Laurence Cossé

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Laurence Cossé
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Laurence Cossé au salon « Le Livre sur la place » à Nancy en septembre 2011.

Naissance
Boulogne-Billancourt
Activité principale
journaliste, romancière
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture français
Genres
romans, nouvelles, théâtre

Laurence Cossé, née en à Boulogne-Billancourt, est une écrivaine française, auteure de romans, de nouvelles et de pièces de théâtre.

Biographie[modifier | modifier le code]

Laurence Cossé a été journaliste, critique littéraire (Le Quotidien de Paris) et producteur-délégué sur la station de radio France Culture. Dans ce cadre, elle a notamment réalisé des entretiens avec Andreï Tarkovski, Jorge Luis Borges, ou Suzanne Lilar.

Elle a publié une douzaine de romans et un recueil de nouvelles, principalement aux éditions Gallimard. Sa pièce de théâtre La Terre des folles a été créée à Bruxelles en 2005 et transcrite sous la forme d’un oratorio pour chœur et orchestre créé en 2002 à Guebwiller.

Analyse de l'œuvre[modifier | modifier le code]

Si divers qu’en soient les sujets et les genres (récit initiatique, roman d’amour, critique sociale ou fable explicitement politique), les romans de Laurence Cossé ont en commun de traiter tous la question du pouvoir. Chacun explore une des modalités du pouvoir. Les Chambres du Sud, tableau d’une enfance amorale et fiévreuse, est surtout l’expression d’un rapport violent au principe de réalité et à l’ordre social. 18h35 : Grand Bonheur et Un Frère, au-delà de leurs intrigues romanesques, ont pour sujet même le jeu social et la transgression de ses règles, les mécanismes d’exclusion et leurs possibles contrepoids. Ironie pour la chose sociale, compassion pour les personnes, c’est aussi le ton du Coin du voile, roman de religion-fiction puisqu’il pose que la preuve de l’existence de Dieu est faite, mais surtout fable politique car il détaille l’effet de choc qui s’ensuit dans les cercles du pouvoir. La Femme du premier ministre, portrait du pur amour sous les traits d’un personnage de l’histoire, la femme du grand Choiseul, est aussi le portrait de l’homme de pouvoir éternel : « Une femme aimait un homme qui aimait le pouvoir ». Le Mobilier national, à propos du statut du patrimoine architectural dans une démocratie moderne, s’intéresse en fait au pouvoir comme fantasme. Le 31 du mois d’août revient sur le délire journalistique consécutif à la mort de Lady Di pour y nicher une fiction sur la brutalité du pouvoir médiatique. Au bon roman a pour sujet de fond le tout puissant complexe culturo-commercial qui a instauré la démagogie culturelle en système dans les sociétés modernes.

Laurence Cossé en 2012.

Les Amandes amères (2011), récit de l’alphabétisation laborieuse d’une Marocaine âgée qui ne sait ni lire ni écrire, témoigne de la double exclusion des analphabètes dans nos sociétés de l’écrit. C’est surtout le portrait d’une musulmane de Paris dont la générosité, la loyauté, le sens de l’honneur et l’humour émerveillent.

La Grande Arche (2016) décrit l’épopée de la construction d’un des monuments les plus connus de Paris, de ses enjeux politiques durant la présidence de François Mitterrand. Ce roman retrace le destin de l’architecte danois Otto von Spreckelsen qui découvre avec stupéfaction la désinvolture et les revirements à la française et se finit tragiquement.

L’oratorio La Terre des folles est un hommage aux Folles de la place de Mai argentines, et plus largement aux nouvelles formes d’action politique mises en œuvre par les mouvements de femme à travers le monde.

Cette exploration des multiples formes du pouvoir par Laurence Cossé n’est au fond qu’une interrogation récurrente sur le Mal. Le pouvoir, tel qu’elle en aborde les diverses faces, c’est Mammon, celui que l’on ne peut pas servir sans se détourner de Dieu[1].

Cette œuvre n’en est pas moins essentiellement littéraire, marquée par un souci de la forme et un travail sur le rythme littéraire.

Décorations et distinctions[modifier | modifier le code]

Elle a reçu en 2015 le Grand prix de littérature de l'Académie française récompensant l'ensemble de son œuvre[2].

Le 13 juillet 2009 elle est nommée au grade de Chevalier dans l'Ordre national de la Légion d'Honneur[3].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

Nouvelles[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • Monseigneur de Très-Haut, HB éditions, 1995 (illustré par Christine Lesueur)
  • La Terre des folles, publié à la suite du premier, HB éditions, 1995 (illustré par Christine Lesueur)

Autres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Entertien dans le magazine Panorama, no 397, mars 2004.
  2. « Grand prix de littérature de l'Académie française », sur www.academie-francaise.fr (consulté le 26 juin 2015)
  3. « Décret du 13 juillet 2016 »

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le chapitre X de l'ouvrage L'Inde imaginaire de Christian Petr (éditions Kailash, 1995) est une analyse thématique du Premier pas d'amante et de la représentation qu'il donne de l'Inde.
  • À sa parution, La Femme du premier ministre a été salué par Bernard Frank, lequel a écrit dans Le Nouvel Observateur : « Je l'ai lu il y a quelques semaines déjà, en pleine canicule [...]. Je l'aurais lu par n'importe quel temps [...] »[1]
  • Dans son journal L'Année du Tigre (Le Seuil, 1999), Philippe Sollers cite et loue La Femme du premier ministre (p. 238).
  • L'article « Monuments à abattre » d'Alexandre Gady dans la revue Commentaire (no 94, été 2001) analyse les enjeux politiques sous-jacents au roman de Laurence Cossé Le Mobilier national.
  • Dans son essai La Reine du monde (Flammarion, 2008), Jacques Julliard qualifie Le Coin du voile d'« un des romans les plus excitants de la période récente », et en fait une analyse politique (chapitre 2, p. 48).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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  1. « Avant la catastrophe », chronique du