Ali ben Youssef
| Émir almoravide | |
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| Naissance | |
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| Décès | |
| Nom dans la langue maternelle |
ⵢⵓⵙⴼ ⵓ ⵜⴰⵛⴼⵉⵏ ⵓ ⵜⴰⵍⴰⴽⴰⴽⵉⵏ ⴰⵍⵎⵜⴰⵏ ⴰⵥⵏⴰⴳ |
| Famille | |
| Père | |
| Mère | |
| Fratrie | |
| Conjoint |
Ghaniya al-Lamtuniyya (d) |
| Enfant |
Ali ben Youssef ou Ali Ou-Youssef (1083- ) (berbère : ⵄⵍⵉ ⵓ ⵢⵓⵙⴼ, arabe : علي بن يوسف) est un souverain de la dynastie berbère des Almoravides. Il succède à son père Youssef ben Tachfine en à la tête d'un empire qui s'étend du Sénégal à Al-Andalus.
Durant son règne, il poursuit les conquêtes au sein de la péninsule ibérique et écrase notamment l'armée d'Alphonse VI en 1108. Toutefois, les différentes batailles qu'il mène visent surtout à préserver le contrôle des territoires dont il hérite. C'est durant son règne que naît le mouvement almohade mené par Ibn Tûmart et opposé au rigorisme prêché par les almoravides.
Biographie
[modifier | modifier le code]Enfance et accession au pouvoir
[modifier | modifier le code]Abū’l-Ḥasan ‘Alī b.Yūsuf b. Tašfīn al-Lamtūnī naît en 1083 de l'union de Youssef ben Tachfine et d'une esclave chrétienne. Il est élevé à Ceuta dans un cadre andalou distant des cultures et coutumes Lemtouna dont il est issu. Il est généralement décrit comme calme, pieux et intellectuel. Il devient l'héritier présomptif de Youssef en 1102[3]. Il est nommé à la tête du pouvoir d'al-Andalus, depuis Cordoue, et exerce ses premières fonctions sur les différents gouverneurs de Saragosse, Grenade, Almería et Valence[4].
À la mort de Youssef, il lui succède en tant qu'Émir en en recevant le serment d'allégeance des officiers et gouverneurs à Marrakech[5]. Du fait de sa légitimité affaiblie, un neveu refuse le serment et tente une insurrection depuis Fès, réprimée le [5]. De plus, à la différence de son père, Ali ben Youssef n'adopte pas une posture visant à exploiter les oulémas pour légitimer ses actions mais s'y soumet entièrement, permettant à ce cercle d'érudit d'accroître fortement son pouvoir au détriment de l'émir[6].
Règne
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Dès le début de son règne, il reprend la guerre sainte dans la péninsule ibérique et écrase en 1108 l'armée castillane d'Alphonse VI à Uclès. À la suite de cela, le fils du roi chrétien Sancho Alfonsez succombe[7]. Sur le plan militaire, il poursuit ses conquêtes en s'attaquant à Tolède et en organisant une expédition contre le comté de Portugal[7]. Au cours des années suivantes, il se bat pour le contrôle des villes de Saragosse, Santarem, Badajoz, Porto, Coimbra, Évora, Sintra, Lisbonne, les Îles Baléares et Fraga, sa dernière victoire en 1134[7].
Cependant, son règne est également marqué par une très forte hispanisation du Maghreb qui se traduit par l'introduction de nouveaux styles architecturaux. Il fait bâtir de nombreux bâtiments publics durant son règne comme les grandes mosquées de Tlemcen et d'Alger. Il continue les transformations de Marrakech en y construisant un nouveau palais et érige la Mosquée Koutoubia dont le minbar est importé de Cordoue[8]. Sur le plan religieux, il marque le rigorisme malékite en faisant brûler les livres du théologien Al-Ghazâlî[9].
Sur le plan intérieur, l'empire montre plusieurs signe de fragilité. Le règne d'Ali ben Youssef se concentre sur les territoires espagnols et du nord du Maroc. Dans le sud, le faible contrôle permet au mouvement almohade de croître. Et tandis que l'attention militaire se déporte de nouveau vers le sud, des révoltes éclatent dans la péninsule ibérique, la plongeant dans sa deuxième période des Taïfas[10]. Cette situation provoque le tarissement du réservoir de guerriers provenant du Sahara ainsi que d'Espagne, affaiblissant très fortement l'armée almoravide[11].
En 1131, il nomme son fils Tachfine ben Ali à la gouvernance de Cordoue, cependant à la fin de son règne, les différents soulèvements en territoire espagnol et l'avancée des royaumes chrétiens le force à quitter la péninsule. Ali ben Youssef meurt en 1143 et son fils lui succède alors que les Almohades se montrent particulièrement menaçants[6].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ (en) Amira K. Bennison, Almoravid and Almohad Empires, Edinburgh University Press, (ISBN 978-0-7486-4682-1, lire en ligne), p. 156-157
- ↑ (en) Matthew S. Gordon et Kathryn A. Hain, Concubines and Courtesans: Women and Slavery in Islamic History, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-062220-6, lire en ligne), p. 240
- ↑ Rivet 2012, p. 114.
- ↑ Pascal Buresi, « Les Almoravides », dans Gouverner en Islam, Xe-XVe s., Atlande, , 295 p. (lire en ligne)
- L. Golvin, « 'Alī Ben Yūsuf ben Tašfin », Encyclopédie berbère, no 3, , p. 444–445 (ISSN 1015-7344, DOI 10.4000/encyclopedieberbere.2412, lire en ligne, consulté le )
- Fatima-Zohra Oufriha, « Chapitre II. Les Almoravides : l’ascension du Maghreb (1056-1147) », Hors collection, , p. 55–78 (lire en ligne, consulté le )
- Abitbol 2014, p. 63.
- ↑ Abitbol 2014, p. 64.
- ↑ Philippe Conrad, « L'Espagne sous la domination almoravide et almohade » août 2002 http://www.clio.fr/bibliotheque/l_espagne_sous_la_domination_almoravide_et_almohade.asp
- ↑ Abitbol 2014, p. 65.
- ↑ Rivet 2012, p. 115.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Daniel Rivet, Histoire du Maroc, Fayard, (ISBN 978-2-213-67465-0, lire en ligne).

- Michel Abitbol, Histoire du Maroc, Éditions Perrin, (ISBN 978-2-262-03816-8, lire en ligne).

Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]- Ibrahim ben Youssef, son frère.
Liens externes
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- Ressource relative aux beaux-arts :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :