Colonne Morris

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
image illustrant l’architecture ou l’urbanisme image illustrant Paris
Cet article est une ébauche concernant l’architecture ou l’urbanisme et Paris.

Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) selon les recommandations des projets correspondants.

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Colonne (architecture) et Morris.
Une colonne Morris, tableau de Jean Béraud, vers 1885.

Une colonne Morris est un élément du mobilier urbain initialement parisien, mais présent dans beaucoup de villes françaises. De forme cylindrique, elle sert principalement de support à la promotion des spectacles et des films. Si sa silhouette et son aspect général ont peu évolué depuis sa création, des perfectionnements et des fonctions nouvelles sont apparus au cours du temps. Aujourd’hui, par exemple, elle peut être éclairée à la nuit tombée. Elle peut être rotative pour une meilleure exposition des affiches, et celles-ci sont fréquemment protégées des intempéries et des incivilités par un vitrage. L'espace qu'elle abrite en son sein est parfois utilisé pour entreposer le matériel de nettoyage de la voirie, abriter des toilettes ou des téléphones publics.

Historique[modifier | modifier le code]

En Allemagne, l'invention des colonnes d'information sur les spectacles est attribuée au Berlinois Ernst Litfaß (1816 - 1874) qui les introduit dès décembre 1854 afin de lutter contre l'affichage sauvage.

À Paris en 1839, le préfet de la Seine Gabriel Delessert autorise l'installation des « colonnes moresques » : l'affichage municipal est placardé sur un panneau de bois adossé à l'extérieur à un urinoir[1]. Ces colonnes sont améliorées sous Napoléon III par le Service des promenades et plantations dirigé depuis 1854 par l’ingénieur Jean-Charles Alphand qui perfectionne l'installation en isolant l'intérieur du regard par un écran et en éclairant l'intérieur avec un bec de gaz. La construction est redessinée par l'architecte en chef de ce service Gabriel Davioud, qui remplace la maçonnerie par une structure en fonte mais sa double fonction (affichage et urinoir) continue de provoquer des critiques, si bien que le comte Baciochi, ministre d’État et surintendant général des Théâtres, lance un concours pour trouver un nouveau support exclusivement réservé à l'affichage[2].

Le , l'imprimeur Gabriel Morris, spécialisé dans la promotion des spectacles parisiens, remporte le concours. Il s'inspire des Litfaßsäule pour créer les colonnes qui portent son nom, coiffant ses édicules en fonte verte d'une toiture (composée d’une marquise hexagonale, décorée aux angles de six mufles de lions, le tout surmonté d’un dôme bombé, décoré d’écailles et d’une flèche ornée de feuilles d’acanthe) pour protéger les affiches de la pluie[2]. Le baron Haussmann concède ainsi à l'entreprise d'affichage Morris le monopole des colonnes d'affichage encollé pour quinze ans, cette dernière s'engageant à couvrir tous les frais de construction des supports. La dernière colonne moresque disparaît en 1877 et est désormais remplacée par la vespasienne[3] .

La surface d'affichage des Colonnes Morris est d'environ 4 m²[4].

La Compagnie Fermière des Colonnes Morris a été rachetée en 1986 par la société JCDecaux, de l'homme d'affaires Jean-Claude Decaux : les colonnes Morris/JCDecaux sont désormais présentes dans de nombreuses villes d'Europe.

Polémique autour de la destruction des colonnes[modifier | modifier le code]

La décision en 2006 du Maire de Paris, Bertrand Delanoë, de détruire 223 colonnes Morris (en réduisant, de 773 à 550, le nombre d'emplacements retenus), au prétexte de « désencombrer l'espace public » a soulevé une violente polémique.
Les colonnes Morris sont devenues des objets emblématiques de l'image de Paris, au même titre que les fontaines Wallace et les entrées de métro d'Hector Guimard. Les détracteurs reprochent à la municipalité d'utiliser le prétexte du confort visuel pour masquer la nouvelle donne financière (11 M€) négociée avec le concessionnaire[5]. Les diverses associations de défense s'inquiètent de la disparition d'un support consacré aux arts du spectacle au profit de supports publicitaires plus rentables. Ces supports emblématiques sont remplacés par les colonnes Wilmotte gris métallisé conçues par l'architecte Jean-Michel Wilmotte[6].

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Autres pays[modifier | modifier le code]

Les colonnes d'affichage existent également dans des pays autres que la France. Dans les pays de langue allemande, on parle de Litfaßsäule (« colonne Litfaß »). Il y en également beaucoup dans les rues de San Francisco.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [http://www.histoire-image.org/site/oeuvre/analyse.php?i=687 Notice sur le site Histoire-image.org.
  2. a et b Danielle Chadych, Dominique Leborgne, Histoire de Paris pour les nuls, First Éditions, , p. 127
  3. Bernard Landau, Claire Monod, Evelyne Lohr, Les grands boulevards : un parcours d'innovation et de modernité, Action artistique de la Ville de Paris, , p. 95
  4. Surface d'affichage des colonnes.
  5. La société JCDecaux a racheté en 1986 La Compagnie Fermière des Colonnes Morris et fournit depuis lors les versions contemporaines de ce mobilier (toilettes rotatives, etc.).
  6. Nathaniel Herzberg, « Le sacrifice des colonnes Morris », sur lemonde.fr,‎

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]