La Ruche qui dit oui !

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La Ruche qui dit oui !

Equanum

logo de La Ruche qui dit oui !

Création 19-11-2011 immatriculation de la société
Fondateurs Guilhem Chéron, Marc-David Choukroun et Mounir Mahjoubi
Forme juridique Société par actions simplifiée[1]
Slogan « Le pouvoir est dans nos assiettes »
Siège social 2, rue de la Roquette 75011 Paris
Drapeau de France France
Direction Grégoire Récopé de Tilly-Blaru depuis le 02/10/2018
Actionnaires Actionnaires principaux :

Marc-David Choukroun, Guilhem Chéron, XAnge Private Equity, Solid, USV (en), Felix Capital, Quadia
Actionnaires secondaires (ne faisant pas partie du CA) :
Christophe Duhamel, Mounir Mahjoubi

Activité Portails internet
Produits Produits alimentaires locaux (selon les critères d'Equanum SAS)
Effectif 102 au 31-12-2017 (effectif moyen annuel)
SIREN 528 203 755
Site web La Ruche qui dit Oui !

Fonds propres 3 162 100 € au 31/12/2017

8 660 400 € au 31/12/2018

Chiffre d'affaires 3 278 300 € au 31/12/2017

3 762 200 € au 31/12/2018

Résultat net -6 026 600 € au 31/12/2017 (perte)

-9 548 900 € au 31/12/2018 (perte)

Equanum SAS (la Ruche qui dit oui !) est une entreprise commerciale française issue de l'économie collaborative[2],[3]. Elle développe et met à la disposition des agriculteurs-producteurs et des transformateurs alimentaires de l'artisanat et de la petite industrie un service payant sous forme d'une plateforme en ligne. Ce service est destiné à la commercialisation des productions agricoles alimentaires et de transformations agroalimentaires[4], le responsable de Ruche et Equanum SAS étant les intermédiaires intéressés au pourcentage sur les transactions entre les producteurs et transformateurs alimentaires et les consommateurs.

Fondée en 2010, par Guilhem Chéron, Marc-David Choukroun et Mounir Mahjoubi, cette société présente sa plateforme comme une « optimisation de la vente en circuit court en proposant aux producteurs et aux artisans une plateforme web interactive qui permet chaque semaine de proposer des produits où les membres viennent récupérer leur commande en leur présence ».

En 2018, il existe plus de 1 200 « Ruches » en France et en Europe qui proposent chaque jour des produits que les consommateurs peuvent commander en ligne, puis venir chercher à un jour fixe dans la semaine, dans un lieu donné qui peut être un bar[5], un théâtre[6], un lieu de passage[7], un établissement scolaire[8]...

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Principe de fonctionnement[modifier | modifier le code]

Equanum SAS est une société à but lucratif, qui se donne comme objectif de « réduire le nombre d'intermédiaires entre les producteurs et artisans et les consommateurs »[9]. Pour ce faire, les utilisateurs sont mis en relation avec les producteurs et les transformateurs sur le site Internet laruchequiditoui.fr lorsqu'ils rejoignent une « Ruche ». Celle-ci, caractérisée par une adresse fixe, peut proposer des produits provenant des producteurs et des transformateurs. Via ce site Internet, les producteurs et transformateurs mettent en ligne dans le catalogue les productions et transformations qu'ils peuvent fournir, au tarif qu'ils souhaitent, et les consommateurs passent commande. Si le nombre de commandes pour un produit est trop faible, les producteurs peuvent alors décider de ne pas effectuer la livraison, afin de rester dans la rentabilité. Les membres ne payent ainsi que pour les produits qui seront livrés.

Chaque Ruche a un responsable qui cherche les producteurs et transformateurs, les membres et un lieu qui puisse accueillir les distributions. Une fois qu'il a une communauté assez importante, il prépare les ventes puis la distribution. Afin de pérenniser sa Ruche, il prospecte les fournisseurs, son rôle étant d'animer la communauté[9].

Modèle économique[modifier | modifier le code]

L’entreprise se rémunère par une commission sur les commandes de 20 % (augmentation de 16,7 % à 20 % effective au ). L’entreprise reverse 41,75 % de cette commission à la personne responsable de la Ruche, 58,25 % finançant les investissements faits pour le développement de la société, les frais fixes et les dirigeants et salariés de l'entreprise[9],[10]. Ainsi, La Ruche qui dit Oui ! est un système avec deux intermédiaires, la société Equanum SAS et le Responsable de Ruche.

Des actionnaires minoritaires comme Marc Simoncini (co-fondateur du site de rencontres meetic.fr) et Christophe Duhamel (co-fondateur du site Marmiton.org) permettent grâce à leur fonds de lancer le projet (2014). Ils ne siègent pas au CA et n'ont aucun rôle dans les décisions prises[11].

En 2012, l'entreprise lève 1,5 million d'euros auprès des fonds d'investissement XAnge Private Equity, filiale de la Banque Postale, et Solid, fonds d'innovation du groupe Siparex. En 2015, elle fait une seconde levée de fonds à hauteur de 8 millions d'euros auprès de USV (en), Felix Capital et Quadia.

Les responsables de Ruches sont principalement auto-entrepreneurs mais 20 % du réseau choisit le statut associatif. Ils sont rémunérés uniquement par Equanum en fonction des ventes de la ruche. Ainsi, le revenu moyen d'un responsable est de 400  par mois en 2014[12] pour une moyenne d'un jour travaillé par semaine, de grandes disparités pouvant avoir lieu entre une Ruche située en pleine ville et une Ruche située à la campagne.

Le paiement en ligne est, quant à lui, sous-traité par Mangopay (2016)[13], entreprise française domiciliée au Luxembourg[14].

Histoire[modifier | modifier le code]

Développement[modifier | modifier le code]

La première Ruche, d'Odile Mailhé, ouvre le à Le Fauga, près de Toulouse. Le concept est rapidement reproduit à plusieurs endroits en France, principalement autour des grandes métropoles[9].

La Ruche qui dit Oui ! obtient en l'agrément officiel de l'État français « Entreprise sociale et solidaire » pour son rôle actif dans le soutien et le développement des petits agriculteurs et artisans[9]. Depuis la loi ESS de 2014, ce label a été remplacé par l'agrément "Entreprise solidaire d'utilité sociale" (agrément ESUS), qu'elle a obtenu jusqu'à son renouvellement en 2019.

En 2017, l'entreprise obtient la Certification B Corp, permettant d'attester qu'une entreprise commerciale répond à des critères rigoureux mesurant ses performances sociales et environnementales, sa responsabilité et sa transparence.

Après 7 années à diriger l'entreprise, son co-fondateur Marc-David Choukroun quitte ses fonctions au et laisse la place à Grégoire de Tilly.

Le , la Ruche qui dit Oui ! annonce son rachat de l'entreprise Le Comptoir Local, une start-up créée en 2015 qui livre à domicile des produits frais et locaux aux franciliens.

L'activité en chiffres[modifier | modifier le code]

En , le réseau de la Ruche qui dit Oui ! compte 1 200 Ruches en Europe. Via ces ruches, le réseau totalise 270 000 membres actifs, 8 000 producteurs et artisans[15], et a enregistré depuis sa création un volume d'affaire dépassant les 75 millions d'euros[16].

La Ruche qui dit Oui ! a un modèle économique de type Start-up[17] avec une phase de création comportant de lourds investissements : les deux exercices sociaux 2014 et 2015 enregistrent plus de 2.5 millions d'Euros de pertes[18]. En 2018, la perte représente 2.5 fois le chiffre d'affaires réalisé cette année.

Différences avec le système des AMAP[modifier | modifier le code]

Le risque de confusion dans l'esprit du grand public entre le service de La Ruche qui dit Oui ! et les AMAP a entrainé la publication de plusieurs articles détaillant les différences entre ces deux systèmes. D'autres articles signalent que le travail accompli est peu rémunérateur pour les responsables de Ruche, et accusent ainsi l'entreprise d'ubérisation[19],[11],[20].Selon le dossier de presse de l'entreprise : « Les deux systèmes ont leur place mais ne s'adressent pas nécessairement au même public »[11],[21],[19]. La démarche des AMAP s’inscrit dans le long terme puisque pendant une période définie, les producteurs et les consommateurs établissent un contrat qui définit leurs droits et leurs devoirs l’un envers l’autre. Ce système permet d’assurer une certaine stabilité des ventes aux agriculteurs. Si La Ruche qui dit Oui ! profite d’un plus grand réseau que les AMAP, les producteurs peuvent se retrouver dans une certaine précarité lorsque la demande n’est pas régulière. Pour se défendre, La Ruche qui dit Oui ! met en place une communication qui s’appuie sur la promotion d’une agriculture locale, qui se veut complémentaire des AMAP[22].

Controverse[modifier | modifier le code]

Des chercheurs[Qui ?] privilégient le terme de « plateformisation » à ubérisation qui réfère à un paradigme de plateformes [réf. souhaitée]. Ce phénomène bouleverse notre rapport au travail et à l’emploi en entraînant notamment une confusion du marché et de l’entreprise, ainsi, les activités ne sont plus gérées et encadrées dans une structure précise et devant respecter des lois. Les plateformes concernées se caractérisent également par leur faculté à coordonner différents acteurs économiques lors de la transaction financière tels que les producteurs, les consommateurs, le personnel logistique, les terminaux de paiement, etc. Ces entreprises de mise en relation comme La Ruche qui dit Oui ! ou encore Uber remettent en cause l’institution salariale en proposant un travail à la demande, qui s’inscrit dans le digital labor. En plus d’être sous-rémunérés, les producteurs ne sont pas salariés de l’entreprise et ne disposent donc pas de protection sociale en cas d’accident ou de la fermeture d’une Ruche, comme les chauffeurs VTC. De plus, ils effectuent un travail important de gestion des commandes et des déplacements coûteux et chronophages aux lieux de distribution, ce qui constitue un travail implicite[23].

Les agriculteurs perdent une part d’autonomie au sein de leur activité car ils doivent respecter les règles établies par la plateforme. Par exemple, le producteur fixe un nombre minimum de commandes à enregistrer sur la plateforme pour réaliser la livraison afin d’être rentable. S’il n’y a pas assez de commandes en ligne, la distribution est annulée, ce qui désavantage aussi bien les producteurs que les consommateurs. Par ailleurs, le statut des responsables des Ruches, qui sont auto-entrepreneurs, est également précaire, ils gagnent en moyenne 400 euros par mois[22]. L’entreprise se justifie en indiquant que cette activité peut représenter des compléments de revenus, bien qu’en parallèle des actionnaires en tirent profit[24].

La Ruche qui dit Oui ! promeut un modèle proche de la vente directe alors que ce système repose en fait sur la désintermédiation et la ré-intermédiation. En effet, les producteurs doivent remettre un certain pourcentage de leur chiffre d’affaires à la Ruche pour laquelle il travaille ainsi qu’à la maison mère. Ce système entrepreneurial repose exclusivement sur la mise en relation puisqu’ils ne mettent pas en place de moyens de production pour l’agriculteur, il fournit simplement un lieu de distribution, de la même façon que Uber ne met pas à disposition de véhicules aux chauffeurs[25]. De cette façon, La Ruche qui dit Oui ! incarne seulement un prestataire de service qui conclut des accords commerciaux. « Loin de bénéficier aux travailleurs, cette fragmentation du travail donnerait aux détenteurs du capital et des plateformes un pouvoir de négociation démesuré face à une armée éclatée de personnes précaires, prêtes à accepter un travail à n’importe quel prix » résume Diana Filippova dans Société collaborative : La fin des hiérarchies[26].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Présentation de la société EQUANUM », sur Societe.com (consulté le 22 août 2017)
  2. « La Ruche qui dit Oui au collaboratif », OuiShare FR - Itinéraires pour une Société Collaborative,‎ (lire en ligne, consulté le 7 octobre 2017).
  3. « Pour une économie collaborative « responsable et vertueuse » », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 7 octobre 2017).
  4. Philipon, Chiffoleau et Wallet, Et si on mangeait local ?, Versailles, Éditions Quæ, , 167 p. (ISBN 978-2-7592-2526-2, lire en ligne), « Où les trouver ? », p. 67-69
  5. « La Ruche et l'Artiste Assoiffé se sont dit oui! - Alter1fo », Alter1fo,‎ (lire en ligne, consulté le 6 octobre 2017)
  6. Daddy Coool, « La Ruche qui dit oui à la Gaité Lyrique ! », Daddy Coool,‎ , p. 1 (lire en ligne, consulté le 6 octobre 2017)
  7. « Le local investit le parvis de la gare », tendanceouest.com,‎ , p. 1 (lire en ligne, consulté le 6 octobre 2017)
  8. « Comment manger local en pays de Sablé ? », Ouest-France.fr,‎ , p. 1 (lire en ligne, consulté le 6 octobre 2017)
  9. a b c d et e « Dossier de presse « La Ruche qui dit Oui » », (consulté le 20 août 2015).
  10. « Combien ça coûte ? », La Ruche qui dit Oui ! (consulté le 20 août 2015).
  11. a b et c Matthieu Combe, « La Ruche qui dit Oui et les Amap, quelles différences ? », sur Natura-sciences, (consulté le 22 août 2017)
  12. Kocila Makdech, « La Ruche qui dit oui : le business lucratif du "consommer local" », France Télévisions, (consulté le 20 août 2015).
  13. « Le fonctionnement des paiements », La Ruche qui dit Oui ! (consulté le 22 août 2017)
  14. (en) « Legal Notices », sur Mangopay (consulté le 22 août 2017)
  15. « Dossier de presse - qui sommes-nous ? » [PDF], La Ruche qui dit Oui !, (consulté le 24 août 2017)
  16. « Dossier de presse spécial 5 ans » [PDF], La Ruche qui dit Oui, (consulté le 24 août 2017).
  17. « La Ruche qui dit oui : le business lucratif du "consommer local" », Franceinfo,‎ (lire en ligne, consulté le 8 janvier 2018)
  18. « EQUANUM à PARIS 11 (75011), bilan gratuit 2015, sur SOCIETE.COM (528203755) », sur www.societe.com (consulté le 8 janvier 2018)
  19. a et b Simon Barthélémy, « Ruche qui dit oui, Amap : ce qu’en pensent les paysans », sur Rue 89, (consulté le 22 août 2017)
  20. Jean-Christophe Féraud, « L’uberisation en dix leçons », sur Libération, (consulté le 22 août 2017)
  21. « Lettre ouverte à Thomas Mahler et Clément Pétreault Journalistes au Point » [PDF], sur Mouvement Inter-Régional des AMAP, (consulté le 22 août 2017)
  22. a et b « La Ruche qui dit oui : le business lucratif du "consommer local" », sur www.francetvinfo.fr, France tv info, (consulté le 6 mai 2019)
  23. Casilli Antonio, « DIGITAL PLATFORM LABOR : TRANSFORMATIONS DU TRAVAIL ET NOUVELLES INÉGALITÉS PLANÉTAIRES », sur http://www.casilli.fr, (consulté le 6 mai 2019)
  24. « "Tout sur La Ruche qui dit oui!, ses avantages et ses inconvénients" », sur www.lexpress.fr, L'Express, (consulté le 6 avril 2019)
  25. Condé Benjamin, "Économie collaborative : nouvelle rupture ou ultime ruse du capitalisme ?", Liège, Belgique, , 84 p. (lire en ligne), p. 17
  26. Filippova Diana, Société collaborative : La fin des hiérarchies, Paris, Rue de l'échiquier, , 128 p. (ISBN 978-2-37425-046-5)

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]