Ivan Assen II
| Roi de Bulgarie (d) | |
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| Nom dans la langue maternelle |
Иван Асен II ou Іѡаннъ Асѣнь |
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Hélène Eugénie de Bulgarie (en) |
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Alexandre Asên (d) |
| Conjoints | |
| Enfants |
Hélène Asenina de Bulgarie Koloman Ier Asen Mikhail II Asen Maria Asenina de Bulgarie (en) Anna-Theodora Asenina of Bulgaria (en) Beloslava Tamar Asenina (d) Maria Asanina Komnene (d) |
Ivan Asen II (bulgare: Иван Асен II, prononciation française en API : ivan asɛn ; valaque : Ioan Asen II, grec : Ιωάν Ασένου B), aussi connu en français sous le nom de Jean Assen II, né vers 1190-1195, fut un souverain bulgare (tsar) qui régna de 1218 à 1241 sur le Second Empire bulgare, qui s'étendait sur ce qui est aujourd'hui la Macédoine, la Grèce du nord, la Bulgarie et le sud de la Roumanie. Ivan Asen II se nomme lui-même « tsar et autocrate des Bulgares ». Dès les XIIIe et XIVe siècles, il avait en Bulgarie la réputation d'être le plus grand des Assénides (bulgare : Асеневци, Asenevci). Son prénom était orthographié « Iωάн » sur les fresques des monastères bulgares. Il est mort vers la fin du mois de .
Jeunesse
[modifier | modifier le code]Le père d’Ivan Asen, Ivan Asen Ier, est l’un des deux chefs de la révolte de 1185 contre l’Empire byzantin[1]. Les Coumans, peuple nomade des steppes pontiques, soutiennent les insurgés et contribuent à la fondation du Deuxième Empire bulgare[1],[2]. Le nouvel État s’étend d’abord aux monts Balkans et aux plaines situées au nord jusqu’au Bas-Danube[1]. Ivan Asen Ier prend le titre de « basileus » (empereur) des Bulgares à partir de 1187 environ[3]. Son fils homonyme naît entre 1192 et 1196[3],[4]. Sa mère, Elena, est qualifiée de « nouvelle et pieuse tsarine » dans le Livre de Boril[5].
Un boyard (noble), Ivanko, assassine Ivan Asen Ier en 1196[6]. Le trône revient alors à son frère cadet, Kalojan[6]. Celui-ci engage une correspondance avec le pape Innocent III et se déclare prêt à reconnaître la primauté pontificale pour obtenir l’appui du Saint-Siège[7],[8]. Le pape refuse d’élever le chef de l’Église orthodoxe bulgare au rang de patriarche, mais lui accorde le titre, inférieur, de primat[9],[10]. Il n’entérine pas non plus la revendication impériale de Kalojan, mais un légat pontifical le couronne roi à Tarnovo le 8 novembre 1204[9]. Profitant de la désintégration de l’Empire byzantin après la Quatrième croisade, Kalojan étend son autorité sur des territoires considérables[7]. Il est assassiné en octobre 1207, alors qu’il assiège Thessalonique[7],[11].
Adolescent, Ivan Asen possède de solides droits à la succession de son oncle, mais la veuve coumane de Kalojan épouse Boril — fils d’une sœur de Kalojan — qui est proclamé tsar[4],[12]. Les circonstances exactes de l’accession de Boril au trône restent obscures[12]. L’historien du XIIIe siècle Georges Akropolitès rapporte qu’Ivan Asen fuit rapidement la Bulgarie et se réfugie « dans les terres des Russes », sans doute en Galicie ou à Kiev[13]. Selon une source ultérieure, le moine Ephrem, Ivan Asen et son frère Alexandre sont d’abord conduits chez les Coumans par leur précepteur, avant de gagner les principautés de la Rus’[14]. Florin Curta et John V. A. Fine indiquent qu’un groupe de boyards tente de faire reconnaître Ivan Asen comme tsar après la mort de Kalojan, mais que ses partisans sont vaincus par ceux de Boril, ce qui contraint le jeune prince à l’exil[4],[11]. L’historien Alexandru Madgearu estime que les boyards qui soutiennent Ivan Asen sont principalement ceux qui s’opposent à l’influence croissante des Coumans[12].
Le pouvoir de Boril demeure fragile[15]. Des parents du tsar, Strez et Alexis Slave, refusent de lui obéir, et il doit affronter des soulèvements répétés[15]. Akropolitès écrit qu’Ivan Asen séjourne « assez longtemps » en Rus’ avant de recruter « un certain nombre de vauriens russes » et de revenir en Bulgarie[16]. Madgearu suppose qu’Ivan Asen peut alors engager des troupes grâce à l’argent que lui envoient les opposants de Boril[17]. L’historien István Vásáry identifie cette « racaille russe » aux Brodniks, semi-nomades[18]. Ivan Asen bat Boril et s’empare de « non peu de terres », que Madgearu associe prudemment à la Dobroudja[16].
Curta et Fine situent le retour d’Ivan Asen en Bulgarie au moment où l’allié de Boril, le roi André II de Hongrie, part pour la cinquième croisade en 1217[19],[20]. Boril se replie à Tarnovo après sa défaite, mais Ivan Asen assiège la ville[17]. Akropolitès affirme que le siège dure sept ans[16],[21]. La plupart des historiens modernes estiment qu’il confond les années et les mois, mais Genoveva Cankova-Petkova accepte sa chronologie[16],[21]. Elle considère que les trois chefs coumans vaincus par le commandant hongrois Joachim, Comte des Saxons, près de Vidin vers 1210, ont été engagés par Ivan Asen pour empêcher Joachim de soutenir Boril contre les rebelles qui contrôlent la ville[22]. Vásáry juge toutefois cette hypothèse « tirée par les cheveux » et dépourvue de preuves solides[23]. Les habitants de Tarnovo finissent par se rendre à Ivan Asen après le long siège[19]. Il capture Boril, le fait aveugler et « prend le contrôle de tout le territoire des Bulgares », selon Akropolitès[16],[19].
Règne
[modifier | modifier le code]Consolidation du pouvoir
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La première décennie du règne d’Ivan Asen II est mal documentée[19]. André II de Hongrie passe par la Bulgarie à son retour de la cinquième croisade à la fin de 1218[24],[25]. Ivan Asen ne lui permet de traverser son royaume qu’après la promesse d’épouser sa fille, Marie[24]. La dot de Marie comprend les régions de Belgrade et de Braničevo, dont la possession fait l’objet de litiges entre Hongrois et Bulgares depuis des décennies[24].
Lorsque Robert de Courtenay, nouvel empereur latin de Constantinople, se rend de France à Constantinople en 1221[26], Ivan Asen l’accompagne à travers la Bulgarie[17] et pourvoit au ravitaillement de sa suite[17]. Les relations entre la Bulgarie et l’Empire latin demeurent pacifiques durant le règne de Robert[27]. Ivan Asen conclut aussi la paix avec le despote d’Épire, Théodore Comnène Doukas, l’un des principaux ennemis de l’Empire latin[28]. Le frère de Théodore, Manuel Doukas, épouse en 1225 Marie, fille illégitime d’Ivan Asen[29],[30],[31]. Théodore, qui se considère comme le légitime successeur des empereurs byzantins, est couronné empereur à Thessalonique vers 1226[28],[32].
L’empereur latin Robert meurt et son frère de onze ans, Baudouin II, lui succède en janvier 1228[27],[30]. Ivan Asen propose alors de marier sa fille Hélène au jeune empereur afin de revendiquer la régence[30],[33]. Il promet aussi de joindre ses troupes à celles des Latins pour reconquérir les territoires perdus au profit de Théodore Comnène Doukas[33]. Les seigneurs latins refusent d’accepter son projet, mais entament des négociations pour éviter une confrontation militaire directe[30]. Parallèlement, ils offrent la régence à l’ancien roi de Jérusalem, Jean de Brienne, qui accepte de quitter l’Italie pour Constantinople ; ils gardent cependant cet accord secret pendant plusieurs années[34]. Seules des sources vénitiennes tardives — Marino Sanudo, Andrea Dandolo et Lorenzo de Monacis — mentionnent l’offre d’Ivan Asen, mais leur témoignage est généralement jugé fiable par les historiens modernes[33].
Les relations entre la Bulgarie et la Hongrie se détériorent à la fin des années 1220[35]. Peu après la lourde défaite infligée en 1223 par les Mongols aux armées réunies des princes de la Rus’ et des chefs coumans lors de la bataille de la Kalka, un chef couman occidental, Boricius, se convertit au catholicisme en présence de l’héritier et corégent d’André II, Béla IV[36]. Dans une lettre, le pape Grégoire IX déclare que ceux qui attaquent ces Coumans convertis sont aussi les ennemis de l’Église romaine ; Madgearu y voit peut-être une allusion à une attaque antérieure lancée par Ivan Asen[33]. Des troupes hongroises auraient tenté de prendre Vidin dès 1228, mais la datation du siège reste incertaine et certains la placent en 1232[25],[27].
Hégémonie balkanique
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Théodore Comnène Doukas envahit de façon inattendue la Bulgarie le long de la Maritsa au début de l’année 1230[31]. Les armées épirotes et bulgares se rencontrent à Klokotnitsa en mars ou en avril[19],[21]. Ivan Asen commande en personne les troupes de réserve, comprenant environ 1 000 archers coumans à cheval[31]. Il brandit pendant la marche un exemplaire de son traité de paix avec Théodore, en signe de la trahison de ce dernier[37]. L’attaque soudaine des Bulgares prend les Épirotes de court et assure la victoire d’Ivan Asen[21],[31]. Les Bulgares capturent Théodore, ses principaux dignitaires et un important butin, mais Ivan Asen relâche les simples soldats[31]. Lorsque Théodore tente ensuite de comploter contre lui, Ivan Asen fait crever les yeux à l’empereur captif[31].
Un rabbin espagnol, Jacob Arophe, rapporte qu’Ivan Asen ordonne d’abord à deux Juifs d’exécuter la mutilation, sachant que Théodore a persécuté les Juifs dans son empire ; ceux-ci refusent et sont alors précipités d’une falaise[38],[39].
Après Klokotnitsa, la Bulgarie devient la puissance dominante de l’Europe du Sud-Est[40]. Les troupes d’Ivan Asen déferlent sur les territoires de Théodore et conquièrent des dizaines de villes épirotes[41]. Elles s’emparent d’Ohrid, de Prilep et de Serrès en Macédoine, d’Andrinople, de Didymotique et de Plovdiv en Thrace, et occupent la Grande Valachie en Thessalie[41],[38]. Le domaine d’Alexis Slave dans le Rhodopes est également annexé[41],[42]. Ivan Asen installe des garnisons bulgares dans les principales forteresses et confie à ses propres hommes leur commandement et la perception des impôts, tandis que les autorités locales continuent d’administrer d’autres localités des régions conquises[43]. En Macédoine, il remplace les évêques grecs par des prélats bulgares[44].
En 1230, lors d’une visite au Mont Athos, il accorde de généreuses donations aux monastères, mais ne parvient pas à convaincre les moines de reconnaître la juridiction du primat de l’Église bulgare[45]. Son gendre Manuel Doukas prend le contrôle de l’Empire de Thessalonique[38]. Les troupes bulgares mènent également un raid de pillage contre la Serbie, en représailles au soutien apporté par Étienne Radoslav, roi de Serbie, à son beau-père Théodore contre la Bulgarie[38].
Les conquêtes d’Ivan Asen lui assurent le contrôle de la via Egnatia, axe commercial majeur entre Thessalonique et Durazzo[42]. Il fonde un atelier monétaire à Ohrid, où sont frappées des pièces d’or[46]. L’augmentation de ses revenus lui permet de lancer un vaste programme de constructions à Tarnovo[40]. L’église des Quarante-Martyrs, dont la façade est décorée de carreaux de céramique et de fresques, commémore la victoire de Klokotnitsa[40]. Le palais impérial de la colline de Tsarevets est agrandi[47].
Une inscription commémorative gravée sur l’une des colonnes de l’église des Quarante-Martyrs énumère les conquêtes d’Ivan Asen[38],[19]. Il y est qualifié de « tsar des Bulgares, des Grecs et des autres pays », désignation qui laisse entendre qu’il envisage de restaurer l’Empire byzantin sous sa propre autorité[43]. Il se donne également le titre d’empereur dans sa charte de donation au monastère de Vatopédi au Mont Athos et dans le diplôme confirmant les privilèges des marchands de la République de Raguse[48]. À l’imitation des empereurs byzantins, il scelle ses actes de bulles d’or[49]. L’un de ses sceaux le représente avec les insignes impériaux, ce qui souligne encore ses ambitions impériales[50].
Conflit avec les puissances catholiques
[modifier | modifier le code]Les nouvelles de l’élection de Jean de Brienne comme régent de l’Empire latin de Constantinople provoquent l’indignation d’Ivan Asen[51]. Il envoie des ambassadeurs auprès du patriarche œcuménique Germain II de Constantinople à Nicée afin d’ouvrir des négociations sur le statut de l’Église bulgare[52]. Le pape Grégoire IX exhorte le 9 mai 1231 André II de Hongrie à lancer une croisade contre les ennemis de l’Empire latin, allusion la plus probable—selon Madgearu—aux actions hostiles d’Ivan Asen[53].
Béla IV, roi associé de Hongrie, envahit la Bulgarie et s’empare de Belgrade et de Braničevo à la fin de 1231 ou en 1232, mais les Bulgares reconquièrent ces territoires dès le début des années 1230[53],[25]. Les Hongrois s’emparent également de la forteresse bulgare de Severin (actuelle Drobeta-Turnu Severin), au nord du Danube, et y établissent une province frontalière, le Banat de Severin, destinée à empêcher toute avancée bulgare vers le nord[54].
En 1233, les nobles serbes favorables à une alliance avec la Bulgarie se soulèvent contre Stefan Radoslav et le forcent à l’exil[55],[56]. Son frère et successeur, Stefan Vladislav, épouse la fille d’Ivan Asen, Beloslava[55]. Ivan Asen démet ensuite le primat uniate de l’Église bulgare, Basile I, et poursuit les négociations pour un retour de l’Église bulgare à l’orthodoxie[55].
L’archevêque orthodoxe d’Ancyre, Christophoros, qui visite la Bulgarie au début de 1233, exhorte Ivan Asen à envoyer un évêque à Nicée pour y être ordonné par le patriarche œcuménique[57]. Un accord concernant le mariage de Théodore II Lascaris—héritier de l’empereur de Nicée Jean III Doukas Vatatzès—avec la fille d’Ivan Asen, Hélène, est conclu en 1234[55].
Sava, l’archevêque très respecté de l’Église orthodoxe serbe, meurt à Tarnovo le 14 janvier 1235[57]. D’après Madgearu, il est vraisemblable qu’il ait joué un rôle actif dans les négociations entre l’Église bulgare et le patriarcat de Nicée[57].
Ivan Asen rencontre Vatatzès à Lampsaque au début de l’année 1235 pour parvenir à un compromis et sceller une alliance formelle[55],[25]. Le patriarche Germains II et le nouveau chef de l’Église bulgare, Joachim Ier de Bulgarie, assistent également à la rencontre[51]. Après que Joachim renonce à revendiquer une juridiction sur le Mont Athos et sur les archevêques de Thessalonique, Germains le reconnaît comme patriarche, confirmant ainsi l’autocéphalie de l’Église bulgare[51]. Le mariage d’Hélène et de Théodore Lascaris est également célébré à Lampsaque[55].
Ivan Asen et Vatatzès concluent ensuite une alliance dirigée contre l’Empire latin de Constantinople[58]. Les troupes bulgares conquièrent les territoires situés à l’ouest de la Maritsa, tandis que l’armée nicéenne s’empare des régions à l’est du fleuve[58],[59]. Les deux souverains assiègent Constantinople, mais Jean de Brienne et la flotte vénitienne les contraignent à lever le siège avant la fin de 1235[59],[60].
Au début de l’année suivante, ils attaquent de nouveau Constantinople, mais ce second siège se solde par un nouvel échec[60].
Dernières années
[modifier | modifier le code]Ivan Asen comprend que Vatatzès serait le premier bénéficiaire de la chute de l’Empire latin de Constantinople[59]. Il persuade l’empereur nicéen de lui rendre sa fille, Hélène, en affirmant que lui et son épouse « désiraient la voir » et « lui donner une étreinte paternelle »[59],[61]. Il rompt alors son alliance avec Nicée et reprend contact avec Grégoire IX, lui proposant de reconnaître sa primauté au début de l’année 1237[61]. Le pape l’exhorte à faire la paix avec l’Empire latin[62].
Une nouvelle invasion mongole en Europe pousse des milliers de Coumans à fuir les steppes durant l’été 1237[62],[63]. Incapable de les empêcher de franchir le Danube, Ivan Asen les laisse pénétrer en Macédoine et en Thrace[62],[63]. Les Coumans prennent et pillent les plus petites forteresses et ravagent les campagnes[62],[63]. Les Latins enrôlent des troupes coumanes et s’allient à Ivan Asen, qui assiège alors la forteresse nicéenne de Tzurullon[62]. Il poursuit le siège lorsque lui parvient la nouvelle des décès simultanés de son épouse, de son fils et du patriarche Joachim Ier de Bulgarie[64]. Interprétant ces événements comme des signes de la colère divine pour avoir rompu son alliance avec Vatatzès, il lève le siège et renvoie sa fille Hélène à son époux à Nicée à la fin de 1237[65].
Devenu veuf, Ivan Asen s’éprend d’Irène, capturée avec son père Théodore Comnène Doukas en 1230[66]. Selon Georges Akropolitès, Ivan Asen aime sa nouvelle épouse « autant qu’Antoine aimait Cléopâtre »[67]. Leur mariage conduit à la libération de Théodore, qui retourne à Thessalonique, chasse son frère Manuel et impose son propre fils, Jean, comme despote[66]. Le pape Grégoire IX accuse Ivan Asen de protéger des hérétiques et presse Béla IV de Hongrie de lancer une croisade contre la Bulgarie au début de 1238[67]. Le pape offre même la Bulgarie à Béla, mais ce dernier refuse de faire la guerre à Ivan Asen[68].
Ivan Asen accorde un passage sûr à l’empereur latin Baudouin II et aux croisés qui l’accompagnent lors de leur marche depuis la France vers Constantinople en 1239, bien qu’il n’ait pas pleinement abandonné son alliance avec Vatatzès[69]. D’autres contingents croisés traversent encore la Bulgarie avec son consentement au début de 1240[69].
Ivan Asen envoie des ambassadeurs à la Hongrie avant mai 1240, vraisemblablement pour tenter de nouer une alliance défensive contre les Mongols[66]. L’autorité mongole atteint le bas Danube après la prise de Kiev le 6 décembre 1240[70]. L’avancée mongole force de nombreux princes et boyards rus’ dépossédés à se réfugier en Bulgarie[70]. Les Coumans installés en Hongrie fuient eux aussi vers la Bulgarie après l’assassinat de leur chef Köten en mars 1241[71],[72].
Selon une biographie du sultan mamelouk Baybars, issu d’une tribu coumane, cette même tribu cherche également asile en Bulgarie après l’invasion mongole[73]. La source ajoute que « A.n.s.khan, le roi de Vlahie », figure identifiée par les historiens modernes comme Ivan Asen, leur permet de s’installer dans une vallée avant de les attaquer et de les tuer ou de les réduire en esclavage[74]. Madgearu estime qu’Ivan Asen agit probablement ainsi pour empêcher les Coumans de piller la Bulgarie[75].
La date de la mort d’Ivan Asen reste incertaine[75]. Vásáry affirme que le tsar meurt le 24 juin 1241[76]. Cependant, le chroniqueur contemporain Aubry de Trois-Fontaines rapporte que son successeur, Koloman Ier Asen, conclut une trêve le jour de la fête de Jean le Baptiste (24 juin), ce qui indique qu’Ivan Asen est déjà mort[75]. Madgearu considère qu’il est très probable qu’Ivan Asen meurt en mai ou juin 1241[75].
Famille et descendance
[modifier | modifier le code]Ivan Assen II eut trois épouses :
- Anna, morte religieuse sous le nom Anissia et d'origine inconnue, dont :
- Mariya (?), épouse de Manuel de Thessalonique ;
- Beloslava (?), épouse de Stefan Vladislav Ier de Serbie ;
- Anne-Marie de Hongrie, (1204-1237), fille d’André II de Hongrie et Gertrude de Méran, dont :
- Hélène, épouse en 1235 Théodore II Lascaris empereur de Nicée ;
- Koloman Ier Asen ;
- Pierre, mort en 1237 ;
- Irène (Eiréné) Comnène Doukaina, religieuse sous le nom de Xéné, fille de Théodore Ier Ange Doukas Comnène et Marie Petraliphaina, dont :
- Anna (renommée Théodora), qui épouse le sébastocrator Pierre avant 1253 ;
- Maria, qui épouse le boyard Mitso Asen, tsar de Bulgarie en 1257–1258 ;
- Michel II Asen
Héritage
[modifier | modifier le code]Akropolites décrit Ivan Asen comme « un homme qui se révéla exceptionnel parmi les barbares, non seulement auprès de son propre peuple mais aussi auprès des étrangers »[75]. L’historien Jean W. Sedlar le qualifie de « dernier souverain véritablement puissant de la Bulgarie »[77]. Commandant militaire accompli et diplomate habile, il conquiert presque toutes les terres qui avaient appartenu au Premier Empire bulgare sous le règne de Siméon Ier de Bulgarie[1]. Il s’assure également que la Hongrie ne constitue plus une menace majeure pour la Bulgarie[78],[79].
La crainte d’un châtiment et l’appétit de butin garantissent la fidélité des boyards envers Ivan Asen[78]. Cependant, ces liens personnels ne permettent pas d’assurer durablement la prééminence de l’autorité royale[78]. Les boyards locaux demeurent les véritables maîtres des provinces, puisqu’ils contrôlent la collecte des impôts et la levée des troupes[78]. Le règne d’Ivan Asen « se termine dans un moment de catastrophe totale »[80], lors de l’invasion mongole en Europe[78]. Les Mongols envahissent la Bulgarie en 1242 et contraignent le pays à payer un tribut annuel[78]. La minorité du successeur d’Ivan Asen favorise la formation de factions boyardes, tandis que les puissances voisines s’emparent rapidement des territoires périphériques[78].
Son sceau est représenté sur le revers du billet bulgare de 2 levs, émis en 1999 et 2005.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- Cet article comprend des extraits du Dictionnaire Bouillet. Il est possible de supprimer cette indication, si le texte reflète le savoir actuel sur ce thème, si les sources sont citées, s'il satisfait aux exigences linguistiques actuelles et s'il ne contient pas de propos qui vont à l'encontre des règles de neutralité de Wikipédia.
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- ↑ Madgearu 2017, p. 227.
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
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- R. J. Crampton, A Concise History of Bulgaria, Cambridge University Press, (ISBN 978-0-521-85085-8)
- Florin Curta, Southeastern Europe in the Middle Ages, 500–1250, Cambridge University Press, (ISBN 978-0-521-85085-8)
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