Jean Devaivre

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Jean Devaivre
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VillejuifVoir et modifier les données sur Wikidata
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Activités

Jean Devaivre (en Résistance Brennus, puis Janus, durant la lutte contre l'occupation nazie) est un cinéaste et résistant français, né le à Boulogne-Billancourt, mort le (à 91 ans) à Villejuif.

Réalisateur de quinze longs métrages et de 40 courts métrages, il est aussi auteur de 35 scénarios originaux et de plus de 120 adaptations et doublages. Il a reçu la « Voile d'or » - Grand prix du Festival international du film de Locarno en 1949 pour La Ferme des sept péchés, film sur l'assassinat du pamphlétaire Paul-Louis Courier.

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1934, à 21 ans, après des études aux Beaux-Arts (architecture) et aux Arts et Métiers, il commence sa carrière cinématographique comme assistant décorateur, puis comme décorateur, à la Compagnie française de cinématographie, en même temps que Francis Cosne (en), qui deviendra lui producteur de cinéma.

La même année, il effectue le remontage de Boudu sauvé des eaux de Jean Renoir (Le film présenté en salles depuis lors est la version remontée par Jean Devaivre).

Puis il devient l'assistant réalisateur de Pierre Billon et de Léo Joannon. En 1938, il est directeur technique d'Alerte en Méditerranée (Grand prix du cinéma français), auprès de Léo Joannon, lorsque celui-ci a un grave accident. Jean Devaivre terminera le film comme metteur en scène.

La guerre approche : en 1936, en convoyant un avion vers Teruel pour les républicains espagnols, avec Jean-Baptiste Salis, il fait la connaissance d'André Malraux, qu'il reverra maintes fois par la suite.

Mobilisé en 1939 comme officier de cavalerie, Jean Devaivre s'illustre durant la « drôle de guerre » en évitant à une division complète de 3 000 hommes de tomber à l'ennemi. C'est pour ce coup d'éclat qu'il gagne son premier titre militaire, la Croix du combattant – et l'Étoile d'argent –, titre qui impressionnera tant les Allemands de la Continental.

Démobilisé en 1940, il choisit d'entrer à la Continental, société de production française à capitaux allemands qui produit notamment les films de réalisateurs comme Henri-Georges Clouzot, André Cayatte, Jacques Becker. Comme 1er assistant metteur en scène, il assiste Maurice Tourneur, pour qui il termine le tournage de La Main du diable (1942) avec Pierre Fresnay, et notamment les scènes finales du procès.

Parallèlement et avec son ami le scénariste Jean-Paul Le Chanois, il entre dans la Résistance, avant de devenir « terroriste à temps complet » dans le maquis de Saône-et-Loire.

À la Libération, il reçoit la Croix du combattant, la Croix de guerre 1939-1945, et plus tard l'insigne de chevalier de la Légion d'honneur, au titre de la Seconde Guerre mondiale.

Entre 1945 et la fin des années 1960, Jean Devaivre réalise 15 longs métrages, dont Le Roi des resquilleurs (1945), La Dame d'onze heures, (1947), La Ferme des sept péchés (1948), Vendetta en Camargue (1949), L'Inconnue de Montréal (1950), Un caprice de Caroline chérie (1952), Le Fils de Caroline chérie (1954) et Alerte au Sud (1953), film d'aventures dont le tournage fut lui-même une grande aventure, avec Erich von Stroheim, sorte de James Bond avant la lettre, qui tiendra quatre ans la tête du box-office.

Viennent ensuite Pile ou Face, L'inspecteur aime la bagarre, Un Français à Moscou et Kinochoc (Devaivre travaille alors en Union soviétique pour le développement du procédé Kinopanorama).

Ses mémoires, écrits entre 1961 et les années 2000 sont parues en 2002, aux éditions Nicolas Philippe, sous le titre Action !

Filmographie[modifier | modifier le code]

Décorateur[modifier | modifier le code]

Assistant réalisateur[modifier | modifier le code]

Réalisateur[modifier | modifier le code]

Hommage[modifier | modifier le code]

Un communiqué du Ministère de la Culture a été diffusé le 28 avril 2004 par Renaud Donnedieu de Vabres en hommage à Jean Devaivre :
« Avec la disparition de Jean Devaivre, nous perdons l'un des cinéastes les plus talentueux de sa génération, un réalisateur à qui nous devons quelques-uns des plus beaux films de l'après-guerre, comme La Dame d'onze heures ou encore Alerte au sud ».

« Jean-Devaivre fait ainsi partie de ces réalisateurs qui donnent tout leur sens à l'idée d'un cinéma populaire et de grande qualité. C'était aussi un homme d'un grand courage, un vrai résistant dont la personnalité hors du commun et le comportement, au cours de ces heures si sombres, doivent aujourd'hui encore inspirer tout homme épris de liberté. C'est ainsi que ses mémoires auront permis à Bertrand Tavernier de réaliser l'un de ses plus beaux films : Laissez-passer ».

Citations[modifier | modifier le code]

  • « 274 tableaux de mots, de quelques lignes à quelques pages, tracés entre mars 1961 et avril dernier, composent ce récit. .. C'est précis comme un souvenir, écrit avec une élégante fluidité, généreux, vif… On y trouve des obscurs, des sans-grades, des puissants, des vedettes, distribués entre rôles principaux ou figurations de passage … » Autobiographie allègre et stylée du cinéaste-résistant par Antoine de Baecque - Libération du 19 juillet 2002.
  • « Tout ce que ce pays a compté de noms honorables pendant trois décennies va défiler dans les pages qui suivent. Avec aussi le sentiment que la science cinématographique serait bien peu de choses sans la conscience de l'homme » selon Jean Kéhayan, journaliste et écrivain, auteur de la préface.
  • « Ces mémoires nous offrent un témoignage du monde du cinéma sous l'Occupation. C'est une mine d'informations sur quarante ans de cinéma français. Comment se tissent des amitiés professionnelles, comment s'expriment des engagements politiques ou intellectuels. La création cinématographique vue de l'intérieur, dans son quotidien, sur fond d'événements historiques – l'Occupation, la Résistance… », Véronique Ausilio, librairie Contacts, Paris.

Les cent pages de Action ! relatives à l'Occupation en France et à la Résistance seront utilisées dans le scénario du film Laissez-passer de Bertrand Tavernier, sorti en 2002.

Le dernier manuscrit de Jean Devaivre, Admète et les trois Parques, sera prochainement publié.[réf. nécessaire]

Décorations[modifier | modifier le code]

À titre militaire : Jean Devaivre était chevalier de la Légion d'Honneur (Seconde Guerre mondiale), Étoile d'argent 1940 – citation à l'ordre de la Division – Croix du Combattant - Croix du combattant Volontaire - CVR / Croix du combattant volontaire de la Résistance - Croix des services militaires volontaires. - Médaille Guerre 39-45 avec agrafe Engagé Volontaire. Témoignage de Satisfaction du Ministre de la Guerre. Il était Président des Combattants Volontaires de la Résistance et du maquis du Charolais. Il était aussi Chevalier des Arts et Lettres.

Liens externes[modifier | modifier le code]