Humidité du bois

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

L'humidité du bois désigne la quantité d'eau présente sous forme liquide ou de vapeur dans le bois après que l'eau libre a été évacuée. Elles est généralement exprimée en fraction, ou plus communément en pourcentage, du poids du bois sec. L'humidité du bois se mesure avec un humidimètre.

Hormis l'eau libre — soit l'eau contenue dans les cavités cellulaires ainsi que dans les espaces intercellulaires et qui y est retenue uniquement par capillarité[1] — l'eau peut exister dans le bois sous forme liquide ou de vapeur dans le lumen de la cellule, et sous forme d'eau liée, par association moléculaire à l'intérieur des parois cellulaires.

Lorsqu'un arbre est abattu, il est considéré comme « vert »: le bois vert contient encore de l'eau libre, on dit qu'il a une teneur en humidité au-dessus du point de saturation des fibres[2]. Le concept de point de saturation des fibres a été développé par l'ingénieur américain Harry D. Tiemann en 1906[3].

Ce n'est qu'une fois que toute l'eau libre a été perdue que le bois atteint le point de saturation des fibres.

La grume fraichement débitée et exposée à l'air, perd immédiatement l'eau libre. À ce stade, le bois ne se contracte pas ou ne change pas de dimension, car les fibres sont encore complètement saturées d'eau.

L'humidité du bois est une des conditions de la survie de certains champignons, insectes ou bactéries qui vont se nourrir du bois. Elle intéresse au plus haut point les secteurs de l'industrie qui exploitent ou emploient le bois. L'humidité aussi influence le pouvoir calorifique du bois de chauffage, plus un bois est sec, plus il est calorifique[4]. Le bois est hygroscopique c'est-à dire qu'il gagne ou perd de l'humidité en fonction des conditions du milieu environnant; en gagnant ou perdant de l'humidité, le bois se dilate ou se contracte, ce qu'on appelle aussi le « travail du bois », qui intéresse les métiers du bois d’œuvre.

L’humidité s’exprime en pourcentage de deux façons[5]:

  • l’humidité sur masse brute ou humidité relative (notée H): utilisée pour le bois de chauffage, elle est le rapport de la masse d'eau contenue, à la masse du bois humide;
  • l'humidité sur masse sèche ou anhydre (notée E): utilisée dans tout autre secteur, elle est le rapport de la masse d'eau contenue, à la masse du bois séché en séchoir[6].

La plupart du temps c'est l'humidité sur masse anhydre qui est exprimé.

Humidité et champignons[modifier | modifier le code]

Le bois fraichement abattu du fait de taux de humidité élevé (95% par rapport au poids sec pour les feuillus et 150% pour les résineux) est préservé des attaques des champignons. Pour qu'elles se développent, il faut que la teneur en humidité du bois ne soit ni trop élevée (saturée en eau et par là pauvre en oxygène) ni trop basse (humidité inférieure à 20%). Une humidité très haute ou très basse est dès lors la meilleur protection contre les attaques fongiques[7].

Humidité et insectes[modifier | modifier le code]

Les Scolytes et Platypes creusent des galeries dans le bois sur pied ou fraîchement abattu pour y pondre leurs œufs. Leur action est définitivement arrêtée dès que l’humidité du bois descend sous 30-35 %. L’attaque est donc finie lorsque le bois est mis en œuvre.

Bois de marine[modifier | modifier le code]

Dans les chantiers de grands travaux permanents, les constructeurs étaient forcés de s'approvisionner longtemps à l'avance de diverses essences de bois, afin d'avoir toujours un vaste assortiment de pièces de toutes configurations et dimensions et qui répondent à tous les besoins prévus et imprévus. On pratiquait le stockage à sec sous hangar, l'envasement mais surtout l'enclavation[8].

L'enclavation qui est un mode de stockage humide des grumes se pratique dans de vastes bassins, appelés fosse à mâts. La condition gorgée d'eau est d'autre-part la condition habituelle d'une bonne partie des bois de marine, du moins les œuvres mortes; les constructeurs de navire savent (même si les mécanismes de la pourriture, particulièrement la pourriture sèche leurs sont inconnus jusqu'au XIXe siècle), que ces parties sont moins susceptibles de pourrir que certaines parties émergées. Les navires entreposés à quai sont lestés pour que la coque s’enfonce dans l'eau, assurant par là sa préservation. La durée d'un navire toutefois n’excédait que rarement 15 ans, et la pourriture était presque toujours le diagnostique final conduisant à la démolition du navire[9].

L'enclavation préservait les bois des insectes qui pullulaient dans les hangars de stockage[8].

Bois de construction[modifier | modifier le code]

Le bois est hygroscopique c'est-à dire qu'il gagne ou perd de l'humidité en fonction des conditions du milieu environnant. En gagnant ou perdant de l'humidité, le bois se dilate ou se contracte, ce qu'on appelle aussi le travail du bois[10], qui est responsable d'éventuels désordres dans la mise en œuvre du bois ou dans le comportement du bois ouvré. Le bois qui, n'est pas bien sec et est exposé à l'air, ou celui qui est trop sec et est exposé dans des lieux humides, « se tourmente, se déjoint ou se cofine »[11]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « eau libre », sur gdt.oqlf.gouv.qc.ca (consulté le 26 février 2020)
  2. « bois vert », sur gdt.oqlf.gouv.qc.ca (consulté le 22 février 2020)
  3. (en) David W. Green, Evolution of Standardized Procedures for Adjusting Lumber Properties for Change in Moisture Content, U.S. Department of Agriculture, Forest Service, Forest Products Laboratory, (lire en ligne)
  4. Rémi Grovel, François Pasquier et Tammouz Eñaut Helo, Bois énergie: L'approvisionnement en plaquettes forestières, EDP Sciences, (ISBN 978-2-7598-1741-2, lire en ligne)
  5. « Mesurer et comprendre l’humidité du bois de chauffage », sur ONF Energie Bois, (consulté le 22 février 2020)
  6. (en) Charles G. Carll et Terry L. Highley, « Decay of Wood and Wood-Based ProductsAbove Ground in Buildings », Journal of Testing and Evaluation, JTEVA, Vol. 27, No. 2,‎ , pp. 150-158 (lire en ligne)
  7. FCBA, Forstliche Versuchs und Forschungsanstalt. Par l’équipe de spécialistes de l’Action Concertée QLK5-CT2001-00645 STODAFOR. Coordination : Didier Pischedda Guide technique sur la récolte et la conservation des chablis. Année 2004
  8. a et b Joseph Mathieu Sganzin. Programme, ou résumé des leçons d'un cours de constructions. Bruylant-Christophe, 1867. Lire en ligne
  9. Pierre-Marie-Joseph de Bonnefoux, Dictionnaire de marine à voiles et à vapeur : marine à voiles. A. Bertrand, 1859. Lire en ligne
  10. « travail du bois », sur gdt.oqlf.gouv.qc.ca (consulté le 22 février 2020)
  11. Joseph-Madeleine-Rose Morisot, Tableaux détaillés des prix de tous les ouvrages de batiment, Nouzou, (lire en ligne)