La Ruche qui dit Oui !

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La Ruche qui dit Oui !
logo de La Ruche qui dit Oui !

Création Septembre 2011[1]
Fondateurs Guilhem Chéron, Marc-David Choukroun, Mounir Mahjoubi
Forme juridique Société par actions simplifiée[2]
Slogan « Manger mieux, manger juste »
Siège social 2, rue de la Roquette 75011 Paris
Drapeau de France France
Direction Marc-David Choukroun
Actionnaires Actionnaires principaux :

Marc-David Choukroun Guilhem Chéron Actionnaires secondaires (ne faisant pas partie du CA) : Christophe Duhamel
Marc Simoncini & Marie-Christine Levet
Xavier Niel & Jérémi Berrebi

Activité Distribution alimentaire, E-commerce, Développement Web
Produits Produits alimentaires locaux (selon les critères d'Equanum SAS)
Société mère Equanum SAS[3]
Site web La Ruche qui dit Oui !

Chiffre d’affaires 2,4 millions d'euros en 2015

La Ruche qui dit Oui ! - Equanum SAS est une entreprise commerciale française issue de l'Économie collaborative[4],[5]. Elle développe et met à la disposition des agriculteurs-producteurs et des artisans un service payant sous forme d'une plate-forme informatique en ligne. Ce service est destiné à la commercialisation des productions agricoles alimentaires et, pour les artisans, de leurs transformations agroalimentaires[6], le Responsable de Ruche et Equanum SAS étant les intermédiaires entre le producteur et l'artisan et le consommateur.

Fondée en 2010, par Guilhem Chéron, Marc-David Choukroun et Mounir Mahjoubi, cette société présente sa plateforme comme une « optimisation de la vente en circuit court en proposant aux producteurs et aux artisans une plateforme web interactive qui permet chaque semaine de proposer des produits où les membres viennent récupérer leur commande en leur présence ». En novembre 2012, la société reçoit le label "Entreprise sociale et solidaire" par le ministère français du travail.

En 2017, il existe plus de 1000 « Ruches » en France et en Europe qui proposent chaque jour des produits que les consommateurs peuvent commander en ligne durant une semaine, puis de venir chercher leur commande un jour fixe dans la semaine, dans un lieu fixe qui peut-être un bar[7], un théâtre[8], un lieu de passage[9] ou un établissement scolaire[10].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Principe de fonctionnement[modifier | modifier le code]

Un objectif annoncé d’Equanum SAS est de « réduire le nombre d'intermédiaires entre les producteurs et artisans et les consommateurs »[11]. Pour ce faire, ces personnes sont mises en relation via le site Internet « La Ruche qui dit Oui ! » appelée « ruche ». Celle-ci est caractérisée par une adresse (une ville ou un quartier), peut proposer des produits provenant des producteurs et des artisans situés à 250 km au maximum[12]. Via ce site Internet, les producteurs et artisans exposent les productions et transformations qu'ils peuvent fournir, au tarif qu'ils souhaitent, et les consommateurs passent commande. Si le nombre de commandes pour un produit est trop faible, ces fournisseurs peuvent alors décider de ne pas effectuer la livraison, afin de rester dans la rentabilité. Les membres ne payent ainsi que pour les produits qui seront livrés, les jours suivant la fermeture des commandes.

Chaque « ruche » a un responsable qui cherche les producteurs et artisans, les membres et un lieu qui puisse accueillir les distributions. Une fois qu'il a une communauté assez conséquente, il prépare les ventes puis la distribution. Afin de pérenniser sa « ruche », il prospecte les fournisseurs; son rôle étant d'animer la communauté[11].

Equanum SAS prélève 16,7% de commissions sur les prix proposés dans leur catalogue en ligne. 8,35% reviennent à la "Ruche Mama", l'entreprise dont le siège social se trouve à Paris et 8,35% reviennent au responsable de « Ruche » qui peut être à son compte, en association ou même apporteur.

Modèle économique[modifier | modifier le code]

L’entreprise se rémunère par une commission sur les commandes, de 16,7 %. L’entreprise reverse la moitié de cette commission à la personne responsable de la ruche, l'autre moitié finançant les investissements faits pour le développement de la société, les frais fixes et les dirigeants et salariés de l'entreprise[11],[13]. Ainsi, La Ruche qui dit Oui ! est un système avec deux intermédiaires, la société Equanum SAS et le Responsable de Ruche.

Les fondateurs de cette entreprise de plus de 800 ruches sont les actionnaires principaux. Des actionnaires minoritaires comme Xavier Niel (président de Free), Marc Simoncini (co-fondateur du site de rencontres meetic.fr) et Christophe Duhamel (co-fondateur du site Marmiton.org) permettent grâce à leur fonds de démarrer le projet (2014). Ils ne siègent pas au CA et n'ont aucun rôle dans les décisions prises[14].

Les Responsables de Ruches sont principalement auto-entrepreneurs mais 20 % du réseau choisit le statut associatif. Ils sont rémunérés uniquement par Equanum en fonction des ventes de la ruche. Ainsi, le revenu moyen d'un responsable est de 400 par mois en 2014[12], de grandes disparités pouvant avoir lieu entre une Ruche située en pleine ville et une Ruche située à la campagne.

Le paiement en ligne est, quant à lui, sous traité par Mangopay (2016)[15], entreprise domiciliée au Luxembourg[16].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les débuts[modifier | modifier le code]

La première ruche, d'Odile Mailhé, ouvre le à Le Fauga, près de Toulouse. Le concept est rapidement reproduit à plusieurs endroits en France, principalement autour des grandes métropoles[11].

La Ruche qui dit Oui ! obtient en novembre 2012 l'agrément officiel de l'État français « Entreprise sociale et solidaire » qui reconnaît ainsi son rôle actif dans le soutien et le développement des petits agriculteurs et artisans[11]. Cette gestion démocratique s'engage à répartir équitablement les revenus[17].

L'activité en chiffres[modifier | modifier le code]

En février 2017, le réseau la Ruche qui dit Oui ! compte 1 050 Ruches. Via ces ruches, le réseau globalise 180 000 membres actifs, 13 000 producteurs et artisans[18], et a enregistré depuis sa création un volume d'affaire dépassant les 75 millions d'euros[1].

Différences avec les systèmes en circuits courts[modifier | modifier le code]

Le risque de confusion dans l'esprit du grand public entre le service d'EQUANUM et les AMAP a entrainé la publication de plusieurs articles détaillant les différences entre ces deux systèmes. Ceux-ci opposent notamment l'approche associative et non lucrative des AMAP à celle, à but lucratif, d'EQUANUM, et soulignent les différences de mode de rémunération des agriculteurs[19],[20],[21],[14]. D'autres articles signalent que le travail accompli est peu rémunérateur pour les responsables de Ruche, et accusent ainsi l'entreprise d'ubérisation[21],[22]. Ces articles concluent généralement que les deux systèmes ont leur place mais ne s'adressent pas nécessairement au même public[14],[20],[21].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Dossier de presse spécial 5 ans » [PDF], La Ruche qui dit Oui, (consulté le 24 août 2017).
  2. « Présentation de la société EQUANUM », sur Societe.com (consulté le 22 août 2017)
  3. « Mentions Légales », La Ruche qui dit Oui ! (consulté le 22 août 2017)
  4. « La Ruche qui dit Oui au collaboratif », OuiShare FR - Itinéraires pour une Société Collaborative,‎ (lire en ligne).
  5. « Pour une économie collaborative « responsable et vertueuse » », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  6. Philipon, Chiffoleau et Wallet, Et si on mangeait local ?, Éditions Quæ, (ISBN 978-2-7592-2526-2), « Où les trouver ? », p. 67-69
  7. « La Ruche et l'Artiste Assoiffé se sont dit oui! - Alter1fo », Alter1fo,‎ (lire en ligne)
  8. Daddy Coool, « La Ruche qui dit oui à la Gaité Lyrique ! », Daddy Coool,‎ , p. 1 (lire en ligne)
  9. « Le local investit le parvis de la gare », tendanceouest.com,‎ , p. 1 (lire en ligne)
  10. « Comment manger local en pays de Sablé ? », Ouest-France.fr,‎ , p. 1 (lire en ligne)
  11. a, b, c, d et e « Dossier de presse « La Ruche qui dit Oui » », (consulté le 20 août 2015).
  12. a et b Kocila Makdech, « La Ruche qui dit oui : le business lucratif du "consommer local" », France Télévisions, (consulté le 20 août 2015).
  13. « Combien ça coûte ? », La Ruche qui dit Oui ! (consulté le 20 août 2015).
  14. a, b et c Matthieu Combe, « La Ruche qui dit Oui et les Amap, quelles différences ? », sur Natura-sciences, (consulté le 22 août 2017)
  15. « Le fonctionnement des paiements », La Ruche qui dit Oui ! (consulté le 22 août 2017)
  16. (en) « Legal Notices », sur Mangopay (consulté le 22 août 2017)
  17. « C'est quoi l'ESS ? »
  18. « Dossier de presse - qui sommes-nous ? » [PDF], La Ruche qui dit Oui !, (consulté le 24 août 2017)
  19. AMAP Bio Devant, « Attention... pourquoi les amap disent NON à la Ruche qui dit oui », (consulté le 22 août 2017)
  20. a et b Le Collectif du MIRAMAP, « Lettre ouverte à Thomas Mahler et Clément Pétreault Journalistes au Point » [PDF], sur Mouvement Inter-Régional des AMAP, (consulté le 22 août 2017)
  21. a, b et c Simon Barthélémy, « Ruche qui dit oui, Amap : ce qu’en pensent les paysans », sur Rue 89, (consulté le 22 août 2017)
  22. Jean-Christophe Féraud, « L’uberisation en dix leçons », sur Libération, (consulté le 22 août 2017)

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]