Hernando Calvo Ospina

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Hernando Calvo Ospina
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Hernando Calvo Ospina, né le à Cali, est un journaliste et écrivain colombien résidant en France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Étudiant en journalisme à l’Université centrale de l'Équateur à Quito, engagé à gauche et détracteur du gouvernement de son pays, Calvo Ospina fut arrêté et porté disparu le 24 septembre 1985. Ses ravisseurs lui apprirent qu’il avait été capturé dans le cadre d’une opération commune des services de renseignements militaires colombiens et équatoriens. Quelques jours plus tôt un commando de la guérilla colombienne du Movimiento 19 de Abril, M-19 (« Mouvement 19 avril ») avait séquestré un très riche homme d’affaires équatorien, ce qui déclencha une « chasse aux sorcières » de la part des services de sécurité à l’encontre de tout résident colombien considéré de gauche. Ne trouvant aucune preuve de sa présumée participation dans des organisations de guérilla, il fut finalement envoyé le 4 octobre à la prison García Moreno, où il passa presque trois mois sans procès. Face à une forte pression internationale, le gouvernement du président León Febres-Cordero dut l’autoriser à sortir de prison, mais le fit directement partir pour Lima au Pérou, le 28 décembre 1985. Après deux mois passés dans ce pays, sous la protection du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), le gouvernement du président Alan García le considéra « persona non grata » et exigea son départ. Sous la protection du gouvernement français, le 15 mars 1986, il arriva à Paris.

Il dénonça par la suite auprès d’Amnesty International et d’autres institutions internationales de défense des droits de l’homme, les conditions drastiques de son arrestation et de son internement (notamment coups et décharges électriques).

Durant quatre ans, pour survivre, il fit des ménages dans des bureaux parisiens, avant de pouvoir reprendre son métier de journaliste.

Il a été entraîneur et arbitre de volley-ball, ainsi que danseur passionné et collectionneur de salsa.

Il est l’auteur de plusieurs livres, traduits dans une dizaine de langues.

Collaborateur permanent du mensuel français Le Monde diplomatique, il a aussi participé à la réalisation de documentaires pour la télévision ; pour la BBC (Grande-Bretagne), ARTE (France / Allemagne), et ADR (Allemagne).

Il a donné des conférences aux côtés de personnalités telles que le dirigeant cubain Fidel Castro et le président du Venezuela Hugo Chávez. Il a interviewé le président de l’Équateur, Rafael Correa[1], ainsi que des figures politiques, intellectuelles ou artistiques : en France, Danielle Mitterrand[2], le journaliste Ignacio Ramonet[3], le comédien Pierre Richard[4] et Monseigneur Jacques Gaillot[5] ; aux États-Unis le sociologue James Petras.

Pour différents reportages, il a rencontré et interviewé Raúl Reyes et Jaime Guaracas[6], commandants de la guérilla des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie), ainsi que les commandants guérilleros de l’ELN (Armée de libération nationale) Manuel Pérez Martínez (ancien principal dirigeant), Milton Hernández et Ramiro Vargas.

La préparation de son livre Don Pablo Escobar l’a amené à passer plusieurs jours avec des membres du célèbre «Cartel de Medellin». Pour son livre Perú: los senderos posibles (en français : « Pérou : les possibles sentiers »), il a interviewé de hauts responsables militaires péruviens, ainsi que des cadres et des sympathisants de l’organisation Sentier lumineux.

À Miami et à New York, il a interviewé des dirigeants d’organisations qui ont été désignées responsables de crimes et attentats terroristes, tous d’origine cubaine, Orlando Bosch Avila, Nazario Sargent (†), José « Pepe » Hernández et José Basulto. Ces interviews sont publiées dans le livre Dissidents ou mercenaires ?.

En janvier 2005, le documentaire The Secret of the Bat: Bacardi - Between Rum and Revolution (en français : « Le secret de la chauve-souris: Bacardi, entre rhum et révolution »), a reçu la médaille de bronze (Bronze World Medal) du New York Film Festival[7]. Ce documentaire s’inspire du livre Rhum Bacardi : CIA, Cuba et Mondialisation, de Calvo Ospina, qui participe aussi en personne au film.

Le 5 février 2009, il a donné une conférence sur « Les sociétés militaires privées en Colombie », lors de la Journée d'étude « Privatisation de la violence », organisée par le Centre de Recherche des Écoles de Saint-Cyr Coëtquidan (CREC), haute école de formation des officiers de l'armée de terre française.

Fervent critique de ce qu'il considère comme du terrorisme d’État en Colombie, comme de la politique agressive des États-Unis, notamment en Amérique latine, il découvre le 18 avril 2009 qu’il figure sur la « No Fly List » des autorités américaines, lorsque l’avion dans lequel il se trouve (un avion d’Air France qui se dirigeait vers Mexico, en provenance de Paris, sans escale aux États-Unis) reçoit l’interdiction de survoler l’espace aérien des États-Unis « pour des motifs de sécurité nationale »[8],[9].

La nationalité française lui fut refusée le 22 septembre 2011. La lettre du Ministère de l'Intérieur lui signifiant ce refus précise qu'il lui est reproché d’entretenir « des relations avec la représentation cubaine à Paris » ainsi que sa « proximité avec l’idéologie castriste ». Il lui est aussi reproché d'avoir rencontré des membres des FARC « à l’occasion de vos activités de journaliste », et de faire partie de la « liste américaine de personnes interdites de survol de l’espace aérien des États-Unis »[10].

Positions politiques[modifier | modifier le code]

Il ne cache pas sa sympathie pour la révolution cubaine et la révolution bolivarienne au Venezuela, ainsi que pour le processus de changement mis en marche par le président Evo Morales en Bolivie. Il insiste par ailleurs sur l'urgence d'une issue politique négociée pour mettre fin au conflit interne en Colombie.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Champ libre pour transformer l’Équateur - hcalvospina.free.fr, 1er novembre 2007
  2. "La démocratie n’existe ni aux USA, ni en France" - hcalvospina.free.fr, 28 octobre 2005
  3. « Ce livre est une semence qui va germer » - hcalvospina.free.fr, 22 février 2007
  4. "Fidel Castro est un mythe vivant…" - hcalvospina.free.fr, 15 janvier 2007
  5. « En France, l’injustice règne partout » - hcalvospina.free.fr, 17 janvier 2011
  6. « Malheureusement, la paix n’est pas entre les mains des FARC » - hcalvospina.free.fr, 30 septembre 2008
  7. Bacardi et La face cachée de la CIA - hcalvospina.free.fr, 21 octobre 2003
  8. L'homme qui menaçait les États-Unis, Maurice Lemoine, Le Monde diplomatique, mai 2009
  9. Le jour où les États-Unis m’ont interdit de survoler leur territoire - hcalvospina.free.fr, 20 avril 2009
  10. « Pas de nationalité française pour le journaliste Hernando Calvo Ospina », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]