Certification B Corp

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La certification dite "B Corp" (aussi connue comme certification "B Lab" ou "B Corporation") est une certification octroyée aux sociétés (ou compagnies) à but lucratif par l'ONG B Lab, un organisme sans but lucratif établi aux États-Unis, en Europe, en Amérique du Sud, au Canada, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Pour se voir octroyer la certification et ensuite la préserver, une société doit obtenir une note minimale de 80 points (sur 200) sur le standard international qui est accessible dans l'outil gratuit en ligne "B Impact Assessement". Une fois l'évaluation d'impact sociétale et environnementale réalisée, elle la soumet pour vérification à B LAB. En plus de la vérification, la société doit modifier ses statuts de constitution [1], cette étape implique de solliciter une assemblée générale et donc faire valider par les actionnaires et administrateurs les buts adaptés ainsi que les nouveaux articles d'association qui ajoute une redevabilité envers la société, ses parties prenantes et l'environnement. Les frais de certification sont extrêmement accessibles et basés sur le chiffre d'affaires des sociétés, les frais annuels oscillant entre 500 EUR et 50'000 EUR [2].

En date du mois de mars 2017, le mouvement "B Corp" compte 2'064 sociétés certifiées, issues de 131 secteurs d'industries et provenant de 51 pays[1].

Raison d'être[modifier | modifier le code]

La certification "B Corp" est donnée sur la base d'une norme internationale indépendante exigeante, celle-ci est revue par un comité multiparties tous les 18 mois, voir le Standard Advisory Council Les sociétés souhaitant s'y conformer doivent répondre aux exigences sociétales et environnementales, de gouvernance ainsi que de transparence envers le public. Leurs résultats sont affichés publiquement, indiquant leurs performances sur des thématiques précises. La certification porte sur l'intégralité d'une société, sur tous ses départements et tous ses secteurs d'activités. La certification est limitée aux entités à but lucratif, quelle que soit leur forme juridique. L'objectif étant d'engager le secteur privé sur le chemin de la durabilité et d'agir dans l'intérêt général.

Avantages[modifier | modifier le code]

  • Permet d'étalonner (et comparer) les impacts sociétales et environnementales des entreprises aux regards du standard le plus exigeant au monde.
  • Les sociétés certifiées peuvent se voir offrir, pour elles ou leurs membres, certains avantages économiques ou rabais réservés aux sociétés certifiées[2].
  • Certaines bourses académiques sont destinées aux diplômés impliqués dans les sociétés certifiées[3],[4],[5].
  • La simplicité du processus de certification, relativement à celui d'autres statuts reconnus des autorités, tel que celui de Benefit Corporation aux États-Unis.
  • L'obligation de faire adapter les articles d'associations oblige les sociétés à faire valider la certification par toutes les instances fiduciairement responsables.

Désavantages[modifier | modifier le code]

  • Certaines sociétés trouvent le processus de certification difficile à compléter et la certification difficile à maintenir[6]. Plus de 45'000 sociétés ont toutefois à ce jour complété l'évaluation (B Impact)[7], lequel constitue la première étape du processus de certification; leur pointage médian se chiffrant à 80, le minimum requis pour obtenir la certification[8].

Certification B Corp et "Benefit Corporation"[modifier | modifier le code]

  • Le statut de  "benefit corporation" est un statut juridique octroyé en vertu de certaines lois étatiques aux États-Unis et en Italie; il faut éviter de la confondre avec la certification B Corp, certification octroyée par B Lab, une organisation indépendante de l'administration publique[9].
  • La certification "B Corp" n'est nullement nécessaire à l'obtention du statut de "benefit corporation" mais oblige la société à produite un rapport de durabilité vérifié indépendamment[9].
  • Plus de 20 états américains, y compris le Delaware, reconnaissent le statut juridique de "benefit corporation", alors que la certification "B Corp" provient d'une organisation privée et dirigée en grande partie par des membres de la communauté des affaires[10].

Processus de certification[modifier | modifier le code]

Évaluation en ligne[modifier | modifier le code]

Pour obtenir la certification "B Corp", une société doit d'abord compléter une évaluation en ligne. Les sociétés réussissant à obtenir un pointage d'au minimum 80 points sur 200 sont ensuite soumises à un processus d'examen de cette évaluation par le B Lab, celui-ci consistant essentiellement en un appel-conférence visant à valider les déclarations faites à l'évaluation. Les sociétés doivent fournir la documentation justificative à B Lab avant de pouvoir être certifiées. 

L'évaluation couvre l'intégralité des activités de la société et mesure son impact positif sur sa gouvernance d'entreprise, ses relations employeurs-employés, sur l'environnement  et sur les produits et services qu'elle fournit[11]. Des points quant à l'impact social ou environnemental sont ultimement attribués en fonction des domaines d'impact pertinents (gouvernance, relations de travail, impact communautaire ou environnemental)[12]. Tout dépendant de l'industrie, de l'emplacement géographique et du nombre d'employés d'une société, l'évaluation en ligne ajuste automatiquement la pondération de chaque catégorie de question afin d'en accroître la pertinence. À titre d'exemple, les sociétés ayant davantage d'employés verront la catégorie de questions sur les relations de travail être sur-pondérée, alors qu'une société issue du secteur manufacturier verront leur pointage plus fortement affecté par les questions portant sur l'environnement.

Afin d'assurer la crédibilité de la certification "B Corp", celle-ci est administrée suivant des principes indépendants, englobants, comparables, dynamiques et transparents[13]. Le B Lab est doté d'un conseil consultatif d'établissement de principes indépendant et capable de prendre ses décisions avec ou sans l'aval du B Lab[12]. En date du 28 mai 2014, 28 des 30 membres du conseil consultatif y siégeant listaient leurs liens aux secteurs des affaires[14]. Le conseil consultatif émet deux fois l'an des recommandations visant l'amélioration du processus de certification. Une période de consultation publique de 30 jours précède le lancement de toute nouvelle version du processus[12].

En date de janvier 2014, le processus de certification "B Corp" en était à sa 4e version[15].

Conditions juridiques[modifier | modifier le code]

La certification exige des sociétés qu'elles incorporent à leurs statuts des engagements envers les parties prenantes. La manière de procéder à ces modifications de statuts peut toutefois dépendre du lieu où une société a été constituée.[16]


Popularité à l'extérieur des États-Unis[modifier | modifier le code]

En date de mars 2017, plus de 2'064 sociétés non américaines détenaient la certification "B Corp"[1], la communauté la plus active étant Sistema B[17].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • Rae André, « Assessing the Accountability of the Benefit Corporation: Will This New Gray Sector Organization Enhance Corporate Social Responsibility? », Journal of Business Ethics, vol. 110, no 1,‎ , p. 133–150 (DOI 10.1007/s10551-012-1254-1)
  • John R. Boatright, « What’s Wrong—and What’s Right—with Stakeholder Management », Journal of Private Enterprise, vol. 21, no 2,‎ , p. 106–130 (lire en ligne)
  • (en) Governance by Indicators: Global Power through Classification and Rankings, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-965824-4)
  • Michael R. Deskins, « Benefit Corporation Legislation, Version 1.0—A Breakthrough in Stakeholder Rights? », Lewis and Clark Law Review, vol. 15,‎ , p. 1047
  • Harvey Johnstone et Doug Lionais, « Depleted communities and community business entrepreneurship: revaluing space through place », Entrepreneurship & Regional Development, vol. 16, no 3,‎ , p. 217–233
  • Christopher Lacovara, « Strange Creatures: A Hybrid Approach to Fiduciary Duty in Benefit Corporations », Columbia Business Law Review,‎ , p. 815–880 *
  • (en) Patrick M. Lencioni, « Make Your Values Mean Something », Harvard Business Review,‎ (lire en ligne)
  • Dana Brakman Reiser, « Benefit Corporations—A Sustainable Form of Organization? », Wake Forest Law Review, vol. 46,‎ , p. 591 (lire en ligne)

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « B Corporation: Welcome », B Lab (consulté le 17 mars 2017)
  2. « Save Money and Access Services », B Lab (consulté le 11 septembre 2013)
  3. « Loan Assistance Program — Overview », Columbia Business School (consulté le 8 janvier 2014)
  4. « Loan Assistance Program – Detailed Summary », New York University Stern School of Business (consulté le 8 janvier 2014)
  5. « Loan Forgiveness Program », Yale School of Management (consulté le 8 janvier 2014)
  6. « Performance Requirements », B Lab (consulté le 9 janvier 2014)
  7. « Businesses Measure What Matters », B Lab (consulté le 9 janvier 2014)
  8. « Badger », B Lab (consulté le 16 mai 2014)
  9. a et b « What Are B Corps », B Lab (consulté le 16 mai 2014)
  10. Ariel Schwartz, « Delaware Just Made It A Whole Lot Easier For Socially Responsible Companies To Exist », Fast Company & Inc., (consulté le 11 septembre 2013)
  11. (en) Network for Business Innovation and Sustainability, B Corporations, Benefit Corporations and Social Purpose Corporations: Launching a New Era of Impact-Driven Companies, NBIS,‎ (lire en ligne), p. 2
  12. a, b et c « GIIRS Governance », B Lab (consulté le 11 septembre 2013)
  13. « AB 361 Assembly Bill - BILL ANALYSIS », California State Assembly (consulté le 8 janvier 2014)
  14. « Standards Advisory Council », B Lab (consulté le 11 septembre 2013)
  15. « Corporate Social Responsibility Comes In Many Flavors, Some Not So Tasty », NonProfit Times Publishing Group
  16. (en) « Legal Roadmap | B Corporation », sur www.bcorporation.net (consulté le 17 mars 2017)
  17. « The double bottom line: Profit and social benefit », Business Horizons