Hernando Calvo Ospina

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Hernando Calvo Ospina
Image dans Infobox.
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (59 ans)
CaliVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Domicile
Activités
Journaliste, écrivain, documentaristeVoir et modifier les données sur Wikidata
Fr3.jpg

Hernando Calvo Ospina, né le à Cali, est un journaliste, écrivain et réalisateur de documentaires colombien résidant en France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Étudiant en journalisme à l’Université centrale de l'Équateur à Quito, engagé à gauche et détracteur du gouvernement de son pays, Calvo Ospina fut arrêté et porté disparu le . Ses ravisseurs lui apprirent qu’il avait été capturé dans le cadre d’une opération commune des services de renseignements militaires colombiens et équatoriens. Quelques jours plus tôt, un commando de la guérilla colombienne du Movimiento 19 de Abril, M-19 (« Mouvement  ») avait séquestré un très riche homme d’affaires équatorien, ce qui déclencha une « chasse aux sorcières » de la part des services de sécurité à l’encontre de tout résident colombien considéré de gauche. Ne trouvant aucune preuve de sa présumée participation dans des organisations de guérilla, il fut finalement envoyé le à la prison García Moreno, où il passa presque trois mois sans procès. Face à une forte pression internationale, le gouvernement du président León Febres-Cordero dut l’autoriser à sortir de prison, mais le fit directement partir pour Lima au Pérou, le . Après deux mois passés dans ce pays, sous la protection du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), le gouvernement du président Alan García le considéra « persona non grata » et exigea son départ. Sous la protection du gouvernement français, il arriva à Paris le .

Il dénonça par la suite, auprès d’Amnesty International et d’autres institutions internationales de défense des droits de l’homme, les conditions drastiques de son arrestation et de son internement (notamment coups et décharges électriques).

Durant quatre ans, pour survivre, il fit des ménages dans des bureaux parisiens, avant de pouvoir reprendre son métier de journaliste.

Il a été entraîneur et arbitre de volley-ball, ainsi que danseur passionné et collectionneur de salsa.

Il est l’auteur de plusieurs livres, traduits dans une dizaine de langues.

Collaborateur du mensuel français Le Monde diplomatique, il a aussi participé à la réalisation de documentaires pour la télévision pour la BBC (Grande-Bretagne), ARTE (France / Allemagne) et ADR (Allemagne). Ces dernières années, il a réalisé plusieurs documentaires, principalement diffusés par la chaîne latino-américaine Tele Sur. L'un d'eux, "Venezuela, les raisons obscures", a été sous-titré en 17 langues [1]. Sur son canal YouTube, on peut trouver certaines de ses productions et de ses interviews[2].

En 2005, il fut nominé au "Prix Lorenzo-Natali pour les journalistes", de la Commission Européenne, pour l'article "Mercenaires: Les acteurs cachés du conflit colombien"[3], publié en chez Le Monde Diplomatique. Prix créé en 1992 pour récompenser les journalistes engagés pour les droits de l'homme, la démocratie et le développement.

Il a donné des conférences aux côtés de personnalités telles que le dirigeant cubain Fidel Castro et le président du Venezuela Hugo Chávez. Il a interviewé le président de l’Équateur, Rafael Correa[4], ainsi que des figures politiques, intellectuelles ou artistiques : en France, Danielle Mitterrand[5], le comédien Pierre Richard[6], et monseigneur Jacques Gaillot[7]; aux États-Unis le sociologue James Petras; au journaliste espagnol Ignacio Ramonet[8],[9]; aussi le commandant de la révolution cubaine Victor Dreke[10], et l'intellectuel de même nationalité, Abel Prieto[11]

Pour différents reportages, il a rencontré et interviewé Raúl Reyes et Jaime Guaracas[12], commandants de la exguérilla des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie), ainsi que les commandants guérilleros de l’ELN (Armée de libération nationale) Manuel Pérez Martínez (ancien principal dirigeant), Milton Hernández, Ramiro Vargas[13] et Pablo Beltrán[14].

La préparation de son livre Don Pablo Escobar l’a amené à passer plusieurs jours avec des membres du célèbre «Cartel de Medellin». Pour son livre Perú: los senderos posibles (en français : « Pérou : les possibles sentiers »), il a interviewé de hauts responsables militaires péruviens, ainsi que des cadres et des sympathisants de l’organisation Sentier lumineux.

À Miami et à New York, il a interviewé des dirigeants d’organisations qui ont été désignées responsables de crimes et attentats terroristes, tous d’origine cubaine, Orlando Bosch Avila (†), Nazario Sargent (†), José « Pepe » Hernández et José Basulto. Ces interviews sont publiées dans le livre Dissidents ou mercenaires ?.

En , le documentaire The Secret of the Bat: Bacardi - Between Rum and Revolution (en français : « Le secret de la chauve-souris: Bacardi, entre rhum et révolution »), a reçu la médaille de bronze (Bronze World Medal) du New York Film Festival[15]. Ce documentaire s’inspire du livre Rhum Bacardi : CIA, Cuba et Mondialisation, de Calvo Ospina, qui participe aussi en personne au film.

Le , il a donné une conférence sur « Les sociétés militaires privées en Colombie », lors de la Journée d'étude « Privatisation de la violence », organisée par le Centre de Recherche des Écoles de Saint-Cyr Coëtquidan (CREC), haute école de formation des officiers de l'armée de terre française.

Fervent critique de ce qu'il considère comme du terrorisme d’État en Colombie, comme de la politique agressive des États-Unis, notamment en Amérique latine[16], il découvre le qu’il figure sur la « No Fly List » des autorités américaines, lorsque l’avion dans lequel il se trouve reçoit l’interdiction de survoler l’espace aérien des États-Unis « pour des motifs de sécurité nationale ». Un avion d’Air France qui se dirigeait vers Mexico, en provenance de Paris, sans escale aux États-Unis[17],[18],[19]

Le , Calvo Ospina devait voyager de Madrid à La Havane par la compagnie aérienne espagnole Air Europa. Avant d'obtenir sa carte d'embarquement, un agent de la compagnie l'a emmené chez un homme qui s'est présenté comme un fonctionnaire de l'ambassade des États-Unis qui lui a déclaré qu'il ne pouvait pas prendre ce vol parce qu'il passerait 5 minutes au-dessus de l'espace aérien de son pays, et que son nom figurait sur la liste d'interdiction de vol, la "Non Fly List"[20],[21]

Le , la carte d'embarquement lui a de nouveau été refusée. Or, c'était à l'aéroport parisien d'Orly, quand il avait l'intention de se rendre à Cuba par la compagnie française CORSAIR. Le responsable de l'entreprise lui a donné le numéro de téléphone du bureau qui avait donné l'ordre : ils ont répondu de la Transportation Security Administration, TSA, à Washington[22]

Le cas de Calvo Ospina a été utilisé par le journal espagnol El País pour expliquer pourquoi les autorités européennes et leurs compagnies de transport acceptent que les États-Unis prennent ces décisions, même si les passagers ne vont pas descendre sur leur territoire [23].

La nationalité française lui fut refusée le . La lettre du Ministère de l'Intérieur lui signifiant ce refus précise qu'il lui est reproché d’entretenir « des relations avec la représentation cubaine à Paris » ainsi que sa « proximité avec l’idéologie castriste » et sa « sensibilité envers le combat mené par les FARC » (groupe qualifié de terroriste par la position commune du Conseil de l’Union européenne en 2001) dont il a rencontré plusieurs membres à l’occasion de ses activités de journaliste. Il lui est rappelé que pour ces deux raisons il fait partie d’une liste américaine de personnes interdites de survol de l’espace aérien des États-Unis.

Il lui est en outre rappelé les « propos virulents » tenus contre la France en 2003, lorsqu’il écrivait dans un quotidien cubain que « la diplomatie française joue avec le feu », « critiquant sévèrement la politique étrangère de la France dans son alignement sur les mesures de rétorsion prises par I' Union européenne envers le régime castriste »[24].

Engagement politique[modifier | modifier le code]

Il ne cache pas sa sympathie pour la révolution cubaine et la révolution bolivarienne au Venezuela. Il a toujours soutenu le processus de changement social, économique et politique mené par le président Evo Morales en Bolivie, où un coup d'état a eu lieu le . Il a toujours considéré qu'un processus de paix en Colombie ne consistait pas seulement dans la reddition des guérillas, ou la remise de leurs armes, puisque le conflit politico-militaire n'est qu'une partie de la violence qui règne dans ce pays depuis des décennies.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Venezuela, la oscura causa » [vidéo], sur YouTube (consulté le 10 septembre 2020).
  2. « Hernando Calvo Ospina », sur YouTube (consulté le 10 septembre 2020).
  3. https://www.monde-diplomatique.fr/2004/11/CALVO_OSPINA/11669%22.
  4. « ENTREVISTA : El presidente Rafaél Correa y el Socialismo del Siglo XXI », sur Club de Mediapart, (consulté le 10 septembre 2020).
  5. https://blogs.mediapart.fr/hernando-calvo-ospina/blog/091219/danielle-mitterrand-la-democratie-n-existe-ni-aux-usa-ni-en-france%22.
  6. « Pierre Richard : « Fidel Castro est un mythe vivant… » », sur Club de Mediapart, (consulté le 10 septembre 2020).
  7. (es) « Entrevista al obispo francés Jacques Gaillot : "En Francia reina la injusticia" », sur Cubadebate, (consulté le 10 septembre 2020).
  8. « I.Ramonet : "Je pense que les Etats-Unis échouent en A. latine" » [vidéo], sur YouTube (consulté le 10 septembre 2020).
  9. « I. Ramonet : "Creo que Estados Unidos está fracasando en A. Latina" » [vidéo], sur YouTube (consulté le 10 septembre 2020).
  10. « Comandante Dreke : Cuba, Africa, Che Guevara » [vidéo], sur YouTube (consulté le 10 septembre 2020).
  11. « Entrevista a Abel PRIETO, realizada por H. CALVO OSPINA » [vidéo], sur YouTube (consulté le 10 septembre 2020).
  12. https://web.archive.org/web/20120206073820/http://hcalvospina.free.fr/spip.php?article23
  13. https://web.archive.org/web/20120206074156/http://hcalvospina.free.fr/spip.php?article124
  14. « Entrevista a Pablo Beltrán, comandante ELN, Colombia » [vidéo], sur YouTube (consulté le 10 septembre 2020).
  15. (en) « 06)- El secreto del Murciélago : Bacardì entre ron y revolucion / Arcoiris TV », sur arcoiris.tv (consulté le 10 septembre 2020).
  16. « Hernando Calvo Ospina "La CIA financia operaciones con el narcotráfico".flv » [vidéo], sur YouTube (consulté le 10 septembre 2020).
  17. L'homme qui menaçait les États-Unis, Maurice Lemoine, Le Monde diplomatique, mai 2009
  18. « Hernando Calvo Ospina y la No Fly List » [vidéo], sur YouTube (consulté le 10 septembre 2020).
  19. « En plein vol, un avion d'Air France interdit de traverser les USA », sur RTBF Info, (consulté le 10 septembre 2020).
  20. « A Madrid, un citoyen colombien est empêché d'embarquer vers Cuba par un agent américain », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  21. « Conexión con Hernando Calvo Ospina : Agentes de EEUU en Madrid le impiden volar a Cuba » [vidéo], sur YouTube (consulté le 10 septembre 2020).
  22. http://www.elcorreo.eu.org/De-nouveau-l-arbitaire-US-empeche-le-transport-de-personnes?lang=fr
  23. (es) « EE UU puede vetar el vuelo a viajeros desde España a Cuba, Canadá y México », El País,‎ (lire en ligne, consulté le 10 septembre 2020).
  24. « Pas de nationalité française pour le journaliste Hernando Calvo Ospina », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne, consulté le 10 septembre 2020).

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Documentaires[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]