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Pablo Escobar

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Pablo Escobar
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Photographie de Pablo Escobar en 1977.

Nom de naissance Pablo Emilio Escobar Gaviria
Alias
El Patrón (Le Patron)
Don Pablo
El Señor (Le Seigneur)
El Mágico (Le Magicien)
El Pablito (Le Petit Pablo)
El Zar de la cocaína (Le Tsar de la Cocaïne)
El Duro (Le Dur)
El Capo (Le Chef)
El Patrón del Mal (Le Patron du Mal)
Naissance
Rionegro, Colombie
Décès (à 44 ans)
Medellín, Colombie
Nationalité Drapeau de la Colombie Colombie
Profession
Famille
Maria Victoria Henao (femme)
Juan Pablo, Manuela,(enfants)

Pablo Emilio Escobar Gaviria, né le à Rionegro, Antioquia, Colombie, et mort le à Medellín, Colombie, est un célèbre trafiquant colombien de cocaïne. À la tête du cartel de Medellín, il a été l'un des principaux barons de la drogue dans les années 1980. Son cartel, au sommet de sa carrière, fournit environ 80 % de la cocaïne aux États-Unis, faisant un chiffre d'affaires de 21,9 milliards $ par an. Souvent appelé, « le Roi de la Cocaïne », il est le criminel le plus riche de l'histoire, avec une fortune nette connue de 30 milliards $[1] (équivalent à 54 milliards $ en 2016) au début des années 1990, faisant de lui un des hommes les plus riches au monde à cette époque.

Escobar est né à Rionegro en Colombie et grandit dans la banlieue de Medellín. Après avoir brièvement étudié à l'Universidad Autónoma Latinoamericana of Medellín, il quitte l'université sans obtenir de diplômes et choisit de se lancer dans une carrière criminelle. Il débute dans la vente de cigarettes de contrebande, à vendre de faux tickets de loterie et participe à un réseau de vol de voitures. En 1970, il commence à travailler pour différents contrebandiers, souvent en kidnappant contre rançon avant de se lancer dans le trafic de cocaïne. Il est le premier à établir des connexions de routes de contrebande en direction des États-Unis, en 1975. Sa pénétration sur le marché américain de la drogue se fait de manière exponentielle, en raison de la demande croissante de cocaïne. Dans les années 1980, il exporte 70 à 80 tonnes de cocaïne de Colombie vers les États-Unis mensuellement. Son réseau est connu sous le nom de Cartel de Medellín qui se retrouve opposé avec d'autres cartels locaux ou étrangers. Il en résulte un fort taux d'assassinats d'officiers de police, de juges et de politiciens locaux et nationaux.

En 1982, il est élu comme membre en alternance de la chambre de députés de Colombie pour le Parti Libéral Colombien. Par ailleurs, il est aussi responsable de la construction de nombreux hôpitaux, écoles et églises dans l'ouest de la Colombie. À tel point qu'il gagne en notoriété auprès de l'église catholique et des populations des villes qu'il fréquente. Cependant son activité de trafiquant fait qu'il est recherché par les gouvernements colombien et américain. Son influence grandissante plonge la Colombie dans un cycle de violence sans fin. À tel point que la Colombie devient la capitale[Contradiction] mondiale du meurtre. Activement recherché, il est tué le dans son fief, Medellín par la police nationale colombienne, 24 heures après son 44e anniversaire[2].

Jeunesse

Medellin ville où grandit Escobar

Pablo Emilio Escobar Gaviria naît le 1er décembre 1949 dans une famille pauvre de la ville de Rionegro, dans le département d'Antioquia, dans une Colombie marquée par la crise des années 1950. Deuxième d'une famille de sept enfants[3], il grandit dans une hutte sans électricité ni eau courante. Son père, Abel de Jésus Escobar, était un paysan, sa mère institutrice qui lui donne le prénom de Pablo en référence à Saint Vincent de Paul[4]. Il aurait débuté par le vol de pierres tombales (dont il efface les inscriptions pour les revendre à des marbriers) et de voitures au côté de son cousin Gustavo Gaviria[5]. Son frère, Roberto Escobar, nie ses faits, expliquant que les pierres tombales proviennent des propriétaires des cimetières qui se débarrassent des pierres dont les concessions ne sont plus payées et que son frère en a fait un business. Le fils d'Escobar, Sebastián Marroquin, affirme que son père est entré dans le crime en commençant par la revente de diplômes d'université falsifiés, généralement provenant de la Universidad Autónoma Latinoamericana de Medellín. Escobar étudie à l'université durant une courte période, mais il la quitte sans obtenir de diplômes.

À l'âge de 20 ans, il se lance dans de nombreuses activités criminelles avec Oscar Benel Aguirre. Le duo se lance dans de petites arnaques, la vente de cigarettes de contrebande, de faux tickets de loterie et le vol de voitures. Au début des années 1970, Escobar est connu pour travailler comme garde du corps et voleur, il gagne rapidement 100 000 dollars en kidnappant et en demandant des rançons à des cadres vivant à Medellín, avant d'entrer dans le trafic de drogue. Son étape suivante pour réaliser son souhait de devenir millionnaire est de travailler pour le contrebandier Alvaro Prieto. À son contact et à la suite de ses conseils, Pablo Escobar devient millionnaire en Pesos colombien à l'âge de 22 ans[6]. Escobar dépose sur son compte en banque 100 millions de Pesos colombien (plus de 3 millions $), il a 26 ans.

Carrière criminelle

Trafic de cocaïne

Routes de la drogue international.

Dans The Accountant's Story, Roberto Escobar explique comment Pablo est passé de la simplicité et de l'anonymat de la classe moyenne pour devenir un des hommes les plus riches du monde. Dans une publication anonyme, parue en Colombie en 1989, Pablo Escobar raconte ses débuts[7] : « Comment ai-je commencé ? J'étais jeune, j’avais envie de vivre et j’avais de l’ambition. Je ne connaissais rien des affaires du narco-trafic. C’est alors que j’ai rencontré un jeune gringo dans une discothèque de Medellín (...) Le gringo avait un avion. Il voulait acheter de la cocaïne dans le pays. Plus tard, j’ai pris ma décision. Je l’ai mis en contact avec des gens spécialisés. Dès lors, je me suis trouvé embarqué dans cette filière, où j’ai fait entrer de nombreux amis. (...) Nous avons commencé à vendre de la marchandise à ce pilote américain, qui arrivait en Colombie avec son avion US et payait comptant en dollars. Ce commerce me semblait facile à première vue : il y avait peu de risques, c’était rentable. En plus, il ne fallait tuer personne, ce qui m’était important. (...) À cette époque, ce trafic ne faisait pas la une des journaux… au fond, je trouvais cette activité normale (...) ».

Pablo Escobar commence à investir dans la cocaïne en 1975, grâce notamment aux trafiquants de drogue pourchassés au Chili par le général Augusto Pinochet qui vient d'accéder au pouvoir. Ces trafiquants lui demandent d'établir des liens avec les zones de production de la pâte de coca au Pérou et en Bolivie, Escobar se spécialisant initialement dans la production de la cocaïne raffinée en Colombie[8]. Pour son premier voyage, Escobar achète 15 kilogrammes de pâte de ce qui allait devenir son empire. Au début, il passe la drogue dans de vieux pneus et un pilote peut espérer gagner plus de 500 000 dollars en fonction de la quantité de drogue passée en contrebande[6].

Plusieurs fois, il pilote lui-même son avion, principalement entre la Colombie et le Panama dans le but de passer en contrebande de grosses quantités de cocaïne. Plus tard, quand il fait l'acquisition de quinze nouveaux et plus gros avions (dont un Learjet) et de six hélicoptères, il fait en sorte de les faire décoller et atterrir depuis son ranch de l'Hacienda Nápoles où il se fait passer pour un éleveur[9]. Selon son fils, un cher ami de Pablo se tue durant l'atterrissage de son avion et ce dernier est détruit. Pablo le fait reconstruire à partir des débris récupérés et, plus tard, le fait suspendre au-dessus du portail de son ranch l'Hacienda Nápoles.

La poudre de cocaïne est fabriquée, mise en sachet et vendue par Pablo Escobar et ses associés et finalement distribuée sur le marché de la drogue aux États-Unis

Sa réputation commence à s'accroître lorsqu'il assassine en 1975 un célèbre trafiquant de Medellín, Fabio Restrepo, à qui il avait acheté 14 kilogrammes. En mai 1976, lui et plusieurs de ses hommes sont arrêtés en possession de 18 kilos de pâte blanche dans les pneus de leur camion en tentant de rentrer à Medellín avec le chargement provenant d'Équateur. Escobar tente de corrompre sans succès les juges de Medellín saisis de l'affaire. Après plusieurs mois d'instruction, Escobar fait assassiner les deux policiers qui l'ont arrêté, si bien que les charges sont abandonnées[10].

Dès lors, Roberto Escobar explique que c'est à cette époque que Pablo tente de soudoyer systématiquement les représentants de l'autorité ou de les tuer. De plus, il affirme que Pablo se lança dans le trafic de cocaïne simplement parce qu'avec un chargement de poudre, il se faisait plus d'argent qu'avec un chargement de cigarettes ou de 40 boissons alcoolisées, et que la contrebande par la route était devenue trop dangereuse[6]. À cette époque, il n'y a pas de cartels de la drogue mais seulement quelques barons, et ce « marché » est considéré comme en pleine expansion avec un territoire non-défini qu'il souhaite faire sien. Au Pérou, Pablo achète de la pâte de cocaïne, qui est raffinée dans une maison à deux étages à Medellín.

Il est le pionnier dans l'usage de « mules », c'est-à-dire des personnes volontaires ou non qui passent les frontières l'estomac rempli de capsules de caoutchouc remplies de cocaïne. Ces capsules sont récupérées lors de leur évacuation par les voies naturelles.

Montée en puissance

L'ile de Norman Cay achetée par Pablo Escobar et dans laquelle vit Carlos Lehder

Bientôt, la demande de cocaïne explose aux États-Unis et Escobar organise plus de transports à travers son réseau de distribution en Floride du Sud, en Californie et dans d'autres endroits des États-Unis. Lui et le co-fondateur de cartel Carlos Lehder travaillent ensemble pour trouver un endroit intermédiaire entre les États-Unis et la Colombie afin de transborder la marchandise. L'endroit est une île située dans les Bahamas, appelée Norman's Cay (en) située à 350 km au sud-est des côtes de Floride. Selon son frère, Escobar n'a pas acheté Norman's Cay, c'est seulement l'œuvre de Lehder. Escobar et Robert Vesco achètent la plupart des terres de l'île qui comprend une piste d’atterrissage de 1 kilomètre, un port, un hôtel, des maisons, des bateaux, des avions et ils font même construire un entrepôt réfrigéré pour stocker la cocaïne. De 1978 à 1982, elle est une route de contrebande centrale pour le cartel de Medellín. Escobar est en mesure d'acheter les 20 km2 de l'Hacienda Nápoles pour plusieurs millions de dollars. Il y crée un zoo, un lac et d'autres attractions pour sa famille et son organisation.

À une certaine période, entre 70 et 80 tonnes de cocaïne sont expédiées de Colombie vers les États-Unis chaque mois. À l'apogée de sa puissance, vers le milieu des années 1980, il expédie 11 tonnes par vol long courrier vers les États-Unis (la plus grosse quantité expédiée représentait 23 tonnes par bateau mélangée à des pâtés de poisson, ce que confirme son frère dans son livre[6]). Selon son frère, Roberto Escobar, en plus d'avions, Pablo utilise aussi des sous-marins de poche pour transporter de grosses quantités (environ deux tonnes).

Hacienda Nápoles, demeure de Pablo Escobar Gaviria.

Établissement d'un réseau de trafic international de cocaïne

Pablo Escobar est élu en 1982 comme député adjoint/alternatif à la Chambre des Représentants au Congrès colombien dans les rangs d'une dissidence du Parti libéral colombien ; mais son élection est finalement invalidée pour financement illégal de sa campagne. Propriétaire d'un journal et d'une radio, il bénéficie d'une grande popularité auprès de la population pauvre de Medellín. Il est l'instigateur de l'opération « Medellín sans taudis ». En redistribuant une partie de ses gains mal acquis, il fait construire 500 maisons sur le versant est de la vallée de Medellín. 25 ans plus tard, plus de 3 000 maisons sont construites. Mais ce quartier n'a pas d'existence juridique, car Escobar n'a pas respecté les règles administratives[11]. Il fait aussi construire des routes, des écoles, des stades de football, des hôpitaux et devient par là même un héros pour les pauvres alors mal informés de la réalité du personnage. Ainsi, même quinze ans après sa mort, en 2008, il est encore idolâtré par certaines personnes, comme Olga Gaviria, une des personnes pauvres choisie pour habiter une des maisons construites par le parrain[11]. La population de Medellín lui étant pour la plupart acquise, elle cache des informations à la police et fait ce qu'elle peut pour le protéger.

Durant les années 1980, Escobar et le cartel de Medellín deviennent rapidement célèbres au niveau international. Le cartel de Medellín contrôle la plupart des entrées de cocaïne aux États-Unis, au Mexique, à Porto Rico et en République dominicaine, Venezuela et Espagne. La cocaïne provient essentiellement du Pérou et de Bolivie. Elle remplace peu à peu la cocaïne de Colombie qui est alors considérée de qualité inférieure. La demande augmentant pour une cocaïne de meilleure qualité, Escobar commence à travailler avec Roberto Suárez Goméz, l'aidant à développer son réseau à d'autre pays sur le continent américain et en Europe. Il se murmure que son réseau de distribution s’étend jusqu'en Asie.

Plata o Plomo

La corruption et l'intimidation caractérisent la relation entre le système Escobar et les autorités colombiennes. Son système implacable vis-à-vis des autorités se résume à l'expression Plata o Plomo (littéralement, « l'argent ou le plomb »), ce qui signifie que le représentant de l'autorité ciblé n'a d'autre choix que d'être corrompu ou d'être abattu. Escobar terrorise le pays à partir de 1984, ce système entraînant la mort de milliers de personnes, dont des civils, des policiers, des journalistes et des représentants de l’État. Le bras droit d'Escobar, Jhon Jairo Velásquez, a lui-même reconnu avoir organisé les meurtres de 3 000 Colombiens[12]. En même temps, Escobar soudoie de nombreux fonctionnaires, juges et autres politiciens. Il continue à assassiner juges, policiers, journalistes et hommes politiques. Il est condamné pour avoir tué lui-même un peu plus de cent personnes. À lui tout seul, il est responsable de l’assassinat de trois des cinq candidats à la présidentielle colombienne de 1989, dont Luis Carlos Galán. Il est aussi responsable de l'explosion de l'Avianca Flight 203 et du plastiquage du bâtiment de la DAS à Bogota en 1989. Le Cartel de Medellín est en guerre pour le contrôle du trafic de stupéfiants contre le Cartel de Cali durant la plus grande partie de son existence.

En 1982, le cartel de Medellín construit une structure paramilitaire, le MAS (pour Muerte a los secuestradores : « mort aux kidnappeurs »), en réaction aux enlèvements de personnalités du cartel par le groupe de guérilla urbaine M-19, qui entendait alors taxer la narco-bourgeoisie émergente. Le MAS kidnappe et torture à mort des dizaines de militants et sympathisants présumés des groupes insurgés, mais également syndicalistes, journalistes. Il s'associe aussi au « génocide politique » de l'Union patriotique, la principale formation de la gauche colombienne. Le groupe étend ses activités aux campagnes, s'allie aux hacenderos du bétail, représentés par le syndicat patronal FEDEGAN, et à la multinationale américaine Texaco, et finit par s'intégrer aux paramilitaires AUC[13].

Attaque du palais de justice de Bogota

Palais de justice de Bogotá où a lieu l'attaque du M-19 en 1985

Escobar a peut-être eu un rôle à jouer dans la prise du palais de justice de Bogotá, où siège la cour suprême, en 1985 par un groupe guérillero d'extrême-gauche, le M-19. Cette attaque, considérée comme l'un des événements les plus marquants de l'histoire de la Colombie, se solde par la mort de la moitié des juges de la Cour suprême lors de la reprise du bâtiment par l’armée. Le rôle supposé d'Escobar aurait pour origine la défense de ses intérêts, car la Cour suprême étudiait la constitutionnalité du traité d'extradition entre la Colombie et les États-Unis. Le M-19 aurait été payé pour prendre d'assaut le palais de justice et de détruire tous les documents et dossiers sur Los Extraditables, un groupe de trafiquants de cocaïne qui est sous la menace d'être extradé vers les États-Unis par le gouvernement colombien. Escobar est sur la liste.

La réalité d'une participation du cartel à l'opération reste cependant fortement douteuse. Les seules destructions des documents conservés dans le Palais de justice auraient été insuffisantes pour préserver les narcotrafiquants d'une éventuelle extradition, puisque les documents incriminant avaient été dispersés dans différents bâtiments. Par ailleurs, le violent conflit que se livraient à l'époque les cartels et les groupes de guérillas laisse l’hypothèse d'une alliance, fut-elle ponctuelle, peu vraisemblable. En 1986, la Commission spéciale d’enquête, créée par le gouvernement, avait conclu à la non-participation du cartel[14]. Cette année-là, Escobar se serait réfugié quelques mois au Nicaragua[15].

Au sommet

Pablo Escobar expliqua que l'essentiel du business de la cocaïne était très simple : « Tu soudoies quelqu'un par ici, tu soudoies quelqu'un par là et tu payes un banquier amical pour t'aider à blanchir l'argent. »

Dans son livre The Accountant's Story, Roberto Escobar explique comment Pablo est passé de la pauvreté et de l'obscurité pour devenir l'un des hommes les plus riches du monde. Le cartel de Medellín fut sans doute la plus grande entreprise criminelle et la plus profitable de tous les temps. À certaines périodes, le cartel de Medellín passait en contrebande plus de quinze tonnes de cocaïne par jour, avec une valeur à la revente de plus d'un demi-milliard de dollars aux États-Unis[16]. Selon Roberto, un des comptables de Pablo, lui et son frère dépensaient 1 000 dollars par mois juste pour acheter des bandes de caoutchouc afin d'envelopper les piles de billets. Avec le temps, ils eurent beaucoup trop de liquidités illégales et ils ne pouvaient plus les déposer dans les banques. Ils ont donc commencé par stocker les briques d'argent dans leurs entrepôts. Il estime qu'il perdait 10 % des sommes stockées dans les entrepôts à cause des rats qui venaient grignoter les billets de cent dollars[6].

En 1989, parmi les 227 milliardaires, il fut classé septième homme le plus riche du monde d'après le magazine Forbes, avec une fortune estimée à trois milliards de dollars[17]. À cette époque, le Cartel de Medellín contrôlait 80 % du trafic mondial de cocaïne. Dans la plupart des entreprises, un retour sur investissement de 100 % est largement profitable pour la pérennité de leur activité. Pablo Escobar s'amusait à expliquer que son retour sur investissement était à peu près de 20 000 % : en d'autres termes, pour un dollar investi dans son business, il en recevait approximativement 200 en retour. Il est communément admis qu'Escobar est le principal financier de l'équipe de football de Medellín, l'Atlético Nacional, qui gagne la plus prestigieuse compétition de football d'Amérique du Sud, la Copa Libertadores en 1989[18].

En dépit de son image de trafiquant impitoyable et sanguinaire, ses associés en affaire savaient qu'il était un négociateur calme et à l'écoute, préférant payer et trouver un arrangement à l'amiable, plutôt que de tuer. La plupart des habitants riches de Medellín considérait Escobar comme une menace. Au sommet de son pouvoir, tous les trafiquants de drogue colombiens versaient un tribut entre 20 % et 35 % du chargement qu'il souhaitait faire envoyer aux États-Unis, car ils savaient que le réseau d'Escobar était l'un des plus sûrs. Alors qu'Escobar est perçu comme un ennemi pour les gouvernements américain et colombien, il est perçu comme un héros par la population de Medellín, spécialement chez les populations pauvres. Il a un don naturel pour les relations publiques et il travaille à être bien perçu parmi les populations pauvres de Colombie. Fan de sport, il construit de nombreux terrains de foot, complexe multi-sport et il sponsorise beaucoup d'équipes de foot junior. Il est aussi responsable de la construction d'hôpitaux, écoles et églises en Colombie de l'ouest, ce qui le mène à obtenir une forte reconnaissance de la part de l'église catholique romaine. Il travaille dur pour se donner une image de Robin des Bois en distribuant de l'argent pour la construction de lotissements et d'autres actions civiques. Ainsi, il obtient la reconnaissance des populations pauvres. La population de Medellín protège Escobar en évitant qu'il ne se fasse arrêter, en cachant des informations, en le cachant tout simplement et en faisant tout ce qu'ils peuvent faire pour le protéger.

Les cartels colombiens se livrèrent une guerre féroce pour garder la suprématie, ce qui fit de la Colombie la capitale mondiale du crime, avec 25 100 morts violentes en 1991 et 27 100 morts en 1992[19]. Cette augmentation du taux d'homicide était due au fait qu'Escobar donnait une prime à ses sicarios (tueurs) pour abattre des policiers. 600 d'entre eux sont morts de cette manière[20]. En 2011, d'autres pays ont ravi ce triste record comme le Honduras, le Guatemala, l'Afrique du Sud ou le Venezuela.

Il négociait activement des accords avec des dictateurs d'Amérique centrale tel le général Manuel Noriega du Panama, pour que les cargaisons de drogues colombiennes transitent vers les États-Unis en toute quiétude via leurs territoires nationaux. Il faisait affaire avec plusieurs familles du milieu de la drogue. Il mettait son argent dans une banque privée au Panama et en Suisse.

Pablo Escobar aurait, pendant toute sa carrière, amassé plus de 30 milliards de dollars[1].

La chasse à l'homme

Le 15 février 1990, un sommet anti-drogue réunit à Carthagène les présidents Bush père (États-Unis), Barco (Colombie), Paz Zamora (Bolivie) et García (Pérou). En avril, l'armée colombienne cerne le siège de Pablo Escobar. Il y aura 510 morts mais ce dernier réussira à s'échapper.

Pablo Escobar avait créé un véritable groupe armé autour de lui, environ 3 000 tueurs, les sicarios, qui pouvaient être de tout âge. En 1992, à Medellín 6 662 personnes ont été tuées dans des affrontements armés, auxquelles il faut ajouter 1 292 cadavres non identifiés et 967 habitants portés disparus, soit un total de 8 921 morts.

Pablo Escobar était le sommet d’une pyramide composée de chacun des membres de son clan ou de sa famille. Pour le faire tomber, il aurait été prévu de détruire une à une les personnes qui composaient la pyramide, jusqu’à ce que Pablo n'ait plus de soutien logistique suffisant et ni d’endroit sûr où se réfugier. Il était souvent en contact avec plusieurs autres trafiquants. Il était un grand consommateur de cannabis, mais prenait très rarement de la cocaïne. 45 % de la coca venait du Pérou, 35 % de la Colombie et 20 % de la Bolivie.

La prison : la Catedral

Après l'assassinat de Luis Carlos Galán, un journaliste candidat à la présidentielle, le gouvernement de César Gaviria agit contre Escobar et son cartel de la drogue. Néanmoins, il négocia avec Escobar, arrivant à le convaincre de se rendre et de cesser toutes activités criminelles en échange d'une peine réduite et d'un traitement privilégié durant sa captivité.

Après avoir mis fin à une succession d'actes terroristes visant à mettre la pression sur les autorités et l'opinion publique, Escobar se rendit. Le , il accepte de se remettre à la justice colombienne qui lui promet de ne pas l'extrader vers les États-Unis. Il est emprisonné dans une prison spéciale à Envigado qu'il a lui-même fait aménager, de manière luxueuse, selon ses désirs. La prison s’appelle La Catedral. Cette prison comporte un terrain de football, une maison de poupée géante, un bar, un jacuzzi, et une cascade. Juste avant sa reddition, l'extradition de citoyens colombiens a été interdite par la nouvelle constitution de 1991. Cette décision fut très contestée et laissa suspecter que l'assemblée constituante était sous l'emprise d'Escobar et des « barons » de la drogue.

Malgré l'enfermement, l'activité criminelle d'Escobar continua à faire la une des journaux. Escobar fit venir La Moncada et les frères Galeano à La Cathédrale pour les y faire assassiner, car ils étaient suspectés d'avoir volé le Cartel. Sa prison devient rapidement le nouveau QG du clan de Medellín. Quand les autorités se rendirent compte qu'Escobar continuait ses activités criminelles, il fut décidé de le transférer dans une autre prison plus conventionnelle le 22 juillet 1992. Mais il en fut averti à l'avance et il s'évada peu de temps auparavant, car il craignait de se faire extrader vers les États-Unis[21]. Sa tête est alors mise à prix pour 6 millions de dollars.

Selon l'ancien ministre de l'Information, Mauricio Vargas, la responsabilité du président doit être mise en cause aux États-Unis.

Le , avec trente hommes, Pablo Escobar kidnappe un groupe d'hommes d'affaires entre l'aéroport et le centre de Medellín et exige une rançon de 300 000 dollars.

Search Bloc (Bloc de Recherche) et Los Pepes

Suivant l'évasion d'Escobar, le Joint Special Operations Command (constitué de membres de l'USN DEVGRU et Delta Force) et le Intelligence Support Activity se joignent à la chasse à l'homme. Ils ont entraîné et conseillé une Task Force colombienne connue sous le nom de Bloc de recherche (Search Bloc en anglais) dont le but est de localiser Escobar.

Début 1993, un nouveau groupe paramilitaire terroriste « Los Pepes » apparaît, décidé à éliminer Pablo Escobar et le cartel de Medellín, et fait régner la terreur sur la ville. Los Pepes est l'acronyme pour « PErseguidos por Pablo EScobar » ("Persécutés par Pablo Escobar"). Il est financé par ses rivaux et ancien associés, dont notamment le cartel de Cali et des organisations para-militaires d'extrême-droites menés par Carlos Castaño, qui dirigera plus tard la Force d'Auto-Défense de Córdoba et Urabá. C'est une milice privée, animé par l'esprit de vengeance, qui va lutter contre Escobar avec les mêmes armes qu'il utilise, c'est-à-dire le crime et les attentats, et qui va grandement aider le gouvernement américain. Ils vont éliminer plus de 300 associés d'Escobar et une grande part des propriétés du cartel de Medellín seront détruites.

Les membres du Bloc de Recherche, des agences de renseignement colombiens et américains et les soldats d'élite du groupe spécial de recherche, arrivés à Medellín le , réalisèrent près de 20 000 perquisitions. Selon la revue colombienne Semana, sa mort aurait été le résultat d'une vaste opération américaine, dénommée Heavy Shadow (Ombre pesante), qui « mobilisait des équipes de la CIA, de la DEA, du FBI et de la NSA », c’est-à-dire, tous les services fédéraux de sécurité américains. Cette opération « a coûté en fonds secrets, charges de personnels et armes, plusieurs centaines de millions de dollars », dans la ville et dans toute sa région, très boisée et accidentée, où le parrain possédait de très nombreuses propriétés. Tous sont de connivences avec Los Pepes. Ces différents intervenants se coordonnent et s'échangent des informations. Certains membres du Bloc de Recherche participent aux escadrons de la mort de Los Pepes[22]. L' un des dirigeants de Los Pepes est Diego Murillo Bejarano (également connu sous le nom «Don Berna»), un ancien associé cartel de Medellín qui est, par la suite, devenu un caïd de la drogue rivale et a finalement émergé comme un chef de file de l' une des factions les plus puissantes au sein d'une organisation appelé Autodefensas Unidas de Colombia (l'Auto-Défense Unie de la Colombie).

Mais de nombreux autres groupes et personnages étaient aussi sur ses traces :

  • les tueurs à gages du cartel de Cali qui avaient eu avec le cartel de Medellín de nombreux règlements de comptes sanglants pour la prééminence de la livraison de drogue ;
  • les mercenaires américains, israéliens et autres, alléchés par la prime de plusieurs millions de dollars US offerte par le gouvernement et les organismes anti-stupéfiants américains ;
  • les nombreux proches et familles des « collaborateurs » qu'il avait fait tuer, et tous ceux qui avaient réussi à détourner l'argent du crime par millions de dollars.

La fin du parrain

Corps de Pablo Escobar le 2 décembre 1993 devant le commando du commandant Martinez.
Cadavre de Pablo Escobar à la morgue de Medellin auprès duquel sa mère se recueille

La guerre contre Escobar prend brutalement fin le 3 décembre 1993. Après des mois de travail, l'équipe de surveillance électronique du bloc de recherche, mené par le brigadier Hugo Martinez, réussit un jour à repérer Pablo Escobar dans le quartier de Los Olivos, un quartier de la classe moyenne[23]. Ils ont réussi à le repérer à l'aide d'un écran de visualisation de signal de communication[23]. Contrairement à son habitude, il avait longuement et imprudemment téléphoné à sa femme et à son fils Juan Pablo depuis un hôtel de Bogota.

Mais plutôt que de faire encercler le quartier, il préféra l'attente, l'infiltration et la surveillance. Le plan d'alerte se termina par l'assaut et par des échanges de coups de feu avec Escobar et son garde du corps, Alvaro de Jesús Agudelo (alias « El Limón »). Les deux fugitifs s'enfuirent sur les toits pour atteindre une rue derrière, mais les deux sont abattus par la police nationale colombienne. Escobar est touché à la jambe, au torse et par un tir fatal par l'oreille.

Il n'a jamais été clairement établi qui a tiré le coup fatal à travers l'oreille. À savoir si cela s'est passé durant l'échange de coups de feu ou faisant partie d'une possible exécution, toutes les spéculations restent évoquées. La plupart des membres de la famille d'Escobar pensent qu'il s'est suicidé[24],[25]. Ses deux frères, Roberto Escobar et Fernando Sánchez Arellano estiment qu'il s'est lui-même tiré dans l'oreille. Lors d'un entretien, le duo explique « il s'est suicidé, ils ne l'ont pas tué. Durant toutes ces années, ils étaient après lui, il me le disait tous les jours s'il était coincé sans moyen de s'enfuir, il se tirerait lui-même une balle dans l'oreille[26]. »

Vie personnelle

Vie privée

En mars 1976, à l'âge de 27 ans, Escobar se marie à Maria Victoria Henao, qui avait 15 ans. Bien que le frère aîné de Maria ait travaillé auparavant avec Escobar dans une organisation criminelle de petit niveau, la famille Henao tente de décourager leur relation, parce qu'ils considèrent Escobar d'une situation sociale inférieure. Le couple s'enfuit[27] et donne naissance à deux enfants Juan Pablo (aujourd'hui Sebastián Marroquín) et Manuela.

Virginia Vallejo publie les mémoires Amando à Pablo, dédiées à Escobar (Adorant Pablo, Détestant Escobar) en 2007; dans lesquelles elle décrit sa relation amoureuse avec Escobar. Griselda Blanco est connue pour avoir eu une relation clandestine mais passionnée avec Escobar. Collectionnant certains produits en relation avec les surnoms qu'a donné Blanco à Escobar Coque de Mi Rey (Mon roi de la coke) et Polla Blanca (Bite blanche)[28].

Propriétés

Article détaillé : Hacienda Nápoles.

Après être devenu riche, Escobar a fait construire et acheté de nombreuses propriétés et maisons sécurisées, dont notamment l'Hacienda Nápoles gagnant en notoriété. Cette luxueuse propriété contient une maison coloniale, un parc taillé et un zoo complet avec des animaux provenant de différents continents incluant des éléphants, des oiseaux exotiques, de girafes et des hippopotames. Escobar a planifié la construction d'une citadelle dans un style grec classique sur la propriété et bien que la construction débute, elle ne fut jamais terminée[29].

Escobar a aussi possédé une maison aux États-Unis sous son propre nom : plus de 600 m2, rose, en front de mer située au 5860 North Bay Road à Miami Beach en Floride. La propriété de 4 chambres construit en 1948 sur Biscane Bay est saisie par le gouvernement dans les années 1980. Plus tard, la propriété délabrée est possédée par Christian Berdouare, propriétaire de la chaîne de fast-food Chicken Kitchen, qui l'acheté en 2014. De Berdouare engage plus tard une équipe de tournage pour réaliser un documentaire et des chercheurs de trésors professionnel pour chercher dans la maison une part hypothétique de la cagnotte qu'Escobar ou son cartel auraient cachée. Ils auraient trouvé des trous inhabituels dans les sols et les murs, ainsi qu'un coffre-fort qui a été volé dans le sol en marbre avant qu'il ne soit correctement examiné[30].

Escobar a aussi possédé une grande île sur Isla Grande, la plus grande des îles des 27 îles coralliennes comprenant Islas del Rosario, localisé à 22 miles de Carthagène. Le domaine, de nos jours à moitié démoli et envahi par la végétation et les animaux sauvages, comprend un manoir, des appartements, de nombreuses cours, une grande piscine, une piste d'atterrissage d'hélicoptère, des vitres blindées, des sols carrelés et un grand bâtiment non terminé sur le côté du manoir[31].

La polémique

Selon l’hebdomadaire Cambio, Pablo Escobar entretenait des relations étroites avec Vladimiro Montesinos, le chef des services secrets péruviens et l’éminence grise du président Fujimori. Le parrain aurait participé au financement de la première campagne électorale de Fujimori. Le frère de Pablo Escobar, El Osito (L’Ourson), a confié dans une interview que le parrain « aurait donné un million de dollars pour payer la campagne de Fujimori. En échange, les autorités péruviennes devaient fermer les yeux sur les chargements de pâte de coca » qui passaient la frontière.

Le trafic de drogue après Pablo Escobar

Peu de temps après la mort d'Escobar et la fragmentation du cartel de Medellin, le marché de la cocaïne est dominé par l'autre supercartels, celui du cartel de Cali. Celui-ci, plus discret, plus proche des élites économiques, profitera de la mort de son grand rival avant d’être démantelé à son tour en 1996[32]. Ses leaders sont soit capturés ou tués par le gouvernement colombien. L'image de Robin des Bois qu'avait cultivée Escobar s'est maintenue sur Medellin. Plus particulièrement dans les zones pauvres de la ville où Escobar avait distribué de l'argent lorsqu'il était en vie. Au moment de sa mort, 25 000 personnes sont venues assister à ses funérailles[33].

Depuis, les cartels ont pratiquement disparu de Colombie, au profit d’un réseau horizontal, multiple et diversifié (les seuls cartels encore en exercice étant constitués par les groupes mafieux mexicains qui, depuis 2008, sont en guerre ouverte avec le gouvernement local). Pour autant, et malgré cette modification dans la structure et l’organisation du trafic, les niveaux de production n’ont en rien diminué[34].

Notes et références

  1. a et b http://www.celebritynetworth.com/articles/entertainment-articles/20-richest-drug-dealers-time/#!/1-pablo-escobar-net-worth-30-billion_1083/
  2. « La seconde mort d'Escobar », 9 décembre 1993, L'Express.
  3. Dans l'ordre de naissance : Roberto de Jesús (es) alias El Osito, Gloria Inés, Argemiro, Alba Marina, Luz María et Luis Fernando le cadet né en 1958.
  4. (en) Mark Bowden, Killing Pablo. The Hunt for the World's Greatest Outlaw, Grove/Atlantic, , p. 17.
  5. Irène Jarry, Antinarcoticos. Au cœur des unités de police antidrogue en Colombie, Michalon, , p. 66.
  6. a, b, c, d et e http://www.dailyrecord.co.uk/news/editors-choice/2009/03/16/amazing-story-of-how-pablo-escobar-came-to-be-the-richest-crook-in-history-86908-21201734/
  7. Don Pablo et ses amis, Éditions Aden, , p. 186.
  8. Anne Wyvekens, Drogues et antidrogue en Colombie, INHES, , p. 141.
  9. (en) Roberto Escobar, Escobar: the inside story of Pablo Escobar, the world's most powerful criminal, Hodder & Stoughton, , p. 63.
  10. (en) Anne Williams, Vivian Head, Sebastian C. Prooth, Criminal Masterminds, Brown Book Group Limited, , p. 255.
  11. a et b http://www.bakchich.info/Saint-Escobar-patron-des,03159.html.
  12. Véronique Gaymard, « Colombie : l'ancien bras droit de Pablo Escobar sort de prison », sur rfi.fr, .
  13. « Muerte a secuestradores MAS: Los orígenes del paramilitarismo », sur www.verdadabierta.com (consulté le 6 juillet 2016).
  14. Ana Carrigan, The Palace of Justice: A Colombian Tragedy, Four Walls Eight Windows, 303 p..
  15. « Ortega financé par la drogue et Chavez », Le Figaro, .
  16. http://articles.latimes.com/2009/feb/25/entertainment/et-rutten25.
  17. http://articles.latimes.com/1989-07-10/business/fi-2595_1_richest-people.
  18. Davison, Phil. "The Road to Italy: In the Shadow of the Drug Barons". The Independent 20 May 1990. Lexis-Nexis Academic. 8 October 2009.
  19. http://www.cidh.org/countryrep/colombia93eng/chap.2.htm.
  20. Karl Penhaul (9 May 2003). "Drug kingpin's killer seeks Colombia office". The Boston Globe.
  21. http://www.nytimes.com/1992/07/23/world/colombian-drug-baron-escapes-luxurious-prison-after-gunfight.html?pagewanted=3&src=pm.
  22. Mark Bowden . (2001) Tuer Pablo: The Hunt Pour Greatest Outlaw du monde . New York: Atlantic Monthly Press.
  23. a et b http://www.faithtelegraph.com/interview-with-hugo-martinez-the-man-who-got-pablo-escobar-page-4/
  24. http://www.eltiempo.com/archivo/documento/CMS-3317670.
  25. https://www.youtube.com/watch?v=yVZoULtUCd8.
  26. Roberts, Kenneth. (2007). Zero Hour: Killing of the Cocaine King.
  27. Page 74, Pablo Escobar, My Father. Escobar, Juan Pablo. St. Martin's Press, New York. 2014.
  28. https://www.youtube.com/watch?v=aXrqoXbnAAQ.
  29. http://news.bbc.co.uk/2/hi/americas/7390584.stm.
  30. http://uk.businessinsider.com/a-luxurious-miami-mansion-built-by-the-the-king-of-cocaine-is-no-more-2016-1?r=US&IR=T.
  31. http://uk.businessinsider.com/caribbean-getaway-for-drug-kingpin-pablo-escobar-2015-9/?r=US&IR=T#escobar-built-a-massive-waterfront-villa-on-the-largest-of-the-cluster-islands-isla-grande-2.
  32. Libération, 22 mars 1996.
  33. Loving Pablo, Hating Escobar. Virginia Vallejo.
  34. « La guerre de la drogue », Le Monde Diplomatique, archivé le 1er janvier 2006.

Voir aussi

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Bibliographie

  • Hernando Calvo Ospina (trad. de l'espagnol par Henriette Courtens et Léon Goffin), Don Pablo et ses amis : Pablo Escobar et la cocaïne connection, EPO, , 184 p. (ISBN 2-87262-090-7, OCLC 48829018)
  • Gabriel García Márquez, Journal d'un enlèvement [« Noticia de un secuestro »],
  • Guy Gugliotta et Jeff Leen (trad. Pascal Martin et Octave Lepourpre), Les rois de la cocaïne : l'histoire secrète du cartel de Medellín, Presses de la Cité, coll. « Documents », , 357 p. (ISBN 2-258-03020-X)
  • Mark Bowden (trad. Christophe Mercier), Il faut tuer Pablo Escobar, Plon, , 371 p. (ISBN 2-259-19406-0).

Filmographie

Cinéma

Télévision

Documentaire

Articles connexes

Liens externes