Avetis Aharonian

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Avédis Aharonian
Avetis Aharonian.jpg
Fonction
Membre de l'Assemblée nationale de la République d'Arménie
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 82 ans)
MarseilleVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom dans la langue maternelle
Ավետիս ԱհարոնյանVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Formation
Activités
Enfant
Vardges Aharonyan (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Marteau (d) (-), école Nerisienne (en) (-)Voir et modifier les données sur Wikidata
Religion
Parti politique
Membre de
Père-Lachaise - Division 97 - Aharonian 01.jpg
Vue de la sépulture.

Avétis Aharonian, né le 9 janvier 1866 à Iğdır et mort le 20 avril 1948 à Marseille, est un écrivain, journaliste et homme politique arménien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Avétis Aharonian est né à Igdirmava, petit village proche du bourg d'Igdir à l'époque sous domination russe. Vers 1855, ses parents avaient émigré du village de Haftevan (district de Salmast) pour fuir le joug mahométan et se réfugier dans la Russie orthodoxe.

Son père, Arakel, était forgeron et illettré. Au contraire de sa mère Zartar, qui apprend à lire et à écrire non seulement à ses propres enfants mais aussi à ceux des environs. C'est dans ce foyer que l'esprit de l'enfant se forme. Aharonian rapporte lui-même ses souvenirs dans son ouvrage autobiographique In Guirke (Mon livre). Le milieu rural, avec toute sa diversité, ses mœurs anciennes, ses contes et ses coutumes, ses saisons bonnes ou mauvaises, marque son esprit. Enfant attentif et sensible, il écoute déjà les bruits de la nature. Son attention est attiré par les incidents et les événements, par les gens et leurs caractéristiques morales et cela le fait réfléchir.

C'est auprès de sa mère que le jeune Avétis reçut les premiers éléments de son instruction. Ses parents voulaient en faire un prêtre. Il fait ses études au Séminaire théologique Gevorkian d'Etchmiadzin, puis à l'université de Lausanne (philosophie et histoire) et enfin à la Sorbonne (littérature)[1].

Carrière[modifier | modifier le code]

Après son retour, il adhère à la Fédération révolutionnaire arménienne et collabore avec Trochak (Drapeau), le journal du parti[2]. Il collabore à plusieurs journaux ou périodiques (Mourdj, Haratch, Alik)[1]. Entre 1907 et 1909, il est le directeur (ou peut-être seulement conseiller d'éducation[3]) de l'Académie Nersissian à Tiflis[2]. Il est arrêté par la police tsariste en 1909[2],[1], mais s'échappe de sa prison deux ans plus tard et s'exile en Suisse[2].

Avétis Aharonian retourne dans le Caucase en 1916[2]. Il participe à la formation du Congrès national arménien et prend en 1917 la tête du Conseil national arménien, qui fonde la Première République d'Arménie[2],[4]. Le gouvernement du nouvel État en fait l'un des visages principaux du pays sur la scène internationale, notamment du fait de ses qualités littéraires et de sa connaissance du français[2]. Ainsi, il dirige la délégation arménienne envoyée à Istanbul en 1918 chargée de régler la question de la frontière entre l'Arménie et l'Empire ottoman ; Avétis Aharonian rencontre un certain nombre de personnalités, dont Talaat Pacha et Enver Pacha[2],[5]. En décembre 1918, il ensuite nommé par le parlement arménien à la tête de la délégation envoyée à la conférence de paix de Paris (1919), mais il découvre à son arrivée que son pays n'a pas sa place à la table des négociations[2]. Il reste dans la capitale française et est l'un des signataires du Traité de Sèvres en août 1920[2]. Cependant, ce traité, qui reconnaît l'Arménie en tant qu’État indépendant, n'a que peu d'impact du fait de l'invasion soviétique qui a lieu quelques mois plus tard[6]. Avétis Aharonian s'installe alors en France et continue de représenter les intérêts arméniens jusqu'au Traité de Lausanne en 1923, qui enterre définitivement les espoirs arméniens à l'autodétermination[7].

Il vit ensuite à Marseille[7]. Le 11 février 1934, lors d'une conférence organisée par Hamazkaïne, il souffre d'un AVC en plein discours devant une assemblée de 2 000 personnes[8]. Il vit ensuite 14 ans dans la ville phocéenne, incapable de parler ou d'écrire[8], et y meurt le 20 avril 1948[9]. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (97e division)[8].

Hommage[modifier | modifier le code]

  • Une rue de la capitale arménienne, Erevan, porte son nom.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c « Avétis Aharonian (1866-1948) », sur acam-france.org
  2. a b c d e f g h i et j Rouben Paul Adalian 2010, p. 76.
  3. Avétis Aharonian, Les Anciennes croyances arméniennes, Parenthèses, (ISBN 9782863640081, lire en ligne)
  4. Anahide Ter Minassian 2006, p. 34.
  5. Anahide Ter Minassian 2006, p. 102.
  6. Rouben Paul Adalian 2010, p. 76-77.
  7. a et b Rouben Paul Adalian 2010, p. 77.
  8. a b et c (en) « April 20, 1948: Death of Avetis Aharonian », sur thisweekinarmenianhistory.blogspot.com,
  9. (en) « Avetis Aharonian [1866–1948] », sur hairenik.com

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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