Equanum

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La Ruche qui dit Oui !
Image illustrative de l'article Equanum

Création Septembre 2011[1]
Fondateurs Guilhem Chéron, Marc-David Choukroun, Mounir Mahjoubi
Forme juridique Société par actions simplifiée[2]
Slogan « Manger mieux, manger juste »
Siège social 208, rue Saint Maur, Paris
Drapeau de France France
Direction Marc-David Choukroun
Actionnaires Actionnaires principaux :

Marc-David Choukoun Guilhem Chéron Actionnaires secondaires (ne faisant pas partie du CA) : Christophe Duhamel
Marc Simoncini & Marie-Christine Levet
Xavier Niel & Jérémi Berrebi

Activité Alimentation, distribution, E-commerce, Développement Web
Produits Produits locaux, Produits Frais
Société mère Equanum SAS[3]
Effectif 1050 ruches ouvertes (février 2017)[4]
Site web La Ruche qui dit Oui !

Chiffre d’affaires 2,4 millions d'euros en 2015

Equanum est une entreprise commerciale, en France qui développe et met à la disposition des agriculteurs-producteurs et des artisans une plate-forme Internet nommée La Ruche qui dit Oui !, destinée à la vente en circuit court de leur production agricole alimentaire et agroalimentaire[5]. Depuis novembre 2012, la Ruche qui dit Oui ! bénéficie de l’agrément Entreprise sociale et solidaire (ESS) délivré par le ministère français du travail[réf. nécessaire].

Fondée en 2010, par Guilhem Chéron[6], Marc-David Choukroun et Mounir Mahjoubi, elle se présente comme une optimisation de la vente en circuit court en proposant aux producteurs une plateforme web interactive qui permet chaque semaine de proposer des distributions où les membres viennent récupérer leur commande en présence des producteurs.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Principe de fonctionnement[modifier | modifier le code]

Un objectif annoncé d’Equanum est de réduire le nombre d'intermédiaires entre les producteurs et les consommateurs[7]. Pour ce faire, ces acteurs sont mis en relation via une communauté sur le site Internet « La Ruche qui dit Oui ! » appelée une ruche. Cette ruche, caractérisée par une adresse (une ville ou un quartier), peut proposer des produits provenant des producteurs situés à 250 km au maximum[8]. Via ce site Internet, le producteur expose les produit qu'il peut fournir, au prix qu'il souhaite, et les consommateurs passent commande. Si le nombre de commandes pour un produit est trop faible, le producteur peut alors décider de ne pas effectuer la livraison, afin de rester rentable. Les membres ne payent ainsi que pour les produits qui seront livrés, les jours suivant la fermeture des commandes.

Chaque ruche a un Responsable qui cherche les producteurs et les membres et un lieu qui puisse accueillir les distributions. Une fois qu'il a une communauté assez conséquente, il prépare les ventes puis la distribution. Afin de pérenniser sa Ruche, il prospecte les producteurs et son rôle est d'animer la communauté[7].

Modèle économique[modifier | modifier le code]

L’entreprise se rémunère par une commission sur les commandes, de 16,7 %. L’entreprise reverse la moitié de cette commission à la personne responsable de la ruche, l'autre moitié finançant le développement de l'infrastructure, les frais bancaires et les salariés de l'entreprise[7],[9]. Ainsi, La Ruche qui dit Oui ! est un système avec un intermédiaire, le responsable de Ruche, qui met en relation le producteur et le consommateur.

Les fondateurs de cette entreprise de plus de 800 ruches sont les actionnaires principaux. Des actionnaires minoritaires comme Xavier Niel (Président de Free), Marc Simoncini (co-fondateur du site de rencontres meetic.fr) ou encore Christophe Duhamel (co-fondateur du site Marmiton.org) permettent grâce à leur fonds de démarrer le projet (2014). Ils ne siègent pas au CA et n'ont aucun rôle dans les décisions prises[10].

Les Responsables de Ruches sont principalement auto-entrepreneurs mais 20 % du réseau choisit le statut associatif. Ils sont rémunérés uniquement par Equanum en fonction des ventes de la ruche. Ainsi, le revenu moyen d'un responsable est de 400 par mois en 2014[8], de grandes disparités pouvant avoir lieu entre une Ruche située en pleine ville et une Ruche située à la campagne.

Le paiement en ligne est, quant à lui, sous traité par Mangopay (2016)[11], entreprise domiciliée au Luxembourg[12].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les débuts[modifier | modifier le code]

La première ruche, de Odile Mailhé, ouvre le à Le Fauga, près de Toulouse. Le concept est rapidement reproduit à plusieurs endroits en France, principalement autour des grandes métropoles[7].

La Ruche qui dit Oui ! obtient en novembre 2012 l'agrément officiel de l'État français « Entreprise sociale et solidaire » qui reconnaît ainsi son rôle actif dans le soutien et le développement des petits agriculteurs et artisans[7]. Cette gestion démocratique s'engage à répartir équitablement les revenus[13].

L'activité en chiffres[modifier | modifier le code]

En février 2017, le réseau la Ruche qui dit Oui ! compte 1 050 Ruches. Via ces ruches, le réseau globalise 180 000 membres actifs, 13 000 producteurs et artisans[4], et a enregistré depuis sa création un volume d'affaire dépassant les 75 millions d'euros[1].

Les agriculteurs-producteurs et les circuits courts en France (les artisans alimentaires ne sont pas inclus janvier 2012[réf. incomplète][14]) :

  • Un agriculteur-producteur sur cinq vend par le biais des circuits courts[15].
  • Un agriculteur-producteur de légumes sur deux vend par circuits courts[15].
  • Dans les circuits classiques, le gaspillage atteint 150 kg par an et par habitant[16]
  • Les circuits courts représentent en valeur 10% du marché total de l'alimentation en France[15].
  • Pour quatre agriculteurs-producteurs sur dix, les circuits courts représentent plus des trois quarts du chiffre d’affaires total de leur exploitation agricole. [réf. souhaitée]

Différences avec d'autres systèmes de circuits courts[modifier | modifier le code]

Le risque de confusion dans l'esprit du grand public entre la Ruche qui dit Oui ! et les AMAP a entrainé la publication de plusieurs articles détaillant les différences entre ces deux systèmes. Ils opposent notamment l'approche associative et non lucrative des AMAP à celle à but lucratif d'Equanum, et soulignent les différences de mode de rémunération des agriculteurs[17],[18],[19],[10]. D'autres articles signalent que le travail accompli est peu rémunérateur pour les responsables de Ruche, et accusent ainsi l'entreprise d'ubérisation[19],[20]. Ces articles concluent généralement que les deux systèmes ont leur place mais ne s'adressent pas nécessairement au même public[10],[18],[19].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Dossier de presse spécial 5 ans » [PDF], La Ruche qui dit Oui, (consulté le 24 août 2017).
  2. « Présentation de la société EQUANUM », sur Societe.com (consulté le 22 août 2017)
  3. « Mentions Légales », La Ruche qui dit Oui ! (consulté le 22 août 2017)
  4. a et b « Dossier de presse - qui sommes-nous ? » [PDF], La Ruche qui dit Oui !, (consulté le 24 août 2017)
  5. Philipon, Chiffoleau et Wallet, Et si on mangeait local ?, Éditions Quæ, (ISBN 978-2-7592-2526-2), « Où les trouver ? », p. 67-69
  6. « Entrevue avec Guilhem Chéron »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), Mouvement Colibris,
  7. a, b, c, d et e « Dossier de presse « La Ruche qui dit Oui » », (consulté le 20 août 2015).
  8. a et b Kocila Makdech, « La Ruche qui dit oui : le business lucratif du "consommer local" », France Télévisions, (consulté le 20 août 2015).
  9. « Combien ça coûte ? », La Ruche qui dit Oui ! (consulté le 20 août 2015).
  10. a, b et c Matthieu Combe, « La Ruche qui dit Oui et les Amap, quelles différences ? », sur Natura-sciences, (consulté le 22 août 2017)
  11. « Le fonctionnement des paiements », La Ruche qui dit Oui ! (consulté le 22 août 2017)
  12. (en) « Legal Notices », sur Mangopay (consulté le 22 août 2017)
  13. « C'est quoi l'ESS ? »
  14. Agreste, ministère français de l’agriculture.
  15. a, b et c Philipon, Chiffoleau et Wallet, Et si on mangeait local ?, Éditions Quæ, (ISBN 978-2-7592-2526-2), « Un effet tangible sur l'économie des fermes et des territoires ? », p. 110-116
  16. Philipon, Chiffoleau et Wallet, Et si on mangeait local ?, Éditions Quæ, (ISBN 978-2-7592-2526-2), « Un bienfait pour l'environnement ? », p. 131-132
  17. AMAP Bio Devant, « Attention... pourquoi les amap disent NON à la Ruche qui dit oui », (consulté le 22 août 2017)
  18. a et b Le Collectif du MIRAMAP, « Lettre ouverte à Thomas Mahler et Clément Pétreault Journalistes au Point » [PDF], sur Mouvement Inter-Régional des AMAP, (consulté le 22 août 2017)
  19. a, b et c Simon Barthélémy, « Ruche qui dit oui, Amap : ce qu’en pensent les paysans », sur Rue 89, (consulté le 22 août 2017)
  20. Jean-Christophe Féraud, « L’uberisation en dix leçons », sur Libération, (consulté le 22 août 2017)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]