Burgtheater
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Le Burgtheater est un théâtre de Vienne fondé en 1741. Théâtre le plus important d'Autriche, il est considéré comme l'une des scènes les plus importantes d'Europe. Il est, après la Comédie-Française, le deuxième théâtre européen par ordre d'ancienneté; et le plus grand théâtre de langue allemande. Le bâtiment s'élève sur le Ring, le boulevard circulaire de la capitale autrichienne, et compte 1285 places[1].
Historique
[modifier | modifier le code]Le Burgtheater initial, dit Altes Burgtheater, est fondé en 1741 sous le règne de Marie-Thérèse, en tant que Hofburgtheater, c'est-à-dire théâtre de la cour, et situé dans une ancienne salle de bal, sur la Michaelerplatz. Dirigé par Carl Joseph de Sellier, sa programmation mêle spectacles français, comédie allemande, drame musical italien, opéra et ballet[1].
En 1716, Joseph II le fait Théâtre national allemand. Il fonctionne jusqu'en 1789 comme une « République des artistes », l'ensemble des acteurs assurant la direction en autogestion. L'acteur reste, tout au long de l'histoire du Burgtheater, l'élément central du travail théâtral. En 1810, il se consacre au théâtre parlé. Dirigé par Joseph Schreyvogel entre 1814 et 1832, il devient le premier théâtre de langue allemande. On y joue du Grillparzer, qui s'y voit consacré comme le principal dramaturge classique autrichien, ainsi que du théâtre classique allemand, espagnol (Calderòn, entre autres) ou du Shakespeare. Heinrich Laube, qui dirige le théâtre de 1849 à 1867, est le premier grand metteur en scène à y travailler essentiellement sur des textes dialogués. Entre 1890 et 1898, le directeur Max Burekhard fait entrer le naturalisme dans le répertoire théâtral, avec Gerhart Hauptmann et Arthur Schnitzler; et le théâtre populaire autrichien, avec les œuvres de Ludwig Anzengruber et Karl Schönherr (de)[1].
- Altes Burgtheater
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Extérieur sur la Michaelerplatz, peint au XIXe siècle par August Gerasch.
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Intérieur par Gustav Klimt, 1888, Musée de Vienne.
En 1888, on inaugure l'édifice actuel, sur le Ring. Dessiné par les architectes Karl von Hasenauer et Gottfried Semper, il mêle éléments néo-Renaissance et néo-baroque.

En 1945, durant la fin de la Seconde Guerre Mondiale, une bombe met feu au bâtiment principal, n'épargnant que les ailes des escaliers d'honneur. Les représentations reprennent dès avril 1945, sous l'occupation de l'Autriche par les forces Alliées, dans une dépendance, l'ancien théâtre Variété Ronacher. Le premier spectacle joué à cette occasion est Sappho de Grillparzer, dans une mise en scène de Lothar Müthel datant de 1943, et le premier directeur de l'après-guerre l'acteur Raoul Aslan[1],[2].
La restauration du bâtiment principal dure dix ans mais est si réussie qu'en 1955, à la réouverture, il est difficile de reconnaître les parties neuves de celles d'époque. La restauration est conduite par les architectes Michel Engelhart (de) et Otto Niedermoser. La réouverture du théâtre, avec Konig Ottokars Glück und Ende, de Grillparzer, comme celle de l'Opéra, marque les retrouvailles des Autrichiens avec leur vie culturelle[2].
Entre 1986 et 1999, le Burgtheater est dirigé par Claus Peymann. Cette direction mouvementée est marquée par le renouvellement et le rajeunissement de la programmation, avec notamment la création de cinq pièces de Thomas Bernhard, cinq pièces d'Elfriede Jelinek et six de Peter Handke; ou encore la programmation de pièces de Werner Schwab, Wolfgang Bauer, Peter Turrini ou Felix Mitterer (de). Cette esthétique postmoderne déplait fortement au public de notables viennois habitués du théâtre[1],[2]. La création de Place des Héros, de Bernhard, dans une mise en scène de Peymann, le 4 novembre 1988, déclenche un scandale national et fait l'objet de pressions.
Citation
[modifier | modifier le code]« Le théâtre impérial, Burgtheater, était pour le Viennois, pour l'Autrichien, plus qu'une simple scène. Le premier regard qu'il jetait sur son journal du matin ne portait pas sur les discussions du Parlement ou sur les événements mondiaux, mais sur la chronique théâtrale »
— Stefan Zweig, Le Monde d'hier. Souvenirs d'un Européen[3],[4].
Acteurs et anciens acteurs
[modifier | modifier le code]Notes et références
[modifier | modifier le code]- U. Birbaumer, « BURGTHEATER », dans Michel Corvin, Dictionnaire encyclopédique du théâtre à travers le monde, Bordas, (ISBN 9782842608019), p. 236-237
- U. Birbaumer, « AUTRICHE (le théatre en). », dans Michel Corvin, Dictionnaire encyclopédique du théâtre à travers le monde, Bordas, (ISBN 9782842608019), p. 133-134
- ↑ Stefan Zweig, Le Monde d'hier. Souvenirs d'un Européen, Belfond, p. 32.
- ↑ Cité par Jacques Le Rider, Arthur Schnitzler ou la Belle Époque viennoise, Éditions Belin, 2003, p. 30.
Lien externe
[modifier | modifier le code]- (de) Site officiel
