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Jonas Gahr Støre

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Jonas Gahr Støre
Illustration.
Jonas Gahr Støre en 2026.
Fonctions
Premier ministre de Norvège
En fonction depuis le
(4 ans, 10 mois et 27 jours)
Monarque Harald V
Haakon VIII
Gouvernement Støre
Législature 63e et 64e
Coalition Ap-Sp (2021-2025)
Ap (depuis 2025)
Prédécesseur Erna Solberg
Président du Parti travailliste norvégien
En fonction depuis le
(12 ans, 2 mois et 27 jours)
Prédécesseur Jens Stoltenberg
Ministre de la Santé et des Soins

(1 an et 25 jours)
Premier ministre Jens Stoltenberg
Gouvernement Stoltenberg II
Prédécesseur Anne-Grete Strøm-Erichsen
Successeur Bent Høie
Ministre des Affaires étrangères

(6 ans, 11 mois et 4 jours)
Premier ministre Jens Stoltenberg
Gouvernement Stoltenberg II
Prédécesseur Jan Petersen
Successeur Espen Barth Eide
Député norvégien
En fonction depuis le
(16 ans, 11 mois et 9 jours)
Élection 14 septembre 2009
Réélection 9 septembre 2013
11 septembre 2017
13 septembre 2021
8 septembre 2025
Circonscription Oslo
Législature 60e, 61e, 62e, 63e et 64e
Groupe politique Ap
Biographie
Date de naissance (66 ans)
Lieu de naissance Oslo (Norvège)
Nationalité Norvégienne
Parti politique Parti travailliste
Conjoint Marit Slagsvold
Diplômé de Académie royale navale
norvégienne
IEP de Paris
London School of Economics
Profession Chef de cabinet
Religion Église de Norvège
Résidence Inkognitogata 18

Signature de Jonas Gahr Støre

Image illustrative de l’article Jonas Gahr Støre
Premiers ministres de Norvège

Jonas Gahr Støre (/ˈjùːnɑs gɑˈʂtø̂ːrə/, né le ), est un homme d'État norvégien, président du Parti travailliste (Ap) et Premier ministre depuis le .

Origines familiales

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Jonas Gahr Støre est le fils du courtier en transport maritime Ulf Jonas Støre (1925–2017) et de la bibliothécaire Unni Gahr (1931–2021). Sa famille dispose d'une fortune assez importante, en grande partie issue de la vente en 1977 par son grand-père maternel, Johannes Gahr (1895-1983), de l'entreprise Jøtul qu'il dirigeait depuis 1927. Du côté paternel, les Støre étaient des fermiers influents du comté de Trøndelag au XIXe siècle. Son arrière-grand-père, Paul Edvart Støre (1838-1910), a été maître d'école, maire et député conservateur au Storting pour Levanger. Enfin, son grand-père paternel, Jonas Henry Støre (1888-1974), un important dirigeant d'entreprise dans les domaines de la mine, de l'énergie et de la finance, en présidant le fabricant d'explosif Norsk Sprængstofindustri ou encore la Christiania Bank (alors la 2e plus importante du pays). Jonas Gahr Støre est lui-même millionnaire, à la tête en 2021 d'un capital estimé à 14 millions d'euros[1].

Enfance et éducation

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Støre grandit dans le quartier de Ris, dans le district de Vestre Aker à l'extrémité nord-ouest d'Oslo. Il suit les cours de la Berg videregående skole (école secondaire supérieure Berg) qui prépare au baccalauréat international, dans le district voisin de Nordre Aker. Ensuite, il est formé en tant qu'officier de la Marine à l'Académie royale navale norvégienne dans le district de Laksevåg à Bergen.

Puis, il poursuit par des études à l'étranger. Il a ainsi étudié pendant cinq ans les relations internationales à l'Institut d'études politiques de Paris (plus connu sous le nom de « Sciences Po »), dont il sort diplômé en 1985[2],[3]. Pendant ses années à Paris, il milite pour soutenir la cause des refuznik juifs en URSS. Il a également été inscrit en doctorat à la London School of Economics, mais a abandonné au bout de quelques semaines. Il parle couramment français et anglais.

Début de carrière universitaire

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En 1986, Støre est brièvement chargé d'enseignement au Harvard Negotiation Project de la faculté de droit de Harvard. De 1986 à 1989, il est chercheur au Bedriftøkonomisk Institutt (BI, « Institut d'Économie Managériale »), travaillant sur le projet Scenarier 2000 avec le sociologue Andreas Hompland et l'économiste Petter Nore. Mais, rapidement, il se rapproche du monde politique au sein duquel il fera le reste de sa carrière.

Vie privée

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Støre épouse en 1988 Marit Slagsvold (née en 1962) dans la Flosta kirke (église Flosta) d'Arendal. Celle-ci a suivi une carrière de sociologue au Høgskolen i Oslo (Collège supérieur d'Oslo), travaillant sur l'inclusion sociale des jeunes et plus spécifiquement l'amitié, avant d'étudier la théologie pour être ordonnée en 2021 ministre du culte de l'Église de Norvège par l'évêque luthérienne d'Oslo Kari Veiteberg. Elle exerce depuis son ministère dans la paroisse d'Uranienborg à Oslo. Støre est lui-même un luthérien pratiquant. Ensemble, ils ont eu trois fils, scolarisés dans l'école Waldorf d'Oslo localisée dans le district de Vestre Aker.

Parcours politique

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Collaborateur de Gro Harlem Brundtland puis Jens Stoltenberg

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Jonas Gahr Støre postule en 1988 pour être conseiller politique aux affaires étrangères pour le Parti conservateur (H). Alors que le poste lui est offert, il finit par le décliner. En revanche, l'année suivante, il devient conseiller spécial dans le cabinet de la Première ministre travailliste Gro Harlem Brundtland[4]. L'influence de cette dernière va le pousser à adhérer au Parti travailliste (AP) en 1995, année au cours de laquelle il devient directeur général (ekspedisjonssjef) au cabinet de la Première ministre. Puis, lorsque Gro Harlem Brundtland devient directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en 1998, Støre la suit en tant que directeur de cabinet (Executive director) jusqu'en 2000.

De 2000 à 2001, il est secrétaire d'État ainsi que le directeur de cabinet (stabssjef) d'un autre Premier ministre travailliste, Jens Stoltenberg, qui dirige alors un gouvernement aux accents très libéraux, selon le modèle du New Labour britannique de Tony Blair, organisant le plus important programme de privatisation de l'histoire norvégienne[5],[6].

Après la défaite de l'AP aux législatives du , Støre devient le président exécutif du think tank ECON Analyse, de 2002 à 2003. En , il est nommé secrétaire général de la Croix-Rouge norvégienne[7]. Il reste en fonction jusqu'en , date de son entrée au gouvernement[8].

Ministre de Jens Stoltenberg

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Jonas Gahr Støre avec le président des États-Unis Barack Obama et la Première dame Michelle Obama lors d'une réception à New York en 2009.

Le , il est nommé ministre des Affaires étrangères du second gouvernement de Jens Stoltenberg, formé après la victoire de la gauche aux élections législatives des et [8]. Sa nomination fait l'objet de critiques, en interne du Parti travailliste seulement de la part de responsables syndicaux, car elle représenterait un glissement vers la droite de la ligne politique du Premier ministre et du parti[9].

Le , alors qu'il est en déplacement à Kaboul, son hôtel est la cible d'un attentat-suicide qui tue six personnes, dont un journaliste du quotidien norvégien Dagbladet. Støre s'en sort indemne et annule le reste de son voyage en Afghanistan[10]. Les Talibans, auteurs de l'attaque, affirment alors que Støre n'en était pas la cible, bien qu'il ait été volontaire qu'elle se déroule en sa présence[11],[12].

Il est élu député au Storting lors des élections législatives du , remportées par la coalition gouvernementale, et à l'issue desquelles il est reconduit au ministère des Affaires étrangères.

Avec l'ancienne Première ministre Gro Harlem Brundtland et le président de la Ligue des jeunes travaillistes Eskil Pedersen (en), il fait partie des trois principales cibles du terroriste Anders Behring Breivik lors des attentats du [13].

Le , à l'occasion d'un remaniement ministériel, il est nommé ministre de la Santé et des Soins[14]. Il conserve ce poste jusqu'en , après la défaite de la coalition gouvernementale aux élections législatives.

Chef de l'opposition travailliste

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Jens Stoltenberg annonce son départ de la présidence du Parti travailliste après sa défaite aux élections législatives de . Le , le comité de direction du parti apporte son soutien unanime à Jonas Gahr Støre pour succéder à Stoltenberg[15]. Il est élu à la présidence du parti lors d'un congrès extraordinaire le [16].

Il est le leader du Parti travailliste aux élections législatives de [17]. Il est défait par la coalition de droite menée par la première ministre sortante : Erna Solberg.

Premier ministre

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Lors des élections législatives de 2021, le Parti travailliste arrive en tête avec 48 sièges, emmené par Jonas Gahr Støre et le plaçant comme futur Premier ministre.

Le , le Parti travailliste, le Parti du centre et le Parti socialiste de gauche ouvrent des discussions préliminaires pour explorer la possibilité d'un gouvernement commun[18]. Les socialistes annoncent se retirer de ces échanges le suivant et passer dans l'opposition, dénonçant l'absence de base pour former un exécutif « rouge-vert » et laissant de facto en minorité un gouvernement emmené par les travaillistes[19]. Quelques heures plus tard, ces derniers annoncent lancer de véritables négociations de coalition avec les centristes, précisant qu'ils seront à la tête du futur exécutif norvégien[20].

Le , Jonas Gahr Støre annonce avoir conclu un accord de coalition avec le Parti du centre pour former un gouvernement minoritaire, avec 76 sièges sur 169. Il succède officiellement à la conservatrice Erna Solberg le 14 octobre 2021[21],[22].

Le , un tireur ayant prêté allégeance à l'État islamique fait deux morts et vingt-et-un blessés dans une fusillade à Oslo en marge des préparatifs de la marche des fiertés[23]. Støre apporte alors son soutien à la communauté LGBTQ+, et appelle à rejeter les amalgames pouvant viser la communauté musulmane après l'attaque[24].

Son gouvernement est fragilisé par plusieurs scandales, conduisant à la démission de quatre ministres. La ministre du Travail, Hadia Tajik, démissionne en , après avoir reconnu avoir bénéficié, une quinzaine d'années plus tôt, d'un appartement de fonction exonéré d'impôts. Un mois plus tard, c'est au tour du centriste Odd Roger Enoksen, ministre de la Défense, de quitter l'exécutif, à la suite de la révélation d'une relation extraconjugale avec une jeune femme. Le , la ministre de la Culture, Anette Trettebergstuen, quitte également son poste. Les médias révèlent qu'elle avait nommé plusieurs proches à des fonctions publiques à haute rémunération. Enfin, en , le ministre de la Recherche et de l'Enseignement supérieur Ola Borten Moe, numéro deux du Parti du centre, est contraint de remettre sa démission à la suite de conflits d’intérêts concernant ses transactions financières[25].

Il annonce en 2024 la reconnaissance de la Palestine par la Norvège, affirmant que « les Israéliens et les Palestiniens ont tous le droit de vivre en paix dans leur propre État », ce qui crée une crise diplomatique avec Israël. Ce dernier rappelle son ambassadeur à Oslo, puis révoque l'accréditation de huit diplomates norvégiens en poste à Tel-Aviv et rattachés à la représentation du pays nordique en Cisjordanie[26]. Le , la Norvège a finalement annoncé la fermeture de sa représentation en Cisjordanie[26].

Le , le ministre des Finances Trygve Slagsvold Vedum annonce le départ du Parti du centre de la coalition gouvernementale, en raison d'un désaccord sur la transposition de directives européennes en matière énergétique[27]. Støre compose alors le un gouvernement minoritaire composé uniquement de ministres travaillistes dans un remaniement marqué par le retour à la politique nationale de l'ancien Premier ministre Jens Stoltenberg au poste de ministre des Finances[28].

Lors des élections législatives de , le Parti travailliste termine en tête avec 53 sièges, et le bloc de gauche remporte une nouvelle fois la majorité absolue[29].

Après un dépôt de plainte de l‘association Grandmothers Against Genocide contre Jonas Støre, le Procureur de Norvège a demandé une enquête à la Kripo (police criminelle). Le fonds souverain norvégien a retiré des investissements dans 35 compagnies israéliennes, mais en a conservé dans 29 autres, dont des sociétés qui fournissent de l’armement à Israël. Les plaintes estiment que ces investissements violent le statut de Rome et participent au génocide de Gaza[30].

Le roi de Norvège Harald V meurt le . Jonas Gahr Støre devient ainsi le dernier Premier ministre du défunt roi, et le premier de son successeur, Haakon VIII.

Notes et références

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  1. « Jonas Gahr Støre, un millionnaire à l'assaut des inégalités en Norvège », sur LExpress.fr, lexpress, (consulté le ).
  2. sciencespo-alumni.fr.
  3. « En Norvège, la gauche remporte les législatives et revient au pouvoir », sur Le Monde, (consulté le ).
  4. (no) « Jonas Gahr Støre var Høyre-mann » [archive du ], (consulté le )
  5. (no) « Har solgt ut mest », sur Aftenposten (consulté le )
  6. (no) « Jagland mener Ap nå slår inn på en riktig politisk linje: Mer stat og styring », sur Aftenposten,
  7. (no) « Gahr Støre ny Røde Kors-sjef », sur NRK, (consulté le )
  8. 1 2 (no) « Jens tok farens generalsekretær », sur Nettavisen, (consulté le )
  9. (no) « Jens måtte droppe«direktørvennene» », sur Dagsavisen, (consulté le )
  10. (en) « Taleban attack Kabul luxury hotel », sur BBC News, (consulté le )
  11. (no) « Taliban: –⁠ Støre var ikke målet », sur Verdens Gang, (consulté le )
  12. (no) « Taliban: Ville angripe mens Støre var på hotellet », sur Verdens Gang, (consulté le )
  13. (no) « Disse var hovedmålene til Breivik », sur Verdens Gang, (consulté le )
  14. (no) « Jens tok farens generalsekretær », sur NRK, (consulté le )
  15. (no) « Støre innstilt som ny Ap-leder », sur Bergens Tidende, (consulté le )
  16. (no) « Super-Jonas' største dag: Støre er ny leder i Arbeiderpartiet », sur Verdens Gang, (consulté le )
  17. Aude Massiot, « Les conservateurs remportent les élections en Norvège », Libération.fr, (lire en ligne, consulté le )
  18. (en) Nora Buli et Nerijus Adomaitis, « Norway coalition talks start, with climate and oil in focus », Reuters, (lire en ligne, consulté le ).
  19. (en) Robin-Ivan Capar, « Socialist Left Party leaves government coalition talks », Norway Today, (lire en ligne, consulté le ).
  20. (en) Robin-Ivan Capar, « Preliminary talks are over – the Labor Party and the Center Party launch official government negotiations », Norway Today, (lire en ligne, consulté le ).
  21. « En Norvège, la gauche remporte les législatives et revient au pouvoir », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le )
  22. « Deux survivants de la tuerie d'Utøya et une majorité de femmes dans le nouveau gouvernement en Norvège », sur LEFIGARO, (consulté le )
  23. « Tuerie d’Oslo : la police enquête sur « un acte terroriste » », sur Le Monde, (consulté le )
  24. (en) « Oslo shooting near gay bar investigated as terrorism, as Pride parade is canceled », sur CNN, (consulté le )
  25. « La Norvège secouée par une série de scandales politiques », Le Monde.fr, (lire en ligne)
  26. 1 2 « Comment Israël a tenté d’enrayer le mouvement de reconnaissance de l’Etat de Palestine », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
  27. (en) « Norway’s government collapses over EU spat », sur Politico.eu, (consulté le )
  28. (en) « Ex-NATO chief Jens Stoltenberg will be Norway’s finance minister », sur Politico.eu, (consulté le )
  29. « En Norvège, la gauche remporte les élections législatives, talonnée par l’extrême droite », sur Le Monde, (consulté le )
  30. Daniel Tester, « Criminal complaint filed against Norwegian politicians over complicity in Gaza genocide », Middle East Eye, 5 mai 2026.

Liens externes

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