Hudson Taylor

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James Hudson Taylor
Description de cette image, également commentée ci-après
Missionnaire en Chine
Naissance
Barnsley, Yorkshire, England
Décès (à 73 ans)
Changsha, Hunan, Chine
Nationalité Britannique
Formation
Conjoint
Maria Jane Taylor
Jennie Faulding Taylor
Hudson & Maria Taylor en 1865

James Hudson Taylor 戴德生 () est un missionnaire baptiste anglais, qui a fondé la Mission à l'Intérieur de la Chine (MIC, en anglais CIM pour China Inland Mission), renommée ultérieurement Overseas Missionary Fellowship (OMF), et affiliée aux Frères moraves[1]. Hudson Taylor a travaillé 51 ans en Chine où il se fit connaître par son respect de la culture chinoise, portant des habits chinois, ce qui était rare à cette époque parmi les missionnaires. Il prêchait en plusieurs variétés de langues chinoises dont le Mandarin, le Teochew et le Wu, ces deux derniers étant des dialectes parlés à Shanghai et Ningbo. Connaissant bien le dialecte de Ningbo, il traduisit le Nouveau Testament dans celui-ci[2].

L'impact de la China Inland Mission a été majeur dans l'évangélisation de la Chine : elle a fait venir en Chine plus de 800 missionnaires, qui y ont fondé 125 écoles[3], créé 300 stations d'évangélisation dans les dix-huit provinces de la Chine avec plus de 500 travailleurs locaux, et converti au christianisme protestant quelque 18 000 personnes[4]. Sous la direction d'Hudson Taylor, la MIC était non-dénominationelle c’est-à-dire ouverte à des missionnaires provenant de toutes les églises protestantes. Il y avait parmi eux des femmes célibataires, des personnes issues de la classe ouvrière et de différentes nationalités. Les campagnes de la MIC contre le commerce de l’opium ont fait reconnaître Hudson Taylor comme l'un des Européens les plus importants pour la Chine du XIXe siècle[5].

Ses talents d'évangéliste et d'organisateur ont fait considérer Hudson Taylor comme une personnalité de tout premier plan dans l'histoire des missions chrétiennes[6].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et début de carrière[modifier | modifier le code]

Hudson Taylor à l'âge de 21 ans
Hudson Taylor travailla à la résidence du Dr Hardey à Kingston upon Hull et vécut dans la pauvreté de Drainside.

Hudson Taylor est né à Barnsley, Yorkshire en Angleterre. Son père, James Taylor, était pharmacien et prédicateur méthodiste laïc. Sa mère se prénommait Amelia. Pendant son adolescence, il s’éloigna des croyances de ses parents jusqu’à l’âge de dix-sept ans où il expérimente une nouvelle naissance après avoir lu un pamphlet évangélique et professe sa foi en Jésus Christ [7]. En , il ressent un appel missionnaire pour la Chine [8].

C’est à cette époque qu'il entre en contact avec le Dr Edward Cronin (en) de Kensington, un des membres de la première équipe de missionnaires envoyée à Bagdad par l’Assemblée de Frères. Taylor aurait apparemment fondé les principes de la MIC sur le modèle de mission basée sur la foi (faith mission en anglais) en entrant en contact avec une Assemblée de Frères.

Taylor a réussi à se procurer une copie du livre « China : Its State and Prospects » de Walter Henry Medhurst qu'il a lu rapidement. Il a aussi commencé au même moment à étudier le mandarin, grec, hébreu et latin.

En 1851, il déménagea dans un quartier pauvre de Kingston upon Hull pour devenir l’assistant médical du Docteur Willam Hardey. C’est là qu’il commença à se préparer à une vie de foi en se fondant sur le fait que Dieu pourvoirait à tous ses besoins et à une vie de service en travaillant auprès des démunis. Il distribuait entre autres des pamphlets parlant de l’Évangile et faisait de l’évangélisation dans la rue (open air preaching (en) en anglais) auprès des pauvres. Il a été baptisé par Andrew John Jukes (en)[9] qui était très connu à Kingston upon Hull comme enseignant d’une Assemblée de Frères.

En 1852, il commença des études en médecine au « Royal London Hospital » dans le quartier de Whitechapel à Londres comme préparation pour son travail en Chine. À cette époque, la « Chinese Evangelisation Society » fut fondée. En effet, l’Angleterre eu un intérêt grandissant pour la Chine à cette époque en raison de la guerre civile faussement considérée comme un mouvement de masse vers le Christianisme et aussi, à cause des rapports enjolivés de Karl Gützlaff à propos de l’accessibilité de la Chine. Hudson Taylor s’est offert en tant que leur premier missionnaire.

Première visite en Chine[modifier | modifier le code]

Hudson Taylor voyagea par bateau à travers les canaux et cours d'eau navigables de la Chine en prêchant et distribuant des Bibles.

Taylor quitta l’Angleterre le , avant même qu’il puisse achever ses études médicales. Il arriva à Shanghai en Chine le . Son voyage presque désastreux au bord du clipper Dumfries qui passa à l’est de l’île de Buru dura 5 mois. Arrivé en Chine, il fut jeté en pleine guerre civile faisant de sa première année une année turbulente.

Dès 1855, Taylor alla 18 fois prêcher l’Évangile autour de Shanghai, mais souvent il ne fut que mal accueilli par les gens même s’il avait avec lui du matériel médical ainsi que toutes les compétences requises pour les soigner. C’est alors qu’il eut l’idée d’adopter l’habit et la coiffure chinoise (queue de cheval à l’arrière de la tête avec le front rasé), ce qui l’aida à attirer une audience sans pour autant créer du trouble. Avant cette transformation, les gens l’appelaient le « diable noir » à cause de son pardessus. Il distribua des milliers de tracts avec la bonne nouvelle y étant inscrite ainsi que des extraits de la Bible dans Shanghai et ses alentours. Pendant son séjour dans cette ville, il adopta et prit soin d’un garçon chinois nommé Hanban.

L’évangéliste écossais William Chalmers Burns (en) de la mission presbytérienne anglaise (en) commença son travail à Shantou et Taylor se joignit à lui pour quelque temps. Peu après, il apprit que tout son matériel médical entreposé à Shanghai avait été détruit dans un incendie. En , voyageant à travers la Chine, il fut dépossédé de presque tout ce qu’il avait par des voleurs.

Relocalisé à Ningbo en 1857, Taylor reçoit une lettre de soutien de la part de George Müller, ce qui emmena son collègue John Jones et lui-même à démissionner de leur mission problématique. Ils travaillèrent comme indépendants et plus tard, créèrent la « Mission de Ningbo ». Quatre hommes chinois se joignirent à leur effort : Ni Yongfa, Feng Ninggui, Wang Laijun (en) et Qiu Guogui.

En 1858, Taylor épouse Maria Jane Dyer (en) la fille orpheline du révérend Samuel Dyer (en) de la « Société missionnaire de Londres » (London Missionary Society) qui fut un missionnaire pionnier pour les Chinois de Penang, Malaisie[10]. Taylor avait rencontré Maria à Ningbo lorsqu’elle travaillait à une école pour jeunes filles dirigée par Mary Ann Aldersey, une des premières femmes missionnaires en Chine.

Les Taylor comme couple marié s’occupèrent d’un garçon nommé Tianxi pendant qu’ils habitaient à Ningbo. Ils eurent eux-mêmes un enfant en 1858 qui mourut peu de temps après. Leur premier enfant qui survécut, Grace (en), est née en 1859. Peu après sa naissance, les Taylor prirent en charge l’hôpital de Ningbo que dirigeait auparavant le Dr William Parker. Dans une lettre à sa sœur Amelia datée du , Hudson Taylor y écrit : « Cher frère et chère sœur, venez... « Venez nous secourir ». Si je possédais mille livres sterling, la Chine devrait les avoir. Si j'avais mille vies, la Chine pourrait réclamer chacune d'elles. Non, pas la Chine, mais Christ. Pouvons-nous faire trop pour Lui ? Pouvons-nous faire assez pour un tel Sauveur ? »[11] En 1860, en raison de problèmes de santé, Taylor décida de retourner en Angleterre avec sa famille. Ils embarquèrent sur le clipper Jubilée avec leur fille Grace et un jeune homme, Wang Laedjün, de l’église de Bridge Street à Ningbo qui les aidera avec la traduction de la Bible en Angleterre.

Sa famille et la Mission à l’Intérieur de la Chine[modifier | modifier le code]

Hudson Taylor fut presque tué à Shanghai pendant la guerre civile.

Taylor utilisa son séjour en Angleterre pour continuer son travail de traduction du Nouveau Testament dans le dialecte de Ningbo pour la « Société biblique britannique et étrangère » avec le concours de Frederick Foster Gough (en) de la « Church Mission Society ». En 1862, il termina ses études (et un cours de sage-femme) au « Royal London Hospital » avec le « Collège Royal de Chirurgie » (Royal College of Surgeons). En 1865 avec l’aide de Maria, il publia un livre intitulé China's Spiritual Need and Claims (Les besoins spirituels et les droits de la Chine)[12]. Dans cet ouvrage, Taylor a écrit :

« Oh, pour l’éloquence de plaider la cause de la Chine, pour un crayon en feu trempé dans l’encre de la condition des gens. »

Ce livre fut d’une grande aide pour leur ministère puisqu’il suscita chez les lecteurs de la sympathie pour la Chine et même que certains d’entre eux s’enrôlèrent pour partir vers cette contrée lointaine. Le premier à s’embarquer fut James Joseph Meadows (en) en 1862.

Il voyagea beaucoup à travers les îles Britanniques parlant dans les églises des besoins de la Chine. Sa maison se situant dans le quartier East End à Londres, il travailla à la prison de Newgate. C’est à cette période qu’il devint ami avec Charles Haddon Spurgeon qui était pasteur au « Tabernacle métropolitain ». Il fut un supporteur de Hudson Taylor de sa vie durant. Aussi, les Taylors hébergèrent Thomas John Barnardo comme un candidat potentiel entre 1865-1866.

Leur second enfant, Herbert (en), est né à Londres en 1861 suivi de Frederick (en) en 1862, Samuel en 1864 et Jane en 1865 qui malheureusement mourut à la naissance.

Hudson Taylor seul pendant la nuit est recherché par un voleur.

Le à Brighton, Taylor se dédia entièrement à Dieu pour la fondation d’une nouvelle société qui se chargerait de l’évangélisation des Chinois se trouvant à l’intérieur des terres et n’ayant pas encore entendu l’Évangile. Il fonda la Mission à l’Intérieur de la Chine avec l’aide de William Thomas Berger (en). En moins d’un an, 24 missionnaires furent sélectionnés et 2 000 £ (ce qui équivaut à 130 000 £ en 2007) furent donnés à la Mission. Au début de l’année 1866, Taylor publia la première édition du bulletin de nouvelles de la MIC, Occasional Paper, qui devint plus tard le China’s Millions.

Le résumé qui suit écrit par Taylor est considéré comme les valeurs centrales de la MIC et qui devint plus tard la description typique d’un organisme missionnaire fondé sur la foi ou « faith mission (en) » :

Objet. La MIC fut formée sous la pression d’un besoin urgent et d’un désir honnête, contraint par l’amour de Christ et de l’espoir de son retour, d’obéir son commandement qui est prêcher l’Évangile à toute créature. Son but est, avec l’aide de Christ, d’amener les Chinois à la connaissance qui sauve de l’amour de Dieu en Jésus par les moyens de travail itinérant ou travail dans une localité fixe à travers la totalité de l’intérieur de la Chine.

Caractère. La mission est évangélique et embrasse tous membres des principales dénominations chrétiennes.

Méthodes. Les méthodes quoique inhabituelles et curieuses ont été adoptées pour le fonctionnement de l’organisation récemment fondée. Il a été déterminé que:

1. Les candidats qualifiés pour le travail missionnaire seront acceptés selon la vérité de leur foi concernant les doctrines fondamentales et cela, sans aucune restriction quant à leur dénomination.

2. Tous les missionnaires devront dépendre de Dieu pour pouvoir à leurs besoins avec une compréhension claire que la Mission ne peut pas leur garantir aucun salaire et qu’elle ne peut pas aussi contracter des dettes. Certains fonds peuvent être envoyés de temps en temps aux membres de la Mission selon ce qui est reçu.

Support. La Mission est entièrement supportée par des dons volontaires offerts par le peuple de Dieu. Les besoins sont exprimés à Dieu en prière. Aucune sollicitation ou collecte de fonds n'est autorisée. Les individus ne doivent pas dépenser au-dessus de leurs moyens contractant ainsi des dettes, ce qui est contradictoire avec le principe de mettre son entière confiance en Dieu[13].

En 1865, il fonde la Mission à l'Intérieur de la Chine[14].

Le après 5 ans de travail en Angleterre, Taylor et sa famille partent de nouveau vers la Chine avec leur nouvelle équipe missionnaire le « Lammermuir Party (en) » à bord du Lammermuir (en). Un voyage de quatre mois était considéré comme court. Dans la Mer de Chine Méridionale et aussi dans l’Océan Pacifique, le bateau faillit faire naufrage faisant face à deux typhons. Ils arrivèrent sain et sauf à Shanghai le .

Le Lammermuir Party était formé de 16 missionnaires et des 4 enfants des Taylors.

Retour en Chine[modifier | modifier le code]

L’arrivée du plus grand contingent de missionnaires à avoir jamais été envoyé en Chine ainsi que leurs intentions de s’habiller en costumes indigènes fit beaucoup de remous dans le groupe d’étrangers installé à Shanghai et occasionna quelques critiques de leur part envers la jeune MIC. Quand les autres missionnaires essayaient de préserver leur façon de vivre à l’anglaise, le groupe Lammermuir portait des habits chinois, y compris les femmes, ce qui était presque vu comme scandaleux à cette époque. Taylor était convaincu que l’Évangile ne prendrait racine en Chine que si les missionnaires étaient capables d’appuyer la culture des gens avec qui ils essayaient de communiquer. Il avait pour argument l’exemple de Paul : « Devenons comme les Chinois afin d'en sauver par tous les moyens quelques-uns ».

Ils voyagèrent le long du Grand Canal de Chine pour construire une première station dans la ville de Hangzhou qui était déchirée par la guerre. À ce moment, ils eurent une fille nommée Maria. Taylor commença son travail très prisé de médecin et prêchait en même temps ce qui lui occasionnait un horaire très chargée. Des centaines de gens vinrent pour l’entendre et pour être soignés.

Des conflits éclatèrent au milieu de l’équipe Lammermuir, ce qui réduisit leur efficacité. Quand Grace, la fille de Taylor, mourut d’une méningite en 1867, ils s’unirent pendant un certain temps et réglèrent leur conflit puisqu’ils avaient pu témoigner de la préoccupation de leur patron pour leur bien-être avant même celui de sa propre fille souffrante.

Le soulèvement de Yangzhou[modifier | modifier le code]

En 1868, les Taylors emmenèrent un groupe de missionnaires à Yangzhou pour commencer un nouveau projet, mais des problèmes survinrent au courant de l’année quand leur mission venant tout juste de commencer fut attaquée, pillée et brûlée pendant le soulèvement de Yangzhou. Malgré la violence et certaines blessures, personne ne fut tué. Malheureusement, l’indignation internationale suscitée par cette attaque sur des citoyens britanniques et par l'intervention de la Royal Navy qui en résulta, conduisit la presse britannique à tenir la MIC pour responsable de cette escalade militaire. Bien qu'Hudson Taylor n’ait jamais demandé l’intervention de l’armée dans cette affaire, certaines voix s'élevèrent au sein du Parlement du Royaume-Uni pour demander le retrait de tous les missionnaires de la Chine. Malgré ces évènements, les Taylors purent revenir un an plus tard à Yangzhou pour continuer leur travail qui porta fruit, cette fois-ci, puisque plusieurs Chinois devinrent chrétiens.

En 1869, Hudson fut influencé par un passage sur la sainteté provenant du livre Christ Is All (Christ est tout) de Henry Law (en) qui lui fut envoyé par un de ses collègues John McCarthy. « Le Seigneur Jésus est la sainteté qui commence quand il est bienvenu, le Seigneur Jésus est la sainteté qui avance quand il est chéri, le Seigneur Jésus jamais absent serait appelé la sainteté complète. » Cette nouvelle compréhension de comment continuellement demeurer en Christ resta un enseignement important pendant le restant de sa vie. Au moment de cette découverte, un missionnaire qu’il connaissait bien, Charles Henry Judd (en) le cita quand il avait dit: « Oh! M. Judd, Dieu a fait de moi un nouvel homme! »

Décès de son épouse Maria et développement de la China Inland Mission[modifier | modifier le code]

En 1868, Maria donna naissance à Charles. En 1870, Taylor et sa femme prirent la décision difficile d’envoyer leurs trois aînés (Bertie, Freddie et Maria, Samuel étant décédé un peu avant, la même année) en Angleterre avec Mademoiselle Emily Blatchley (en). En juillet, Noël naquit, mais il mourut de malnutrition 2 semaines plus tard à cause de l’incapacité de Maria à l’allaiter. Elle aussi mourut quelques jours plus tard, du choléra. Son décès ébranla beaucoup Taylor et en 1871, sa santé se détériora le conduisant à retourner en Angleterre la même année pour se soigner et s'occuper de différentes affaires.

De retour en Angleterre, Taylor se maria avec Jane Elizabeth Faulding (en) qui avait été une collègue missionnaire depuis 1866. Hudson et « Jennie » sont retournés en Chine tard dans l’année 1872 à bord du navire de commerce Tigre. Ils étaient à Nankin lorsque Jennie donna naissance à des jumeaux, un garçon et une fille, en 1873. Deux ans plus tard, les Taylors furent forcés de retourner encore une fois en Angleterre en raison de la mort du secrétaire de la Mission et de la gardienne de leurs enfants Emily Blatchley.

Hudson Taylor a épousé Jennie Faulding en 1871.

Pendant l’hiver 1874-1875, Taylor fut presque paralysé lorsqu’il tomba d’un bateau de rivière en Chine. Malgré ce handicap, Taylor publia, sûr de lui, un appel pour 18 nouveaux missionnaires à joindre la mission. Quand il recouvra des forces, Jennie resta avec les enfants (incluant les nouveaux jumeaux, Ernest et Amy ainsi que l’orpheline d’un de leur collègue missionnaire Georges Duncan) et en 1876, Hudson Taylor retourna en Chine avec les 18 missionnaires qu’il avait demandés. Pendant ce temps, le nouveau secrétaire général fut nommé, Benjamin Broomhall (en), mari d’Amelia la sœur de Taylor.

Les Sept de Cambridge en vêtements chinois en 1885.

C’est à cette période que le travail d'évangélisation de Hudson Taylor en Angleterre affecta profondément plusieurs membres de la célèbre famille Studd (en) connus pour leur pratique du cricket. Trois des frères se convertirent et devinrent très impliqués religieusement. L'un d’entre eux, Charles Studd (en), partit pour la Chine avec ses camarades chrétiens de l’université de Cambridge connu comme le groupe des « Sept de Cambridge ».

De 1876 à 1877, Taylor voyagea à travers l’intérieur de la Chine fondant de nouvelles stations missionnaires. Cela fut rendu possible grâce à la signature de la convention de Chefoo, traité entre la Chine et l’Angleterre, le ouvrant l'intérieur de la Chine à tous et permettant ainsi le travail missionnaire à se faire en toute légalité. En 1878, Jennie retourna en Chine et promut là-bas le travail missionnaire pour les femmes. En 1881, la MIC comptait en son sein 100 missionnaires.

Taylor retourna en Angleterre en 1883 pour recruter davantage de missionnaires et parler des besoins de la Chine. Il revint en Chine travaillant maintenant avec un total de 225 missionnaires ainsi que 59 églises. En 1887, leur nombre augmenta de 102 nouveaux missionnaires avec l’arrivée du groupe des « Cents ». En 1888, Taylor amena 14 missionnaires des États-Unis. Quand il fut là, il parla de la MIC à plusieurs endroits incluant la « Niagara Bible Conference (en) » où il devint ami avec Cyrus Scofield et aussi, prêcha à Chicago dans l’église de Dwight Lyman Moody. Scofield et Moody supportèrent depuis ce jour la division américain de la MIC.

En 1897, Maria, dernière survivante des enfants nés de l’union de Hudson et Maria, mourut à Wenzhou. Elle laissa derrière elle quatre enfants en bas âge ainsi que son mari John Joseph Coulthard. Bien que sa vie ait été courte, plusieurs femmes chinoises s'étaient converties au christianisme grâce à son travail.

La révolte des Boxers[modifier | modifier le code]

Les nouvelles de la révolte des Boxers ainsi que l’interruption de tout travail missionnaire en 1900 en raison de celle-ci bouleversa Hudson Taylor même si à long terme cela généra un plus grand intérêt pour les missions et une croissance de la MIC. Malgré le fait que la MIC souffrit plus que tout autre organisme missionnaire (58 travailleurs et 21 enfants furent tués), Taylor refusa tout dédommagement pour les propriétés ou vies perdues, tout cela pour prouver la douceur de Christ. Quoiqu’il fût critiqué par certains, il fut recommandé par le Bureau des Affaires étrangères et du Commonwealth, dont le ministre à Beijing fit un don de 200 £ à la MIC exprimant ainsi son admiration et sympathie. Les Chinois furent touchés par l’attitude de Taylor[15].

Ses dernières années[modifier | modifier le code]

Hudson Taylor en 1893

À cause de certains problèmes de santé, Taylor resta en Suisse en semi-retraite avec sa femme. En 1900, Dixon Edward Hoste (en) fut nommé Directeur Général par intérim de la MIC, et en 1902 Taylor démissionna officiellement. Sa femme, Jennie est décédée d’un cancer en 1904 à Chevalleyres-sur-Vevey (qui fait aujourd'hui partie du territoire de la commune de Blonay dans le canton de Vaud) et fut inhumée au cimetière paroissial protestant de La Chiésaz, près de l'Église réformée de La Chiésaz. Sa pierre tombale est aujourd'hui accrochée au mur du cimetière, à côté de l'entrée sud. En 1905, Taylor retourna en Chine pour la onzième et dernière fois. Là-bas, il visita Yangzhou, Zhenjiang et d’autres villes avant de mourir subitement alors qu’il lisait à la maison à Changsha. Il fut enterré à côté de sa première femme, Maria, à Zenjiang, près du fleuve Yangzi Jiang.

Postérité[modifier | modifier le code]

Sépulture[modifier | modifier le code]

Le petit cimetière protestant à Zhenjiang fut détruit pendant la Révolution culturelle par les Gardes rouges, pendant la campagne de "destruction des quatre vieilleries". Aujourd’hui, le cimetière a disparu laissant place à des bâtiments industriels. Par contre, la pierre tombale a été conservée dans un musée local pendant de longues années. Son arrière-petit-fils, James H. Taylor III, trouva celle-ci et avec l’aide d’une église chinoise de la région réussit à ériger de nouveau la pierre tombale dans leur bâtisse en 1999.

On peut lire sur la pierre tombale :

« Consacrée
à la mémoire
du révérend
J. Hudson Taylor,
le révéré fondateur
de La Mission à l’Intérieur de la Chine.
Né le 21 mai 1832,
Décédé le 3 juin 1905
"Un homme en Christ" 2 Cor. XII:2
Ce monument est érigé
par les missionnaires de la Mission à l’Intérieur de la Chine,
comme une marque sincère de leur affection et amour. »

En 2013, la restructuration de la terre et la démolition des anciens bâtiments industriels, a révélé que les tombeaux des Taylors étaient encore intacts. Le les tombes ont été creusées avec le sol environnant et déplacé dans une église locale pour y être réenterrés dans un jardin du souvenir.

Descendance[modifier | modifier le code]

James Hudson Taylor a eu 9 enfants de son premier mariage dont 4 seulement ont atteint l'âge adulte et 6 du second dont deux ont atteint l'âge adulte, à quoi s'est ajouté un enfant adoptif. Son troisième fils Herbert (1861-1950) a eu aussi 9 enfants, dont James Hudson Taylor III ci-dessous, et sa fille Maria (1867-1897), son 7e enfant, a eu 4 enfants de son mariage avec John Joseph Coulthard.

Des descendants de James Hudson Taylor servent comme missionnaire à temps plein en ce XXIe siècle dans des communautés chinoises d’Asie de l’Est. Son petit-fils James Hudson Taylor III (1929-2009)[16] travaillait à Hong Kong. Son fils, James H. Taylor IV, est marié à Yue-Min Ko (le premier membre de la famille Taylor à être Chinois) et travaille dans un ministère chinois. Le fils de ce dernier, James H. Taylor V, poursuit des études à l’académie chrétienne Morrison à Taichung, Taïwan.

Importance historique[modifier | modifier le code]

Le commencement des missions fondées sur la foi ou « faith mission (en) », qui consiste à envoyer des missionnaires sans salaire fixe laissant Dieu par les prières reçues pourvoir à leurs besoins à travers des supporteurs, a eu un grand impact sur les églises évangéliques jusqu’à ce jour. Après sa mort, la MIC fut renommée pour être la plus grande agence missionnaire protestante au monde et la plus importante mission protestante en Chine. Les biographies sur Hudson Taylor inspirèrent plusieurs générations de missionnaires dont Amy Carmichael qui servit en Inde, Eric Liddell médaillé d’or aux Jeux Olympiques de Paris en 1924, Jim Elliot martyr du XXe siècle, Audrey Wetherell Johnson fondatrice du « Bible Study Fellowship (en) » ainsi que les deux évangélistes Billy Graham et Luis Palau (en).

« Hudson Taylor est un des plus grands missionnaires de tous les temps et un des quatre ou cinq étrangers les plus influents, toutes catégories confondues, que la Chine du XIXe siècle a connu. »

— Kenneth Scott Latourette (en)

« Plus que tout autre être humain, James Hudson Taylor fut la plus grande des contributions à la cause de la mission mondiale du XIXe siècle. »

— Ralph D. Winter (en)

« ll était ambitieux sans être orgueilleux. Il était biblique sans être fanatique. Il avait un large esprit sans être superficiel. Il avait du charisme sans être égoïste. »

— Arthur F. Glasser (en)

« Aucun autre missionnaire depuis l’apôtre Paul n’a eu une aussi grande vision et un plan aussi structuré pour évangéliser une aussi vaste région géographique que Hudson Taylor. »[17]

Théologie[modifier | modifier le code]

Taylor avait des liens étroits avec les Assemblées de Frères, mais il était membre de l’église baptiste de Westbourne Grove à Londres, dont le pasteur était William Garrett Lewis [18].

Culture populaire[modifier | modifier le code]

  • « White Devil : The life and legend of Hudson Taylor » est un manga sorti en 2006 en hommage au fondateur de la MIC.
  • Il existe un film sur la vie missionnaire de Hudson Taylor, produit par Ken Anderson films[19].

Publications[modifier | modifier le code]

Plusieurs de ses manuscrits et lettres sont archivés à l’école « School of Oriental and African Studies » à Londres.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Overseas Missionary Fellowship » (consulté le 19 décembre 2015)
  2. (en) « Biographical dictionary of Chinese Christianity » (consulté le 15 octobre 2009)
  3. (en) N. Gist Gee, The Educational Directory for China, Suzhou, Educational Association of China, , 43 p.
  4. (en) The China Mission Year Book, Shanghai, Christian Literature Society for China, , 281–282 p.
  5. (en) Alfred James Broomhall (en), Hudson Taylor & China's Open Century Volume One : Barbarians at the Gates, Hodder and Stoughton and Overseas Missionary Fellowship,
  6. « Aucun autre missionnaire depuis l’apôtre Paul n’a eu une aussi grande vision et un plan aussi structuré pour évangéliser une aussi vaste région géographique que Hudson Taylor. » in: (en) Ruth Tucker, From Jerusalem to Irian Jaya : A Biographical History of Christian Missions, Grand Rapids, Michigan, Zondervan, , 526 p. (ISBN 0-310-23937-0, lire en ligne), p. 73
  7. (en) J. Hudson Taylor, Hudson Taylor (Men of Faith), Bethany House, , 160 p. (ISBN 0-87123-951-5)
  8. Randall Herbert Balmer, Encyclopedia of Evangelicalism: Revised and expanded edition, Baylor University Press, USA, 2004, p. 568
  9. Story of Faith Missions – Page 204 Klaus Fiedler – 1997 "Hudson Taylor was baptized in the Hull Brethren Assembly in 1852. He convinced his sister Amelia of the need for believers baptism and actually baptized her, a step which she very soon came to regret (Broomhall, Over the Treaty Wall)"
  10. (en) Evan Davies (en), The Memoir of Samuel Dyer : Sixteen Years Missionary to the Chinese, Londres, John Snow,
  11. (en) Alfred James Broomhall, Hudson Taylor and China's Open Century : If I had A Thousand Lives, Londres, Hodder and Stoughton,
  12. a et b James Hudson Taylor, China spiritual need and claims, James Nisbet,
  13. (en) Marshall Broomhall (en), Last Letters and Further Records of Martyred Missionaries of the China Inland Mission, Londres, Morgan and Scott, (lire en ligne), appendix
  14. Mark A. Lamport, Encyclopedia of Christianity in the Global South, Volume 2, Rowman & Littlefield, USA, 2018, p. 148
  15. (en) Marshall Broomhall, Martyred Missionaries of the China Inland Mission with a record of the Perils and Sufferings of Some Who Escaped, Londres, Morgan and Scott, (lire en ligne) page needed
  16. (en) « Rev. James Hudson Taylor III passed away at age 79 in Hong Kong », sur gospelherald.net,
  17. (en) Ruth Tucker, From Jerusalem to Irian Jaya : A Biographical History of Christian Missions, Grand Rapids, Michigan, Zondervan, , 526 p. (ISBN 0-310-23937-0, lire en ligne), p. 73
  18. Klaus Fiedler, The Story of Faith Missions, Oxford Centre for Mission Studies, UK, 1994, p. 173
  19. (es) « Hudson Tailor », sur filmaffinity.com
  20. China's millions, Hazell, Watson, and Viney, London and Aylesbury, J. Hudson Taylor, (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Roger Steer, Hudson Taylor l'Évangile au cœur de la Chine, 1996, Maison de la Bible / EGM, (ISBN 282603295X)
  • M. et Mme Howard Taylor, Hudson Taylor fondateur de la mission à l'intérieur de la Chine, Vevey, Éditions des groupes missionnaires, 1947, 2 vol.

Liens externes[modifier | modifier le code]