Jean-Yves Ollivier

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Jean-Yves Ollivier
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Portrait de Jean-Yves Ollivier.
Alias
Monsieur Jacques
Naissance (74 ans)
Alger (Algérie française)

Jean-Yves Ollivier, né le à Alger, est un homme d’affaires français qui a principalement travaillé dans l’échange de matières premières avec les marchés émergents[1], et agit dans le domaine de la diplomatie parallèle[2] depuis de nombreuses années, en utilisant ses relations avec divers chefs d’état pour faciliter la médiation et le processus de paix en Afrique[3]. Cette dernière activité a fait l'objet d'un documentaire intitulé Plot for Peace, produit par l'ONG sud-africaine African Oral History Archive.

Jean-Yves Ollivier est le président de la Fondation Brazzaville.  

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière[modifier | modifier le code]

Né à Alger, issu d'une famille de Pieds-noirs, il est rapatrié en métropole en 1962. Sympathisant de l'Algérie française, il est arrêté en 1964 (il a alors 17 ans) pour activités liées à l'OAS et incarcéré cinq mois à la prison de la Santé (Paris), pour leur avoir servi de coursier[4].

Jean-Yves Ollivier a commencé sa carrière dans les années 1960. Il a débuté en travaillant pour des entreprises tels que Strauss Turnbull & Co, JA Goldschmidt SA ou Grainex[5], se spécialisant dans le commerce de matières premières entre l’Europe et l’Afrique.

Au début des années 1970, après le premier choc pétrolier, il s’intéresse au marché des hydrocarbures. En 1980, il crée sa propre compagnie dans ce domaine : Vitank, en s’associant à Henk Vietor, Peter de Savary et Arhmed Mannai.

De 1984 à 1989, Jean-Yves Ollivier dirige la société de négoce de charbon (Coal Trading Corporation : CTC).

En 1994, il crée Gestilac SA puis en 2002 PanAf Consultancy GmbH (basée à Zurich) et Pan Africa Consulting (basée à Hong-Kong). Plus tard, il réunit ces trois entreprises au sein du Fort group.

En 2009, il conclut la vente de 25 % de la plateforme offshore Marine XII au Congo-Brazzaville, appartenant à l’ENI et à la SNPC, à la compagnie londonienne New Age[6].

Diplomatie parallèle[modifier | modifier le code]

Dans les années 1980, Jean-Yves Ollivier devient le conseiller aux affaires africaines du maire de Paris de l’époque : Jacques Chirac. Il restera conseiller de ce dernier quand il deviendra plus tard Premier ministre[7].

En 1985, Jacques Chirac lui demande de mener une mission secrète visant à libérer quatre otages français (Marcel Fontaine, Marcel Carton, Jean-Paul Kaufmann et Michel Seurat) retenus au Liban[8][réf. insuffisante].

Le 7 septembre 1987, sur le tarmac de l’aéroport Maputo au Mozambique, 133 soldats angolais et une cinquantaine de combattants pour l’indépendance du SWAPO de Namibie sont libérés par les autorités sud-africaines en échange du capitaine sud-africain Wynand DuToit[8]. DuToit avait été capturé deux ans plus tôt en Angola alors qu’il essayait, avec son équipe, de saboter une installation pétrolière à Cabinda dans le cadre de l'opération Cabinda. Jean-Yves Ollivier a secrètement négocié cet échange de prisonniers de grande envergure, qui a également conduit à la libération de deux militants anti-apartheid qui étaient retenus en Afrique du Sud : le Français Pierre-André Albertini et le Néerlandais Klaas de Jong[9],[4].

Le 13 décembre 1988, le protocole de Brazzaville est signé, qui négocie la sortie d’Angola de près de 50 000 soldats cubains en échange du retrait des troupes sud-africaines et de l’accès à l’indépendance de la Namibie. La Namibie a servi à la suite de cet accord de base arrière pour l’armée sud-africaine et est donc restée sous le contrôle de cette dernière. Ce territoire était également le repère du leader de l’UNITA et rebelle angolais Jonas Savimbi. Jean-Yves Ollivier a facilité les négociations du protocole de Brazzaville en y invitant le président congolais Denis Sassou Nguesso[10], qui y a tenu un rôle de médiateur[8][réf. insuffisante],[4].

En 1989, Jean-Yves Ollivier a initié le processus de médiation des Comores qui a suivi le coup d’État du mercenaire français Bob Denard et a conduit au départ du mercenaire de l'île[11].

En 1990, Jean-Yves Ollivier a organisé la visite en France du nouveau président sud-africain Frederik de Klerk. C’était la première visite d’un président sud-africain en France depuis 40 ans. Le président français de l’époque, François Mitterrand, a reçu Frederik de Klerk personnellement[12].

Entre 1997 et 2002, Jean-Yves Ollivier a organisé plusieurs rencontres secrètes à Brazzaville entre des représentants ougandais et du Soudan qui menaient une guerre par mouvements rebelles interposés en République démocratique du Congo. Ces rencontres ont conduit à l'ouverture de l'ambassade d'Ouganda à Khartoum en octobre 2000, en présence de Jean-Yves OIlliver et du directeur de la sécurité extérieure de Kampala de l'époque : Amama Mbabazi, qui devint Premier ministre en 2011.

En 2002, Jean-Yves Ollivier était présent aux négociations de Sun City[13]. Ces négociations ont conduit à l’élaboration de l’accord de partage du pouvoir en République démocratique du Congo (RDC) entre le président Joseph Kabila et plusieurs chefs rebelles, dont Jean-Pierre Bemba, le chef du Mouvement de libération du Congo (MLC).

Le 17 février 2014, il publie une tribune dans Le Figaro, où il déplore « l'échec de la France » dans la crise centrafricaine. Il y prône « une coopération accrue avec les troupes africaines qui sont les seules à avoir la légitimité et les coudées franches pour désarmer le pays et imposer la paix »[14].[pertinence contestée]

Il tient depuis le 12 décembre 2013 un blog sur le site du Plus du Nouvel Observateur, où il commente l'actualité africaine et internationale[pertinence contestée].

Jean-Yves Ollivier est le président de la Fondation Brazzaville, une organisation à but non lucratif, dédiée à la paix et à la préservation de l’environnement. La fondation s’emploie à résoudre des conflits ou des différents locaux et internationaux dans la plus grande confidentialité. 

Distinctions[modifier | modifier le code]

En 1987, Jean-Yves Ollivier a reçu l’ordre de Bonne Espérance du ministre des Affaires étrangères Roelof Pik Botha. En 1995, il fut élevé au grade de grand officier de l’ordre de Bonne Espérance par le président sud-africain Nelson Mandela pour sa participation à la chute de l’apartheid. Jean-Yves Ollivier devint ainsi le seul Français à avoir jamais reçu de telles distinctions du gouvernement sud-africain, à la fois avant et après l’apartheid[15].

Jean-Yves Ollivier est également officier de la Légion d’honneur et chevalier de l'ordre national du Mérite en France, ainsi que commandeur de l'ordre du Mérite congolais au Congo Brazzaville puis grand officier de l'ordre du Mérite congolais depuis le 11 février 2014 et grand officier de l’ordre de l'Étoile d'Anjouan aux Comores[16].

Plot for Peace[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Plot for Peace.

En 2013, Plot for Peace[17], un documentaire produit par la fondation African Oral History Archive et réalisé par le réalisateur espagnol Carlos Agullò[18] met en lumière la vie de Jean-Yves Ollivier[19] ainsi que son rôle dans la chute de l’apartheid et la libération de Nelson Mandela. Plot for Peace a remporté le Prix du meilleur documentaire international au Festival de Galway[20] et le Prix de la fondation Brizzolara du meilleur film sur la résolution des conflits au Festival des Hamptons 2013[21].

Ni vu, ni connu[modifier | modifier le code]

En février 2014, Jean-Yves Ollivier publie son autobiographie, Ni vu ni connu[22].

Ce livre publié chez Fayard, propose au lecteur de découvrir « [s]a vie de négociant en politique, de Chirac et Foccart à Mandela », comme le précise sa couverture.[style à revoir]

Après la sortie du film sur sa vie, Plot for Peace, Jean-Yves Ollivier souhaitait raconter lui-même son étrange parcours et son rôle dans la libération de Nelson Mandela. C'est ainsi qu'est née l'idée de cet ouvrage autobiographique[23]. Dans un dossier consacré à Jean-Yves Ollivier et à la chute de l'apartheid dans le quotidien belge La Dernière Heure, l'homme d'affaires explique les difficultés qu'il a éprouvées pour rédiger ses mémoires : « Je ne pensais jamais me confier dans un livre. Je ne l’ai jamais recherché. Quand je me suis attelé à ce livre, j’ai sué sang et eau. Je n’ai jamais pris la moindre note tout au long de ma carrière. J’ai donc dû faire un énorme travail de mémoire pour tout remettre en place[pertinence contestée] »[24]

Références[modifier | modifier le code]

  1. [1]
  2. Slate.
  3. The Huffington Post: Plot for Peace: The Untold Story Behind South Africa's History. June 18, 2013
  4. a b et c Adrien Jaulmes, « Jean-Yves Ollivier, le mystérieux "Monsieur Jacques" », Le Figaro, encart « Culture », lundi 24 mars 2014, page 46.
  5. http://cluster015.ovh.net/~jeanyvesz/?page_id=75
  6. http://lenergiedavancer.com/la-coree-du-sud-investit-dans-le-petrole-congolais/2012/10/31/
  7. http://www.atlantico.fr/decryptage/relations-france-afrique-ne-se-limitent-pas-francafrique-jean-yves-ollivier-513516.html
  8. a b et c http://www.jeanyvesollivier.com/jean-yves-ollivier-biographie/
  9. http://fr.scribd.com/doc/110051462/Jean-Yves-Ollivier-Politique-Internationale-Anglais
  10. http://www.parismatch.com/Actu/Societe/Ce-mysterieux-Monsieur-Jacques-524830
  11. Nakidine Mattoire, (2004), Les Comores de 1975 à 1990 : une histoire politique mouvementée, Editions L'Harmattan, 192 pages. (p. 137)
  12. http://article.wn.com/view/2013/03/26/JeanYves_Ollivier_Apartheid_was_doomed_for_economic_not_mora/#/related_news
  13. http://secretsdetat.wordpress.com/tag/jean-yves-ollivier/
  14. Le Figaro.
  15. http://www.africaintelligence.com/ION/agenda/1995/10/21/jean-yves-ollivier,33660-BRE?
  16. http://www.whoswho.fr/bio/jean-yves-ollivier_28893
  17. http://www.plotforpeace.com
  18. Les Echos.
  19. http://www.atlantico.fr/users/jean-yves-ollivier
  20. http://www.irishtimes.com/blogs/screenwriter/2013/07/14/run-jump-triumphs-at-the-galway-film-fleadh/
  21. http://hamptonsfilmfest.org/features/hiff-announces-2013-conflict-resolution-award-film-slate/
  22. Sharknews.
  23. L'Express.
  24. La Dernière Heure du 7 mai 2014.

Liens externes[modifier | modifier le code]