La Pie voleuse

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La gazza ladra

La Pie voleuse
La gazza ladra
Description de cette image, également commentée ci-après
Décor original créé par Alessandro Sanquirico pour la première de La gazza ladra (La Pie voleuse) en 1817
(Le tribunal, acte 2, scène 9)
Genre Opera semiseria
Nbre d'actes 2 actes
Musique Gioachino Rossini
Livret Giovanni Gherardini
Langue
originale
Italien
Durée (approx.) environ 3 heures
Création
Milan Drapeau de l'Italie

Personnages

  • Ninetta, servante des Vingradito (soprano)
  • Fabrizio Vingradito, riche fermier (basse)
  • Lucia, sa femme (mezzo-soprano)
  • Giannetto, son fils, un soldat (ténor)
  • Fernando Villabella, le père de Ninetta, un soldat (baryton)
  • Gottardo, maire du village (basse)
  • Pippo, jeune paysan au service de Fabrizio (contralto)
  • Giorgio, domestique du maire (basse)
  • Isacco, marchand ambulant (ténor)
  • Antonio, le geôlier (ténor)
  • Ernesto, un soldat, ami de Fernando (basse)

La Pie voleuse (titre original : La gazza ladra) est un opéra italien en deux actes de Gioachino Rossini créé en 1817. Le livret de Giovanni Gherardini est une adaptation d'une pièce de théâtre contemporaine (1815) de Théodore Baudouin d'Aubigny et Louis-Charles Caigniez : La Pie voleuse, ou la Servante de Palaiseau. Composé après La Cenerentola, l'opéra remporta un grand succès à sa création et reste aujourd'hui connu pour son ouverture. Cet opéra est le premier d'une longue série d'opéras semiserias de Rossini.

Argument[modifier | modifier le code]

Dans un village du nord de l'Italie soumis à une stricte loi martiale à cause des guerres napoléoniennes, la servante Ninetta est au service de Fabrizio Vingradito et de son épouse Lucia. Si son maître voit d'un bon œil qu'elle devienne sa bru au retour imminent de son fils Giannetto de la guerre, il n'en est pas de même de Lucia, qui y voit une mésalliance.

Après avoir déserté, le père de Ninetta, Fernando Villabella, demande à sa fille de vendre sa cuiller et sa fourchette en argent car il a un besoin pressant d'argent. Ninetta effectue la transaction avec le colporteur Isacco, mais au même moment, une pie vole une cuiller en argent de Fabrizio.

Accusée par Lucia de vol aggravé, Ninetta est condamnée à la peine capitale. Elle aurait pu se disculper devant le tribunal en précisant qu'elle a vendu des couverts appartenant à son père (dont les initiales sont les mêmes que celles de son maître Fabrizio), mais il aurait alors été arrêté et exécuté pour désertion.

Pour sauver sa fille, Fernando se livre à la justice…, mais en vain, car la sentence frappant Ninetta n'est pas levée. On apprend alors dans le village que la paix est intervenue, et qu'une amnistie a été proclamée. Fernando va pouvoir en bénéficier. Quant à Ninetta, elle échappera in extremis à la mort car la pie voleuse sera capturée avec son butin, ce qui l'innocentera.

Personnages[modifier | modifier le code]

Personnages Tessitures Distribution lors de la création le
(Chef d'orchestre: Alessandro Rolla)
Ninetta , servante des Vingradito soprano Teresa Belloc-Giorgi
Fabrizio Vingradito, riche fermier basse Vincenzo Botticelli
Lucia, sa femme mezzo-soprano Marietta Castiglioni
Giannetto, son fils, un soldat ténor Savino Monelli
Fernando Villabella, le père de Ninetta, un soldat baryton Filippo Galli
Gottardo, podestat du village basse Antonio Ambrosi
Pippo, jeune paysan au service de Fabrizio contralto Teresa Gallianis
Giorgio, domestique du maire basse Paolo Rosignoli
Isacco, marchand ambulant ténor Francesco Biscottini
Antonio, le geôlier ténor Francesco Biscottini
Ernesto, un soldat, ami de Fernando basse Alessandro De Angeli

Création[modifier | modifier le code]

La gazza ladra est créée le à La Scala. Rossini modifie la partition lorsque l'œuvre est jouée à Pesaro en 1818 puis au théâtre del Fondo et au théâtre San Carlo à Naples en 1819 et en 1820. Rossini révise la partition une dernière fois à Paris en 1866.

En 1966, l'opéra est donné au Sadler's Wells Theatre à Londres, en anglais mais selon la partition originale reconstituée.

Réception[modifier | modifier le code]

Cet opéra constitue, lors de sa création, un des plus grands succès de Rossini. Stendhal rapporte que la première fut l'une des plus éclatantes qu'il ait connues[1]. Toutefois l'enthousiasme retomba dès 1830.

Postérité[modifier | modifier le code]

En 1991, l'ouverture est interprétée au concert du nouvel an à Vienne, sous la direction de Clauddio Abbado. C'est la seule fois où une œuvre de Rossini est entendue lors de ce traditionnel concert.

La gazza ladra dans la culture populaire contemporaine[modifier | modifier le code]

  • C'est l'ouverture de La gazza ladra qui constitue aujourd'hui le seul passage populaire de l'opéra. Les différents thèmes de cette ouverture, « une des plus vivantes et des plus splendides de Rossini »[2], ont été de nombreuses fois utilisés :
  • L'opéra est évoqué (et constitue une des clés de l'histoire) dans l'album de Tintin Les Bijoux de la Castafiore. Le lecteur apprend ici que Tintin possède une connaissance de l'opéra classique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Stendhal - Vie de Rossini
  2. Gustave Kobbé, Tout l'opéra, 2000, p. 726.

Liens externes[modifier | modifier le code]