Prison de Newgate

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L’ancienne prison de Newgate, remplacée au XVIIIe siècle.

La prison de Newgate fut une prison de Londres, elle fut d'abord installée en 1188, dans les murs de la Newgate, (la « porte Neuve »), l'une des sept portes historiques de la Cité de Londres, située à l'angle de Newgate Street et de Old Bailey. Puis elle fut agrandie et reconstruite de nombreuses fois, vers l'emplacement de l'actuelle Haute Cour criminelle de Old Bailey, à deux pas la cathédrale Saint-Paul.

De 1783 à 1902, elle fut le théâtre de 1 169 exécutions (soit un peu moins de 10 par an)[1]. La prison ferma définitivement en 1902 et fut démolie deux ans plus tard, pour permettre la construction du tribunal qui fut inauguré en 1907[1].

Conditions de détention[modifier | modifier le code]

Les conditions sanitaires y sont déplorables. À partir de 1734, John Theophilus Desaguliers[2], et le physiologiste, chimiste et inventeur britannique Stephen Hales, introduisent les ventilateurs mécaniques pour aérer la Prison de Newgate, les hôpitaux et surtout les Chambres des communes : en 1750 un comité est institué à Londres, créé par la Royal Society pour examiner le mauvais état de ventilation de ces prisons qui produit alors « la maladie bien connue sous le nom de fièvre des prisons ». Sir John Pringle auteur de Observations on the Nature and Cure of Hospital and Jayl Fevers et le docteur Hales recommandent l'usage d'un ventilateur inventé par ce dernier et bientôt les décès à Newgate diminuent, passant de sept à huit par semaine à environ deux par mois. On a une idée de ce qu'est alors la prison de Newgate par le fait que des onze ouvriers employés pour installer le ventilateur, sept sont victimes de la fièvre et un en meurt[3].

Devant la quasi disparition des décès par la « fièvre des prisons », l'usage des ventilateurs inventés par Stephen Hales, se généralise dans ces établissements, ainsi que dans les hospices et les navires. Leur emploi se répand également en France, où Hales obtiendra du roi Louis XV, à l'occasion d'une guerre avec la France, l'autorisation de faire installer de tels dispositifs dans les dépôts où sont retenus des prisonniers anglais.

Au début du XIXe siècle, la prison a attiré l'attention de la réformatrice sociale Elizabeth Fry. Elle était particulièrement préoccupée par les conditions difficiles de détention des femmes (et de leurs enfants). Après avoir présenté des preuves à la Chambre des communes, des améliorations ont été apportées, comme en 1858, avec l'aménagement de cellules individuelles.

Exécutions[modifier | modifier le code]

En 1783, le gibet de Londres a été déplacé de Tyburn à Newgate. Les exécutions publiques en dehors de la prison de Newgate ont continué à attirer de grandes foules car les potences étaient érigées dans Newgate Street. Il était également possible de visiter la prison en obtenant un permis délivré par le maire de la ville de Londres ou par un shérif. Les condamnés à mort étaient maintenus dans des cellules sombres et étroites séparées de Newgate Street par une paroi épaisse et ne recevant qu'une faible lumière de la cour intérieure. Jusqu'au XXe siècle, les exécuteurs étaient formés à Newgate. L'un des plus célèbres bourreaux officiant à Newgate a été William Marwood qui a perfectionné la méthode de pendaison dite « Long Drop ».

A partir de 1868, les exécutions publiques ont été abandonnées : le , Michael Barrett a été le dernier condamné à être pendu en place publique (et le dernier à être exécuté publiquement en Grande-Bretagne). L'un des derniers bourreaux de Newgate a été John Ellis, en 1901. La dernière pendaison à Newgate a été réalisée par William Billington (en), le [4].

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Prisonniers renommés[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. a et b (en) Newgate Prison: A History of Infamy
  2. V. C. Joly. Traité pratique du chauffage, de l'aération et de la distribution des eaux dans les habitations particulières : à l'usage des architectes, des entrepreneurs et des propriétaires. 1869. Consulter en ligne
  3. Edouard Mailly. Essai sur les institutions scientifiques de la Grande-Bretagne et de l'Irlande. F. Hayez, 1867
  4. (en) Terry Trainor, « Newgate Prison. The History, The Executioners and the Executed », sur guides.wikinut.com, (consulté le 28 mai 2017).
  5. (en) Keith Hollingsworth, The Newgate Novel, 1830-1847, Bulwer, Ainsworth, Dickens & Thackeray, Detroit, Wayne State University Press,