Claude Lastennet

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Claude Lastennet
Tueur en série
Image illustrative de l’article Claude Lastennet
Information
Nom de naissance Claude Lastennet
Naissance (50 ans)
à Brest dans le Finistère
Condamnation
Sentence Réclusion criminelle à perpétuité
Actions criminelles Meurtres
Victimes 5
Période -
Pays Drapeau de la France France
Régions Île-de-France
Ville Chevilly-Larue, Thiais, Boulogne-Billancourt, Bourg-la-Reine
Arrestation

Claude Lastennet, né le à Brest, est un tueur en série français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Claude Lastennet naît le à Brest. Né de père inconnu, « un marin », quelques minutes après son frère jumeau, Frédéric, ils sont élevés séparément par des tantes et oncles dans la presqu'île de Crozon, tandis que leur mère Jacqueline part gagner sa vie à Paris comme employée de poste. Ils la rejoignent deux ans plus tard, puis reviennent vivre tous trois dans le Finistère près de dix ans après, lorsque Claude et Frédéric atteignent l'âge de douze ans en 1983.

Mais bientôt leur mère se remarie avec un homme de dix ans son cadet, avec qui elle aura deux autres enfants, et Claude, très attaché à elle, vit cette nouvelle union comme une trahison. Il entretient alors de très mauvais rapports avec son beau-père « alcoolique violent » qui l'humilie, l'insulte et le frappe, et quitte le domicile familial en 1984. Il a alors 13 ans[1].

En pension à Quimper, il passe un BEP d'employé de restaurant et un CAP de pâtissier. Serveur saisonnier en 1987, il devient un gros fumeur de haschich et en deviendra dealer au sein du foyer dans lequel il vit. Puis en 1989, il est réformé de l'armée. Éprouvé par la mort de sa grand-mère adorée, il fait son premier séjour en hôpital psychiatrique un an après. En 1991, engagé au restaurant Chez Dumonet à Montparnasse, ce premier chef de rang côtoie des « dames avec des visons ». Certaines lui proposent « des rendez-vous galants »[2] qu'il accepte volontiers. Son ancien employeur indique que si certains clients ont une tête qui ne lui revient pas, il refuse alors de les servir et le décrit comme étant à l'époque en "suicide professionnel" qui entraîne son licenciement.

En , alors qu'il est hébergé dans la capitale, chez son frère, il tente de se suicider en avalant des cachets de Lexomil (un anxiolytique). Mais en juillet-, il cesse brutalement son traitement psychotrope : ses pulsions meurtrières apparaissent[2].

Les faits et l'enquête[modifier | modifier le code]

Le , à Chevilly-Larue, une femme habitant au 51 avenue du Président Franklin Roosevelt remarque Claude Lastennet sur le trottoir d'en face, qui reste debout sans bouger. Au bout d'un moment, elle l'interpelle et demande ce qu'il fait ici. Il lui répond qu'il cherche le numéro 52. Or, au numéro 52 dans cette avenue, est un parc. Lastennet brise la vitre de la porte à l'arrière du petit pavillon de Marcelle Cavilier, 87 ans, au 49 avenue du Président Franklin Roosevelt. Il passe le bras pour atteindre la clé qui est sur la serrure à l'intérieur, déverrouille la porte et s'introduit dans la maison. Il la menace pour qu'elle lui donne de l'argent. Elle refuse. Ils luttent. Il l'étrangle dans sa chambre, sur son lit, allongée sur le dos, ses pieds touchant le sol. Lastennet fouille toutes les pièces. La famille de Marcelle vient chez elle et la trouve morte. Son visage est tuméfié. Les enquêteurs ne trouvent aucune empreinte. La description de la voisine permet d'établir un portrait-robot.

Le , au 19 rue Edgar Quinet à Thiais, Lastennet casse un carreau de la porte-fenêtre de la véranda de la maison d'Antoinette Bonin, 76 ans, et s'introduit dans son logement. Antoinette, intriguée par le bruit de verre cassé, vient dans la pièce. Il l'étrangle, puis fouille toutes les pièces. Vers 18 h 30, le fils d'Antoinette, François Bonin, qui habite la maison voisine, entre chez sa mère pour prendre de ses nouvelles, comme tous les soirs. François découvre Claude Lastennet en train de fouiller dans un placard de la cuisine. Lastennet répond calmement que la vieille a eu un malaise, qu'elle lui a demandé de ranger, qu'elle est allongée sur le sol dans une pièce du fond et qu'elle a un petit filet de sang qui a coulé de son oreille. François se rend près de sa mère, sans la toucher, elle ne réagit pas à ses appels. Il retourne vers l'entrée et constate que Lastennet a disparu. Il remarque la vitre cassée, le désordre dans toutes les pièces et comprend que Lastennet est un cambrioleur. Il retourne chez lui et informe son épouse Nicole. Ils téléphonent aux pompiers. Ceux-ci arrivent et constatent qu'Antoinette est morte. La sœur de François arrive sur place et déclare qu'il convoite la maison de sa mère. Les enquêteurs soupçonnent François d'avoir tué Antoinette. Les enquêteurs relèvent une empreinte de paume de main sur le carreau cassé de la porte-fenêtre de la véranda.

Le , à Boulogne-Billancourt, Claude Lastennet entre chez Raymonde Dolisy, 72 ans, et la tue en l'étranglant. Son corps n'est retrouvé que le vendredi , par la concierge de l'immeuble, intriguée de voir des cartes postales empilées devant sa porte.

Le , à Bourg-la-Reine, Claude Lastennet tue Augustine Royer, 91 ans, chez elle par strangulation. Son corps est retrouvé le lendemain. Après ce quatrième meurtre, les enquêteurs remarquent que les lieux sont disséminés le long de la ligne de bus 192[3]. À la suite de cela, François Bonin, accusé de l'assassinat de sa mère, est enfin écouté et ébauche un portrait-robot de Claude Lastennet[4].

Le , à Chevilly-Larue, Lastennet agresse Rosalie Czajka, 82 ans, chez elle. Elle se défend, sa voisine entend ses appels au secours. Dans la lutte, Lastennet perd la casquette qu'il porte et s'enfuit.

Le , avenue de Versailles à Thiais, Claude Lastennet étrangle Violette de Ferluc, 92 ans, dans son appartement au 3e étage. Il arrache les fils du téléphone et fouille toutes les pièces. Le , vers 17 h, son fils Gérard, prêtre, la découvre morte.

Arnaud Bossu, habitant dans un foyer de jeunes travailleurs de Chevilly-Larue, contacte les enquêteurs et leur révèle que son ami Claude Lastennet lui a demandé comment utiliser une carte de crédit qu'il a volée à une vieille qu'il a tuée[5],[6]. Voyant la réaction de dégout de son ami, Lastennet lui dit qu'il lui a menti. C'est en lisant dans le journal, un article décrivant le meurtre de Violette de Ferluc, qu'Arnaud Bossu a fait le rapprochement.

Arrestation[modifier | modifier le code]

Le , Lastennet est arrêté dans son appartement alors qu'il dort dans son lit. Il ne résiste pas et avoue immédiatement les faits. La perquisition de son appartement a lieu aussitôt en sa présence. Les enquêteurs trouvent des objets qu'il a volés aux victimes : la carte de crédit au nom de Violette de Ferluc, de nombreux bijoux et un poste de radio. En garde à vue, il avoue de nouveau les faits dans les détails. Placé en détention préventive, Claude Lastennet risque la réclusion criminelle à perpétuité.

Liste des victimes connues[modifier | modifier le code]

Date Identité[N 1] Âge Lieu
Marcelle Cavilier 87 Chevilly-Larue
Antoinette Bonin (née Martial) 76 Thiais
Raymonde Dolisy (née Fournier) 72 Boulogne-Billancourt
Augustine Royer 91 Bourg-la-Reine
Rosalie Czajka 82 Chevilly-Larue
Violette de Ferluc (née Rey) 92 Thiais

Procès et condamnations[modifier | modifier le code]

En , le procès de Claude Lastennet débute à la cour d'assises du Val-de-Marne à Créteil[7]. Sa défense est assurée par Pierre-Olivier Sur.

Au cours de la procédure judiciaire, Lastennet parle de ses actes à la troisième personne indiquant qu'une moitié de lui ne reconnaît pas la personne qu'il est pour avoir commis ce genre d'atrocité. Imprégné de fantastique, il explique avoir donné la mort pour devenir immortel, tel Satan : « À chaque fois que j'ai étranglé des femmes, il y a toujours un écoulement sanguin soit du nez, soit des oreilles. Je trempe un doigt, l'auriculaire droit dans le sang et je le porte à ma bouche. Le sang m'excite. Je me suis d'ailleurs intéressé à des histoires de vampire, de Lucifer »[2].

Il est condamné le à la réclusion criminelle à perpétuité avec une peine de sûreté de 18 ans[2],[8],[9].

Emprisonnement[modifier | modifier le code]

Claude Lastennet était théoriquement libérable en janvier 2012[2], mais est toujours incarcéré à cette date.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Si la case du nom de la victime est sur fond saumon, cela signifie que Claude Lastennet a tué cette victime.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Pierre Vergès, Les tueurs en série, Hachette Pratique, , p. 103.
  2. a b c d et e Patricia Tourancheau, « De maman aux mamies », sur Libération,
  3. « France : arrestation d'un tueur en série "L'irrépressible envie de tuer" de l'assassin de 5 vieilles dames » Article publié le 14 janvier 1994 dans Le Soir
  4. « L'affaire Claude Lastennet », sur RTL.fr (consulté le 13 septembre 2020)
  5. « Faites entrer l'accusé Claude Lastennet, le tueur de vieilles dames » Article publié dans Le Nouvel observateur
  6. « Le tueur présumé de cinq vieilles dames aurait reconnu ses crimes » Article du 14 janvier 1994 publié dans L'Humanité
  7. « Claude Lastennet, le "double satanique" » Article de Jean-François Guyot publié le 25 janvier 2010 dans Le Figaro
  8. « Il a fait ce qu'il avait à faire, sans sentiment » Article de Michel Henry publié le 23 octobre 1997 dans Libération
  9. « Vingt ans requis contre le tueur en série » Article publié le 24 octobre 1997 dans Libération

Documentaires télévisés[modifier | modifier le code]

Émissions radiophoniques[modifier | modifier le code]

  • « la dérive sanglante de Claude Lastennet » le 15 septembre 2009 dans Café crimes de Jacques Pradel sur Europe 1.
  • « L’Affaire Claude Lastennet, le tueur de vieilles dames » le 3 juin 2014 et le 30 janvier 2017 dans L'heure du crime de Jacques Pradel sur RTL.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]