Michel Seurat

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Michel Seurat

Naissance
Tunisie
Décès 1986 (à 39 ans)
Liban
Nationalité française
Profession
Formation

Michel Seurat est un sociologue et chercheur au CNRS, né le en Tunisie et décédé à Beyrouth en 1986.

Il est enlevé à Beyrouth avec Jean-Paul Kauffmann le 22 mai 1985, au Liban, par l'Organisation du Jihad islamique libanais, une organisation terroriste clandestine soupçonnée d'être un prête-nom du Hezbollah, mouvement chiite pro-iranien. Il meurt en captivité : l'annonce de sa mort est faite le  ; son codétenu Jean-Paul Kauffmann sera libéré le 4 mai 1988.

Le , le Hezbollah annonce que les restes de Michel Seurat sont retrouvés dans un chantier de construction de Burj El Barajneh, l'un des fiefs du Hezbollah, dans la banlieue sud de Beyrouth, recouverts d'un simple drap de laine. Ces ossements sont formellement identifiés après des tests ADN[1].

Le , son corps est rapatrié en France où il est accueilli à l'aéroport d'Orly par le Premier ministre français Dominique de Villepin[1]. Les autorités françaises présentent cette découverte comme un pur hasard, mais sa veuve Marie Seurat, d'origine syrienne, avance la thèse d'une mise en scène du Hezbollah : « Le Hezbollah savait où Michel avait été enterré (…) il a voulu se racheter une conduite (…) Quand les Forces de sécurité intérieure libanaises ont retrouvé il y a quelques semaines le corps de Michel, sa dépouille était enveloppée dans un lainage demeuré intact. Comment est-ce possible que ce drap soit resté en l'état, alors que Michel reposait depuis vingt ans dans une zone humide près de la mer, non loin de l'aéroport au sud de Beyrouth. » Elle ajoute : « Il y a l'Iran, certes, mais il y a aussi des Libanais. Et qu'on ne vienne pas me dire qu'on ne les connaît pas, ils sont au Parlement. »

Marie Seurat ainsi que cinq des anciens otages (Roger Auque, Marcel Carton, Georges Hansen, Jean-Paul Kauffmann et Jean-Louis Normandin) ont déposé plainte contre X, le 22 mai 2002, devant la justice française pour « crimes d'enlèvement et de séquestration aggravée ». Marie Seurat affirme que le 30 août 1985, alors que son mari était otage depuis trois mois, il est venu pour l'anniversaire de leur fille Laeticia, accompagné de deux de ses ravisseurs à visage découvert. D'après elle, il souffrait d'un cancer ou d'une hépatite et aurait été achevé par ses geôliers. Sa mort fut annoncée par Amine Gemayel à Laurent Guillaume, Français en mission au Liban à ce moment précis.

Ancien élève de l'Institut d'études politiques de Lyon, une salle portant son nom a été inaugurée au sein de l'établissement.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Jean-Pierre Perrin, « La dépouille de Michel Seurat revient avec tous ses mystères », sur Libération,‎

Publications[modifier | modifier le code]

  • Michel Seurat, Syrie, l'État de barbarie, Paris, Presses Universitaires de France, coll. « Proche-Orient », 2012, 288 p.
  • Olivier Carré et Michel Seurat, Les frères musulmans 1928-1982, Paris, l'Harmattan, coll. « Comprendre le Moyen-Orient »,‎ , 252 p. (ISBN 978-2-747-52398-1)

Articles connexes[modifier | modifier le code]