Geoffroy Tory

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Geoffroy Tory
Geoffroy Tory Letter A 1526.png

Les recherches de Geoffroy Tory sur la proportion des lettres s’inspiraient de l’architecture de Vitruve (planche tirée du Champfleury).

Naissance
Décès
Activités

Geoffroy[1] Tory, né à Bourges vers 1480, et mort à Paris en 1533, est un imprimeur-libraire et humaniste français, créateur de caractères d'imprimerie propres à la transcription du français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après une première formation à l’université de Bourges, peut-être complétée à l’université de Bologne, Geoffroy Tory s’installe à Paris avant 1507. Là, il devient régent de plusieurs collèges de l’université (collège du Plessis, puis collège de Bourgogne en 1512, enfin collège de Coqueret), où il enseigne la grammaire et la philosophie. Il fait publier chez d’importants libraires du Quartier latin, tels Henri Estienne ou Gilles de Gourmont, la traduction de plusieurs textes antiques et modernes à destination des étudiants, dont la première édition française du traité d’architecture de Leon Battista Alberti[2].

Après un long séjour en Italie (vers 1518-1521), et notamment à Rome, il s’installe de nouveau à Paris comme libraire, à l’enseigne du Pot cassé. Ses premiers ouvrages sont des livres d’heures illustrés tantôt « à l’antique », tantôt « à la moderne » (à la franco-flamande), qu’il fait imprimer chez des confrères, sans doute faute d’argent. Pour les Heures, de 1525, imprimées par Simon de Colines, il obtient du roi François Ier le premier privilège connu pour une œuvre graphique.

Il propose pour la première fois en 1529, dans son traité sur le dessin de lettres le Champ Fleury, des dessins de lettres romaines mais aussi des alphabets gothiques, bâtards, tourneurs ou encore utopiques. Il envisage également la création de signes diacritiques propres à la transcription du français, notamment les cédilles et les apostrophes dans les accents graves et aigus[3].

Il meurt en 1533, peut-être de la peste qui sévissait alors à Paris. En matière de caractères romains, il ne connut donc pas les réalisations de son jeune ami, Robert Estienne, en collaboration avec le graveur Claude Garamont.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Parallèlement à sa carrière d’imprimeur, Tory rédige son manifeste, un traité de typographie finalement publié sous le titre :

  • Champfleury. Au quel est contenu l’Art et Science de la deue et vraye Proportion des Lettres Attiques, qu’on dit autrement Lettres Antiques, et vulgairement Lettres Romaines proportionnees selon le Corps & Visage humain (Paris : 1529).
C’est sans doute cet ouvrage rédigé en français qui décida François Ier à le choisir comme imprimeur officiel en 1531[4]. Dès lors, il publia des traductions officielles, ainsi que des livrets de circonstance, dans lesquels il introduisit de nouveaux caractères typographiques, notamment les lettres accentuées, l'apostrophe (empruntée au grec ancien), le « point-crochu » (notre virgule) et la cédille, venue d’Espagne. Cat. Destailleur no 828, Paris Ars. : Rés 4° ScA 3921. Paris Ars. : 4° ScA 3922. Paris BNF : RES M-V-345. Paris BNF : RES M-V-142. Paris BNF : IMPR LIBR-NZ-110. Paris BNF : RES-V-515. Paris BNF : RES-V-516. Paris BNF (Mss.) : Ms. Rothschild-2.4.8. Fac-similé par S.R. Publishers, 1970. Deux planches repr. dans Jessen, 1936, pl0,80−81.
  • Une seconde édition posthume paraît en 1549 : L’Art et science de la vraye proportion des Lettres Attiques, ou Antiques, autrement dictes, Romaines, selon le corps et visaige humain, avec l’instruction et manière de faire chiffres et lettres pour bagues d’or, pour tapisseries, vitres et painsctures… le tout inventé par maistre Geoffroy Tory de Bourges, Paris, Vivant Gaultherot, 1549.
Le volume reprend les planches gravées sur bois de la première édition, à l’exclusion de quelques lettres latines dont le format était trop grand. Cat. Destailleur, no 829, Paris BNF : RES-V-2450. Paris BNF : RES P-V-441. Paris BNF : RES-V-2603.

Il prolonge ses recherches typographiques dans deux éditions successives de l’Adolescence clémentine, de Clément Marot (1532 et 1533).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Orthographe conforme aux notices d'autorité.
  2. Olivier Deloignon, « Une variation autour de Vitruve. L’“esthétique architecturante” des milieux curiaux français sous François Ier », Cahiers des Études anciennes,‎ , p. 283-302 (ISSN 1923-2713, lire en ligne)
  3. (en) Freeman G. Henry, Language, Culture, and Hegemony in Modern France, Summa Publications, (ISBN 978-1883479596), p. 22
  4. Olivier Deloignon, Pascal Fouché (dir.) et alii, Tory et l’invention de l’architecture du livre, dans le Dictionnaire encyclopédique du Livre, tome 3, N à Z, Paris, Éditions du Cercle de la Librairie, , 856-858 p. (ISBN 978-2-7654-0992-2).

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Auguste Bernard, Geoffroy Tory, peintre et graveur, premier imprimeur royal, réformateur de l’orthographie et de la typographie sous François Ier…, deuxième édition, Paris, Tross, 1865. Voir ici la première édition de 1857.
  • Catalogue de livres rares et précieux composant la bibliothèque de M. Hippolyte Destailleur…, Paris, D. Morgand, 1891, in-8°, 448 p.
  • Peter Jessen, Meister der Schreibkunst aus drei Jahrhunderten. 200 Bildtafeln her. von Peter Jessen, Stuttgart, 1936 ; reprint New York, Dover, 1981, avec l'introduction traduite en anglais.
  • Claude Mediavilla, Histoire de la calligraphie française, Paris, 2006, 338 p. (ISBN 978-2226172839), p. 134-136.
  • Geoffroy Tory. Imprimeur de François Ier, graphiste avant la lettre, Paris, RMN, 2011, 158 p., catalogue de l'exposition organisée au musée national de la Renaissance – château d'Écouen, du 6 avril au 4 juillet 2011, en partenariat avec la Bibliothèque nationale de France.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]