Raúl Reyes

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Raúl Reyes
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Raúl Reyes

Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 59 ans)
Santa Rosa de Sucumbíos (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités

Luis Edgar Devia Silva alias Raúl Reyes, né à La Plata le et mort à Santa Rosa de Sucumbíos dans la province de Sucumbíos à la frontière colombienne de l'Équateur le , est un syndicaliste et guérillero colombien. Il est, jusqu'à sa mort, un membre du secrétariat et le porte-parole des Forces armées révolutionnaires de Colombie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Raúl Reyes est né d'un père commerçant et d'une mère enseignante en 1948. Cette même année l'assassinat de Gaitán fait basculer la Colombie dans la guerre civile et la famille, ciblée par des menaces de mort en raison de ses sympathies libérales, émigre dans le Caquetá. Il s'engage à 16 ans dans les jeunesses communistes de Colombie et rejoint par la suite un mouvement syndical durant ses années de travail en usine. Il a probablement été formé à l'école des cadres communistes en Allemagne de l'Est à la fin des années 1960 ou au début des années 1970[1]. Il intègre la guérilla colombienne à la fin de cette dernière décennie.

Il passe plus de trente ans dans la guérilla, et a épousé Gloria Marin, la fille de Manuel Marulanda, fondateur des FARC. Chargé des contacts internationaux de l'organisation, il est un des hommes de sa structure parmi les plus exposés car il reçoit parfois des personnalités et des journalistes. En septembre 2007, son camp est bombardé juste après une rencontre avec la sénatrice colombienne Piedad Cordoba, qui intervenait régulièrement dans le cadre de négociations pour la libération de prisonniers. Il est également le principal interlocuteur de la diplomatie française dans les discussions concernant la franco-colombienne Ingrid Betancourt. Il aurait d'ailleurs été tué à quelques jours d'une rencontre avec un émissaire du Président Nicolas Sarkozy[2].

Il est par ailleurs présent sur la circulaire rouge d'Interpol en raisons d'accusations du gouvernement colombien portant sur des faits de « rébellion », « terrorisme », « homicide  » et « enlèvement » [3].

Les circonstances de son décès[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Opération Phénix.

Repéré à la suite de la localisation géographique d'une communication par téléphone satellitaire, il est tué dans le bombardement nocturne de son campement par l'armée colombienne, en territoire équatorien avec seize autres guérilleros[4], dont Guillermo Enrique Torres alias « Julián Conrado », un autre membre de l'appareil politique des FARC, et un ressortissant équatorien présent dans le campement. L'armée annonce également le décès de l'un de ses membres dans l’opération, sans en préciser les circonstances [5],[6]. Les corps de Conrado et de Reyes sont emportés et ramenés en territoire colombien[7] et sont exposés à la presse.

Cette opération crée une vive crise diplomatique dans la région: l’Équateur s'indigne du bombardement de son territoire et du meurtre d'un de ses citoyens et rompt en protestation ses relations diplomatiques avec la Colombie. Le Venezuela et le Nicaragua font de même en solidarité avec l’Équateur.

Selon l'agence Anncol, réputée proche des Farc, Raúl Reyes a pu être localisé à la suite d'un appel sur son téléphone satellitaire, passé par le représentant français qui voulait discuter de la libération d'Ingrid Betancourt[8].

Dans un communiqué officiel, les FARC-EP saluent la mémoire d'un « révolutionnaire intègre et exemplaire » et précisent que Joaquín Gómez, le commandant du Bloc Sud, entre au secrétariat.

Les ordinateurs saisis[modifier | modifier le code]

Interpol inspecte les trois ordinateurs des FARC pris durant cette opération commando[9] et conclut à l'authenticité des informations qu'ils contiennent mettant en cause les relations entre les gouvernements vénézuélien et équatorien et les FARC. Le rapport d'Interpol indique en conclusion 99 : « En tenant compte de l'ensemble des éléments qui précèdent et en s'appuyant sur un examen complet de police technique et scientifique, les experts d'Interpol concluent qu'aucun fichier utilisateur n'a été créé, modifié ou supprimé sur l'ensemble des huit pièces à conviction informatiques postérieurement à leur saisie aux mains des FARC, le 1er mars 2008[10] ». Le rapport relève néanmoins que des centaines de fichiers systèmes ont été crées ou modifiés après le bombardement du camp guérillero[11].

Les analyses d'ordinateurs pris aux FARC après le raid en Équateur montrent la persistance d'une collaboration entre officiels vénézuéliens (armée et renseignement) et rebelles colombiens : les premiers facilitent la conclusion de contrats d'armement et facilitent les déplacements des seconds sur le territoire vénézuélien, ce en dépit des dénis répétés de Hugo Chavez depuis l'opération contre Raul Reyes[12].

En 2011, le rapport de l'IISS détaille les relations entre les FARC et le Venezuela, d'après notamment les données prises lors du raid fait contre Raul Reyes[13].

Un enquêteur de la police scientifique colombienne a déclaré sous serment devant le Procureur qu'aucun courriers électroniques évoqués par les médias n'avaient été retrouvés. Seuls des documents World étaient présents mais qui ne peuvent être érigés en preuves puisque ils peuvent provenir de quiconque[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Raul Reyes, le «Monsieur Monde» des Farc; lefigaro.fr; 15 octobre 2007
  2. « La guérilla perd un de ses chefs historiques », Le Figaro, 3 mars 2008
  3. lefigaro.fr, « Raul Reyes, le «Monsieur Monde» des Farc », sur Le Figaro (consulté le 17 mai 2016)
  4. (es) Communiqué de l'armée Colombienne
  5. « Un soldat héroïque a perdu la vie pour la paix de la Colombie », Armée nationale Colombienne
  6. « Controverse sur la mort d'un Equatorien dans un camp des FARC », Le Monde, 25 mars 2008
  7. (es) « Julián Conrado, el otro del Estado Mayor de las Farc que cayó junto con alias 'Raúl Reyes », El Tiempo, 1er mars 2008
  8. Le Figaro du vendredi 4 avril 2008, p. 5.
  9. « Des experts étrangers examinent les ordinateurs du no 2 des Farc tué », AFP, 11 mars 2008
  10. Déclaration à la presse du Secrétaire Général d'Interpol, Ronald K. Noble, 15 mai 2008. Le rapport est disponible sur le site
  11. (fr) « Interpol, la Farc et Chavez : L'ordinateur de Gauche et l'ordinateur de Droite -- Romain MIGUS », sur Le Grand Soir (consulté le 19 mai 2016)
  12. New York Times, Venezuelian aid still flows to Colombian rebels, seized records indicate, 4 août 2009, p5
  13. Colombian Farc rebels' links to Venezuela detailed, bbc, 10 mai 2011
  14. (fr) « Depuis la mort de Raul Reyes, les tensions perdurent entre la Colombie et l'Equateur. -- Hernando CALVO OSPINA », sur Le Grand Soir (consulté le 19 mai 2016)

Liens externes[modifier | modifier le code]