voitures dont le dessin technique critique des bogies avait de toute façon été fait par Bombardier. De plus, CAF n'avait aucune installation au Canada et ne pourrait donc prétendre être capable de fournir le 60 % de contenu canadien exigé dans l’appel d’offre[12]. Le consortium a été débouté le 30 juin 2010 dans un jugement du juge en chef adjoint de la Cour supérieure, André Wéry. Cette décision permettait à la STM de terminer son travail d’analyse de la manifestation d’intérêt de CAF et prendre la décision appropriée, incluant la possibilité de lancer un nouvel appel d’offres international.

Le gouvernement intervient[modifier | modifier le code]

Le 5 octobre 2010, précédant de peu le lancement de l'appel d'offre par la STM, le premier ministre Jean Charest a annoncé le dépôt d'un projet de loi pour l'acquisition de gré à gré des nouvelles voitures de Bombardier-Alstom. Projet de loi contenant notamment certains articles visant à limiter voir empêcher tout recours judiciaire des concurrents qui aurait pour but d'invalider le contrat conjoint. Invoquant l'urgence du remplacement, le gouvernement québécois a négocié un prix à la baisse de près de 1 millions $Can par voitures avec le consortium. Le coût total du nouveau contrat s'élèverait à 1,41 milliard $Can pour 468 voitures[13]. Les partis d'opposition se sont montrés sceptiques sur les motifs de cette décision de dernière minute qui semblait être plus électoraliste qu'économique, par la préservation d'emplois dans un comté électoral du parti au pouvoir[14].

La commande est passée[modifier | modifier le code]

Les nouvelles voitures porteront le nom de MPM-10 pour matériel pneumatique de Montréal acquis en 2010[15],[16]. La première rame est dévoilée en 2012[17] et le prototype est livré en avril 2014[18] pour la phase de tests. En janvier 2015, la production des rames est suspendue six mois à cause d'un problème de logiciel[19]. Finalement après six autres mois de tests, le dimanche durant la matinée, la mise en service officielle des voitures Azur pour le service passager a lieu sur la ligne orange[20]. Douze autres rames devraient les rejoindre d'ici la fin 2016[13].

Le 16 janvier 2017, les douze trains Azur sont retirés de la circulation pour une durée indéterminée, à la suite d'un incident survenu deux jours plus tôt qui aurait endommagé plusieurs voitures, dont des MR-73[21]. Après avoir fait des tests, la STM indiqua que l’accident du 14 janvier avait été causé par une force latérale provenant de l’usure des équipements des voies s'exerçant sur les frotteurs de contact électrique avec la voie et causant leur bris. Pour remédier au problème, la STM modifiera l’alliage des embouts de bronze des frotteurs des trains Azur, en optant pour la même composition que ceux des trains MR-73[22]. Les rames furent remises en service graduellement.

En , la STM annonce qu'elle recevra deux trains (18 voitures) supplémentaires en guise de dédommagement pour le retard de livraison par le consortium Alstom-Bombardier, à la place d'un paiement d'une pénalité financière[23]. Alors que le commande initiale était pour 468 voitures (52 trains), l'effectif final attendu est donc de 486 voitures (54 trains). Le déploiement de l'ensemble de la flotte de voitures MPM-10 devrait être finalisé fin 2018, ou début 2019 au plus tard[23].

Parc[modifier | modifier le code]

Ligne Nombre de Rames Configuration Commentaries
MtlMetro1.svg 2 (18 voitures) 10-xxx 10-xxx 10-xxx 10-xxx 10-xxx 10-xxx 10-xxx 10-xxx 10-xxx
MtlMetro2.svg 44 (396 voitures) 10-xxx 10-xxx 10-xxx 10-xxx 10-xxx 10-xxx 10-xxx 10-xxx 10-xxx

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Vue intérieure

Les 468 nouvelles voitures sont réparties en 52 rames de 9 unités. Permettant aux passagers de passer d'une voiture à l'autre, contrairement à celles en service présentement, ces voitures verront augmenter le nombre maximal de passagers dans les rames[24],[25]. Les voitures MPM-10 sont équipées d'une suspension pneumatique, de larges fenêtres et portes, en plus de laisser un espace pour les chaises roulantes. Les voitures d’extrémité ont 22 sièges fixes et deux strapontins, alors que les voitures intermédiaires sont équipées de 28 sièges fixes et de quatre strapontins[24].

Ces voitures montées sur pneumatiques auront une vitesse de pointe de 72,4 km/h. Les voitures motrices sont équipées d’un système de propulsion et de freinage régénératif à haute efficacité énergétique[24].

Les caractéristiques principales[24] :

  • Longueur totale d’un train de 9 voitures : 152,437 m ;
  • Largeur des portes voyageurs (trois de chaque côté d'une voiture): 1,650 m ;
  • Hauteur des portes voyageurs : 1,950 m ;
  • Largeur hors tout : 2,514 m.

Caractéristiques secondaires[26]:

  • Des déplacements fluides : train composé de neuf voitures pour une libre circulation d’une voiture à l’autre.
  • Une capacité accrue : chaque train peut accueillir jusqu’à 8 % plus de voyageurs.
  • Un système de ventilation avec ajustement selon la charge de chaque voiture.
  • Des portes 27 % plus large : facilité d’embarquement et de débarquement; détection d’obstruction.
  • Un aménagement selon les exigences de l’accessibilité universelle : plus de points d’appui mieux positionnés; contrastes et couleurs dosés pour mieux délimiter les objets.
  • L’aménagement optimal et ergonomique des sièges.
  • L’aménagement de la voiture d’extrémité : 22 sièges fixes; 2 strapontins; 2 espaces dédiés aux fauteuils roulants; appuis ischiatiques.
  • L’aménagement de la voiture intermédiaire : 28 sièges fixes; 4 strapontins.
  • Une sonorisation haut de gamme : environnement acoustique pour minimiser le bruit ambiant.
  • Une fenestration à effet panoramique et film protecteur contre les graffitis et les scratchettis.
  • L’éclairage repensé : lumière indirecte favorisant une meilleure ambiance.
  • Une suspension sur pneumatique : roulement plus doux, sans vibration.
  • Un sentiment de sécurité accrue : 3 fois plus d’interphones; pas de chute possible entre 2 voitures; 4 caméras de surveillance continue.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La commande de la STM porte sur 468 voitures, soit 52 trains. Deux trains supplémentaires (18 voitures) seront livrés par la consortium en guise de dédommagement pour le retard de livraison subi.
  2. « AZUR Société de transport de Montréal », sur http://www.stm.info/fr (consulté le 23 septembre 2016)
  3. Marie Tison, « Le métro de Montréal surgit au palais de justice », La Presse (Canada), (consulté le 29 juillet 2007)
  4. Robert Melnbardis, version française Gilles Guillaume, « Le Québec va ouvrir un appel d'offres pour le métro de Montréal », Reuters, (consulté le 6 février 2008)
  5. « Métro de Montréal - Un appel d'offres sera lancé », Société Radio-Canada, (consulté le 19 juillet 2009)
  6. a et b Bruno Bisson (La Presse), « 277 millions pour le métro », Cyberpresse (consulté le 1er mars 2009)
  7. Agence QMI, « Nouvelles voitures de la STM: Alstom et Bombardier sur les rails », Matin.qc.ca, (consulté le 19 juillet 2009)
  8. « Une commande qui pourrait gonfler », Radio-Canada.ca,‎ (lire en ligne)
  9. « Voitures de métro - La STM forcée de relancer l'appel d'offres », Le Devoir,‎ (lire en ligne)
  10. Jeanne Corriveau, « Métro de Montréal : Bombardier et Alstom s'attaquent à CAF », Le Devoir, (consulté le 15 mai 2010)
  11. « La STM reprend tout à zéro », Économie, Société Radio-Canada, (consulté le 13 juillet 2010)
  12. « Des bâtons dans les roues du métro », Acutalités, Cyberpresse, (consulté le 17 août 2010)
  13. a et b « Programme triennal d'immobilisations 2016-2018 de la stm : 2,8 G$ pour l’amélioration de l’expérience client », sur Société de transport de Montréal, (consulté le 23 mars 2016)
  14. « Contrat du renouvellement des wagons du métro de Montréal : Le gouvernement Charest n'a pas droit à l'erreur », Économie, AmériQuébec.net, (consulté le 7 octobre 2010)
  15. Société de transport de Montréal, Plan stratégique 2020 : Document synthèse, projet pour consultation, (lire en ligne [PDF])
  16. (fr) Société de transport de Montréal, Signature du contrat d’acquisition des voitures du métro de Montréal : Les nouvelles voitures seront en service à partir de 2014, (lire en ligne)
  17. « Dévoilement de la future voiture du métro de Montréal : avec Azur, l’horizon se dessine! », sur stm.info,
  18. « AZUR arrive à Montréal : la STM reçoit le premier train prototype », sur stm.info,
  19. « Autre retard dans la livraison des voitures de métro : réactions de MM. Robert Poëti, Denis Coderre et Philippe Schnobb », sur stm.info,
  20. « AZUR marque l'histoire et accueille ses premiers clients », sur stm.info,
  21. Ross Marowits, « Les nouveaux trains Azur du métro de Montréal sont retirés par précaution », sur lapresse.ca, (consulté le 17 janvier 2017).
  22. Marie-Eve Shaffer, « La STM a dû reporter la remise en service des trains Azur », Journal Métro,‎ (lire en ligne).
  23. a et b Pierre-André Normandin, « La STM recevra deux trains Azur gratuitement », sur lapresse.ca, (consulté le 5 février 2018)
  24. a b c et d Nouvelle voitures de métro MPM-10, Société de transport de Montréal, (lire en ligne [PDF])
  25. Daniel Carrière, « AZUR, le futur métro de Montréal en 14 points », Le Huffington Post Québec,‎ (lire en ligne).
  26. « AZUR », sur Société de transport de Montréal (consulté le 9 février 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]