Grain de blé

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Des grains de blé.

De forme ovale, le grain de blé a une couleur variant du roux au blanc. Sur le plan botanique, le grain de blé n'est pas une graine, mais un fruit particulier, un caryopse.

En fonction de l'aspect du grain, vitreux ou translucide, et du degré de dureté à la mouture, on distingue plusieurs types de blés dont l'utilisation commerciale est différente : deux types en Europe : blé dur et blé tendre, et trois en Amérique du Nord : blé dur, blé tendre vitreux (blé de boulangerie) et blé tendre (blé de biscuiterie-patisserie)[1].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Grains de blé en gros plan.

Le grain de blé présente sur sa face dorsale un germe à l'extrémité inférieure et la « brosse » (système respiratoire du grain) à l'autre extrémité, et sur sa face ventrale un sillon longitudinal courant sur toute la longueur du grain.

Structure du grain de blé[modifier | modifier le code]

Structure schématique d'un grain de blé (coupe longitudinale).

Le grain de blé est un caryopse, type de fruit sec indéhiscent, spécifique des graminées, contenant une seule graine dont le tégument est intimement soudé au péricarpe du fruit[3].

Le grain est protégé par des enveloppes qui sont, de l'extérieur vers l'intérieur, le péricarpe du fruit, puis le tégument de la graine ou testa et l'épiderme du nucelle (ou bande hyaline).

Le péricarpe est composé de plusieurs couches :

  • péricarpe externe ou épicarpe, composé de deux couches de cellules, épiderme et hypoderme, très intimement soudées. L'épiderme est couvert d'une cuticule fine.
  • péricarpe interne, composé de trois couches : cellules intermédiaires (qui ne forment pas une couche continue), cellules transversales, ou mésocarpe, et cellules tubulaires ou endocarpe, présentes surtout dans la partie dorsale du grain[4].

La graine est composée de trois parties :

  • une enveloppe comprenant le tégument séminal ou testa, appelé aussi spermoderme, et la bande hyaline, ou périsperme, constituée par les restes de l'épiderme du nucelle ;
  • l'albumen (appelé « endosperme » par les Anglo-saxons), composé pour l'essentiel par l'albumen amylacé qui forme l'« amande » du grain de blé, composée de cellules remplies de grains d'amidon, ou amyloplastes, enchâssés dans une matrice protéique, et entourée d'une couche de cellules, la couche à aleurone ou assise protéique ; cette couche monocellulaire est la seule partie vivante de la graine avec le germe ;
  • le germe ou embryon, constitué de deux partie : l'axe embryonnaire qui comprend l'embryon proprement dit, préfiguration de la future plantule, comprenant vers le haut la gemmule coiffée par le coléoptile et vers le bas la radicule coiffée par le coléorhize, et flanqué du côté de l'albumen par le scutellum, qui est le cotylédon rudimentaire[4].

Composantes technologiques du grain de blé[modifier | modifier le code]

Sur le plan technologique de la meunerie, le grain de blé comprend trois parties essentielles :

  • les enveloppes (13 à 16 % de la masse totale du grain, y compris l'assise protéique),
  • l'amande farineuse (82 à 84 %),
  • le germe (2 à 3 %).

Les enveloppes[modifier | modifier le code]

Les premières enveloppes du grain, qui peuvent être enlevées en grattant avec l'ongle, sont les « vêtements » du grain qui protègent l'amande farineuse. Lors de la mouture, on doit « déshabiller » le grain pour ne garder que le contenu de l'amande farineuse.

Les enveloppes donnent le son et les issues. Elles sont riches en minéraux.

Le blé étant une céréale à grains nus, ces enveloppes ne doivent pas être confondues avec les glumes et glumelles. Chez le blé, celles-ci sont éliminées lors du battage et constituent la balle[1], tandis que chez les céréales dites « vêtues », comme l'épeautre, l'orge ou le riz, elles sont adhérentes au grain qui doit être décortiqué avant mouture.

L'amande farineuse[modifier | modifier le code]

C'est le composant le plus important quantitativement et qualitativement

Le germe[modifier | modifier le code]

Partie vivante du grain, il donne naissance à la future plante. Ce germe renferme beaucoup de matières grasses et de vitamines B et E. Il est souhaitable de ne pas le laisser dans la farine, pour éviter le rancissement des matières grasses qui donnerait un mauvais goût à la farine.

Relations entre les composantes biologiques et technologiques du grain de blé.


Composition chimique[modifier | modifier le code]

Le grain de blé se compose principalement d'amidon, présent exclusivement dans l'albumen amylacé et qui représente environ 70 % de la matière sèche totale. Il comprend également 10 à 15 % de protéines et 8 à 10 % de pentosanes (hémicelluloses). On y trouve également des lipides (2 à 3 %), de la cellulose (2 à 4 %), des sucres libres (2 à 3 %), des minéraux (1,5 à 2,5 %) et des vitamines. Tous ces constituants sont très inégalement répartis dans les différents tissus constitutifs du grain de blé.

Outre l'amidon, l'albumen amylacé comprend des sucres simples, des protéines (gluten), des lipides et des vitamines. Ces protéines sont composées d'albumines, globulines, gliadines et gluténines. La combinaison des gliadines et gluténines, considérée comme protéines de stockage, constitue le complexe gluten[5].

L'assise protéique est constituée comme son nom l'indique de protéines, mais aussi de lipides, de matières minérales, de vitamines et d'oligoéléments. Le germe contient également des protéines, ainsi que des lipides, des matières minérales et des vitamines.

Les enveloppes sont constituées surtout de cellulose, de matières minérales et d'oligoéléments[6]. On y trouve aussi des alkyrésorcinols (lipides résorcinoliques ou phénoliques)[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Armand Boudreau, Germain Ménard, Le Blé : éléments fondamentaux et transformation, Presses Université Laval, , 439 p. (ISBN 9782763772967), p. 26-30.
  2. www.momont.com Commission Canadienne des grains(poids de 1000 grains]
  3. (en) Eliasson, Cereals in Breadmaking: A Molecular Colloidal Approach, t. 55, CRC Press, coll. « Food Science and Technology », , 392 p. (ISBN 9780824788162), p. 242-250.
  4. a et b Anne Surget, Cécile Barron, « Histologie du grain de blé », Industrie des céréales, no 145,‎ novembre-décembre 2005, p. 3-7 (ISSN 0245-4505, lire en ligne).
  5. (en) Hugh Cornell, Albert W. Hoveling, Wheat: Chemistry and Utilization, CRC Press, , 426 p. (ISBN 9781566763486), p. 2-5.
  6. Annick Le Blanc, « Introduction au cours d'alimentation humaine », École nationale supérieure de meunerie et des industries céréalières (Ensmic),‎ 2008-2009 (consulté le 8 janvier 2017).
  7. Lullien-Pellerin V., « Phytomicronutriments des grains de céréales : un aperçu de la génétique au consommateur en passant par la transformation », Innovations Agronomiques, vol. 42,‎ , p. 139-152 (lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Feillet, Le grain de blé : composition et utilisation, Éditions Quae, coll. « Mieux comprendre », , 308 p. (ISBN 9782738008961, ISSN 1144-7605).

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Anne Surget, Cécile Barron, « Histologie du grain de blé », Industrie des céréales, no 145,‎ novembre-décembre 2005, p. 3-7 (ISSN 0245-4505, lire en ligne).