Claude Lastennet

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Claude Lastennet
Tueur en série
Image illustrative de l'article Claude Lastennet
Information
Nom de naissance Claude Lastennet
Naissance (46 ans)
à Brest dans le Finistère
Condamnation
Sentence Réclusion criminelle à perpétuité
Meurtres
Victimes 5
Période -
Pays Drapeau de la France France
Régions Île-de-France
Ville Chevilly-Larue, Thiais, Boulogne-Billancourt, Bourg-la-Reine
Arrestation

Claude Lastennet, né le à Brest, est un tueur en série français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né de père inconnu « un marin », quelques minutes après son frère jumeau, Frédéric, ils sont élevés séparément par des tantes et oncles dans la presqu'île de Crozon, tandis que leur mère Jacqueline part gagner sa vie à Paris comme employée de poste. Ils la rejoignent deux ans plus tard, puis reviennent vivre tous trois dans le Finistère près de dix ans après, lorsque Claude et Frédéric atteignent l'âge de douze ans.

Mais bientôt leur mère se remarie avec un homme de dix ans son cadet, avec qui elle aura deux autres enfants, et Claude, très attaché à elle, vit cette nouvelle union comme une trahison. Il entretient alors de très mauvais rapports avec son beau-père « alcoolique violent » qui l'humilie, l'insulte et le frappe, et quitte à 13 ans le domicile familial[1].

En pension à Quimper, il passe un BEP d'employé de restaurant et un CAP de pâtissier. Serveur saisonnier à 16 ans, il devient un gros fumeur de haschich. À 18 ans, il est réformé de l'armée. Éprouvé par la mort de sa grand-mère adorée, il fait son premier séjour en l'hôpital psychiatrique un an après. À 20 ans, engagé au restaurant Chez Dumonet à Montparnasse, ce premier chef de rang côtoie des « dames avec des visons ». Certaines lui proposent « des rendez-vous galants »[2] qu'il accepte volontiers.

En , alors qu'il est hébergé dans la capitale, chez son frère, il tente de se suicider en avalant des cachets de Lexomil (un anxiolytique). L'été suivant, il cesse brutalement son traitement psychotrope : ses pulsions meurtrières apparaissent[2].

Les faits et l'enquête[modifier | modifier le code]

Entre le et le , Claude Lastennet, 22 ans, sans profession, étrangle cinq vieilles dames pour cambrioler leur domicile.

Après le quatrième meurtre, les enquêteurs remarquent que les lieux sont disséminés le long de la ligne de bus 192.

Le , à Chevilly-Larue, il agresse Rosalie Czajka, 82 ans chez elle. Elle se défend, sa voisine entend ses appels au secours. Dans la lutte, Lastennet perd la casquette qu'il porte et s'enfuit.

Arnaud Bossu, habitant dans un foyer de jeunes travailleurs de Chevilly-Larue, contacte les enquêteurs et leur révèle que son ami Claude Lastennet lui a demandé comment utiliser une carte de crédit qu'il a volée à une vielle dame qu'il a tuée[3],[4]. Voyant la réaction de dégout de son ami, Lastennet lui dit qu'il lui a menti. C'est en lisant dans le journal, un article décrivant le meurtre de Violette de Ferluc, qu'Arnaud Bossu a fait le rapprochement.

Le , Lastennet est arrêté dans son appartement alors qu'il dort dans son lit. Il ne résiste pas et avoue immédiatement les faits. La perquisition de son appartement à lieu aussitôt en sa présence. Les enquêteurs trouvent des objets qu'il a volés aux victimes : la carte de crédit au nom de Violette de Ferluc, de nombreux bijoux et un poste de radio.

Liste des victimes connues[modifier | modifier le code]

Date Identité Âge Lieu
Marcelle Cavilier 87 Chevilly-Larue
Antoinette Bonin 76 Thiais
Raymonde Dolisy (née Fournier) 72 Boulogne-Billancourt
Augustine Royer 91 Bourg-la-Reine
Rosalie Czajka 82 Chevilly-Larue
Violette de Ferluc 92 Thiais

Procès et emprisonnement[modifier | modifier le code]

En , il est jugé en cour d'assises et est défendu par l'avocat Pierre-Olivier Sur. Il est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité avec une peine de sûreté de dix-huit ans[2],[5].

Au cours de la procédure judiciaire, Lastennet imprégné de fantastique explique avoir donné la mort pour devenir immortel, tel Satan : « À chaque fois que j'ai étranglé des femmes, il y a toujours un écoulement sanguin soit du nez, soit des oreilles. Je trempe un doigt, l'auriculaire droit dans le sang et je le porte à ma bouche. Le sang m'excite. Je me suis d'ailleurs intéressé à des histoires de vampire, de Lucifer »[2].

Libérable en 2012[2], il aura alors 41 ans.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Pierre Vergès, Les tueurs en série, Hachette Pratique, , p. 103.
  2. a, b, c, d et e Patricia Tourancheau, « De maman aux mamies », sur Libération,
  3. « Faites entrer l'accusé Claude Lastennet, le tueur de vieilles dames » Article publié dans Le Nouvel observateur
  4. « Le tueur présumé de cinq vieilles dames aurait reconnu ses crimes » Article du 14 janvier 1994 publié dans L'Humanité
  5. « Il a fait ce qu'il avait à faire, sans sentiment » Article de Michel Henry publié le 23 octobre 1997 dans Libération

Documentaires télévisés[modifier | modifier le code]

Émissions radiophoniques[modifier | modifier le code]

  • « la dérive sanglante de Claude Lastennet » le 15 septembre 2009 dans Café crimes de Jacques Pradel sur Europe 1.
  • « L’Affaire Claude Lastennet, le tueur de vieilles dames » le 3 juin 2014 et le 30 janvier 2017 dans L'heure du crime de Jacques Pradel sur RTL.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]