Cette page est semi-protégée.

Dimitri Casali

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Casali.
Dimitri Casali
Description de l'image Portrait de Dimitri Casali.jpg.
Nom de naissance Jean-Philippe Casali
Naissance (57 ans)
Constantine, département de Constantine, Algérie[1]
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture français
Genres
Vulgarisation historique
Essai

Dimitri Casali, né Jean-Philippe Casali le à Constantine, est un écrivain français, ancien professeur d'histoire-géographie et auteur d'une quarantaine d'ouvrages de vulgarisation historique et d'essais sur l'enseignement.

Biographie

Dimitri Casali grandit à Toulouse. Il y effectue une scolarité au collège Émile Zola au Buscat puis au lycée Berthelot où il obtient le bac en 1980[2]. Il entame alors des études universitaires d'histoire qu'il reprend dix ans plus tard à l'université Paris-Sorbonne, et obtient une maîtrise d'histoire sous la direction de Jean Tulard : « Répertoire et analyse des œuvres musicales sur Napoléon et son mythe » (1992).

Professeur d’histoire-géographie en zone d’éducation prioritaire, convaincu que le collège français n'assume plus sa mission, Dimitri Casali critique les programmes scolaires actuels[3], et se présente sur son site internet comme un « franc-tireur de l’Histoire » dont le principal engagement est la « vulgarisation historique »[4]. Il publie ainsi en 2006 pour les classes de l'école élémentaire une méthode pédagogique intitulée Les Univers[3], qui place l'analyse des documents et des images au centre des apprentissages.

En octobre 2007, Dimitri Casali publie avec Liesel Schiffer le livre Ces immigrés qui ont fait la France aux éditions Aubanel, livre qui se veut contre la xénophobie et le racisme, dans lequel il dépeint le portrait de plusieurs personnalités politiques, scientifiques, artistes, militaires nées hors de France (ex : Rollon de Norvège, le Cardinal Mazarin d'Italie, Marie Curie de Pologne, Romain Gary de Lituanie, Joséphine Baker des Etats-Unis d'Amérique, Marc Chagall de Russie, Missak Manouchian d'Arménie, etc.) et des descendants d'indigènes et d'esclaves (Ismaÿl Urbain et Félix Eboué nés à Cayenne, etc.) qui ont contribué à la construction de la nation française depuis au moins le Moyen-Âge ainsi qu'à son rayonnement dans le monde.

En 2010, il prend position contre les nouveaux programmes d'histoire-géographie au collège, auxquels il reproche de « zapper » toute une partie de l'histoire de France au profit de l'étude des civilisations étrangères, avec pour conséquence qu'« en 5e, Clovis, Saint-Louis et François Ier passent à la trappe ». Laurent Wirth, participant à l'écriture de ces programmes, dénonce à cette occasion un « mauvais procès » en répondant que l'histoire française n'est pas sacrifiée mais que les programmes sont simplement adaptés car « le déroulé chronologique complet était devenu impossible »[5]. En 2011, Dimitri Casali publie l'Altermanuel d'histoire de France, (éd. Perrin) qui critique la faible place accordée selon lui à certaines grandes figures de l'histoire de France, comme Clovis, Charles Martel ou Louis XIV[6].

Passionné par Napoléon[7] et le rock, il développe le concept pédagogique « Historock »[8] pour sensibiliser les plus jeunes à l’histoire et compose un « opéra rock », Napoléon l’opéra rock[3],[9].

Auteur de plus d'une quarantaine d’ouvrages de vulgarisation sur l'histoire, il écrit dans L'Express (« Grand format sur l’Histoire »), Point de vue (« Zoom sur l’Histoire »), Atlantico[10] et devient directeur de collection pour L'Express.

En 2013, il publie aux éditions Armand Colin une « réédition augmentée » du Petit Lavisse, manuel de vulgarisation historique pour les écoliers français, où il « prolonge » le texte de l'historien Ernest Lavisse en évoquant la période postérieure à 1940[11].

En 2016, il publie aux Éditions La Martinière le Nouveau Manuel d'Histoire. Cycle 4 (5e-4e-3e) avec le concours de la Fondation Aristote[12] avec l'objectif annoncé de replacer la contextualisation des faits et l'étude chronologique au cœur de l'enseignement de l'histoire à l'école. Le livre a été réalisé avec le concours d'une équipe de dix professeurs certifiés et agrégés d'histoire et préfacé par Jean-Pierre Chevènement[13], ancien ministre de l’Éducation nationale. Il a reçu notamment la caution de Jean Tulard, membre de l'Académie des sciences morales et politiques.

Idées et critiques

Idées défendues

Dimitri Casali estime que l'enseignement de l'histoire de France est un vecteur d'intégration. Il appelle, dans le quotidien La Croix, à « [faire] émerge[r] un récit fédérateur qui réconcilie tous les Français[14]. »

Il prône une lecture de l’histoire affranchie de visions qu’il juge « culpabilisantes », marquées par « l’esprit de repentance » et « le politiquement correct »[15], où « les droits de l'homme, le féminisme, l'anticolonialisme, la question des migrants » auraient « remplacé le récit historique »[16].

Ainsi, dans son livre L'Histoire de France interdite, il fait sienne l'idée que le vers de La Marseillaise « qu'un sang impur abreuve nos sillons » « signifie, en vérité, que les soldats de 1792 étaient fiers de verser leur propre sang pour leur patrie »[17] ; interprétation que Jean-Clément Martin, historien spécialiste de la Révolution qualifie de « sacrificielle » et rejette catégoriquement[18].

Dans son Nouveau Manuel d'histoire, il critique l’enseignement actuel de l'histoire de France en opposition avec ce qu'il considère être une dérive des contenus scolaires[19]. L'ancien ministre de l'Éducation nationale, Jean-Pierre Chevènement, écrit dans la préface accordée à cet ouvrage :

« On ne peut pas faire d'emblée d'histoire comparative. C'est le grand mérite du livre de M. Casali et de son équipe d'avoir centré ce manuel destiné aux classes du cycle 4 (5e, 4e, 3e) sur l'histoire de France. Il faut d'abord se connaître soi-même avant de prendre la distance qui permet de s'ouvrir aux autres. »

Critiques

Des historiens reprochent à Dimitri Casali une vision polémique de l'histoire de France, fondée sur une lecture biaisée ou absente des sources et de la recherche historique, dont l'instrument est l'appel à la construction d'un « récit national » en opposition à ce que l'auteur décrit comme les maux de la société contemporaine. Ainsi, Étienne Anheim affirme que Casali « défend une version ouvertement politique de l'usage de l'histoire » en tant qu'« “arme” d'une reconstruction nationale et républicaine devant célébrer “le passé glorieux” dont il déplore l'oubli »[20]. Laurent Wirth classe Casali parmi « les nostalgiques d'une mythologie nationale » qui « accusent les concepteurs des programmes [scolaires] de sacrifier l’histoire de nos grands hommes sur l'autel de la repentance, poussant la mauvaise foi jusqu'à prétendre, contre toute évidence, que Louis XIV et Napoléon étaient évacués des programmes »[21].

À propos de la « réédition augmentée » du Petit Lavisse, Sylvain Venayre qualifie Casali de « suiveur » d'Ernest Lavisse mais sans « aucun des titres » de ce « glorieux prédécesseur »[22]. Jacques de Saint Victor ajoute que l'idée de vouloir poursuivre ce manuel « daté […] jusqu'à nos jours, sans prendre le moindre recul, est tout simplement une démarche grotesque » et prétentieuse[23].

Trois enseignants, Laurence De Cock, Guillaume Mazeau et Éric Fournier, accusent Dimitri Casali de mentir sur le contenu des programmes scolaires et de faire partie d'un courant conservateur « qui souhait[e] réintroduire les valeurs nationalistes et chrétiennes à l’école »[24].

Ouvrages

  • 2001 :
    • Napoléon, avec Dominique Gaussen, coll. « Regard d’aujourd’hui », éditions Mango
    • Rome, avec Antoine Auger, coll. « Regard Junior », éditions Mango
    • Le Moyen Âge, avec Antoine Auger, coll. « Regard Junior », éditions Mango
    • Charlemagne, coll. « Regard d’aujourd’hui », éditions Mango
  • 2002 :
    • La Vie des Français sous Louis XIV au temps du Roi-Soleil. avec Antoine Auger, coll. « Vie quotidienne », Larousse
  • 2003 :
    • La Préhistoire, coll. « Larousse Découverte », Larousse
    • L’Égypte ancienne, avec Olivier Tiano, coll. « Larousse Junior », Larousse
  • 2004 :
    • Napoléon Bonaparte : 450 pages, 800 documents iconographiques, Larousse
    • L’Égypte découverte, Larousse
    • Staline, coll. « Regard d’aujourd’hui », éditions Mango
  • 2005 :
    • Les 100 dates de l’Histoire de France, Flammarion
  • 2006 :
    • Manuel scolaire cycle 3 avec Antoine Auger, 6 tomes, Les Univers, Éditions SED
    • Une encyclopédie : Dokéo 6-9 ans, Nathan
    • Le Moyen Âge, coll. « Larousse Junior », Larousse
  • 2007 :
    • Ces grands immigrés qui ont fait la France, Aubanel
    • L’Histoire de France par la peinture, avec Christophe Beyeler, éditions RMN Fleurus
    • Histoires secrètes de l’Histoire, Flammarion
    • Petites histoires de l’Histoire de France, Flammarion
    • Les 100 dates de l’Histoire de Monde, avec Antoine Auger et Céline Bathias, Flammarion
  • 2008 :
    • Napoléon Bonaparte, préface Jean Tulard, Larousse
    • Sexe et Pouvoir. Les dessous de la vie des chefs, avec Antoine Auger, La Martinière
    • Les 365 dates de l’Histoire, avec Antoine Auger, Aubanel
  • 2009 :
  • 2010 :
    • L’Antiquité éternelle par les peintres, avec Caroline Caron-Lanfranc de Panthou, Le Seuil
  • 2011 :
    • Napoléon. Dans l'intimité d'un règne, Larousse
    • L’Histoire de France racontée par le cinéma, (avec Céline Bathias), Éditions François Bourin
    • Les Éminences grises du pouvoir (avec Walter Bruyère), Éditions L'Express
    • L’Altermanuel d'Histoire de France. Ce que nos enfants n’apprennent plus au collège, éditions Perrin, 2011 Prix du Guesclin 2011.
  • 2012 :
    • L’Histoire de France vue par les peintres, avec Christophe Beyeler, Flammarion (rééd. 2017)
    • L'Histoire de France interdite. Pourquoi ne sommes-nous plus fiers de notre histoire, JC Lattès
  • 2013 :
  • 2014 :
    • L'Histoire de France de l'ombre à la lumière, L'Histoire que les Français n’apprennent plus, Flammarion
  • 2015 :
    • Qui a gagné Waterloo ? Napoléon, 2015, Flammarion
    • L'Empire colonial français. Quand la France rayonnait dans le monde 1608-1931, avec Nicolas Cadet, éditions Gründ
  • 2016 :
  • 2017 :
    • La Longue Montée de l'ignorance, First, , 304 p. (ISBN 978-2412015513)
    • L'histoire se répète toujours deux fois, avec Olivier Gracia, Larousse, 2017, 256 p.[25],[26]

Références

  1. Présentation sur le site de France Inter.
  2. Mediapart, 24 octobre 2017.
  3. a, b et c « Dimitri Casali, rock and history », sur histoire.presse.fr (consulté le 25 juin 2016).
  4. « Parcours d’un franc-tireur de l’Histoire », sur dimitricasali.fr (consulté le 29 juin 2017).
  5. Touche pas à l'Histoire de France ?, La Dépêche du midi, 25 juillet 2010
  6. « Les recalés des programme », sur 'Le Point'.
  7. « Ce que nos enfants n'apprennent plus au collège », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne)
  8. Marque déposée à l'INPI le 27 juin 2008 sous son nom d'état civil.
  9. « Un opéra rock pour raconter Napoléon », sur leparisien.fr.
  10. Fiche sur le site d'Atlantico.
  11. « Dimitri Casali : il était une fois la France », lexpress.fr,‎ (lire en ligne).
  12. Voir sur le site de la fondation.
  13. « Le Figaro - Jean-Pierre Chevènement : “Le sentiment d'appartenance est nécessaire à la démocratie” »
  14. « Polémique autour des nouveaux programmes d’histoire », sur la-croix.com, .
  15. « Dimitri Casali : son actualité sur France Inter », sur France Inter (consulté le 30 janvier 2017).
  16. Hadrien Mathoux, « L'impossible neutralité des manuels scolaires », Marianne, .
  17. « Le « sang impur » des Volontaires de 1792 », sur books.google.fr (consulté le 1er septembre 2017).
  18. Jean-Clément Martin, « "Qu'un sang impur abreuve nos sillons" à propos d'une mauvaise querelle », Club de Médiapart,‎ (lire en ligne)
  19. « Il a conçu son livre d'histoire », sur Le Parisien, .
  20. Étienne Anheim, « Face à l’histoire identitaire », Le Monde des Livres, sur lemonde.fr, (ISSN 1950-6244, consulté le 24 février 2017)
  21. Laurent Wirth, « L’histoire du fait colonial dans l’enseignement secondaire : De nouvelles perspectives », Hommes et Migrations, Cité nationale de l'histoire de l'immigration « Algérie - France : une communauté de destin », no 1295,‎ , p. 106 (lire en ligne)
  22. Sylvain Venayre, « Dimitri Casali Lavisse prodigue », sur liberation.fr,
  23. Jacques de Saint Victor, « Un nouvel “historien du dimanche”. Dimitri Casali associe son nom à celui du grand historien Ernest Lavisse. Une démarche grotesque », Le Figaro Littéraire,‎ , p. 6
  24. Laurence De Cock, Eric Fournier et Guillaume Mazeau, « Vague brune sur l’histoire de France », sur aggiornamento.hypotheses.org, Aggiornamento hist-geo,
  25. Florent Barraco, « "Macron se rêve Bonaparte, il ne sera que Louis-Philippe" », Le Point,‎ (lire en ligne).
  26. (en) « Sommes-nous en 1789 ou 1939 ? avec Olivier Gracia - Salut les terriens - 30/09 par Les Terriens de Thierry Ardisson - Dailymotion », sur Dailymotion, (consulté le 12 novembre 2017).

Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie et webographie

Liens externes