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Jacqueline Thiédot

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Jacqueline Thiédot
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Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 92 ans)
MontmorencyVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Jacqueline Pâquerette Louise ThiédotVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activité

Jacqueline Thiédot, née le à Lyon et morte le à Montmorency (Val-d'Oise)[1],[2], est une monteuse française, ancienne élève de l'IDHEC, deuxième promotion 1944.

Elle naît à Lyon le . Elle passe son enfance d'abord à Marseille. Elle dit : « nous étions tous très heureux dans cette ville magnifique au bord de mer ». Puis la famille déménage à Paris, où ses parents sont nommés en 1932. Elle fait ses études primaires et secondaires au lycée Lamartine. comme sa mère. Elle se refuse à entrer dans l’enseignement, comme sa mère.

Elle est attirée par les langues. Pendant la guerre, elle apprend l’anglais — « une affaire de cœur » — mais aussi l’allemand, l’espagnol, et même un peu de russe. Elle voudrait devenir secrétaire qualifiée. Elle s’inscrit en droit, passe ses examens en .

Un ancien élève de son père, Claude Vermorel, lui parle d’une nouvelle école de cinéma : l’IDHEC. L’école est publique et sélective. Jacqueline prépare seule le concours et est admise après la Libération.

À l’IDHEC, installé rue de Penthièvre dans un hôtel particulier, Jacqueline découvre une liberté nouvelle. Les moyens techniques sont dérisoires : peu de pellicule, des tournages « à blanc », un seul film collectif par an.

Elle se spécialise dans le montage : collures à la main, bouts d’actualités à assembler, presses archaïques. Elle retient l’esprit du lieu, les rencontres, les conférences de cinéastes, Jacques Becker, par exemple, et l'atmosphère : « L’IDHEC, c’était la liberté. »

À la sortie de l’école, le diplôme n’ouvre aucune porte. Dans les laboratoires, les monteuses se méfient des jeunes diplômés : « On savait bien que vous n’aviez rien appris à l’IDHEC ».

Son premier apprentissage se fait sur Corridor of Mirrors, coproduction franco-britannique tournée aux Buttes-Chaumont, premier film de Terence Young. Parce qu’elle parle anglais, Jacqueline est engagée comme assistante stagiaire dans une salle de montage surchargée. Elle découvre les horaires absurdes, les contrats précaires, les producteurs insaisissables et la matérialité du montage sur pellicule : double bande, synchronisation à la plume, kilomètres de film manipulés à la main. Le métier se révèle exigeant. Elle apprend le rangement obsessionnel des chutes, la rigueur absolue du travail d’assistante, la patience.

Après ce film, elle enchaîne avec Par la fenêtre de Gilles Grangier, puis une adaptation franco-britannique d’Alice au pays des merveilles, tournée image par image avec des marionnettes. Le film est étouffé par un procès intenté par Disney et sombre dans l’oubli.

Sa carrière s’accélère. Elle devient assistante puis chef-monteuse, travaille sur des productions françaises et internationales : L’Homme de la Tour Eiffel avec Charles Laughton, An Act of Love d’Anatole Litvak avec Kirk Douglas, Summertime de David Lean à Venise, Le Pont de la rivière Kwaï, Trapèze de Carol Reed. Elle traverse les mutations techniques du cinéma, du son optique à la pellicule magnétique, et maîtrise le montage image et son.

Dans les années 1950 et 1960, elle collabore avec Gilles Grangier, Denys de La Patellière, Michel Audiard, Marcel Camus, Robert Hossein… Elle monte des films populaires, avec Jean Gabin, Bourvil, Michel Piccoli, Romy Schneider. Son premier film comme chef-monteuse est Poisson d’avril (1954).

Elle rencontre Claude Sautet. À partir de L’Arme à gauche, puis surtout Les Choses de la vie, une collaboration profonde et durable s’installe entre eux. Ils inventent un montage sensible, attentif aux regards, aux silences, aux micro-mouvements. Jacqueline apprend à se libérer des règles de l’école : couper dans un mouvement, dans un regard, parfois même dans un clignement d’œil.

À partir du milieu des années 1950, elle s’impose, passant d’une production à l’autre. Elle travaille sur de grandes coproductions internationales et sur des films français populaires, entre les exigences industrielles et la finesse du travail artisanal.

Avec Sautet, elle signe les montages de Max et les ferrailleurs, César et Rosalie, Vincent, François, Paul… et les autres, Mado, Garçon, Nelly et Monsieur Arnaud et d’autres. Le montage devient un travail d’écriture, une recherche du rythme juste et de la vérité émotionnelle.

Jacqueline sera nommée aux Césars en 1996 pour le prix du meilleur montage sur Nelly et Monsieur Arnaud de Claude Sautet.

Filmographie

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Notes et références

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  1. (BNF 14140950)
  2. « matchID - Moteur de recherche des décès », sur deces.matchid.io (consulté le )

Liens externes

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