Les Thugs

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Thugs.
Les Thugs
Pays d'origine Drapeau de la France France
Genre musical Punk rock, rock alternatif
Instruments Guitare, Basse, Batterie
Années actives 1983 - 1999 puis 2008 - 2009
Labels Bondage Records, Closer Records, Crash Disques, Houlala, Labels, Roadrunner Records, Sub Pop
Site officiel www.lesthugs.fr
Composition du groupe
Membres Éric Sourice, Thierry Meanard, Christophe Sourice, Pierre-Yves Sourice
Anciens membres Gérald Chabaud

Les Thugs est un groupe de rock français formé à Angers et actif de 1983 à 1999. Auteur de plusieurs albums jusqu'en 1999, certains seront publiés par le label américain de rock alternatif Sub Pop.

Biographie[modifier | modifier le code]

Genèse angevine et premier 45 tours (1977-1985)[modifier | modifier le code]

L'histoire des Thugs débute à Angers avec deux frères : Eric et Christophe Sourice. Les frères Sourice sont adolescents en 1977 et sont marqués par la vague punk anglaise qui déferle alors en France[1]. Sans savoir jouer d'un instrument et dans l'esprit "Do it yourself " de ce courant musical, ils fondent dès 1979 le groupe IVG[1]. Ils jouent ensuite dans le groupe Dazibao, puis dans Stress, avec Gérald Chabaud, Thierry Méanard et un cinquième membre (Philippe Brix) au chant[2],[3].

C'est en avril 1983[4], à la suite du départ de Philippe Brix, que les Thugs se forment réellement. Le groupe tire son nom d'une secte d'étrangleurs indiens, adorateurs de la déesse Kâlî baptisée les Thug[2]. Eric passe alors au chant, très vite le groupe se crée un répertoire, donne ses premiers concerts dans les bars d'Angers et des villes alentours et enregistre deux cassettes démos. En juillet 1984, lors d'un concert à Juvisy, en banlieue parisienne, les Thugs rencontrent les membres du très jeune label indépendant Gougnaf Mouvement avec lesquels ils décident de sortir un 45 tours.

Frenetic Dancing, le premier enregistrement du groupe sort en janvier 1985 chez Gougnaf Mouvement[5]. Ce 45 tours qui comprend les deux titres Night Dance et Femme Fatale est enregistré dans une cave à Juvisy sur un magnétophone 8 pistes. Son accueil dépasse largement les attentes du groupe : le disque est, bien que de manière confidentielle, diffusé internationalement et se vend à plus de 3 000 exemplaires. La réception des fanzines spécialisés est bonne, le groupe obtient des chroniques dans Maximumrocknroll aux États-Unis ou Sounds en Angleterre [3]. Une centaine d'exemplaires sont vendus à Londres dans la boutique label Vinyl Solution, tenue par deux français expatriés en Angleterre[6]. Greg Shaw, protagoniste de l'underground californien sort le titre Femme Fatale aux États-Unis sur la compilation Battle of garage de Bomp! Records[7].

Ascension européenne (1986-1990)[modifier | modifier le code]

Il est alors temps pour les Thugs d'enregistrer leur premier mini album, pour cela, les propositions de labels affluent (New Rose, Midnight records aux États-Unis[8]...). Finalement, c'est chez Closer, un label indépendant plus important que Gougnaf Mouvement que Radical Hystery sort en 1986. Les ventes sont honorables, 3 000 exemplaires sont vendus en France et 2 000 à l'étranger[8]. En automne, le groupe donne ses premiers concerts hors de France, en Suisse d'abord puis à Zagreb et à Athènes.

En 1987, les Thugs quittent Closer pour rejoindre le label anglais Vinyl Solution (via la sous marque Decoy). Les sept titres du mini album Electric Troubles sont enregistrés à Londres en juillet. Le 8 novembre, durant leur première tournée en Angleterre, ils participent aux Peel Sessions de John Peel sur BBC Radio 1[9].

L'année 1988 sera occupée en grande partie par des tournées à rallonges à travers toute l'Europe. En juin Gérald, le bassiste, quitte le groupe puis est remplacé par Pierre-Yves Sourice, petit frère d'Eric et de Christophe Sourice[5] et jusqu'à présent roadie du groupe. À la rentrée sort le maxi 4 titres Dirty White Race, puis le 11 octobre, le quatuor angevin se produit à Berlin au festival Independence days, leur prestation permettra au groupe de se faire remarquer par Bruce Pavitt et Jonathan Poneman, fondateurs du label Sub Pop[2]. Ce dernier racontera plus tard « Je prenais mon pied à constater que la plupart des groupes européens qui jouaient ici étaient abominables. Pour voir jusqu'à quel point ça pouvait être horrible, je suis allé jeter un œil à un groupe français, histoire de rire. Ce groupe, c'était les Thugs, et ils n'ont pas été longs à me botter le cul[10]. » Cette rencontre débouchera par la signature du groupe avec le label de Seattle qui distribuera le catalogue des Thugs en Amérique du nord[5].

Lors de l'été 1989, le groupe entame une tournée de deux mois aux États-Unis dans des conditions précaires et avec un succès relatif (un seul spectateur à Dallas[11]), néanmoins cette expérience leur permet de croiser la route de PIL, Tad ou de Jello Biafra[12]. La presse spécialisée française (Best, Rock & Folk) commence à s'intéresser au groupe[11].

À l'automne sort leur premier véritable album Still Hungry, Still Angry, enregistré en mai au Pays de Galles par Iain Burgess (Big Black), puis mixé à Chicago. Les Thugs tournent en Angleterre partageant l'affiche avec Mega City Four, puis effectuent de nombreuses dates en France, dont la première partie de Noir Désir à l'Olympia de Paris.

Un succès plus large (1991-1996)[modifier | modifier le code]

En 1991, en pleine Guerre du Golfe, leur chanson Stop the War ainsi que l'album I.A.B.F sont distribués aux États-Unis par Jello Biafra sur le label Alternative Tentacles. Enregistré en Angleterre, I.A.B.F (International Anti-Boredom Front) contient l'un des titres les plus connus du groupe : I Love You So. Une nouvelle tournée européenne accompagne la sortie du disque au printemps 1991, suivie par une tournée américaine de 33 dates à l'automne[13]. Durant celle-ci, le groupe enregistre aux Studios Smart de Madison avec Butch Vig (Nirvana, Sonic Youth, Garbage...) le titre Moon Over Marin des Dead Kennedys. En effet pour les 10 ans de Alternative Tentacles et à l'occasion de la centième sortie du label californien, les Thugs ont été invités par Jello Biafra à participer à un album hommage aux Dead Kennedys : Virus 100 (en), aux côtés de Faith No More, L7 ou Sepultura...

En 1993, les Thugs enregistrent à Seattle avec Kurt Bloch (membre de Fastbacks, producteur de Mudhoney, Tad) l'album As Happy as Possible[2], cet album sera leur meilleur succès commercial avec 40 000 exemplaires vendus dans le monde, dont 15 000 aux États-Unis, et autant en France[14].

Le 19 février 1994, les Thugs effectuent la première partie de Nirvana lors de leur concert à Neuchâtel en Suisse, il s'agit d'un des derniers concerts de Nirvana avant la mort de Kurt Cobain[15]. Au mois de mai, les Thugs jouent dans les grandes salles françaises (Zénith de Paris et de Montpellier...) en première partie de The Breeders[16].

En 1996, jusqu'à présent distributeur des disques du groupe, Sub Pop produit l'album Strike, enregistré par Steve Albini[17]. Au mois de mai le groupe effectue sa dernière tournée américaine en première partie de Therapy? et de Girls Against Boys[18]. Malgré un bon accueil critique, les ventes de Strike sont en recul par rapport à l'album précédent, le groupe ressort de l'enregistrement déçu du résultat et de la collaboration avec Steve Albini. La volonté du groupe est alors de composer et d'enregistrer au plus vite un nouvel album[19],[20].

Déclin et séparation (1997-1999)[modifier | modifier le code]

En 1997, la valse des labels se poursuivant, les Thugs produisent eux-mêmes Nineteen Something pour leur structure Frenetic Dancing, avant de le sortir en licence chez Labels, un sous-label de Virgin, et chez Sub Pop pour les États-Unis. Cet album est enregistré à Angers avec une nouvelle fois Kurt Bloch aux manettes, il contient des sonorités plus mélodiques que les opus précédents, et pour la première fois le groupe chante en français sur le titre Les Lendemains qui chantent[21]. Une tournée d'une soixantaine de dates en France et en Suisse suit la sortie du disque. Celle-ci commence par un concert bénévole au Stadium de Vitrolles aux côtés de Noir Désir en soutien à la salle de concert le Sous-Marin, privée de subventions par la municipalité Front national dirigée par Catherine Mégret[22]. Malgré encore une fois une bonne réception critique, ainsi qu'un bon démarrage dans les College Radio Charts américains[23],[24], les ventes de Nineteen Something ne dépassent pas les 10.000 exemplaires, l'air du temps n'est plus au rock alternatif mais à la musique électronique. Les sorties européennes du disque sont annulées, l'exclusivité appartenant à Virgin qui se garde le droit de toute décision[21],[25].

Pour des raisons de dissensions internes, Christophe Sourice, le batteur décide d'arrêter sa participation au groupe[26]. Avant de mettre fin à leur carrière, les Thugs enregistrent tout de même à Angers leur dernier album intitulé Tout doit disparaître[27],[28], produit par Christophe Sourice lui-même. Cet album sort uniquement sur le marché français en 1999, une tournée hexagonale d'une vingtaine de dates qui sera leur dernière suit la sortie du disque. Les Thugs qui dans leur carrière ont joué plus de 700 concerts donnent leur concert d’adieu à La Roche-sur-Yon en décembre 1999.

Rééditions et brève reformation (2004-2008)[modifier | modifier le code]

En 2004, l'intégralité de leur discographie est rééditée accompagnée de raretés et d'inédits[29]. Ces rééditions suivent la sortie d'un best-of baptisé Road Closed[30].

En 2008, à la suite de l'invitation de Sub Pop, ils se produisent à Seattle à l'occasion des 20 ans du label américain, ainsi que pour quelques dates en France[31], cette petite tournée est appelée ironiquement le No-Reform Tour.

En 2012, le CD/double DVD Come on People!, revient sur le No-Reform Tour de 2008. Il s'agit d'un enregistrement live de deux concerts (Angers et Bordeaux), ainsi que d'un documentaire sur le groupe filmé à Seattle et en France lors de leur brève reformation[32].

Membres[modifier | modifier le code]

De 1983 à 1988
  • Guitare et Chant : Eric Sourice
  • Guitare : Thierry Méanard
  • Batterie : Christophe Sourice
  • Basse : Gérald Chabaud
De 1988 à 1999
  • Guitare et Chant : Eric Sourice
  • Guitare : Thierry Méanard
  • Batterie : Christophe Sourice
  • Basse : Pierre-Yves Sourice

Engagement et activités parallèles[modifier | modifier le code]

Si de nombreux thèmes politiques sont abordés dans leur texte (refus du travail dans Strike, du nationalisme dans Burn all the flags, du colonialisme dans Dirty white race etc.), le groupe ne sera pourtant que rarement perçu comme un groupe militant. Peu bavard sur scène; l'introduction par Éric « Bonsoir, on est les Thugs, on vient d'Angers » constituant souvent les seules paroles prononcées en dehors des morceaux, ne décrochant jamais un sourire sur les photos de presse[33] et chantant à peu près exclusivement en anglais, le groupe était relativement décalé dans la scène alternative française de l'époque.

Émission de radio animée notamment par Éric Sourice et Doudou le manager des Thugs en 1983-1985, Black & Noir devient un magasin de disques à Angers puis un label en 1989[28].

Christophe Sourice a produit plusieurs albums durant la carrière des Thugs dont Tequila des Rats (1986) [34], Pan! des Sheriff (1987), 4 garçons dans le brouillard de Parabellum (1987)[35], Lost in Heaven des Dirty Hands (1990)[28]

Éric Sourice a lancé en mai 2015 avec Franck Frejnik le label Nineteen Something[36] qui réédite des albums français des années 1990 (Cashbah club, Dirty Hands, Six Pack, Skippies, etc.[37])

Discographie[modifier | modifier le code]

Albums[modifier | modifier le code]

Compilations[modifier | modifier le code]

  • 2003 : Road Closed (Best of, Crash Disques)
  • 2012 : Come on people ! (Crash Disques) 1 cd, live à Bordeaux 2008 + 2 dvd, live à Angers 2008, documentaire + bonus

Singles et EP[modifier | modifier le code]

  • 1985 : Frenetic Dancing! (Gougnaf Mouvement)
  • 1988 : Dirty White Race (Vinyl Solution)
  • 1989 : Chess & Crimes / Sunday Time (Sub Pop)
  • 1993 : As Happy As Possible (Sub Pop)
  • 2011 : K.E.X.P. SESSION 10-07-2008 (Slow death) live radio, Seattle.
  • 2011 : Birds Of Ill Omen / Motörhead (Pitshark Records)

Reprises[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Éric Sourice, membre fondateur du groupe de rock, aujourd’hui disparu, Les Thugs », sur www.lejdc.fr (consulté le 31 décembre 2015)
  2. a, b, c et d Jean-Luc Manet, « Strike » , Les Inrockuptibles, 30 novembre 1995.
  3. a et b « Numéro spécial Thugs », Légume du jour,‎ (lire en ligne)
  4. Gilles Renault, « Pour les Thugs, le mouvement continue. Après « Strike », album « gréviste » indé, les Français investissent Paris. », Libération, 2 avril 1996.
  5. a, b et c Jean-Luc Manet, Ici & Indépendant (Of Best : 1988-1993), Éditions du Camion blanc (ISBN 9782357793743, lire en ligne)
  6. « les thugs_ElectricTroubles », sur www.lesthugs.fr (consulté le 16 décembre 2015)
  7. « Les Thugs en interview dans TQADR », sur www.kingautomatic.com (consulté le 15 décembre 2015).
  8. a et b David Dufresne, « Les Thugs, l'émotion pure et furieuse », revue saisoniere, no 3,‎ (lire en ligne)
  9. (en)BBC - Radio 1 - Keeping It Peel - 08/11/1987 Les Thugs », BBC Radio 1.
  10. « Les Thugs - Seattle Sound », sur Seattle Sound (consulté le 3 décembre 2015)
  11. a et b Documentaire Come on people, 2008
  12. « les thugs Still Hangry », sur www.lesthugs.fr (consulté le 4 décembre 2015)
  13. « Les Thugs I.A.B.F. », sur www.lesthugs.fr (consulté le 3 décembre 2015)
  14. « Les Thugs As Happy As Possible », sur www.lesthugs.fr (consulté le 3 décembre 2015)
  15. Everett True, Nirvana. La véritable Histoire, Éditions du Camion blanc (ISBN 9782357796317, lire en ligne)
  16. Publié par dimitroy, « Les Thugs concerts: 1994 » (consulté le 3 décembre 2015)
  17. Jean-Noël Levavasseur, Instantanées Électriques Volume 1 : 1991-2001, Éditions du Camion blanc (ISBN 9782357792807, lire en ligne)
  18. « Les Thugs concerts: 1996 » (consulté le 3 décembre 2015)
  19. « LES THUGS "STRIKE" » (consulté le 26 décembre 2015)
  20. « les Thugs », sur www.kingautomatic.com (consulté le 9 décembre 2015)
  21. a et b « Nineteen Something », sur Les Inrockuptibles,‎
  22. « Succès du concert à Vitrolles pour sauver le Sous-Marin », sur Libération.fr (consulté le 10 décembre 2015)
  23. (en) CMJ Network Inc, CMJ New Music Monthly, CMJ Network, Inc.,‎ (lire en ligne)
  24. « Blind test les Thugs », Kalimero, no 15,‎ , p. 20 (lire en ligne)
  25. « les thugs_Nineteen Something », sur www.lesthugs.fr (consulté le 10 décembre 2015)
  26. « Interview Thierry et Eric. - le blog thugs », sur le blog thugs (consulté le 15 décembre 2015)
  27. Alexis Bernier, « Les Thugs, derniers watts. Ultimes scènes avant dissolution du groupe «indé» angevin. », Libération, 9 décembre 1999.
  28. a, b et c Jean-Luc Manet, « Tout doit disparaître », Les Inrockuptibles, 30 novembre 1998.
  29. Jean-Luc Manet, « Strike (réédition) », Les Inrockuptibles, 31 octobre 2004.
  30. Jean-Luc Manet, « Road Closed », Les Inrockuptibles, 31 janvier 2004.
  31. Philippe Brochen, « Les Thugs, quelques points de non-retour », Libération, 12 juin 2008.
  32. Jean-Luc Manet, « The Thugs : live et alive », Les Inrockuptibles, 13 septembre 2012.
  33. « itw les Thugs Konstroy »,‎ (consulté le 17 juillet 2015)
  34. « Les Rats - biographie » (consulté le 17 juillet 2015)
  35. « Gougnaf mouvement » (consulté le 17 juillet 2015)
  36. « Le label qui ressuscite les gloires du rock angevin », Ouest-France,‎ (lire en ligne)
  37. « Nineteen something » (consulté le 17 juillet 2015)

Liens externes[modifier | modifier le code]