Lev Sergueïevitch Termen

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Lev Sergueïevitch Termen
(en russe : Лев Сергеевич Термен)
Léon Thérémine
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Léon Thérémine

Naissance
Saint-Pétersbourg (Empire russe)
Décès (à 97 ans)
Moscou (Russie)
Nationalité russe
Profession
Activité principale
inventeur du thérémine
Formation

Lev Sergueïevitch Termen (en russe : Лев Сергеевич Термен), né le 27 août 1896 et décédé le 3 novembre 1993, plus connu sous le nom de Léon Thérémine, est l'ingénieur russe qui a inventé le thérémine, le premier instrument de musique électronique[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Lev Sergueïevitch Termen est né à Saint-Pétersbourg, issu d'une famille aux lointaines origines françaises. Il fait ses études au Premier gymnasium classique. Il est passionné de musique et de physique et se consacre à l’étude du génie électrique à l’Université de Pétrograd.

En 1919 il inventa l’« éthérophone » ou thérémine, premier instrument de musique électronique. Cet appareil a comme particularité qu’on en joue sans le toucher, en bougeant les mains dans un champ électromagnétique émis par deux antennes. Il en joue devant Lénine en 1922 et enthousiasme l’intelligentsia. En 1927, il entreprend une tournée en Occident et donne des concerts d’« éthérophone » en Europe et en Amérique du Nord. Il s’établit à New York, reçoit un accueil triomphal et conclut une entente avec RCA pour la commercialisation de son appareil, sous le nom de « thereminvox » bientôt raccourci en « thérémine ». C’est un échec mais Léon Theremine continue à donner des cours de « thérémine », des concerts et à faire des inventions dont le « terpsitone » : inspiré du thérémine, cet appareil se présente sous la forme d’une scène munie d’antennes. Des danseurs y évoluent, produisant la musique par les mouvements de leurs corps dans le champ électromagnétique!

En 1938, l’inventeur disparaît mystérieusement, et sa mort est officiellement annoncée. Les recherches de son épouse et de ses amis n’aboutissent pas et il est progressivement oublié. Il s'avèrera qu'il a été enlevé par des agents du NKVD qui le renvoyèrent dans son pays natal[réf. nécessaire]. Interné dans un camp sibérien, on le fit ensuite travailler dans une charachka, un laboratoire surveillé par la police secrète, sur d’autres sujets de recherche en électronique comme des appareils d'espionnage ou des brouilleurs de communications :

Léon Thérémine inventa le système d'écoute Bourane, (Буран), (précurseur du micro espion laser), en utilisant, à distance, un faisceau infrarouge de faible puissance pour détecter les vibrations sonores dans une vitre d'une fenêtre. Beria, le chef de l'organisation de la police secrète NKVD, (le prédécesseur du KGB), utilisera le dispositif Bourane pour espionner, en 1946, les ambassades européennes à Moscou. En 1947, Léon Thérémine recevra le prix Staline pour son invention, et cette avancée technologique de l'espionnage soviétique.

Léon Thérémine inventa un autre dispositif d'écoute, basé sur le principe d'une cavité résonante à haute fréquence, associée à de l'électronique Chrysostome (Златоуст), dispositif passif, sans alimentation électrique, (The Thing (en)), utilisé pendant 6 ans à la résidence de l'ambassadeur américain à Moscou[Note 1], avant d'être découvert par hasard, par un opérateur radio britannique, en 1952[Note 2],[2]. En 1947, Léon Thérémine a été réhabilité, mais a continué à travailler dans les bureaux d'études secrets du NKVD, à développer les systèmes d'écoute.

Après la guerre, le « thérémine » connaît une deuxième vogue à Hollywood dans le domaine des effets sonores. Les Beach Boys l’utilisent pour leur chanson « Good Vibrations » et Robert Moog s’en inspire pour inventer le synthétiseur.

Dans les années 1980, le cinéaste Steven M. Martin (en), décide de tourner un documentaire sur le thérémine. Il rencontre Clara Rockmore, une ancienne virtuose du thérémine et amie de l’inventeur. Faisant des recherches sur sa disparition, ils se rendent en URSS où ils découvrent que Léon Theremin est toujours vivant. Dans une interview, l'inventeur évoque pour la première fois sa disparition. En 1990, profitant de la « perestroïka » et de la « glasnost », le cinéaste organise son déplacement aux États-Unis où il peut assister à un concert de thérémine à l’Université Stanford avant de retourner en Russie où il décède deux ans plus tard.

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le , une délégation de l'Organisation des jeunes pionniers de l'Union Soviétique (en), a offert une réplique en bois du Grand sceau des États-Unis, à l'ambassadeur Averell Harriman, comme un geste d'amitié de l'URSS, envers son allié. L'ambassadeur américain l'a accroché dans son bureau, à sa résidence à Moscou Spaso House (en)
  2. L'opérateur radio britannique a entendu des conversations américaines sur un canal radio ouvert par les Soviétiques, et rayonnant depuis le bureau de l'ambassadeur. C'est alors que le nouvel ambassadeur George F. Kennan, a fait effectuer des contre-mesures techniques de surveillance secrète (en), qui ont permis de découvrir dans le joint, un microphone et un résonateur, qui pouvaient être activés par un signal radio. Parce que le dispositif était passif, et activé par l'énergie électromagnétique d'une source extérieure, il est considéré comme un précurseur des technologies RFID

Références[modifier | modifier le code]

  1. Notes musicales - 08/07/2011, « Le Theremin et les ondes Martenot », sur notesmusicales.wordpress.com (consulté le 28 juin 2015)
  2. (en) Kevin D. Murray, « The Great Seal Bug Story », sur www.spybusters.com (consulté le 27 juillet 2015)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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