George Becali

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George Becali
Illustration.
Fonctions
Sénateur roumain

(5 mois et 11 jours)
Législature 7e
Député européen

(3 ans, 5 mois et 4 jours)
Élection 7 juin 2009
Législature 7e
Groupe politique NI
Successeur Dan Zamfirescu
Biographie
Nom de naissance George Becali
Date de naissance (60 ans)
Lieu de naissance Brăila (RPR)
Parti politique PNG-CD (2004-2009)
PRM (2009-2010)
PNG-CD (2010-2012)
PNL (2012-2013)

George Becali, dit Gigi Becali, (né le à Brăila) est un homme d'affaires et homme politique roumain. Il détient la 25e fortune de Roumanie[1] estimée à trois cents millions de dollars. Selon le reportage télévisé « Capitalisme, notre recette secrète » de 2009, réalisé par Alexandru Solomon et diffusé sur ARTE, il détiendrait en fait plus de 2 milliards et serait le plus riche roumain devant Ion Țiriac. En 2007, il est le deuxième homme politique le plus populaire du pays derrière le président Traian Băsescu[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Appartenant à la minorité aroumaine, les ancêtres de George Becali vivaient de pastoralisme en Dobroudja du Sud et, lorsque cette région fut rendue à la Bulgarie en 1940, ils durent abandonner leurs troupeaux et s'installer comme portefaix à Brăila, où ils se rapprochèrent de la la Garde de fer, raison pour laquelle ils furent déportés en 1948 dans la steppe du Bărăgan avant de déménager dans les années 1960 à l'autre extrémité du pays, dans la commune de Săcălaz près de Timișoara, où ils revinrent au pastoralisme[3]. Ses cousins Victor Becali et Ioan Becali sont également actifs dans le milieu du football roumain.

Marié en 1994, George Becali est père de trois filles.

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

George Becali raconte qu'après avoir vécu d'économie informelle (fournissant des produits laitiers pendant la période de pénurie de l'ère Ceaușescu) sa famille profita de la chute de la dictature pour vendre son troupeau et lui remettre toutes ses économies, soit 130 000 $ (une somme très importante à l'époque), pour qu'il fasse des affaires à l'étranger. Il emprunta aussi de l'argent à son parrain le footballeur Gheorghe Hagi, lui aussi aroumain. Ayant réalisé de belles affaires, ce n'est cependant pas à l'étranger qu'il fit croître son capital mais en Roumanie.

En effet George Becali acheta des terrains à bâtir dans les alentours de Bucarest et fit fortune en les revendant quelques années plus tard, réalisant des marges de profit énormes grâce à la transition économique. En particulier, il avait des relations dans les forces armées roumaines, en tant que supporter du club de football de l'armée, le FC Steaua (« l'Étoile ») où jouait alors Gheorghe Hagi. Cela lui permit d'échanger avec l'armée 21,5 hectares de terrain agricole qu'il possédait à Ștefăneștii de Jos (à 15 km de Bucarest) contre 20,9 hectares de terrain constructible à Băneasa-Pipera (dans le Nord de la capitale roumaine) qu'il revendit au plus fort de la hausse des prix de l'immobilier[4].

Dirigeant du FC Steaua Bucarest[modifier | modifier le code]

Lors de la privatisation du FC Steaua, à la fin des années 1990, sous la présidence de Viorel Păunescu, George Becali est devenu actionnaire de ce club, le plus grand du pays, avant d'en prendre petit à petit le contrôle : fin 2003 il détenait environ 65 % des actions[5].

Son implication dans le monde du football roumain a aussi provoqué de nombreux incidents. Durant la saison 2006/2007 Gigi Becali aurait payé les joueurs d'équipes adverses pour s'assurer de la deuxième place du championnat, synonyme de qualification en Ligue des champions (on parle de plusieurs centaines de milliers de dollars versés aux joueurs du Dynamo, club de l'ex-Securitate rival du Steaua et assuré d'être champion, pour battre la CFR Ecomax Cluj, club de cheminots qui lui aussi se battait pour la deuxième place). L'arbitrage est lui aussi souvent soupçonné d'être sujet à la corruption, des enquêtes des liens illicites entre Becali et certains arbitres de foot. Cependant ces dérives ne sont pas caractéristiques uniquement au club Steaua, mais à tous les clubs roumains et même à l'ensemble de la société, toujours dominée par la nomenklatura ex-communiste transformée en oligarchie[6], sans compter que le football international est lui aussi gangréné[7].

Gigi Becali est au centre de polémiques sur sa façon de diriger le Steaua, l'accusation récurrente étant qu'il se conduit en dictateur capricieux et versatile au sein du club, allant jusqu'à donner son avis sur la composition de l'équipe et à décider qui doit figurer sur la feuille de match ou non. En 2006 le manager de l'équipe Mihai Stoica a remis sa démission car les relations avec Becali étaient exécrables. Becali s'est mis à dos beaucoup d'entraîneurs dont son propre parrain Gheorghe Hagi qui a démissionné en septembre 2007.

Ses relations avec les supporters du Steaua sont aussi au plus bas. Plusieurs fois hué dans le stade, Becali traité les supporters de « vagabonds pouilleux » face aux caméras[8]. Mais le plus grave pour les « stélistes » c'est d'avoir vu leur président arborer une écharpe aux couleurs du club Dynamo, principal rival du FC Steaua Bucarest.

En août 2012, Becali refuse d'engager le joueur Florent Sinama-Pongolle pour l'unique motif que ce dernier est noir[9].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Le président de club de football ne le cède en rien à l'homme politique, qui choisit le populisme outrancier pour augmenter sa surface médiatique. Ses déclarations deviennent de plus en plus virulentes, volontiers insultantes et racistes (par exemple anti-gitans en 2005)[10]. Il donne aussi dans la mégalomanie et le sectarisme, et s'est fait représenter sur un tableau inspiré par la Cène de Léonard de Vinci, où il apparaît sous les traits de Jésus-Christ entouré des onze titulaires du Steaua Bucarest[11]. Critiqué et brocardé, Becali se défend en disant que le tableau lui a été adressé par un admirateur.

La carrière politique de Gigi Becali débute en janvier 2004 lorsqu'il prend la tête du Parti de la nouvelle génération - Chrétien-démocrate (Partidul Noua Generație - Creștin Democrat), une petite formation crée en 2000 par l'ancien maire de Bucarest Viorel Lis. Il se présente dans la foulée à l'élection présidentielle où il reçoit 1,77 % des votes. Après la campagne, il perdra un procès contre la fille de l'acteur Amza Pellea dont l'image avait été utilisée sans permission dans un de ses spots de campagne[12].

Lors des élections européennes du 25 novembre 2007 le PNG-CD (dont Becali était tête de liste) obtient 4,86 % des voix[13]. Ce score n'a pas permis au parti d'avoir des députés, le seuil étant de 5 %. Ce résultat fut un échec pour son parti qui était crédité de plus de 10 % des voix quelques mois plus tôt.

Sous la direction de Becali le PNG-CD, centriste au départ, prend une orientation nationaliste et intégriste chrétienne clairement affichée et assumée, Becali lui-même s'était qualifié de successeur de Corneliu Zelea Codreanu, « martyr » et fondateur de la Garde de fer, exécuté par ordre du roi Charles II dans la Roumanie de l'entre-deux-guerres. Son slogan électoral, exemplaire des outrances populistes : « moi, Gigi Becali, jure à tous les Roumains et à Dieu que je ferai briller la Roumanie comme le soleil dans le ciel »[14], est en effet repris du testament de Ion Moța, un des fondateurs de la Garde de Fer.

Becali et son parti ont clairement fait connaître leur homophobie. Le 26 mai 2006, George Becali a signé aux côtés de l'Église orthodoxe roumaine et de 22 associations roumaines d'extrême-droite, dont les néo-fascistes de Noua Dreaptă une lettre ouverte aux autorités appelant à interdire la GayFest 2006 de Bucarest. Sans succès, la manifestation s'étant normalement tenue quelques jours après. L'année suivante, il qualifiera l’événement de « marche de Satan ». Il a fait par ailleurs interdire à l'équipe au FC Steaua qu'il possède, d'entonner l'hymne We Are the Champions, sous prétexte que son auteur, le chanteur de Queen Freddie Mercury, était « un homosexuel, donc un malade mental »[15].

De nouveau candidat lors de l'élection présidentielle de 2009, il emporte 1,91 % des suffrages exprimés au premier tour.

Becali a été jugé à plusieurs reprises, sur des plaintes de personnalités telles que Anghel Iordănescu, ancien entraîneur du FC Steaua, le politicien Radu Berceanu ou l'arbitre de division 1 roumaine Cristian Bălaj. Il polémiquait fréquemment avec Corneliu Vadim Tudor, ancien thuriféraire du régime de Ceaușescu passé à l'extrême droite roumaine, parce qu'il le trouvait « trop mou »[16] et a également insulté publiquement le premier ministre Călin Popescu-Tăriceanu[17]. Becali a promis aux Roumains en décembre 2006 une « révolution culturelle » sous la conduite de son parti[18].

Religion[modifier | modifier le code]

Une des principales caractéristiques de Gigi Becali est de s'afficher comme un fervent croyant très pieux. Dans une interview au journal Libertatea, il a déclaré que sa réussite dans les affaires ne pouvait provenir que de la grâce de Dieu. Il est un des principaux donateurs de l'Église orthodoxe roumaine : il affirme avoir déjà donné plus de 50 millions d'euros pour construire et rénover des églises ou monastères (une vingtaine construits grâce à ses dons)[19]. Un de ses plus gros dons fut pour le monastère roumain du mont Athos en Grèce qui reçut 5 millions de dollars.

L'opposition roumaine dépeint Becali comme un oligarque populiste d'un type fréquent dans le post-communisme, passé de la débrouille au service de la nomenklatura aux affaires les plus douteuses, au nationalisme et au fanatisme religieux, attitude lui permet d'être apprécié dans des milieux très divers, allant des affaires aux croyants les plus désespérés en passant par le sport, l'extrême-droite, le clergé et l'armée. Pour « vernir » tout cela il a créé la Fondation chrétienne Gigi Becali qui finance divers projets humanitaires au profit des enfants et des personnes âgées dans la misère, des hôpitaux et des institutions sociales. Cela lui permet de bénéficier d'exonérations d'impôts substantielles, ces sommes étant déductibles. Par exemple, lors des inondations de 2005, Becali a fait un don de 4 millions de dollars pour la reconstruction de 200 maisons du village de Vulturu (commune de Vadu Roșca dans le județ de Vrancea) qui avaient été emportées par la crue de la rivière Siret. En son honneur et pour le remercier, les villageois voulurent renommer leur localité Vulturu-Becali. Lors d'un gala de l'UNICEF en faveur des enfants handicapés en Roumanie, Becali a offert la somme de 250 000 euros.

Scandales[modifier | modifier le code]

En 2003, Becali et ses gardes du corps insultent et molestent le présentateur de l'émission de télévision Fotbal la Maxx, Parfait Malonga. Une journaliste de Realitatea TV est molestée par ses gardes du corps en avril 2006[20].

En 2005, Becali emploie un langage particulièrement grossier lors d'une interview accordée à la chaîne de télévision Antena 1, insultant le journaliste. En juillet de la même année il insulte dans un restaurant le créateur de l'émission satirique Cronica Cârcotașilor (la « Chronique des médisants ») Șerban Huidu avant de lui cracher dessus et de lui envoyer un verre de vin à la figure[21].

En 2008, Becali est condamné par la commission de discipline du football roumain pour ses déclarations agressives par voie de presse contre Iuliu Mureșan (président de la CFR) et Adrian Porumboiu (du FC Vaslui). Ces trois présidents ont été condamnés à plusieurs milliers d'euros d'amende après s'être insultés de manière virulente dans les différents journaux sportifs roumains et d'avoir mis en cause différents responsables de la ligue.

Becali est aussi mis en cause après ses déclarations à caractères racistes envers Marius Iancu (président du club Poli Timișoara, d'origine gitane). Becali a déclaré : «  dans ma vie j'ai connu toutes sortes de gitans, mais un gitan aussi insolent que celui-ci, je n'en ai jamais vu »)[22]

L'Autorité nationale fiscale roumaine (ANAF) a signifié le 17 octobre 2005 à Becali un arriéré d'impôts de 11 millions de dollars. Becali a porté plainte contre l'ANAF et obtenu gain de cause contre celle-ci[23].

Il est arrêté par la police pour avoir fait kidnapper et torturer les voleurs de sa limousine, mais est acquitté.

George Becali est mis en accusation par la Direction nationale anti-corruption (DNA) pour une affaire de pots-de-vin lors de la dernière journée de championnat de football : il aurait proposé via des proches une importante somme d'argent à l'équipe U Cluj si celle-ci battait ou faisait match nul contre la CFR Cluj, ce qui aurait permis au FC Steaua de devenir champion de Roumanie (vu qu'un seul point les séparait de la CFR). Le DNA a arrêté les hommes de Becali en possession de 1,7 million d'euros en liquide. Becali a déclaré que cet argent était pour acheter un terrain dans les environs de Cluj, et quand bien même il aurait été destiné à acheter des bonbons et du chocolat, c'était son argent et il en faisait ce qu'il voulait. Dans cette affaire Gigi risquait cinq ans de prison, mais une fois de plus il obtint le non-lieu.

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Classement du magazine Forbes Romania 500 Miliardari
  2. Sondaj IMAS: Gigi Becali a crescut mai mare decât PNL | Politic | ATAC Online
  3. (ro) Gazeta Sporturilor, « Lanțul amintirilor lui Gigi Becali », 16 janvier 2006
  4. (ro) Evenimentul Zilei, "Gigi Becali revine la mahala", 2 mars 2005
  5. (ro) Evenimentul Zilei, "Gigi Becali deține 66 la sută din FC Steaua SA" 5 janvier 2004
  6. Archie Brown, (en) The Rise and Fall of communism, Vintage Books 2009 ; d'ailleurs des manifestations populaires se succèdent depuis des années contre cette corruption.
  7. New York Times
  8. [1]
  9. « Foot. Sinama-Pongolle refusé par un club roumain pour sa couleur de peau », sur ouest-france.fr
  10. (ro) Pro Sport, Gigi Becali a devenit interpret de manea..., 27 avril 2005
  11. (ro) Gazeta Sporturilor, "Stîna cea de taină"
  12. (ro) Evenimentul Zilei, "Gigi Becali a fost invins de Oana Pellea", 14 mars 2006
  13. Roumanie : résultats des élections européennes :: ROUMANIE.COM
  14. « Eu Gigi Becali, jur în fața tuturor românilor și în fața lui Dumnezeu că voi face ca România să strălucească precum soarele sfânt de pe cer! »
  15. Charlie Hebdo no 787, mercredi , page 12
  16. (ro) Evenimentul Zilei, "Vadim îl face pe Becali handicapat" 3 septembre 2004
  17. (en) Bucharest Daily News, « Becali says the PM is a 'cockroach-politician' », 16 avril 2006
  18. (ro) Cotidianul, "Gigi Becali promite o revolutie culturala", 16 décembre 2006
  19. Libertatea ONLINE
  20. (ro) Evenimentul Zilei, "Jurnalistă de la Realitatea TV agresată de gărzile lui Becali", 28 avril 2006
  21. (ro) Evenimentul Zilei, "Huidu nu vrea bani de la Gigi Becali", 20 juillet 2005
  22. ProSport
  23. (ro) Cronica Română, « Gigi Becali a câștigat procesul cu ANAF », 20 mai 2006

Lien externe[modifier | modifier le code]