Ibn Toumert

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Ibn Toumert
Fonction
Calife almohade (d)
-
Biographie
Naissance
Décès
Lieu de travail
Formation
Al-Nizamiyya de Bagdad (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Autres informations
Religions
Élève

Al-Mahdi Mohamed ben Toumert (en berbère : Muḥmmad U Tumert ; arabe : المهدي محمد بن تومرت), ou plus communément Ibn Toumert (en berbère : U Tumert), est né dans l'Anti-Atlas marocain, entre 1075 et 1097[1], à Igiliz-des-Hargha[2]. Réformateur berbère musulman, il meurt en 1130 avant d'avoir pu réaliser son projet de prendre Marrakech aux Almoravides. Après sa mort, son disciple `Abdul-Mu'min devint le premier calife du mouvement des Almohades. Son nom « Tumert » signifie la joie en berbère.

Histoire[modifier | modifier le code]

Originaire de Tinmel un petit village amazighe de l'Atlas, Ibn Toumert se fit remarquer par son zèle religieux. Il aurait fait une partie de ses études en Andalousie et se serait initié aux écrits de Ibn Hazm, théologien cordouan (de Courdoue ) mort en 1064. Il exprime une aversion pour l'interprétation personnelle (ra'īy) et ne se réfère qu'à la tradition (Sounna) et au consensus (Ijma`). Il se retrouve à Bagdad pour étudier les sources du droit (Fiqh). Il y aurait rencontré al-Ghazalî, un grand penseur du soufisme[3], mais il est certain qu'il étudia la théologie de al-Ach`arî. Sur le chemin du retour, sa rigueur et ses interventions créèrent quelques incidents. Il fit une rencontre essentielle à Bejaia d'un jeune homme plein de fougue, `Abdul-Mu'min, qui devint son meilleur disciple.

Sa morale rigoriste l'amène à condamner toute distraction dont la musique. Il réaffirme le principe de l'unicité de Dieu (Tawhid) et récuse les anthropomorphismes (mujassimah). Sa véritable originalité fut dans la méthode de diffusion de sa doctrine plus que dans son contenu lui-même. Il écrivit des petits opuscules en langue amazighe destinés à ses disciples.

Il réalisa la traduction du coran en langue amazighe, et son livre aazou ma youtlab , constitue la référence expliquant la doctrine d'Ibn Toumert.

Arrivé à Marrakech (1120) il se heurta aux notables Almoravides en critiquant leurs mœurs. C'est alors qu'il se dit mahdi et « imam impeccable »[4], reprenant une tradition chiite à son compte. Il repartit vers l'Atlas pour diffuser sa propagande dans les tribus qui avaient quelques griefs contre les Almoravides. Il fédéra les tribus sous son autorité dans une organisation d'assemblées pyramidales :

  • Les gens du foyer (ahl ad-dâr), faite des disciples les plus proches.
  • Deux conseils : l'un est fait de dix membres, et l'autre fait de cinquante, les deux conseils sont sur le modèle des assemblées de notables des tribus amazighes.

Le Mahdi, considéré comme impeccable et infaillible[réf. nécessaire], exerçait une autorité que nul ne contestait. Les tribus étaient rangées en ordre hiérarchique, les Harghas, celle de Ibn Toumert en premier. La société elle-même était hiérarchisée et la pratique des rites religieux obligatoire. Avec `Abd al-Mû'min, le Mahdi n'hésita pas à des mesures d'épuration exécutant tous les suspects, toute une tribu fut ainsi éliminée car considérée comme peu sûre.

Les Almoravides attaquent Tinmel où se trouvait Ibn Toumert par crainte de se faire attaquer en premier. Ils sont battus et durent se replier dans les fortifications de Marrakech qui sont alors assiégées. Au cours d'une contre-attaque, les Almoravides réussissent à repousser les assaillants et `Abd al-Mû'min est blessé au cours des combats.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Charles-André Julien, Histoire de l'Afrique du Nord. Des origines à 1830, éd. Payot, Paris, 1966, p. 97
  2. Conférence au Louvre de Abdallah Fili, le 15 décembre 2011 : Nouvelles recherches archéologiques sur la période islamqiue au Maroc.
  3. Cette anecdote est légendaire selon Dominique et Janine Sourdel, Dictionnaire historique de l'Islam, éd. Presses Universitaires de France, 1996, (ISBN 978-2-1304-7320-6), page 377.
  4. La notion d'impeccabilité est attribuée aux imams dans la tradition chiite , spécialement le chiisme imamite duodécimain. Elle est associée à la notion d'infaillibilité, ces deux qualités constituant la 'isma (selon Dominique et Janine Sourdel, Dictionnaire historique de l'Islam, éd. Presses Universitaires de France, 1996, (ISBN 978-2-1304-7320-6), page 411.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]