Opis

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Opis (Akkadien Upî ou Upija, Ancien Grecque : Ὦπις) était une ancienne cité Babylonienne situé près du Tigre, non loin de Baghdad. Les textes Akkadiens et Grecs indiquent qu’elle était situé à l’Est du Tigre, près de la Rivière Diyala. Bien que l’emplacement de la cité a été incertaine pendant longtemps, de récentes enquête géographiques de l’ancienne Mésopotamie identifient Opis avec une grande probabilité au tertre appelé Tall al-Mujailāt (ou Tulūl al-Mujaili), à 32 km au Sud-Est en ligne droite du centre de Bagdad et à 76 km au Nord-Est en ligne droite de l’ancienne Babylone.

A l'époque hellénistique, Opis est un port fluvial de première importance. Xénophon en parle comme une ville considérable. D'après des tablettes datant de Cyrus, la ville aurait constituée un très grand marché, où des représentants de la maison des Egibis venaient acheter et vendre des esclaves. Opis est traversée par les Dix-Mille et par Alexandre de retour d'Inde. La ville est un petit village sans importance à l'époque de Strabon.

Histoire[modifier | modifier le code]

Première mention d'Opis[modifier | modifier le code]

Opis est mentionnée pour la première fois au début du deuxième millénaire avant J.-C. Au XIVème siècle avant J.-C., elle devient la capitale administrative de la région de Babylone. Les Babyloniens ont creusé le “Canal Royal” entre l’Euphrate et le Tigre, qui se termine près d’Opis. Le Roi Babylonien Nebuchadnezzar II (605-562 av. J.-C.) construit un mur entre les deux rivières pour se protéger contre une potentielle invasion mède. La ligne fortifiée continue vers l’Est au-delà du Tigre et finit près d’Opis.

Conquête perse[modifier | modifier le code]

En Octobre 539 av. J.-C., les troupes du Roi Babylonien Nabonide (556-539 av. J.-C.) défendent Opis contre les Perses commandés par Cyrus le Grand (559-530 av. J.-C.). Les Babyloniens on été vaincus et la population indigène s’est révoltée contre son gouvernement. Sans plus de combat, Cyrus capture Babylone. Opis était située près de la route royale persane, qui reliait l’ancienne capitale élamite Susa au centre de l’Assyrie autour d’Erbil et, plus à l’Ouest, la capitale Lydienne Sardis.

Conquête macédonienne[modifier | modifier le code]

En septembre -331, le roi de Macédoine Alexandre le Grand (336-323) remporta la bataille de Gaugamèles, face à Darius III de Perse (336-330) et prit probablement possession en même temps d’Opis. Quelque temps plus tard, au printemps 324 av. J.-C., suite à une mutinerie de ses soldats à la rivière Hyphasis (la rivière Beas maintenant)qui contestent la part croissante des nouvelles recrues perses et craignent de voir le roi établir le centre de son royaume en Asie, il est obligé de faire machine arrière en Inde (C'est la sédition d'Opis). Désireux d’unir durablement ses sujets macédoniens et perses, il fit un serment d’unité devant 9000 soldats perses et grecs à Opis. Dans la même idée, il se maria avec Statira (la fille de Darius) et célébra de nombreuses alliances entre ses officiers de haut-rang et des nobles venues de Perse ou de l’Est à Susa, juste avant de venir à Opis.

L'autorité hellénistique[modifier | modifier le code]

Seleucos I Nikator (306-281), l’un des successeurs d’Alexandre, fonda l’empire séleucide et construit sa capitale à Séleucie, à l’est du Tigre, à 19 km au sud-ouest d’Opis. La cité hellénistique de Séleucie du Tigre éclipsa rapidement des anciens centres mésopotamiens de la région, comme Babylone, Sippar et Opis. Au deuxième siècle avant JC, l’Empire Parthe conquit les provinces est de l’empire séleucide, dont Séleucie et Opis. Ces deux villes furent à leur tour éclipsées par l’émergence de la capitale parthe (et par la suite perse) de Cstésiphon, située entre les deux villes.

La bataille d’Opis, disputée en septembre -539, fut un affrontement majeur entre les armées perses menées par Cyrus le Grand et l’Empire néo-Babylonien de Nabonide, durant l’invasion perse en Mésopotamie. A l’époque, Babylone demeure la dernière grande puissance de l’Asie de l’Ouest qui n’était pas sous contrôle perse. La bataille se déroula près de la stratégique cité d’Opis, située au nord de la capitale de Babylone. Les Perses remportèrent le combat. Quelques jours après, la cité de Sippar se rendait face aux Perses et les forces de Cyrus entraient dans Babylone, a priori sans l’usage des armes. Cyrus fut ainsi nommé roi de Babylone et mit ainsi fin à l’indépendance de cette dernière, incorporant l’empire babylonien dans le grand empire perse.

La bataille d'Opis[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

La principale source d’information concernant la campagne de Cyrus en Mésopotamie en -539 est la chronique de Nabonide qui fait partie d’une série de tablettes en argile appelée les chroniques babyloniennes qui narrent l’histoire de l’ancinne Babylone. Des détails additionnels sont apportés par des documents datant de l’époque de Cyrus ayant survécu, le cylindre de Cyrus. D’autres informations nous sont connues par les écrivains de la Grèce antique, Hérodote et Xénophon, dont les écrits diffèrent des sources perses et babyloniennes. Bien que la chronique de Nabonide soit fragmentaire, la section relatant la dernière année du règne de Nabonide (-539) est plutôt intacte. Elle apporte peu d’informations sur les activités de Cyrus durant les années précédant la bataille. La chronique s’intéresse surtout aux évènements relevant directement de Babylone et de ses dirigeants. Il n’y a pratiquement pas d’informations concernant la période allant de 547 à 539.

Avant la bataille[modifier | modifier le code]

A l’époque de la bataille d’Opis, la Perse était la puissance dominante au Proche-Orient. Elle avait engrangé encore plus de puissance avec le roi Cyrus II qui avait conquis un large territoire permettant de créer un empire qui couvrait les pays actuels de Turquie, Arménie, Azerbaïdjan, Iran, kyrgyzstan et Afghanistan. La seule puissance qui résistait était l’Empire néo-babylonien qui contrôlait la Mésopotamie et assujettissait des royaumes comme la Syrie, la Judée, la Phénicie et une partie de l’Arabie. A l’époque, Babylone ne jouissait pas d’une situation confortable : l’Empire perse l’entourait au nord, à l’est et à l’ouest. Elle connaissait, qui plus est, de graves problèmes économiques que la famine et la peste venaient aggravées, tandis que le roi Nabonide souffrait d’impopularité à cause de sa politique religieuse non-conventionnelle. Selon Mary Joan Winn Leith, « le succès de Cyrus est à créditer à sa perspicacité militaire, sa corruption judicieuse, et une intense campagne de publicité à travers la Babylonie qui le montrait tel un suzerain indulgent et tolérant vis-à-vis de la religion ». D’un autre côté, Max Mallowan note : « La tolérance religieuse était un formidable trait des règles perses et il n’y aucun doute sur le fait que Cyrus lui-même était assez ouvert d’esprit pour promouvoir cette politique ». On dit que Cyrus avait réussi à persuader un gouverneur d’une province babylonienne nommé Gobryas de combattre à ses côtés. Gutium, la région gouvernée par Gobryas, était un territoire frontalier d’une taille considérable et d’une grande importance stratégique.

Le déroulé de la bataille[modifier | modifier le code]

La chronique de Nobonide rapporte que la bataille a eu lieu dans le mois de Tashritu (27 septembre - 27 octobre) à Opis, sur la rive du Tigre. Peu de choses sont connus sur les événements de la bataille ; la chronique ne donne aucun détail sur le cours de la bataille, la disposition des forces de part et d’autre ou les victimes. L’armée Perse sous Cyrus a combattu « l’armée d’Akkad » (signifiant les Babyloniens en général, pas la ville de ce nom). L’identité du commandant Babylonien n’est pas consignée dans la chronique mais on a traditionnellement supposé que Belsasar, le fils de Nabonide, était au commandement. Son destin n’est pas clair et il peut avoir été tué durant la bataille. Le résultat de la bataille était clairement une défaite Babylonienne, peut-être une déroute, comme l’armée Babylonienne défaite n’est pas mentionné de nouveau dans la chronique. Après la bataille, les forces Perses ont « pillés » les Babyloniens vaincus. La plupart des traductions de la Chronique réfèrent aussi à un « massacre » du peuple d’Akkad, bien que les traducteurs ne soient pas d’accord sur qui était responsable et qui a été tué – la population d’Opis ou l’armée Babylonienne en retraite. Pierre Briant commente : « Cette victoire à été suivie d’une immense porté de butin et du massacre de ceux qui ont tenté de résister ». Andrew Robert Burn commente : « En effet, sur une lecture du texte, Akkad a éclaté en une révolte ouverte, et le dernier exploit militaire de Nabonide fut le massacre des rebelles ». Maria Brosius interprète le massacre comme une action punitive « faisant un exemple de ville qui essaie de résister à l’armée Perse ». Cuyler Young commente sur la Chronique : « Cette référence dans la Chronique suggère que les Perses ont capturé intact l’ensemble du camp de l’armée de Nabonide et que, comment c’est souvent le cas, le véritable meurtre de l’engagement est venu après que les Babyloniens soient tombés dans la peur et la panique et qu’ils avaient pris retraite du champ de bataille ». Amélie Kuhrt commente que les références à un massacre et à un pillage suggèrent que la bataille était « probablement une victoire durement gagnée ». W. G. Lambert soutient une opinion contraire où il n’y aurait eu aucun massacre ou pillage du tout. La bataille n’est pas mentionnée dans l’inscription sur le Cylindre de Cyrus, qui dépeint Cyrus comme le libérateur de Babylone, pacifiquement et avec le consentement de son peuple. Cependant, la bataille démontre que le régime Babylonien existant a résisté activement à l’invasion Macédoine de Cyrus.

Les conséquences[modifier | modifier le code]

La défaite d’Opis semble avoir mis fin à toute résistance sérieuse à l’invasion Perse. La Chronique de Nabonide déclare qu’après la bataille, « le quatorzième jour (6 Octobre), Sippar a été capturé sans combat. Nabonide a fui ». La formulation de la chronique implique que Nabonide était présent à Sippar quand les Perses sont arrivés. Cyrus resta à Sippar, et le dix-huitième jour (12 Octobre), Gubaru, gouverneur de Gatium, et l’armée de Cyrys, entrèrent dans Babylone sans bataille. Nabonide lui-même a été capturé peu après, quand il est retourné à Babylone. Son destin final n’est pas clair, mais selon l’historien Babylonien Berossus du 3ème siècle av. J.-C., Nabonide a été épargné et il est allé en exil à Carmania, où il est mort des années plus tard. Les troupes Perses ont pris le contrôle de la ville, bien que la Chronique de Nabonide fournisse peu de détail sur comment cela a été fait. La Chronique souligne la protection de l’armée conquérante des temples les plus importants de la ville et constate que « l’interruption des rites/cultes dans le temple d’Esagila ou les autres temples n’existait pas, et aucune date n’était manqué ». Dix-sept jours plus tard, le 29 Octobre, Cyrus entra dans Babylone, où il fut proclamé roi, et nomma des gouverneurs pour ses royaumes nouvellement conquis. Les anciens récits grecs de la campagne de Cyrus et de la chute de Babylone diffèrent considérablement des récits cunéiformes préservés dans la Chronique de Nabonide et le Cylindre de Cyrus, suggérant que les Grecs s’appuyaient -ou inventaient- des différences sur les traditions de la conquête de Babylone. Les deux anciennes sources grecques pour la campagne, Hérodote et Xénophon, présentent des versions largement similaires des événements. Selon Hérodote, Cyrus marchait à Babylone le long du fleuve Diyala (qui passe à Opis, bien que la bataille n’y est pas mentionné), où les Perses ont combattu avec les Babyloniens près de la Capitale. Cyrus a ensuite assiégé Babylone, ordonnant à ses troupes de creuser un canal pour drainer une partie de l’Euphrate pour permettre à ses troupes de pénétrer dans la ville par les points faibles de ses défenses. Xénophon fournit un récit semblable, mais plus élaboré, affirmant que Cyrus a creusé une énorme tranchée autour de la ville pour détourner l’Euphrate et rendre le lit du fleuve passable pour l’armée Perse. Hérodote, Xénophon et le Livre biblique de Daniel affirment que tous les Babyloniens ont été pris par surprise alors qu’ils célébraient un festival. Berossus présente un récit encore différent, affirmant que Cyrus a vaincu Nabonide, qui « s’est enfuit avec d’autres et s’est enfermé dans Borsippa. Pendant ce temps, Cyrus occupa Babylone et ordonna de détruire les murs extérieurs de la ville, parce que la ville lui semblait difficile a capturer. Ensuite, Cyrus se rendit à Borsippa pour organiser le siège contre Nabonide. Mais Nabonide n’attendit pas la fin du siège et se rendit ». Ces récits, écrits bien après la conquête Perse, contredisent par de nombreux aspects la preuve cunéiforme contemporaine, qui ne mentionne aucun siège, œuvre d’ingénierie ou de batailles près de Babylone. Les descriptions cunéiformes d’une reddition pacifique de Babylone sont corroborées par les preuves archéologiques de la ville, car aucune preuve de destruction n’a été trouvée dans les couches correspondant à la chute de la ville aux Perses. Les historiens sont généralement d’accord que le récit d’Hérodote est une invention, tandis que Kuhrt commente que le récit de Xénophon dans la Cyropédie est « pratiquement impossible à utiliser...comme une source strictement historique » en raison de sa forme littéraire, comme un traité moral sur Cyrus sous la forme d’un roman historique. Paul-Alain Beaulieu suggère que les récits grecs peuvent constituer un ensemble de contes et de légendes populaires qui sont venus s’associer à la chute de Babylone. David George Hogarth et Samuel Rolles Driver commentent ce qu’ils considéraient comme l’incertitude d’Hérodote : « Le manque de confiance des comptes d’Hérodote est évident dès qu’ils peuvent être définitivement comparés à des documents monumentaux. Le fameux siège et la capture de Babylone par Cyrus est contredit par son inscription, qui raconte qu’après une bataille à Opis et une autre à Sippara, son général Gobryas est entré dans la ville sans combat. Babylone avait souffert de nombreux sièges avant Cyrus, et en connu de nombreux autres après : on croit que l’une des deux captures de Darius, dont le général était aussi nommé Gobryas, pu être confondue avec l’entrée de Cyrus. » Selon l’inscription de Behistun, Babylone se révolta deux fois contre Darius, et fut repris à la seconde occasion par son général Gobryas. Hérodote ne mentionne que la première révolte de Babylone dans laquelle Zopyrus a pris la ville pour Darius, et omet cette seconde révolte.

Historiographie[modifier | modifier le code]

La défaite Babylonienne à Opis et l’entrée apparemment sans opposition de la Perse dans Babylone ont mis fin à l’indépendance de Babylone (bien qu’il y ait eu un certain nombre de révoltes infructueuses contre les dirigeants Perses plus tard). L’effondrement Babylonien a été rapide et total, confirmé par les comptes anciens de la campagne de Cyrus en Mésopotamie et des preuves corroborantes telles que les inscriptions cunéiformes datant de peu de tant après la conquête Perse. Un certain nombre d’explications on été avancées pour l’effondrement rapide de l’état Babylonien. Le cylindre de Cyrus et la Chronique de Nabonide, attribuent l’échec de Nabonide au désir du dieu Marduk, pour punir un régime qui s’est opposer à sa volonté. Le ton fortement anti-Nabonide de ces documents, qui accusait l’ancien roi de se conduire capricieusement et négligeant le culte des dieux, suggère que leurs auteurs -l’élite sacerdotale Babylonienne- étaient écartés par Nabonide et ont peut-être accueilli avec joie une prise de contrôle par les Perses. Cependant, on ne sait pas très bien dans quelle mesure les Perses ont été soutenus en Babylone, puisque les récits de l’invasion et les règles de Nabonide sont colorés par la propagande de Cyrus. D’autres auteurs ont avancé un certain nombre d’explications pour la défaite Babylonienne. M. A. Dandamaev suggère différemment que le régime souffrait d’un manque d’alliés ; un manque de soutient parmi la population général ; l’opposition de peuples sujets tels que les Juifs, qui ont pu voir les Perses envahisseurs comme des libérateurs : et l’incapacité des forces Babyloniennes à résister à des adversaires numériquement supérieurs et mieux équipés.

Notes et références[modifier | modifier le code]