Le Rivage des Syrtes

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Le Rivage des Syrtes
Auteur Julien Gracq
Pays Drapeau de la France France
Genre roman
Éditeur José Corti
Date de parution 1951
Nombre de pages 322
ISBN 2-7143-0359-5

Le Rivage des Syrtes est le roman le plus connu de Julien Gracq (1951, éditions José Corti).

Julien Gracq avait déjà dénoncé, dans son pamphlet La Littérature à l'estomac (1949, même éditeur), les compromissions commerciales du monde littéraire de cette époque. Il refusera donc le prix Goncourt décerné à son roman l'année de sa parution.

Résumé[modifier | modifier le code]

Aldo, un jeune homme issu d'une des plus vieilles familles d'Orsenna, une république fictive (de type cité-état) jadis puissante, est envoyé comme « observateur » dans une forteresse des provinces du sud érigée sur le rivage des Syrtes. Cette forteresse surveille la mer qui sépare Orsenna du Farghestan, pays mystérieux avec lequel la cité-état est dite en guerre depuis trois siècles, bien qu'une paix de fait se soit établie il y a longtemps et règne toujours entre les deux contrées.

Aldo découvre le quotidien de la forteresse et se lie peu à peu d'amitié avec le capitaine Marino qui la dirige. Sous l'œil sceptique de Marino, vieil officier blasé, Aldo s'emploie à tirer la forteresse de sa torpeur. Ce faisant, il devient peu à peu et involontairement le catalyseur de changements qui vont conduire à une guerre ouverte entre le Farghestan et Orsenna, qui sera manifestement vaincu.

Analyse[modifier | modifier le code]

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En dehors du roman, Syrte est une ville de Libye. Dans la géographie antique, ce terme, d'origine grecque, désignait deux golfes formés par la Méditerranée sur la côte nord de l'Afrique entre Cyrène et Carthage, Syrtis minor (ou petite Syrte, aujourd'hui golfe de Gabès) à l'ouest, et Syrtis maior (ou grande Syrte, aujourd'hui golfe de Sidra) à l'est. La navigation y était dangereuse, à cause de la présence de nombreux hauts-fonds, ce qui explique que le mot était utilisé en latin pour désigner des « bas-fonds », des « bancs de sable ». La région comptait toutefois quelques villes et ports de grande importance, comme Sabratha, Leptis Magna, Oea ou Tacape. Ils servaient de débouchés pour l'arrière-pays aride et aussi pour le commerce transsaharien. Mais la cité-État à laquelle appartient Aldo s'appelle Orsenna et fait face au Farghestan : les noms évoquant l'Italie, l'Asie centrale ou d'autres régions, ainsi que l'attirail des militaires (mélangeant les époques) situent l'histoire dans un espace imaginaire, reprenant divers lieux. On peut envisager que Orsenna fasse référence à Venise, les noms, le commerce et l'histoire proposée par l'auteur allant en ce sens. Dans cette optique, le Farghestan, désignerait l'Empire Ottoman. Le récit de bataille pouvant être celui de Lépante. En tout état de cause, la mer des Syrtes est la Méditerranée. Cette géographie fait dire à Antoine Blondin, dans Rivarol, qu'avec " Le Rivage des Syrtes Julien Gracq a écrit un imprécis d’histoire et de géographies à l’usage des civilisations rêveuses" (Rivarol, 6 décembre 1951). Julien Gracq qualifiera son roman de « rêve éveillé »[réf. nécessaire].

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