Louise Aslanian

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Louise Aslanian
Louise Aslanian (Las).jpg
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Écrivaine, personnalité, poétesse, résistanteVoir et modifier les données sur Wikidata
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Arpiar Aslanian (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Louise Aslanian (en arménien : Լուիզա Ասլանեան), connue sous les pseudonymes LAS ou Lass (en arménien : Լաս), née vraisemblablement le à Tabriz et morte en janvier 1945 dans le camp de Ravensbrück, est une résistante communiste, écrivaine et poétesse française d'origine arménienne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Louise Aslanian à 6 ans.

Louise Srapionovna Aslanian (Grigorian) naît le 5 mai 1902 (selon les archives françaises), 1904 (selon les archives allemandes) ou 1906 (selon certaines ouvrages)[1],[2] à Tabriz[3], en Iran, dans une famille modeste[2]. Ses parents sont Srapion Grigorian et Maria (née Shahbazian).

Louise Aslanian va à l'école Aramian[2], fait ses études secondaires au lycée Guétronagan de Tabriz[4] puis continue ses études au gymnasium russe de Tiflis[3]. Tôt, elle fait preuve d'un don pour l'écriture, composant des poèmes à l'école et traduisant des textes littéraires russes et français. Elle commence aussi à apprendre à jouer du piano dès son plus jeune âge.

Après son retour à Tabriz en 1923, elle se marie avec l'avocat Arpiar Aslanian[4].

Vie en France[modifier | modifier le code]

Louise et Arpiar Aslanian en France.

En 1923, le couple s'installe à Paris[3], emmenant avec eux la sœur de Louise, Archalouïs, et leur mère Mania. Louise veut continuer son apprentissage du piano mais elle doit abandonner ce rêve par manque de moyens[4]. Elle s'inscrit à la place à la faculté de littérature de la Sorbonne[4]. Dans la capitale française, elle participe activement à la Société des écrivains franco-arméniens, travaille pour des journaux, tisse des liens dans des cercles littéraires et adopte le nom de plume de « LAS ».

Au milieu des années 1920, elle fait publier un certain nombre de nouvelles dans la presse franco-arménienne : « Դրամներիս հավաքածուն » (Ma collection de pièces de monnaie), « Երկաթե գինեվաճառը » (La cave à vin en fer), « Լիճը » (Le Lac), etc.[3].

En 1928, Louise Aslanian publie une série de nouvelles intitulées « Խանը » (Le Khan).

En 1935 est publié sa série d'histoires intitulée « Գծից դուրս » (Au-delà de la ligne)[5] en deux volumes.

En 1936, Louise Aslanian rejoint le Parti communiste français et entame une collaboration avec le journal arménien Zangou, alors dirigé par Missak Manouchian[4]. La même année, elle publie son roman « Հարցականի ուղիներով » (Les chemins du questionnement)[6], en deux volumes (republiés en 1959 à Erevan).

En 1937, elle devient présidente de la section française du Comité de secours pour l'Arménie (HOC)[4] ainsi que de l'Union des dames arméniennes de Paris. Elle est aussi membre de l'Union des écrivains arméniens de France[7].

Résistante[modifier | modifier le code]

Louise Aslanian sur un pont en France. C'est l'une des dernières photographies d'elle avant son arrestation (24 juillet 1944).

Après la défaite française contre l'Allemagne nazie et l'occupation de la France, les Aslanian rejoignent la Résistance intérieure française en 1940. Selon les Mémoires d'Henri Karayan, Louise était une recruteuse pour les FTP-MOI au sein d'une cellule combattante du Parti communiste français créée fin 1941. Elle est membre de liaison entre des groupes de résistants[4]. Le couple Aslanian travaille aussi dans une maison d'édition clandestine et fournit des armes aux résistants[8]. Aslanian est en lien avec d'autres résistants comme Missak Manouchian, Mélinée Manouchian[9], Arben Dawitian, Ayk Dpirian ou encore Shag Taturian. Elle est d'ailleurs en admiration de ce premier[9], ayant pour projet d'écrire un roman à son sujet[10]. Dans la résistance, Louise est connue sous le pseudonyme de « Madeleine »[7]. À cette époque, les Aslanian enseignent les mathématiques et les échecs au jeune Charles Aznavour[11].

Arrestation et mort[modifier | modifier le code]

Le 26 juillet 1944, les nazis procèdent à l'arrestation de Louise et d'Arpiar à leur domicile sous les yeux de leur famille et de leurs voisins. Le couple est incarcéré à la prison de Fresnes.

Ses manuscrits sont saisis et détruits par les Allemands, en particulier Histoire de la Résistance et La Chute de Paris[1],[4].

Le 15 août 1944, ils sont envoyés de Toulouse à Buchenwald. Arpiar est ensuite transféré au Camp de concentration de Dora et Louise à celui de Ravensbrück[12], où elle arrive vraisemblablement le 1er septembre 1944 et reçoit le numéro 57440. Dès le 4 septembre, elle est envoyée à l'usine HASAG, près de Leipzig, camp satellite de Buchenwald, et y reçoit le numéro 4460. Elle y est en compagnie de Lise London. Les archives semblent aussi indiquer sa présence dans le camp de prisonniers Stalag IV-E[13].

Durant sa captivité, elle écrit les poèmes « Գործարանում » (À l'usine) et « Մալա » (Mala), qu'elle ne finit pas. Ce dernier est l'acronyme des quatre noms de ceux qui lui sont chers : « M » pour sa mère Mania, « A » pour sa sœur Archalouïs, « L » pour elle-même et « A » pour son mari Arpiar[14]. Ces poèmes sont conservés par son amie Nicole Ritz qui ensuite les transmet à Lise London[15].

Le 27 janvier 1945, Louise Aslanian est de nouveau déportée à Ravensbrück, où elle meurt trois jours plus tard, le 30 janvier, de cause inconnue. Le 15 février 1945, son mari est exécuté au camp de concentration de Dora[16].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Les manuscrits, journaux intimes et lettres documentant les dernières années de sa vie auraient été complètement détruits par les nazis. Seuls son roman et les histoires plus anciennes ont survécu, et seulement quelques fragments de sa correspondance ont été préservés. Le fonds des arts arabes du Matenadaran contient une collection de miniatures médiévales orientales avec des thèmes soufis ayant appartenu aux Aslanian[17].

Dans ses écrits, Louise Aslanian évoque les communautés de la diaspora arménienne en perte d'identité, de leur désunion et de leurs traditions datées. Elle voit la restauration de l'intégrité nationale comme la préservation d'un caractère distinctif dans la recherche d'une voie de développement unique, soutenant le rapatriement et le maintien de liens forts avec l'Arménie. Membre du PCF, elle soutient l'URSS et ses accomplissements. Ses derniers écrits sont consacrés à la lutte contre le fascisme et son imminente défaite.

Romans[modifier | modifier le code]

  • 1936 : « Հարցականի ուղիներով » (Les chemins du questionnement)[6]

Nouvelles[modifier | modifier le code]

  • Années 1920 :
    • « Դրամներիս հավաքածուն » (Ma collection de pièces de monnaie)
    • « Երկաթե գինեվաճառը » (La cave à vin en fer)
    • « Լիճը » [« Le Lac »] (lire en ligne)

Séries[modifier | modifier le code]

  • 1928 : « Խանը » [« Le Khan »] (lire en ligne)
  • 1935 : « Գծից դուրս » (Au-delà de la ligne)[5]

Poèmes[modifier | modifier le code]

  • 1944-1945 :
    • « Գործարանում » (À l'usine)
    • « Մալա » (Mala)[18]

Écrits historiques[modifier | modifier le code]

  • Années 1940 :
    • Histoire de la Résistance (manuscrit probablement détruit par la Gestapo en 1944-1945)
    • La Chute de Paris (manuscrit probablement détruit par la Gestapo en 1944-1945)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Diran Vosguiritchian 1974, p. 28.
  2. a b et c Krikor Beledian 2001, p. 439.
  3. a b c et d (hy) « Լուիզա Ասլանյան-Լաս (Biographie sur le site du Ministère de la Diaspora arménienne) », sur libmindiaspora.am,‎
  4. a b c d e f g et h Krikor Beledian 2001, p. 440.
  5. a et b « Գծից դուրս », sur catalogue.bnf.fr (consulté le 21 août 2018)
  6. a et b « Հարցականի ուղիներով », sur catalogue.bnf.fr
  7. a et b (ru) K. S. Galstyan, « Fragments of the participation of Armenians in Europe in the Second world war », Հայկական բանակ,‎ , p. 134-135
  8. Jean Morawski, « Résistance. l'Affiche rouge Henri Karayan : "Notre groupe était l'incarnation d'une Europe" », sur humanite.fr, (consulté le 21 août 2018)
  9. a et b Mélinée Manouchian 1974, p. 148.
  10. Mélinée Manouchian 1974, p. 151.
  11. Victor Hache, « Charles Aznavour: "Missak et Mélinée Manouchian étaient des amis intimes" », sur humanite.fr,
  12. Fondation Mémoire Déportation, Crhq - Équipe Seconde Guerre Mondiale-Mémorial, Le LIVRE-MEMORIAL des déportés de France arrêtés par mesure de répression et dans certains cas par mesure de persécution 1940-1945, t. I, Paris, Fondation pour la mémoire de la déportation, Tirésias, , 5583 p. (lire en ligne), p. 105-108
  13. Im Archiv des Internationalen Suchdienstes (ITS) in Bad Arolsen (KL Ravensbrück: Ordner 2, Bl. 157, Namensliste v. 4.9.1944; Ordner 6, Namensliste v. 1.2.1945; Ordner 7, Namensliste v. 9.10.1944; KL Buchenwald: Ordner 265, Bl. 177 (Rs), Namensliste v. 26.10.1944; Ordner 274, Bl. 25, Namensliste v. 17.2.1945.)
  14. Mélinée Manouchian 1974, p. 152.
  15. Didier Daenickx, Missak, Perrin, (ISBN 978-2-266-20025-7), p. 170
  16. Fondation pour la mémoire de la déportation, « Livre mémorial - Aslaniantz, Arpar », sur bddm.org
  17. (en) Raisa Amirbekian, « Sufi themes in the Eastern medieval miniatures (Collection of the Matenadaran, Yerevan) », Iran and the Caucasus, vol. 11, no 1,‎ , p. 61-87 (ISSN 1609-8498, DOI 10.1163/157338407X224914, lire en ligne)
  18. Diran Vosguiritchian 1974, p. 39-49.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Krikor Beledian, Cinquante ans de littérature arménienne en France : Du même à l'autre, CNRS Éditions, , 487 p. (ISBN 978-2271059291)
  • Mélinée Manouchian, Manouchian, Paris, Les Éditeurs français réunis, , chapitre « Lass, fille ardente » (p. 148-153)
  • (hy) Diran Vosguiritchian, ՀԱՅ ԱՐՁԱԿԱԶԷ՛ՆԻ ՄԸ ՅՈՒՇԵՐԸ [« Mémoires d’un franc tireur arménien »], Beyrouth, Imprimerie Donigiuan et Fils,‎ , 351 p. (lire en ligne), p. 28-49
  • (hy) Edik Gareguine Minasyan, ՀԱՅ ՀԵՐՈՍՈՒՀԻ ԿԱՆԱՅՔ [« Héroïnes arméniennes »], Université d’État d'Erevan,‎ , 781 p. (lire en ligne [PDF]), p. 420-421
  • (hy) B. M. Hovakimyan, Dictionary of Armenian pseudonyms, Erevan, Université d’État d'Erevan, , 408 p. (lire en ligne [PDF]), p. 185

Liens externes[modifier | modifier le code]

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