Gabrielle Hébert

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Gabrielle Hébert
Gabrielle Hébert (cropped).jpg
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Gabrielle Hébert, née Gabrielle d'Uckermann (1853-1934), est une photographe française d'origine allemande.

Biographie[modifier | modifier le code]

Originaire d'une famille aristocratique allemande de Dresde, Gabrielle d'Uckermann suit des cours de dessin à Paris, puis épouse en 1880, à vingt-sept ans, le peintre Ernest Hébert, alors âgé de 63 ans[1]. Devenue Gabrielle Hébert, elle commence à pratiquer la photographie en 1888[2]. Son mari est alors directeur de la villa Médicis, et elle crée notamment aux côtés du peintre Alexis Axilette, dans un milieu alors essentiellement masculin[1]. Prolixe, elle a laissé plus de 3500 tirages[2].

À la mort de son mari en 1908, elle rassemble ses œuvres en vue de la création d'un musée, qui deviendra le musée Hébert, sis dans leur maison de La Tronche, en Isère[3]. Elle meurt en 1934[3].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Sujets[modifier | modifier le code]

Paysans italiens et leurs chèvres, photographiés par Gabrielle Hébert vers 1895.
Paysans italiens, photographiés par Gabrielle Hébert vers 1895.

Les photographies de Gabrielle Hébert documentent en particulier les voyages qu'elle effectue avec son mari, par exemple en Espagne ou en Italie[4]. Ses sujets alternent entre des scènes de vie quotidienne, urbaine ou rurale, des paysages, et des monuments du patrimoine historique, comme l'alcazar de Séville[1].

La villa Médicis à Rome, photographiée par Gabrielle Hébert en 1891.
La villa Médicis à Rome, photographiée par Gabrielle Hébert en 1891.

On trouve également dans sa collection des clichés qui témoignent de façon unique de la vie des pensionnaires de la villa Médicis à Rome la fin du XIXe siècle[4],[5], et même des tirages plus transgressifs, notamment des nus féminins qui ont peut-être servi de modèle au peintre Alexis Axilette[2].

Ses compositions sont soignées et son style précis[1],[4].

Technique[modifier | modifier le code]

Intéressée par la technique photographique, à l'époque en pleine évolution, Gabrielle Hébert a utilisé différents appareils, ainsi que différentes chambres et techniques de développement et de retouche[2]. Elle s'empare notamment de la photographie instantanée, permise par le procédé au gélatino-bromure, qui lui permet d'avoir un appareil portable[5].

Pratique amateure et dimension artistique[modifier | modifier le code]

La pratique photographique de Gabrielle Hébert est parfois qualifiée d'« amateure-usagère », et vue comme caractéristique de la photographie de loisir d'une certaine classe aisée du XIXe siècle[2]. Cependant, sa maîtrise technique et son approche marquée par la composition picturale[4] permettent aussi de parler d'une dimension artistique et personnelle[1],[2], voire d'un regard de photo-reporter ou de photo-ethnographe, marqué par une capacité à saisir l'instant[4].

Un marais en Italie, photographié par Gabrielle Hébert en 1893. On voit le lit d'une rivière bordée de papyrus.
Un marais en Italie, photographié par Gabrielle Hébert en 1893.

Plusieurs chercheuses estiment également que sa pratique de la photographie était un moyen d'affirmation de soi dans un milieu alors réservé aux hommes, ainsi qu'une façon de sortir de l'ombre de son mari, peintre reconnu[2],[6].

Postérité[modifier | modifier le code]

Ses tirages et négatifs sont conservés dans le musée Hébert de La Tronche et dans le musée Hébert de Paris.

Le musée Hébert de La Tronche a consacré plusieurs expositions au travail de Gabrielle Hébert :

  • Instantanés à la villa Médicis par Gabrielle Hébert (1888-1895), 2007[5],[7]
  • Italiens pittoresques, 2014[4]
  • Voyage en Espagne (octobre/novembre 1898), Photographies Kodak de Gabrielle Hébert, 2020[1],[8]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f Laurence Huault-Nesme, « Voyage en Espagne, Photographies Kodak de Gabrielle Hébert », Musée Hébert, La Tronche (plaquette d'exposition),‎
  2. a b c d e f et g « Gabrielle Hébert, femme photographe, épouse de peintre », sur AWARE Women artists / Femmes artistes (consulté le 20 août 2020)
  3. a et b BNF, Notice biographique - Gabrielle Hébert (lire en ligne)
  4. a b c d e et f « 3 raisons d'aller voir l'exposition "Italiens pittoresques", au musée Hébert de La Tronche, en Isère », sur France 3 Auvergne-Rhône-Alpes (consulté le 20 août 2020)
  5. a b et c « Le regard de Gabrielle », sur www.petit-bulletin.fr (consulté le 20 août 2020)
  6. « Gabrielle Hébert (1853-1934) | Dossier de l'Art n° 270 », sur www.dossier-art.com (consulté le 20 août 2020)
  7. « Instantanés à la villa Médicis par Gabrielle Hébert (1888-1895) », sur Culture Isère (consulté le 20 août 2020)
  8. « La Tronche. Un voyage en Espagne avec Gabrielle Hébert à découvrir au musée Hébert », sur www.ledauphine.com (consulté le 20 août 2020)

Liens externes[modifier | modifier le code]