Faïence de Saint-Porchaire

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Salière de Saint-Porchaire (vers 1555), Taft Museum of Art, Cincinnati

La faïence de Saint-Porchaire est une production faïencière de très haute qualité de la Renaissance française. Cette faïence blanche, à l'origine mystérieuse, était destinée à une clientèle restreinte et fut réalisée entre 1520 et 1540. Selon les sources, il n'y aurait qu'entre une trentaine[1] et une soixantaine[2] de pièces de cette céramique connues à ce jour, et aucune nouvelle pièce n'est apparue depuis la Seconde Guerre mondiale, à l'exception des fouilles menées dans les années 1990 sur le territoire de la commune de Parthenay (Deux-Sèvres). Sur deux sites distincts ont été exhumés un fragment de salière et une nouvelle forme, non répertoriée jusqu'à ce jour, de navette-canard[3].

Historique[modifier | modifier le code]

Lorsque les collectionneurs ont découvert cette céramique au XIXe siècle, la mémoire de son lieu de production avait été perdue, et elle était seulement connue sous la dénomination de Faïence Henri II[4], car certaines pièces portaient le monogramme royal de Henri II.
C'est le cas de la manufacture britannique Mintons qui dès les années 1840 produit des objets inspirées de Saint-Porchère, les baptisant Henri-Deux. Les caractères stylistiques de la faïence de Saint-Porchaire montrent clairement l'influence des décors maniéristes de l'école de Fontainebleau, qui introduisit en France les apports de la Renaissance italienne.

En 1898, Edmond Bonnaffé lia, pour la première fois, son origine au village de Saint-Porchaire, en Poitou (aujourd'hui un quartier de Bressuire). Il s'appuya pour cela sur des écrits de 1552 dans lesquels Charles Estienne parlait de la beauté des faïences de Saint-Porchaire, sur les citations d'un poète local de 1566 et sur des inventaires du XVIe siècle incluant des objets de terre de Saint-Porchaire ou faits à la façon de Saint-Porchaire.

L'attribution de l'origine de la production à ce petit village pose cependant plus de questions qu'elle n'en résout. Il n'y a aucune source archéologique montrant l'existence d'une activité céramique à Saint-Porchaire, et l'éventail sophistiqué des décors, gravés et sculptés, semble hors de portée d'un lieu aussi éloigné de Fontainebleau et de Paris[5].
Cette conception centralisatrice ne tient cependant pas compte de l'exceptionnelle effervescence artistique et économique qui prévaut à la Renaissance autour de la Loire[réf. nécessaire].

Les recherches récentes suggèrent que Bernard Palissy employa peut-être des techniques de Saint-Porchaire dans son atelier parisien entre 1565 et 1572[6]. Au-delà de cela, l'expérience de Saint-Porchaire ne connut pas d'antécédents[7] et n'eut pas d'influence notable sur le développement ultérieur de la céramique française, qui, à l'exception des expériences de Palissy, repartit d'une page blanche et évolua vers la fin du XVIIe siècle vers une faïence de plus en plus fine.

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice sur la salière en faïence de Saint-Porchaire du musée Jacquemart-André, sur son site officiel.
  2. Wardropper, Ian. La céramique de la Renaissance française. In Heilbrunn Timeline of Art History. New York: The Metropolitan Museum of Art, 2000.
  3. Musée municipal Georges Turpin., Renaissance de la faïence de Saint-Porchaire., Parthenay, Musée municipal Georges Turpin, , 128 p. (ISBN 2-9519270-2-9, OCLC 124036521, lire en ligne)
  4. Faïence d'Oiron est un autre terme courant dans le commerce, basé sur la fausse information que la fabrication était localisée à Oiron, dans le département des Deux-Sèvres. Quelques pièces de faïence de Saint-Porchaire ont été exposées au Château d'Oiron.
  5. Critiques émises par Poulain en 1997 et Timothy Wilson dans son article de The Burlington Magazine 139 No. 1137 (December 1997:894f). (Wilson 1997).
  6. Dominique Poulain, conservateur, Bernard Palissy et la céramique de Saint-Porchaire, catalogue de l'exposition, château d'Écouen, 1997; l'exposition réunit 38 pièces.
  7. "Il n'y a pas d'antécédents en céramique. Les emprunts stylistiques sont nombreux, mais hors du champ de la céramique" observation de Timothy Wilson lors de sa visite à l'exposition d'Écouen de 1997 (Wilson, Timothy H.; NGA Washington Western Decorative Arts: Medieval, Renaissance, and historicizing styles, including metalwork, enamels, and ceramics, National Gallery of Art (U.S.), Oxford University Press US, 1993 (ISBN 0-521-47068-4 et 978-0-521-47068-1)).

Liens externes[modifier | modifier le code]