Diane de Joannis de Chateaublanc

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Diane de Joannis de Chateaublanc, dame de Ganges

Diane de Joannis de Chateaublanc, marquise de Castellane, puis marquise de Ganges (née en 1635 - morte le à Ganges, Hérault) est une dame de la noblesse française assassinée au XVIIe siècle.

Sa vie[modifier | modifier le code]

Diane de Joannis, que l'on dit être une arrière-petite-nièce de Nostradamus, était appelée « Mademoiselle de Chateaublanc », du nom d'une propriété que possédaient ses parents près d'Avignon.

Très jeune, elle épouse Dominique de Castellane, qui l'emmène avec lui à la cour à Versailles. Brune, d'une très grande beauté, la marquise de Castellane, surnommée « la belle Provençale », fut remarquée par le roi Louis XIV et eut l'honneur en de danser avec lui le septième ballet de la Nuit dans le rôle d'Artémise.

Nommé gouverneur des galères royales, son mari fut envoyé en Méditerranée où, à la suite d'une tempête, ses navires coulèrent et il mourut noyé.

Devenue veuve, la marquise se retire dans un couvent d'où elle ne se décide à sortir que quelques années plus tard à la suite d'une visite de son ami, le duc de Candale.

Le , elle se remarie avec un jeune et brillant aristocrate languedocien, Charles de Vissec de Latude, comte de Ganges (1639 - 1737), baron des États de Languedoc, gouverneur de Ganges, lieutenant du roi de la Finance du Languedoc, commandant du Fort Saint-André à Villeneuve-lès-Avignon, dont le fief sera, le (date d'enregistrement au Parlement de Toulouse), érigé en marquisat.

Le , la marquise devient la légataire de son riche grand-père. Se sentant menacée, le elle rédige en faveur de ses enfants un testament qui déshérite son mari, ce qui est contraire aux usages de l'époque.

Elle se heurte très vite à l'agressivité de ses deux beaux-frères, Henri, dit l'abbé, bien qu'il ne fut pas homme d'église, et Bernardin, le chevalier de Ganges. Certains auteurs prétendent que ce fut en raison des avances qu'ils lui avaient faites et qu'elle avait repoussées avec mépris, d'autres pensent que le but était de faire pression sur elle et de la contraindre à annuler ce testament qui, en défavorisant leur frère, les désavantageaient aussi, eux qui vivaient fréquemment au château de Ganges.

Après avoir vainement essayé plusieurs tentatives d'empoisonnement à l'arsenic avec la complicité d'un prêtre, l'abbé Perrette, ils la contraignent à avaler un breuvage brunâtre qu'elle s'empresse de vomir en se glissant dans la gorge une de ses nattes. Elle s'enfuit alors en sautant par la fenêtre de sa chambre et réussit à s'enfuir dans le village et à se réfugier chez des amis. Cependant les assassins la poursuivent et l'achèvent à coups de poignard.

Elle meurt quelques jours plus tard, le .

Il est difficile de mesurer le degré de culpabilité du marquis de Ganges. D'une part, il siégeait aux États de Languedoc tenus à Toulouse au moment du crime, et il fut, d'autre part, innocenté par son épouse avant qu'elle mourût, car elle souhaitait sans doute ainsi préserver l'honneur de la famille de ses enfants.

L'abbé et le chevalier sont condamnés par contumace, par le Parlement de Toulouse dès le à être rompus vifs et l'abbé Perrette, envoyé aux galères, mourra de mauvais traitement avant même de monter sur un navire.

Après le crime, l'abbé s'est enfui en Hollande et le chevalier en Grèce où il trouvera la mort au siège de Candie (aujourd'hui Héraklion) en Crète contre les Turcs.

Le marquis de Ganges sera condamné au bannissement pour sa complicité passive et à la confiscation de ses biens. Rentré clandestinement en France, il mourut semble-t-il à l'Isle-sur-la-Sorgue, à l'âge de 99 ans. Selon d'autres auteurs il mourut au siège de Candie avec son frère puiné.

Le marquis et la marquise de Ganges avaient eu deux enfants :

  • Alexandre, 2e marquis de Ganges, capitaine puis colonel de Dragons, baron des États de Languedoc, ami du comte de Grignan, gendre de la marquise de Sévigné.
  • Marie-Esprite (1662 - 1711), qui épousera en premières noces Henri de Fay, marquis de Peyraud, baron de Vézenobres, et en deuxièmes noces Paul de Fortia d'Urban, marquis de Fortia.

Entre vérité et légende[modifier | modifier le code]

L'assassinat de la marquise de Ganges eut un grand retentissement dans tout le royaume pour différentes raisons : la première était l'atrocité du crime ; la seconde la personnalité de la marquise, fort belle et fort sage, qui, jusqu'au décès du marquis de Castellane son premier mari, avait vécu à la Cour, où elle était fort appréciée du roi et amie, dit-on, de Mme de Sévigné qui parle d'elle dans une de ses lettres ; la troisième en était la réputation de la famille de Vissec de Latude, l'une des plus anciennes et des plus nobles du Languedoc et enfin la personnalité des assassins, deux de ses beaux-frères, Henri, dit l'abbé, et Bernardin, le chevalier, qui avait été remarqué pour ses exploits militaires. Si le degré exact de complicité du marquis de Ganges ne fut pas réellement connu, celui-ci fut toutefois condamné au bannissement et à la confiscation de ses biens. Cette histoire n'a pas manqué de faire l'objet de nombreux canards, ces petits journaux contenant un seul article teinté de sensationnel, que les colporteurs allaient vendre à travers villes et campagnes.

Si les minutes du procès des assassins contiennent des faits proches de la vérité, comme le démontre Claude Dionne, les écrivains qui reprirent l'histoire n'hésitèrent pas à ajouter des détails et des anecdotes de plus en plus romanesques, tout en affirmant avoir les informations les plus fiables. C'est le cas notamment du marquis de Sade qui n'avait semble-t-il comme source pour sa Marquise de Gange, écrit sans "s", que le récit déjà déformé de Gayot de Pitaval. Voici donc la liste non exhaustive des biographies de la marquise et des sources de cette notice.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]