Langues nostratiques

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La répartition actuelle des langues dérivées du nostratique selon Sergei Starostin.

Les langues nostratiques sont une hypothétique superfamille ou macro-famille de langues, qui regrouperait plusieurs familles de langues d'Eurasie : principalement les langues indo-européennes, ouraliennes, altaïques, kartvéliennes, afro-asiatiques et dravidiennes.

Le concept de langues nostratiques[modifier | modifier le code]

Les avancées de la recherche[modifier | modifier le code]

C’est le linguiste Holger Pedersen (1867-1953) qui proposa le premier de regrouper l’indo-européen avec d’autres familles et inventa le terme de « nostratique ». La théorie a été ensuite développée par le Russe Vladislav Illich-Svitytch dans les années 1960. A. Dolgopolsky l'a approfondie, selon les mêmes principes de la méthode comparative, publiant en particuler un dictionnaire du nostratique qui regroupe les comparaisons et quelques hypothèses sur la morphologie de la langue[1]. Une variante du nostratique a été proposée par Joseph Greenberg sous le nom d’eurasiatique, élargie à plusieurs autres familles de langues de Sibérie, mais qui n'intègre pas les langues afro-asiatiques.

Actuellement, l'Américain Allan Bomhard est à la pointe des recherches sur le nostratique. En 2008, il publie une critique du dictionnaire d'A. Dolgopolsky, dans laquelle il retient environ 80 étymologies comme solidement étayées[2]. En 2014, dans une monographie, il présente les résultats complets de ses recherches sur le nostratique et les hypothèses divergentes, y consacre une part notable sur l'indo-européen et y traite rapidement la question du foyer originel des langues nostratiques. Il considère l'eurasiatique comme une sous-famille du nostratique. Il intègre l'étrusque dans la famille nostratique, et en 2015 il renonce à y inclure le sumérien qu'il considère désormais comme une langue simplement apparentée au nostratique[3].

Les familles de langues nostratiques

Les théories concurrentes[modifier | modifier le code]

Les controverses[modifier | modifier le code]

L'hypothèse reste controversée, reçue diversement parmi les linguistes à travers le monde. En Russie, elle est minoritaire mais a ses partisans tels que Vladimir Dybo. L'Américain Lyle Campbell compte parmi ses opposants. Certains tels que Baldi ne prennent pas parti[4].

Sergei Starostin avait tenté d'inclure le nostratique dans une superfamille dite "boréale", aux côtés des famille dené-caucasienne et austrique.

La théorie d'une langue mère unique[modifier | modifier le code]

En 2007, M. Ruhlen a procédé à la classification des langues en familles, puis en familles de familles, seulement par la méthode de comparaison de masse de vocabulaire, dans la logique des travaux de Joseph Greenberg, une recherche en linguistique, génétique et archéologie. L’hypothèse d'un foyer africain unique amènerait à une meilleure compréhension de la préhistoire humaine. Selon lui, l'hypothèse nostratique serait alors périmée[5].

La structure généalogique des populations humaines, et globalement des langues, serait provisoirement la suivante[5] :

La branche non-anatolienne correspondrait à l’ancien regroupement indo-européen.

Les familles de langues nostratiques[modifier | modifier le code]

Il existe des divergences entre linguistes sur la liste des familles de langues à intégrer au nostratique, mais les partisans de la théorie du nostratique sont en accord sur les trois premières[3] :

La validité de la superfamille altaïque ne fait pas consensus, les familles qui la composent peuvent être intégrées séparément :

  1. langues turques
  2. langues mongoles
  3. langues toungouses
  4. coréen
  5. langues japoniques

Bomhard défend le concept d'une superfamille élamo-dravidienne, Starostin et Greenberg considèrent l'élamite comme une famille distincte.

  • Les langues afro-asiatiques. anciennement dénommées « chamito-sémitiques ». À la suite de Pedersen, Illich-Svitych et Dolgopolsky les placent au cœur de la théorie. Bomhard et Starostin les considèrent comme une branche du nostratique séparée précocement ; Greenberg les exclue.
  • L'étrusque. Membre d'une probable famille de langues tyrséniennes dite aussi « tyrrhénienne ».

La reconstitution du nostratique[modifier | modifier le code]

Phonologie[modifier | modifier le code]

Les racines commencent toutes par une consonne suivie par une voyelle.

Les consonnes[modifier | modifier le code]

Les types de consonnes[modifier | modifier le code]

Environ, 44 consonnes dont la distinction serait un trait pertinent[1],[3].

3 séries d'occlusives et 3 séries d'affriquées : sourdes (simples[1] ou aspirées[3]), sonores et éjectives.

2 séries de fricatives : sourdes et sonores.

Des sonantes

La question des éjectives[modifier | modifier le code]

Selon les correspondances proposées par Illich-Svitytch puis Dolgopolsky, les occlusives sourdes nostratiques (*/t/, */k/ ...) auraient produit les sonores indo-européennes (*/d/, */g/ ... de la théorie traditionnelle) et les occlusives éjectives nostratiques (*/t'/, */k'/ ...) auraient produit les sourdes indo-européennes (*/t/, */k/ ... de la théorie traditionnelle), ce qui est en contradiction avec la théorie glottalique de l'indo-européen qui reconstitue les sonores traditionnelles comme des éjectives (*/t'/ au lieu de */d/ ...).Pour corriger cette anomalie, des linguistes comme Manaster Ramer et Bomhard ont proposé l'inverse : corréler les sourdes et éjectives nostratiques à leur pendant indo-européen[6],[2].

Les voyelles[modifier | modifier le code]

Les hypothèses divergent sur les voyelles.

Illich-Svitytch postulait */a/, */æ/, */e/, */i/, */o/, */u/, */y/. Hypothèse reprise par Dolgopolsky[1], Kaiser et Shevoroshkin[7]

Bomhard conjecture 3 paires de voyelles alternant en 1re syllabe : */a/~*/ə/, */i/~*/e/, */u/~*/o/, et aussi /*e/ et */o/ en position indépendante ; et ces voyelles dans des diphtongues à second élément /*j/ ou */w/[3].

Morphologie[modifier | modifier le code]

Illich-Svitytch proposait une structure synthétique alors que Dolgopolsky et Bomhard s'accordent sur une structure analytique[3],[1].

La syntaxe est de type SOV. Le déterminant précède le déterminé et le possessif suit le substantif, l'adverbe prècède le verbe, et l'auxiliaire le suit. Il n'existe pas de préfixe.

4 catégories de mots (une même racine pouvant former des noms et des verbes) :

  • Les noms (substantifs ou employés comme adjectifs) formés ainsi : Racine + (suffixe dérivationnel) + voyelle thématique + (suffixe marqueur de relation) + (suffixe du nombre). Ils peuvent être animés ou neutres.
  • Les verbes, formés ainsi : Racine + voyelle thématique + (suffixe dérivationnel) + (suffixe modal) + (suffixe indiquant la personne) + (suffixe indiquant le nombre). Avec une distinction nette entre transitifs et intransitifs, distinction de l'aspect plutôt que du temps.
  • Les pronoms. Animés ou neutres, avec une forme directe et des cas obliques, des distinctions entre inclusifs et exclusifs.
  • Les mots auxiliaires

Les formes reconstruites ci-dessous sont validées à la fois par Dolgopolsky et Bomhard[2]. Le nostratique est noté phonétiquement, mais V désigne une voyelle de timbre indéterminé et les autres lettres en majuscules sont de prononciation peu précise.

Pronoms personnels[modifier | modifier le code]

Nostratique Indo-européen
je */mi/[3],[1], ~*/me/[3] *-m(i) (désinence 1PS) ; *mē (accusatif), *me-ne (génétif)
tu */çy/ →*/çi/[1], */si/~*/se/[3] *-s(i) (désinence 2PS)
tu */t'y/ →*/t'i/[1], */tʰi/~*/tʰe/[3] *tū, *túH² (nominatif), *tu-/*twe-/*tew-/*te-
il ; elle */se/ ou */si/[1], */si/~*/se/[3] ? *so « il, ce » ; ? *-s (désinence de nominatif) ; ? *-s (désinence 3PS)
nous (inclusif) */wVjV/[1], */wa-/~*/wə/[3] *wey-, *wē
nous (exclusif) */nV/[1], */na-/~*/nə/[3] *nō-s ~ *ṇs, *noH1

Démonstratifs[modifier | modifier le code]

Nostratique Indo-européen
ceci [1]; il, ceci[3] */he/[1], */ʔi/~*/ʔe/[3] *H1e- →*esyo (génétif) ; *-i (actualisateur: désinences primaires)
ceci  ; ou cela (proche) */hi/[1], */ʔi/~*/ʔe/[3] *H1ey-,*H1i- (relatif)
cela (proche) */hu/[1], */ʔu/~*/ʔo/[3] *H1u-, *How-, *we, *wo-
cela (éloigné) */ha/[1], */ʔa/~*/ʔə/[3] *(H1)o/e-no-, *o-n-yo- ; *H²en-
cela (éloigné) */t͡ʃa/[1], */tʲʰa-/[3]
cela (éloigné) ; maintenant */ʔamV/
cela (proche) */ʔolV/[1], */ʔul-/~*/ʔol-/[3] *ol-, *H1ol-
pronom animé[1] ; cela[3] */K'y/[1] ; */kʰi-/~*/kʰe/, */kʰu-/~*/kʰo/[3] *ḱe-, *ḱo-, *ḱī-, ḱey-, *ḱ(i)yo- « celui-ci »
pronom neutre[1] ; ceci, cela[3] */t'æ/[1] ; */tʰa/~*/tʰə/, */tʰi/~*/tʰe/ *to-

Négation[modifier | modifier le code]

Nostratique Indo-européen
négation simple */ʔe/
négation simple et prohibitive */ʔæla/[1], */ʔala/[3] (hittite :) li-e
négation simple et prohibitive */mæ/~*/mæho/[1], */ma(ʔ)/~*/mə/[3] *meH1

Marqueurs grammaticaux, particules, pronoms divers[modifier | modifier le code]

Nostratique Indo-européen
particule qui marque l'accusatif */mA/ *-m
particule qui marque le pluriel */kU/
marque de participe passif */tV/ *-to-
particule qui forme des noms d'action à partir

d'une racine verbale

*/t'i/
pronom relatif ; utilisé pour former des noms d'action,

d'agent ou autres dérivés

*/mA/ *-mo- (suffixe)
« qui ? » */K'o/[1], */kʷʰa- /~*/kʷʰə-/[3] *kʷo-s, *kʷi-s
« quoi ? » */mi/[1], */mi/~*/me/[3] *mo-, *me-
« si » (particule interrogative) ; « ou » */ʔawu/ *aw « ou »
« vers » (particule) */K'V/ = */k'u/ ? *k(u)

Vocabulaire[modifier | modifier le code]

Exemple de reconstitution d'une racine nominale et verbale[modifier | modifier le code]

Nostratique : *berEʔa « donner naissance ; enfant » (Dolgopolsky) ; *bar- / *bər- « porter des enfants, donner naissance », *bara « enfant » (Bomhard) ; *bʌrʌ « enfant » (Illich-Svitytch). Descendants :

  • Indo-européen *bher- « porter, porter un enfant » → sanscrit bhárati « il porte », grec φέρω « je porte », latin fero « je porte », anglais to bear « porter » etc ...
  • Proto-afro-asiatique *bar- « enfant » → araméen (sémitique) bar « fils », touareg tawellemmet (berbère) abarar « fils », haoussa (tchadique) beera « jeune fille » etc ...
  • Proto-élamo-dravidien *par « enfant ; jeune personne » → élamite ba-ir « descendants ; semence », kannada (dravidien) pāra « garçon » etc ...
  • Youkaguir para, -bare, -bara « base, origine », paral « ancêtre ».

Autres descendants possibles :

  • Ouralique → finnois perhe, carélien pereh, estonien pere « famille » etc ...
  • Proto-altaïque *bi̯ōr[e]- «apporter, offrir» → mandchou (toungouse) bu- « donner », vieux turc ber- « donner », turc ver- « donner », kazakh ber- « donner », iakoute bier- « donner » etc ... ou proto-altaïque *berE « fille » → mongol beri « belle-fille », evenki (toungouse) bɜrigɜy « femme du frère » etc ...

Exemple de reconstitution d'un interrogatif[modifier | modifier le code]

Nostratique : *Ḳo (Dolgopolsky)[1] ; *kʷʰa- / *kʷʰə- (Bomhard) [3]; *ḳo (Illich-Svitytch) [1]; *k (Greenberg) (Kortlandt)[3] ; « qui ? » Proto-langue : *ku(n) (Ruhlen) « qui ? »[5]. Descendants :

  • Indo-européen *kʷo-, *kʷi- → latin quī, quæ, quod, français qui, que, anglais who, what, grec τίς, hittite kuiš etc ...
  • Proto-afro-asiatique *kʼ(w), *k(w) → arabe (sémitique) kam « combien ? », oromo (couchitique) kam[i] « lequel ? » etc ...
  • Proto-altaïque *kʰa(y)-. → mandchou (toungouse) ai, ya, mongol ken, turc kim, coréen ka, japonais ka etc ...
  • Proto-ouralique *ko- / *ku- → finnois ken, kene, ke, lapon gi, gæ, hongrois ki etc ...
  • Youkaguir kin
  • Proto-tchouktche-kamtchadal *mki, *mkin-, *mikæ → kamtchadal k'e
  • Proto-eskimo–aléoute *ken, proto-eskimo *ki(na) → aléoute kiin, groenlandais (inuit) kina, yupik kina etc ...

Vocabulaire de base[modifier | modifier le code]

Voici des etymologies reconstruites par Dolgopolsky qui sont considérées comme solides par Bomhard[2].

  • *ʔaba ~ *ʔapʼa « papa, père »
  • *ʔ[a]bV « eau »
  • *ʔA[d]V (= *ʕA[d]V) « pied »
  • *ʔemA « mère »
  • *ʔin̄[A] « lieu » → « dans »
  • *ʔaRV « membre d'un clan, d'une famille »
  • *ʔ[ä]ś[o] « rester, être »
  • *ʔisу (ou *ʔiʔsV ?) « être assis ; séant » → « fondation, base »
  • *[ʔV]š[ü]H2V « sanglier »
  • *ʔ[a]yV « mère »
  • *ʕAlV (= *ʕalE or *ʕälî) « hauteur, sommet ; gravir »
  • *ʕim[ê] « sucer, avaler »
  • *ʕ[o]mdE « se tenir debout, se lever»
  • *ʕurVKʼV « s'enfuir »
  • |ɡeŕV « nuage, pluie »
  • *ʕoŝV(-Kʼa) « arbre »
  • *ʕaǯV « blanc, brillant »
  • *boʔV « aller »
  • *bûʕV « souffler, gonfler »
  • *bAdV « beaucoup »
  • *beha (ou *bäha) « briller »
  • *baH2V « lier, attacher »
  • *buHi « croître, devenir »
  • *buLV « agiter un liquide ; trouble »
  • *bVLVʔa « souffler, gonfler »
  • *baLʕV « aveugle »
  • *baļ[i]ɣa (ou *baļ[i]ɣ[U] ?) « avaler ; gorge »
  • *bVL[h]V « feuille(s), plantes vertes »
  • *ba l ̄[i]ķa « briller »
  • *bVl ̄iʔ|ʕ[V]ķü « battre, frapper »
  • *bôĺX[a] « queue, pénis »
  • *buŋgä « épais ; gonfler »
  • *borV « montagne, colline »
  • *buRu (ou *buRü) « briser »
  • *buRV (ou *bürV) « silex »
  • *buRV, *buR[V-][K]V « tempête, vent de tempête »
  • *bärʔV « donner »
  • *berEʔa « donner naissance ; enfant »
  • *bu|ür[ʔ]V « boucle de cheveux ; vers le bas »
  • *bôri[ɣ]U « friche, poussière, (?) sable »
  • *bArh[ê] « briller »
  • *bûrûHV « sourcil, cil »
  • *barqV (~ *barXV) « aller, avancer, monter »
  • *büryi « couvrir »
  • *b[i]rVgE « haut, grand »
  • *b[E]RV[k]V « genou »
  • *bVR[V]ķæ « briller, luire »
  • *bôŕ[a] « percer, forer »
  • *buŕu(-ĶU) [ou *buŕü(-ĶU)] « faire pousser, jaillir, bouillir »
  • *boŕ[ʔ]û « brun (marron) ; jaune »
  • *baţV « froid ; avoir froid, geler »
  • *bVyV (ou *bVyʔV) « abeille »
  • *čalV « battre, abattre, tomber »
  • *čAlVmV « orifice, fosse ; ou brèche »
  • *čoma « aurochs »
  • *č̣[a]rV « couper »
  • *dub[ʔ]V « derrière, queue »
  • *didV « gros »
  • *d[i]l ̄a (= *d[i]ļa ?) « lumière du soleil, du jour, briller »
  • *dul ̄i « feu, chaleur »
  • *dalqa|U « vague »
  • *dæLbV « évider, creuser, traverser »
  • *dûmV « être calme, silencieux »
  • *d[û]hmV ~ *d[û]mhV « être foncé »
  • *dôǹV « couper »
  • *dun̄V (ou *dün̄V) « couler, s'écouler »
  • *darHV ou *daHrV « chemin »
  • *dar[VH]V « tenir fermement »
  • *doRķæ (~ *doRgæ ?) « pencher, tourner, tordre »
  • *d[oy]a (> *da) « endroit »
  • *gil ̄[h]o « briller, étinceler »
  • *gUļ[E]ħU « être lisse »
  • *gûLʒ̍V « plier, tordre »
  • *giĺ[V#]ʔV[d]V « glace, gel ; geler » (et *giļV « glace, gel »)
  • *g[A]mV (et *g[A]mʕV ?) « ensemble, plein »
  • *gAǹ|ńV « voir, apercevoir »
  • *genû « mâchoire, joue »
  • *g[o]ʔin̄V « frapper »
  • *gArV « main »
  • *gURV « faire rouler »
  • *gæhRV ¬ *gæRhV « lumière du soleil, du jour, lumière »
  • *girʕV « couper »
  • *garHä « branche tranchante, rainure, bout pointu »
  • *garû[ĉ]a « écraser » (ou *gVRûŝ|ĉV)
  • *gE|aRdV « plier, attacher, ceindre (porter quelque chose autour de sa taille) »
  • *gäţâ « saisir, prendre, posséder »
  • *[h]al[Vʔ]E « de l'autre côté »
  • *hawV « désirer, aimer »
  • *[H₂]elV « germe, brindille »
  • *Han[g]V(ţV) (ou *Haŋ[g]V(ţV) ?) « canard »
  • *karV « tordre, retourner »
  • *ka[ry]V « creuser »
  • *ķäbʔâ « mordre » → « manger »
  • *ķUçV « couper, découper »
  • *ĶUmV « noir, sombre »
  • *ĶumʔV « être chaud, brûler »

La question du foyer originel[modifier | modifier le code]

Allan Bomhard et Colin Renfrew adhèrent aux conclusions d'Illich-Svitych et de Dolgopolsky qui cherchaient le foyer originel d'où les langues nostratiques se seraient dispersé dans le Croissant fertile, au mésolithique (voire à l'épipaléolithique).

Par exemple, Bomhard le situe au sud du Caucase, dans une zone centrée sur l'actuelle Syrie, entre 15000 avant J.-C. et 12000 avant J.-C. Les locuteurs de l'afro-asiatique se répandant au Proche-Orient vers 10000 avant J.-C. puis vers le Sahara, ceux de l'élamo-dravidien colonisant le Plateau iranien vers 8000 avant J.-C. , le groupe eurasiatique se serait implanté en Asie centrale vers 9000 avant J.-C. les Kartvéliens s'installant plus tard dans le Caucase, en contact avec les Indo-Européens qui colonisaient la steppe pontique. Les premiers agriculteurs des Balkans proviendraient, via l'Anatolie de groupes non nostratiques du Croissant fertile[3]. Ce schéma s'accorde avec les études génétiques récentes sur les haplogroupes du chromosome Y, qui aident à retracer les migrations de populations au néolithique..

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, w, x, y, z, aa et ab (en) Aharon Dolgopolsky, Nostratic Dictionary, Cambridge, McDonald Institute for Archaeological Research, , 3116 p. (lire en ligne)
  2. a, b, c et d (en) Allan R. Bomhard, A Critical Review of Dolgopolsky's Nostratic Dictionary, (lire en ligne)
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, w, x, y, z, aa, ab, ac et ad (en) Allan R. Bomhard, A Comprehensive Introduction to Nostratic Comparative Linguistics : With Special Reference to Indo-European, Charleston, (lire en ligne)
  4. (en) Philip Baldi, The Foundations of Latin, Berlin, Mouton de Gruyter,
  5. a, b et c Merritt Ruhlen, L’origine des langues : sur les traces de la langue mère, Folio, coll. « Essais » (no 487), (1re éd. 1994), 432 p. (ISBN 978-2-07034103-0)
  6. (en) Fabrice Cavoto, The Linguist's Linguist: A Collection of Papers in Honour of Alexis Manaster Ramer, Munich, LINCOM Europa,
  7. (en) M. Kaiser, V. Shevoroshkin, Nostratic, (lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) A. Bomhard et J.C. Kern, The Nostratic Macrofamily : A Study in Distant Linguistic Relationship, Berlin - New York,
  • (en) A. Dolgopolsky, The Nostratic Macrofamily and Linguistic Palaeontology, Oxford,
  • (en) Joseph Greenberg, Indoeuropean and its closest relatives : The Eurasiatic Languages Family, vol. 1 et 2, Stanford, 2000 et 2002
  • Merritt Ruhlen (trad. Pierre Bancel, préf. André Langaney), L'origine des langues : sur les traces de la langue mère, Paris, Belin, coll. « Débats », (ISBN 978-2-70111757-7)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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