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Musée national de Céramique

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Musée national de céramique
Façade du musée.
Informations générales
Ouverture
1824
Gestionnaire
Dirigeant
Céline Paul
Visiteurs par an
42 408 ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web
Collections
Collections
Céramique
Nombre d'objets
50 000
Label
Bâtiment
Architecte
Alexandre Laudin (1876)
Protection
Localisation
Adresse
2, place de la Manufacture
92310 Sèvres
Sèvres, Hauts-de-Seine
 France
Coordonnées
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Kernos. Terre cuite, Cycladique Ancien III - Cycladique Moyen II (vers 2000 av. J.-C.). Découvert dans une tombe à Mélos. Paris, musée du Louvre.

Le musée national de Céramique est un musée national français situé à Sèvres, en région parisienne. Il conserve une collection d'objets et d'œuvres d'art en céramique de la préhistoire à l'époque contemporaine provenant de tous les continents[1]. Le musée, créé en 1824 par Alexandre Brongniart pour être une source d'inspiration pour les artisans de la Manufacture de Sèvres, est étroitement liée à l'histoire de cette dernière. Depuis 2025, il fait partie de l'établissement public des Manufactures nationales – Sèvres & Mobilier national.

Le musée national de Céramique est fermé depuis le 1er janvier 2026 pour rénovation. Sa réouverture est prévue à l'horizon 2030[2].

Collections

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Le musée regroupe près de 50 000 objets[3] en céramiques de toutes les époques, des plus reculées aux plus récentes, provenant de toutes les civilisations du monde[4].

Les céramiques de la Grèce antique et de l'Europe côtoient des porcelaines chinoises et islamiques, de la faïence hispano-mauresque, des terres cuites américaines, ou des pièces en grès ou en verre d'artistes contemporains. Cependant, la plus grosse part des pièces exposées sont européennes et se situent entre les XVe et XIXe siècles[4].

Histoire du musée

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Période d'Alexandre Brongniart : 1800-1847

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Jules Pizzetta, Portrait d'Alexandre Brongniart, publié dans la Galerie des naturalistes, Éd. Hennuyer, 1893.

Le musée a été créé en 1824 (date officielle) par Alexandre Brongniart, directeur de la manufacture impériale de porcelaine de Sèvres[5], sous le nom de Musée Céramique et Vitrique. Soucieux de présenter l'histoire des techniques de la céramique et des matières vitreuses, à travers le monde et les époques, ce dernier a constitué l'une des collections de céramiques des plus variées. Esprit curieux, son souhait était d'écrire un ouvrage, le Traité des arts céramiques ou des poteries considérées dans leur histoire, leur pratique et leur théorie (Paris, 1844)[5]. Dès son arrivée à la manufacture, il eut donc l'idée de créer un « musée-laboratoire », source première d'inspiration pour la rédaction de ce livre. Deux collections, dans les locaux de la manufacture, sont à l'origine de ce projet : il s'agit des séries de modèles en terre cuite pour la fabrication des biscuits de porcelaine ainsi que les vases antiques (grecs, étrusques et romains) provenant de la collection de Dominique-Vivant Denon, acquise par le roi Louis XVI en 1785 et déposée à la manufacture l'année suivante.

En 1824, Brongniart nomme Désiré Riocreux premier conservateur du musée. Ancien peintre sur porcelaine à la manufacture, il ne pouvait plus y travailler à cause d'une vue très basse. En 1845, tous deux publient ensemble le premier catalogue du musée: Description méthodique du musée Céramique de la Manufacture royale de Sèvres[6].

Brongniart avait opté pour une présentation des collections à la fois chronologique et technique, afin de refléter le classement présenté dans le Traité des arts céramiques : chaque technique de céramique était bien séparée des autres. Ce système a évidemment été adopté par Riocreux.[réf. nécessaire]

Conservation de Désiré Riocreux

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À la mort d'Alexandre Brongniart en 1847, Désiré Riocreux reste conservateur au musée. Il continue le projet voulu par Brongniart. Avec peu de moyens, il enrichit considérablement les collections, rassemblant plus de 20 000 objets. Le critère technique, voulu par Brongniart, l'emporte toujours : il conserve ainsi le classement effectué par son ancien directeur.[réf. nécessaire]

Le musée de Champfleury - 1876

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Plaque inaugurale dévoilée le 17 novembre 1876.

En 1876, la manufacture et le musée déménagent vers leur emplacement actuel, donné par Napoléon III, au bord du parc de Saint-Cloud[5]. Un bâtiment spécifique, construit par l'architecte Alexandre Laudin[7], est réservé au musée, bien que cohabitant avec quelques ateliers et la boutique de la manufacture. Le bâtiment est inauguré le par le maréchal de Mac Mahon, président de la République, en présence du ministre des Beaux-Arts William Waddington, du directeur des Beaux-Arts le marquis de Chennevières, Louis Robert étant administrateur.

Fronton du musée de la Céramique de Sèvres sculpté par Gustave Crauk en 1864.

Construit ex nihilo, son architecture adopte un style similaire à celui des musées d'art, c'est-à-dire un langage architectural néoclassique qui tend vers le style « Beaux-Arts »[8]. Le musée est orné de trois frontons réalisés par le sculpteur Gustave Crauk en 1864. Les deux frontons latéraux représentent deux figures tutélaires de l'art de la céramique, placés dans des médaillons, Bernard Palissy (fronton droit) et Luca Della Robbia (fronton gauche). Le fronton principal illustre deux personnifications de la céramique. Son style, ses dimensions et son décor provoquent un effet de monumentalité, tout à fait souhaité par l'inspecteur général des bâtiments, M. de Gisors : « Je suis d'opinion que cette entrée publique du musée de la Céramique doit avoir un style décoratif et des proportions sinon monumentales, au moins plus dignes du vaste et célèbre établissement qu'elle précède et qu'elle annonce » (Archives nationales F/21/864).

Jules-François-Félix Husson-Fleury, dit Champfleury (1821-1889), conservateur et successeur de Riocreux, a la lourde tâche d'aménager ce nouveau lieu. De forme très allongée et étroite, le bâtiment se voit adapter le classement de Brongniart. Le musée privilégie toujours le dessein de Brongniart, à savoir un musée sur les techniques de la céramique.

Au début du XXe siècle, Ernest Carrière est le directeur de la création artistique jusqu'en 1908[9].

À partir de 1934, le musée est rattaché à la direction des musées de France[5].

Le , le musée est touché par le souffle du bombardement de la Royal Air Force visant l'usine Renault de l'île Seguin[10]. Environ 8 000 objets sont détruits ou abîmés, dont la restauration a commencé 70 ans après, en août 2013[11].

Le musée au XXIe siècle

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En 2010, le musée national de Céramique et la manufacture nationale de Sèvres fusionnent dans un établissement public administratif sous tutelle du ministère de la Culture intitulé Sèvres – Cité de la céramique.

En 2012, les deux institutions sévriennes sont rejointes par le musée national Adrien Dubouché de Limoges. L'établissement devient la Cité de la céramique – Sèvres & Limoges[12].

Le 1er janvier 2025, la Cité de la céramique – Sèvres et Limoges fusionne avec le Mobilier national pour donner naissance à l'établissement public des Manufactures nationales – Sèvres & Mobilier national[13].

Dans le cadre de la création des Manufactures nationales, la rénovation complète du musée est annoncée pour 2027-2028[14].

Le 24 décembre 2025, un communiqué de presse des Manufactures nationales annonce la fermeture du musée au 1er janvier 2026 et le lancement du programme « Brongniart 2030 », destiné à restaurer le monument historique du musée, à améliorer les conditions de conservation et de présentation des collections de la manufacture, et à assurer une meilleure mise en valeur pour le public au sein d’un nouveau parcours de visite[2].

Expositions temporaires

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Le musée présente régulièrement des expositions temporaires monographiques ou thématiques organisées au rez-de-chaussée du musée ou sous les combles. Jusqu'en 2010, le musée étant un service à compétence nationale du Ministère de la Culture, la plupart des expositions étaient organisées en collaboration avec la RMN.

  • Porcelaines de Sèvres, 1955-2005 (du 20 avril au 11 juillet)[15]
  • Terres contemporaines, terres de liberté, 1955-2005 (du 20 avril au 31 juillet)[15]
  • Le service Razoumovski en porcelaine de Sèvres (du 22 novembre 2005 au 20 mars 2006)[16]
  • De l'immense au minuscule. Virtuosité, dînette et vaisselle d'ogre (du 23 novembre 2005 au 20 mars 2006)[17]
  • Sèvres 1756 (du 11 octobre 2006 au 8 janvier 2007)[18]
  • Toji, avant-garde et tradition de la céramique japonaise (du 17 novembre 2006 au 26 février 2007)[19]
  • Antoine Leperlier, la métaphysique du verre (du 22 mars au 25 juin)[20]
  • Le service « iconographique antique » du cardinal Fesch (du 2 octobre 2007 au 15 janvier 2008)[21]
  • Satsuma, de l'exotisme au japonisme (du 20 novembre 2007 au 18 février 2008)[22]
  • Sèvres - Vienne - Berlin, Ors et décors : 1800-1850 (du 26 mars au 13 juillet)[23]
  • La Manufacture de Gien entre tradition et modernité

Notes et références

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  1. « Musée national de la céramique », sur Ministère de la Culture - POP : la plateforme ouverte du patrimoine (consulté le )
  2. a et b « "Brongniart 2030" : Fermeture du Musée national de Céramique », sur www.sevresciteceramique.fr (consulté le )
  3. Un musée d'inspiration.
  4. a et b Parcours des collections, Musée de Sèvres.
  5. a b c et d « Sèvres – Cité de la Céramique », notice no M5019.
  6. Brongniart & Riocreux 1845.
  7. Notice no IA00048533.
  8. Roland Schaer, L'invention des musées, Paris, Gallimard, , p. 75
  9. « Carrière, Ernest », dans Édouard Sitzmann (dir.), Dictionnaire de biographie des hommes célèbres de l'Alsace depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, t. 2, , sur gallica (ISBN 978-2-01-363525-7, lire en ligne), p. 1080.
  10. [Ces 2006] Prisca Cez, L'Île Seguin à Boulogne-Billancourt L'Île de la controverse (mémoire de Master 1 Art, esthétique et sociologie de la culture, mention expertise et médiation culturelle, dir. Frédéric Gimello-Mesplomb), université Paul-Verlaine de Metz, UFR sciences humaines et arts, , 154 p. (lire en ligne [PDF] sur fgimello.free.fr), p. 46.
  11. « Les terres cuites de Sèvres restaurées 72 ans après les bombes », sur leparisien.fr, (consulté en ).
  12. Gouvernement français, « Décret n° 2012-462 du 6 avril 2012 relatif à l'Etablissement public Cité de la céramique - Sèvres et Limoges », JORF,‎
  13. Gouvernement français, « Décret n° 2024-1219 du 27 décembre 2024 portant création de l'établissement public Mobilier national - Musée national de céramique - Musée national Adrien Dubouché - Manufactures nationales de Sèvres, des Gobelins, de Beauvais et de la Savonnerie - Atelier de recherche et de création - Ateliers de dentelles d'Alençon et du Puy-en-Velay », JORF,‎
  14. Ville de Sèvres, « Notre Cité de la céramique convole avec le Mobilier national »,
  15. a et b « Expositions passées du musée de Sèvres | Association des Amis du musée national de céramique de Sèvres » (consulté le )
  16. Le service Razoumovski: un cabinet de curiosités sur porcelaine; [Musée National de Céramique, Sèvres, 22 novembre 2005 - 20 mars 2006], Musée National de Céramique [u.a.], coll. « Les grands services de Sèvres », (ISBN 978-2-7118-4945-1)
  17. De l'immense au minuscule: la virtuosité en céramique [exposition], 23 novembre 2005-20 mars 2006, Musée national de céramique... Sèvres, Éd. de la Réunion des musées nationaux, (ISBN 978-2-7118-4988-8)
  18. Pierre Ennès et Alain Prévet, De Vincennes à Sèvres, l'année 1756: exposition présentée au Musée national de céramique à Sèvres, du 11 octobre 2006 au 8 janvier 2007, Éd. de la Réunion des musées nationaux, (ISBN 978-2-7118-5246-8)
  19. Christine Musée national de céramique et Réunion des musées nationaux, Toji: avant-garde et tradition de la céramique japonaise [exposition, Sèvres, Musée national de céramique, 17 novembre 2006-26 février 2007], Réunion des musées nationaux Musée national de céramique, (ISBN 978-2-7118-5122-5)
  20. Pierre Musée national de céramique, Andrew Galerie Capazza et John Edgar Wideman, Antoine Leperlier, la métaphysique du verre: exposition, Sèvres, Musée national de céramique, 22 mars-25 juin 2007, Musée national de céramique RMN, Réunion des musées nationaux, (ISBN 978-2-7118-5331-1)
  21. Hervé de Musée national de céramique, Le service "iconographique antique" du cardinal Fesch: exposition, Sèvres, Musée national de céramique, 2 octobre 2007-15 janvier 2008, Réunion des musées nationaux, coll. « Les grands services de Sèvres », (ISBN 978-2-7118-5373-1)
  22. Satsuma: de l'exotisme au japonisme [exposition, Sèvres, Musée national de céramique, 20 novembre 2007-18 février 2008], RMN Musée national de céramique, (ISBN 978-2-7118-5278-9)
  23. Par Lire également en page 31 de nos informations générales Le 17 mai 2008 à 00h00, « Nuit des musées : ces lieux de culture qui restent vivants », sur leparisien.fr, (consulté le )