Klaus von Dohnanyi

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Klaus von Dohnanyi
Illustration.
Klaus von Dohnanyi en , lors d'un congrès du SPD à Munich.
Fonctions
Premier bourgmestre de Hambourg

(6 ans, 11 mois et 15 jours)
Gouvernement von Dohnanyi I, II, III, IV
Législature 9e, 10e, 11e, 12e et 13e
Coalition SPD (1981-87)
SPD-FDP (1987-88)
Prédécesseur Hans-Ulrich Klose
Successeur Henning Voscherau
Ministre fédéral ouest-allemand de l'Éducation et de la Science

(2 ans, 2 mois et 1 jour)
Chancelier Willy Brandt
Gouvernement Brandt I, II
Prédécesseur Hans Leussink
Successeur Helmut Rohde
Biographie
Nom de naissance Klaus Karl Anton von Dohnanyi
Date de naissance (90 ans)
Lieu de naissance Hambourg (Allemagne)
Parti politique SPD
Profession juriste

Klaus von Dohnanyi Klaus von Dohnanyi
Premiers bourgmestres de Hambourg
Ministres fédéraux de la Science d'Allemagne

Klaus Karl Anton von Dohnanyi, né le à Hambourg, est un homme politique allemand membre du Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD).

Il commence à travailler comme juriste au début des années 1950 et adhère au SPD à la fin de la décennie. Il entame rapidement son parcours politique, devenant secrétaire d'État administratif du ministère fédéral de l'Économie en puis député fédéral de Rhénanie-Palatinat en . Il est ensuite désigné secrétaire d'État parlementaire du ministère fédéral de l'Éducation.

En , il est nommé ministre fédéral de l'Éducation et de la Science par Willy Brandt. Il quitte ses fonctions en même temps que Brandt, en . Deux ans après, il devient ministre d'État à l'office des Affaires étrangères.

Élu président du SPD de Rhénanie-Palatinat en , il en est le chef de file pour les élections régionales mais échoue à déloger Bernhard Vogel du pouvoir. Il continue alors de siéger au Bundestag et renonce donc à son mandat au Landtag.

Il est investi en premier bourgmestre de Hambourg après la démission de Hans-Ulrich Klose. Il échoue à maintenir la domination du SPD aux élections de l'année suivante, mais l'absence de majorité conduit à une répétition des élections qui donne la majorité absolue au Parti social-démocrate. Le scénario de blocage se reproduit en , mais après le scrutin anticipé de , il est en mesure de constituer une « coalition sociale-libérale » avec le FDP.

Il démissionne en , après des interventions policières polémiques, et quitte la vie politique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et jeunesse[modifier | modifier le code]

Fils du juriste Hans von Dohnányi, il débute sa scolarité à Leipzig. Il la poursuit à Ettal et la termine à Potsdam en passant son baccalauréat en . Il est ensuite enrôlé dans la Wehrmacht, alors que son père trouve la mort en au camp de concentration d'Oranienbourg-Sachsenhausen.

À l'issue de la Seconde Guerre mondiale, il entreprend d'étudier le droit à partir de . Trois ans plus tard, il passe son premier diplôme juridique d'État et un doctorat en droit civil.

Il continue son cursus à l'université Yale, où il obtient en un Master of Laws (LLM). Il revient en Allemagne de l'Ouest et commence à travailler à la fois dans un cabinet d'avocats et à l'Institut Max-Planck pour le droit privé étranger et international. Embauché en par Ford Motor Company à Cologne, il devient deux ans après directeur du département de la planification.

Au cours de l'année , il adhère au Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) et passe avec succès son second diplôme juridique d'État. Il est nommé en directeur général de l'institut de recherche sur le marketing et le management Infratest.

Débuts en politique[modifier | modifier le code]

Il débute son parcours politique le , quand Karl Schiller le choisit comme secrétaire d'État administratif du ministère fédéral de l'Économie. Aux élections législatives fédérales du , qui voient le SPD prendre le pouvoir, il est élu député au Bundestag.

Ministre fédéral[modifier | modifier le code]

Hans Leussink le nomme alors secrétaire d'État parlementaire du ministère fédéral de l'Éducation. Le , Klaus von Dohnanyi est désigné à 43 ans ministre fédéral de l'Éducation et de la Recherche dans le premier cabinet fédéral de Willy Brandt. Il est confirmé, neuf mois plus tard, dans le cabinet Brandt II.

Il quitte cependant le gouvernement après que Helmut Schmidt a pris la suite de Brandt le . Il fait son retour à un poste subalterne le , en tant que ministre d'État de l'office des Affaires étrangères, sous la responsabilité du vice-chancelier Hans-Dietrich Genscher.

Les élections de 1979 en Rhénanie-Palatinat[modifier | modifier le code]

Klaus von Dohnanyi et le président du SPÖ Bruno Kreisky lors du 20e congrès du SPD en .

À l'approche des élections législatives régionales du en Rhénanie-Palatinat, le SPD fait de lui son président et son chef de file.

Les sociaux-démocrates parviennent à rassembler sous son égide 42,3 % des suffrages exprimés et faire élire 43 députés sur 100, ce qui constitue à cette époque leur meilleur résultat. Toutefois, la CDU du ministre-président Bernhard Vogel parvient à conserver sa majorité absolue.

Dohnanyi fait alors le choix de continuer à siéger au Bundestag et à exercer ses fonctions gouvernementales. Il renonce ainsi à occuper son siège au Landtag de Rhénanie-Palatinat et Werner Klein prend donc la présidence du groupe parlementaire.

À Hambourg[modifier | modifier le code]

Klaus von Dohnanyi et le bourgmestre-gouverneur de Berlin-Ouest Eberhard Diepgen à la conférence des ministres-présidents (KMP) à Bonn en .

Après que Hans-Ulrich Klose a annoncé sa démission, le Parti social-démocrate de Hambourg l'appelle pour prendre la direction du gouvernement de la ville-Land. Le , Klaus von Dohnanyi est investi à 53 ans premier bourgmestre de Hambourg. Il bénéficie alors d'une solide majorité absolue de 69 députés sur 120. Il renonce en conséquence à son poste gouvernemental et son mandat de député fédéral.

Il est donc le chef de file du Parti social-démocrate d'Allemagne pour les élections législatives locales du . Alors qu'il est lui-même élu député au Bürgerschaft, le SPD subit sa première défaite depuis 29 ans : avec 42,7 % des voix, il n'obtient que 55 sièges, soit 0,5 point et un élu de moins que l'Union chrétienne-démocrate. Toutefois, aucune majorité ne se dégage du fait de la présence des écologistes. Après qu'il a échoué à négocier un accord de soutien sans participation avec les Grünen, de nouvelles élections sont organisées le . Le Parti social-démocrate l'emporte largement avec 51,3 % des suffrages exprimés et 64 sièges.

La situation se répète à l'occasion des élections du . Alors que la CDU vire en tête avec 41,9 % des voix et 54 élus, soit 0,2 point et un député de plus que le SPD, le maintien des écologistes au sein du Bürgerschaft empêche de nouveau la constitution d'un gouvernement. Ce blocage amène à un nouveau scrutin le . Les sociaux-démocrates repassent en première position avec 45 % des exprimés, soit 55 parlementaires. Dohnanyi parvient cette fois à constituer une « coalition sociale-libérale » avec le FDP, qui fait son retour à l'assemblée.

Il démissionne le , emporté par la polémique de la « Hamburger Kessel » — au cours de laquelle la police a encerclé 800 manifestants pendant 13 heures — et les affrontements entre les forces de l'ordre et les « squatteurs » de la rue St. Pauli-Hafenstrasse, qui occupaient des immeubles relevant du domaine public.

Après la politique[modifier | modifier le code]

À la suite de la réunification allemande, il est conseiller pour l'économie de marché auprès de la Treuhandanstalt, agence chargée de la privatisation des biens publics de l'ancienne République démocratique allemande (RDA).

Famille[modifier | modifier le code]

Article connexe : Famille Dohnányi.

Son grand-père, Ernõ Dohnányi, est un célèbre pianiste, compositeur et chef d'orchestre hongrois. Son oncle est le pasteur Dietrich Bonhoeffer, mort en au camp de concentration de Buchenwald. Son frère est le chef d'orchestre Christoph von Dohnányi.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]