Kégham Atmadjian

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Kégham Atmadjian
Kégham Atmadjian (A. Séma).png
Biographie
Naissance
Décès
Nom dans la langue maternelle
Գեղամ Միհրանի ԱթմաճեանVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonymes
A. Séma
Ա. ՍեմաVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Domiciles
Lyon (-), Paris (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
Formation
Université de Paris (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Fratrie
Autres informations
A travaillé pour
Parti politique
Conflit
Atmadjian grave 2.jpg
« Le feu des flammes a pris son corps, mais ici repose un rayon de son souvenir de poète. Kégham Atmadjian (A. Séma), 1910-1940. Mort pour la France »

Kégham Atmadjian (en arménien Գեղամ Աթմաճեան), connu sous le nom de plume littéraire A. Séma (Ա. Սեմա), né le 18 novembre 1910 à Bafra dans l'Empire ottoman et mort le 19 mai 1940 en France, est un poète, écrivain et essayiste franco-arménien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Kégham Atmadjian naît en 1910 à Bafra, où il fait ses études primaires[1]. Survivant des déportations du génocide arménien, lors desquelles il perd son père Mihran Atmadjian[2], Kégham Atmadjian vit ses premières années dans des orphelinats de Corfou et d'Alep[3]. Il retrouve ensuite sa mère Parantsem (née Etmekdjian, 1890-1973)[2] et sa sœur[1].

Séma en uniforme militaire.

En 1918, il retourne dans sa ville natale puis s'installe à Constantinople pour ses études[1]. Il est élève de l'orphelinat anglais, où il a pour professeur le poète Kévork Garvarents (le père de Georges Garvarentz), qui lui donne le goût de l'écriture[1].

Il est militant proche des communistes dès 1926, avant son arrivée en France[3]. Il s'installe à Lyon en 1926[1].

En 1929, il s'installe à Paris[1]. Il s'inscrit en tant qu'auditeur libre à la Sorbonne, où il suit des cours de lettres et de sciences sociales[1], et fonde en 1930 la revue culturelle arménienne Ջանք (Tchank, « Effort ») avec Missak Manouchian[4],[5]. Il rentre ensuite au Parti communiste français[1].

Il se marie avec Emma Jeanne Charlotte Le Chevalier en 1934 et ils ont ensemble deux enfants, Erminne et Gilbert.

Avec Bedros Zaroyan, il publie en 1935-1937 une autre revue arménienne, intitulée Մշակույթ (Mechagouyt, « Culture »)[6]. On retrouve aussi sa signature dans Loussapats (« Aube », 1938-1939), publiée par Zaroyan et Zareh Vorpouni[7]. Dans ces publications, on pouvait lire des articles sur la littérature française et arménienne, mais aussi des traductions de poètes comme Baudelaire, Verlaine et Rimbaud[4].

Il est aussi l'auteur de poèmes, de pièces de théâtre, de nouvelles et d'articles, publiés dans les revues sus-mentionnées[3].

Il semblerait qu'il ait fondé, en 1938, une imprimerie nommée l'Imprimerie du Temple au 24 rue Notre-Dame-de-Nazareth à Paris, comme en témoignent les Archives commerciales de la France[8]. Dans son ouvrage sur la littérature arménienne, Krikor Beledian rapporte aussi qu'il a fondé sa propre imprimerie, sans toutefois en donner le nom[1].

Naturalisé français[1], il est mobilisé sous les drapeaux et est tué en 1940 lors de la bataille de France sur le front des Flandres[9] au début de la Seconde Guerre mondiale[10].

Sa sœur, l'autrice et poétesse Marie Atmadjian, qui avait participé aux revues de son frère (notamment Tchank), est très marquée par sa mort et lui consacre certaines de ses œuvres : par exemple, dans son premier recueil, Les Lys de Golgotha (1948), la première partie est intitulée « Encensoir pour bénir les cendres dispersées de Séma » ; elle lui dédie aussi des poèmes[11].

Œuvre[modifier | modifier le code]

  • Voie sans issue (roman, manuscrit perdu, extraits publiés dans Abaka)[12]
  • (hy) Համաթլոս [« Heimatlos (Apatride) »], Paris,‎ , nouvelle publiée dans le double numéro 3-4 de Mechagouyt, p. 97-111, [lire en ligne]
  • (hy) Զրահածոր գարուն [« Le Printemps cuirassé »], Paris, Éditions Mechagouyt,‎ , 64 p.[13],[14]
  • (hy) Շամիրամ - Թատերաքերթուած հինգ արար [« Sémiramis - Pièce en cinq actes »], Paris, Imprimerie du Temple,‎ , 52 p.[14]
  • (hy) Պարոն Կալունի - Երգիծախաղ մէկ արարուած [« Monsieur Galouni »], Paris, Imprimerie du Temple,‎ , 34 p.[14]
  • (hy) Երկեր, RSS d'Arménie, ՀՍՍՀ հրատ. Պետ. Կոմ. Թիւ 6 տպարան,‎ , 356 p.[14]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i et j Krikor Beledian 2001, p. 442.
  2. a et b Archives de la famille Vartanian.
  3. a b et c Krikor Beledian 2001, p. 261.
  4. a et b Hélène Kosséian-Bairamian, L'Arménie au cœur de la mémoire, Éditions du Rocher, , 212 p. (ISBN 978-2268077437, lire en ligne)
  5. Krikor Beledian 2001, p. 86.
  6. Krikor Beledian 2001, p. 239.
  7. Krikor Beledian 2001, p. 241.
  8. « 44.338 - Société Imprimerie du Temple », Archives commerciales de la France, Paris, no 59,‎ , p. 1444-1445 (lire en ligne)
  9. « Atmadjian, Kegham (1910-1940) », sur catalogue.bnf.fr
  10. « Le poète Séma (Kégham Atmadjian né en 1910) », sur globalarmenianheritage-adic.fr
  11. Krikor Beledian 2001, p. 333.
  12. Krikor Beledian 2001, p. 262.
  13. Krikor Beledian 2001, p. 290.
  14. a b c et d « Ա. Սեմա », sur bibliotheque-eglise-armenienne.fr

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Krikor Beledian, Cinquante ans de littérature arménienne en France : Du même à l'autre, CNRS Éditions, , 487 p. (ISBN 978-2271059291), voir surtout les p. 261-265 et sa notice biographique p. 442

Liens externes[modifier | modifier le code]